Devoir de Philosophie

« Les longs ouvrages me font peur», écrit La Fontaine dans l'Épilogue du Livre VI. A la lumière des fables contenues dans les Livres VII à XII, vous direz en quoi cette confidence du fabuliste éclaire son art poétique. ?

Publié le 01/06/2009

Extrait du document

fontaine

Par cette confidence, La Fontaine définit ses choix esthétiques, qu'il présente avec pudeur, comme si la composition de «longs ouvrages« demandait un talent au-dessus de ses fonces. Son goût de la brièveté est évident : il suffit pour s'en convaincre de lire ses Fables, presque au hasard. Mais ce goût est relatif. Il procède en définitive d'un choix très conscient de la part de La Fontaine, et non d'une résignation ou d'un manque de capacité.

 

I.                   Une brièveté évidente

 

Les Fables sont la manifestation d'une écriture fragmentée, et cela au nom d'une double exigence, esthétique et morale.

 

Une fragmentation de l'écriture

La brièveté s'exprime dans la présentation même des Fables, qui ne se lisent pas en continu comme un roman. La division en livres fragmente l'oeuvre, et les fables de chaque livre sont autonomes les unes par rapport aux autres. Le Livre XI, l'un des plus courts du recueil, est à cet égard exemplaire.

La versification elle-même s'allège. La Fontaine utilise aussi bien l'alexandrin que l'octosyllabe ou le vers de trois syllabes. (Les Animaux malades de la peste, VII, 1, v. 29.)

Dans le «corps« de la fable, la narration renferme de fréquentes ellipses temporelles : les actions se succèdent rapidement les unes aux autres ; point de temps mort ni de préparatif. Les faits parlent d'eux-mêmes.

Liens utiles