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Les mythes jouent-ils encore un rôle dans nos société ?

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Enfin, Habermas montre que la foi en un progrès scientifique et technique autonome, dont dépendrait la croissance économique, relève d'une mystification idéologique : elle sert le pouvoir de la technocratie et met en danger la démocratie. La science elle-même repose sur une croyance ; il n'est pas de science sans postulat. "La science est-elle nécessaire ?" Il faut, pour qu'elle puisse se former, que cette question ait reçu auparavant une réponse non seulement affirmative, mais affirmative à tel point qu'elle exprime ce principe, cette foi, cette conviction : "Rien n'est plus nécessaire que le vrai ; rien, à son prix, n'a d'importance que secondaire." Qu'est-ce que cette volonté absolue de vérité ? Est-ce volonté de NE PAS SE LAISSER TROMPER ? Est-ce volonté DE NE PAS TROMPER SOI-MÊME ? Car rien n'empêche d'interpréter aussi de cette seconde façon le besoin absolu du vrai, si l'on admet que "je ne veux pas tromper" comprend comme cas particulier "je ne veux pas me tromper moi-même". Mais pourquoi donc ne pas tromper ? Et pourquoi ne pas se laisser tromper ?

Les mythes modernes n'ont pas la grandeur des mythes archïques. Cela ne les empêche pas de jouer un rôle important dans nos sociétés et d'être partout présents. L'homme a besoin de mythes.

MAIS...

Les mythes, de nos jours, ne jouent plus aucun rôle social. La philosophie et les sciences les ont tués. La mort du mythe est dûe à la naissance de la rationalité.

« « Il ne sera pas ici raconté d'histoires (muthoi, en grec, pluriel demuthos, l'histoire, le récit) ». Ainsi Platon inaugure-t-il le Sophiste.IL faut en effet passer de l'enfance crédule à la majoritéintellectuelle, d'une parole reçue de la tradition à une parolecritiquée et examinée, de l'image à l'idée, du vraisemblable au vrai.Il faut passer du raconté (« contes de bonnes femmes », ditGorgias en 527a) au démontré. Dans le mythe, la fonction pratique(rites) empêche la recherche théorique et désintéressée du vrai. a. Si le mythe est une manière de s'expliquer symboliquement lemonde, il est certain qu'il ne répond pas aux exigences de la raisonqui distingue ce qu'il n'a de cesse de confondre. Penser en effet,c'est identifier à travers des catégories précises, et à ce titre leprincipe de non-contradiction ne saurait tolérer les licenceslogiques qui malmènent la stabilité de la signification et de laréférence.b. En outre la fragilité explicative du mythe se signale en ce qu'ilpervertit constamment le principe de causalité. Au mieux, il prendle déterminisme qui parle de nécessité conditionnelle pour unfatalisme qui le transforme en nécessité aveugle et au pire ilinvoque des interventions miraculeuses qui violent le principe derégularité des lois naturelles.c. C'est dire si l'anthropomorphisme dont il fait preuve le conduit à prêter des intentions à la nature là oùl'explication rationnelle ne verrait qu'un système de lois étrangères à des fins. En d'autres termes, lemythe ne rend pas compte du monde mais bien plutôt de l'impuissance de ceux qui y sont soumis. Le triomphe de la raison a. Et c'est pourquoi l'emprise des mythes sur les hommes n'a cessé de se relâcher à mesure que lessciences leur fournissaient les explications à mêmes de les libérer de la peur de l'inconnu et du souci deconfier à des entités personnifiées le soin de satisfaire leurs aspirations.b. Mais surtout la raison a eu raison du mythe en ce qu'elle a habitué l'esprit à rendre raisonpubliquement de ses croyances ou de ses certitudes c'est-à-dire à ne rien affirmer ou à ne rien laisseraffirmer qui ne soit exposé aux tests d'une réfutation possible. Affirmer, ce n'est pas suggérer ou laissercroire mais démontrer.c. A cet égard le triomphe de la raison paraît définitivement assuré dès lors que les religions elles-mêmesconcèdent que les récits fabuleux qu'elles véhiculent ont moins valeur de vérité que valeur métaphoriqueou allégorique dont il convient de dégager les contenus rationnels pour les rendre non seulementcompatibles avec les sciences mais aussi avec les valeurs dont nous nous réclamons. Infantilisme du mythe "... En ce qui concerne l'art on sait que certaines époques defloraison artistique ne sont nullement en rapport avec l'évolutiongénérale de la société, ni donc avec le développement de la basematérielle qui est comme l'ossature de son organisation. Parexemple les Grecs comparés aux modernes, ou encoreShakespeare. Pour certaines formes de l'art, l'épopée par exemple,on va jusqu'à reconnaître qu'elles ne peuvent jamais êtreproduites dans la forme classique où elles font époque. Dès que laproduction de l'art fait son apparition en tant que telle; on admetpar là, que dans la propre sphère de l'art, telles de ses créationsinsignes ne sont possibles qu'à un stade peu développé del'évolution de l'art. Si cela est vrai du rapport des divers genresd'art à l'intérieur du domaine de l'art lui-même, on s'étonnera déjàmoins que cela soit également vrai du rapport de la sphèreartistique dans son ensemble à l'évolution générale de la société.La seule difficulté c'est de formuler une conception générale deces contradictions. Prenons par exemple l'art grec... dans sonrapport à notre temps. Il est bien connu que la mythologiegrecque fut non seulement l'arsenal de l'art grec mais aussi saterre nourricière. L'idée de la nature et des rapports sociaux quialimente l'imagination grecque... est-elle compatible avec lesmétiers à filer automatiques, les locomotives et le télégraphe électrique? Qu'est-ce que Vulcain auprès de Roberts et Cie, Jupiter auprès du paratonnerre?... Toutemythologie dompte, domine, façonne les forces de la nature, dans l'imagination et par l'imagination; elledisparaît donc au moment où ces forces sont dominées réellement... D'autre part, Achille est-il possible àl'âge de la poudre et du plomb?... Les conditions nécessaires de la poésie épique ne s'évanouissent-ellespas? Mais la difficulté n'est pas de comprendre que l'art grec et l'épopée sont liées à certaines formes du »

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