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L’esthétique kantienne

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L’esthétique kantienne

Dans la première section de la « Critique de la faculté juger «, consacrée à l’analyse de la faculté de juger esthétiquement, Kant renvoie dos à dos le dogmatisme esthétique (le jugement de gout est un jugement de connaissance) et le relativisme esthétique (le jugement de gout est subjectif).

Le gout conçu comme la capacité de discerner la qualité d’une œuvre.

Révolution copernicienne en matière esthétique : Analyse de Kant, non pas les caractéristiques de l’objet jugé beau mais celles du plaisir esthétique éprouvé. Esthétique du contemplateur. Ce n’est pas tant l’objet qui est beau mais la représentation que je m’en fais.

 

Kant propose trois définitions du beau qui définissent le plaisir éprouvé et partent donc du sujet et non de l’objet. Ce n’est pas tant l’objet qui est beau mais la représentation que je m’en fais.

A)   Première définition : « Est beau l’objet d’une satisfaction désintéressée «. Kant ne veut pas dire que la beauté ne nous intéresse pas, mais que le plaisir esthétique naît lorsque nous n’avons pas le souci de l’utilité (celui qui va en mer dans le seul but de pêcher, qui porte sur elle un regard de technicien, n’éprouvera pas de plaisir esthétique), de l’agréable (celui qui porte un regard lubrique sur un Nu, éprouve une satisfaction charnelle qui est d’un autre ordre que la satisfaction esthétique), du bien (celui qui apprécie une œuvre engagée en raison de son caractère moral, éprouve une satisfaction morale voire politique qui n’est pas esthétique). Le beau n’est ni l’agréable, ni le Bien. Certes une satisfaction peut être morale et esthétique, les deux ne s’excluent pas mais en tant qu’esthétique, elle n’est pas morale.

Par conséquent, le plaisir esthétique est le seul plaisir libre. Il n’est pas l’effet de la raison (# esthétique classique), ni d’un besoin du corps. Libre parce que désintéressé.

Les œuvres d’art, objets d’une contemplation désintéressée, nous délivrent du désir. Cette première définition peut être opposée à toutes les esthétiques naturalistes qui définissent la beauté par l’utile ou par un intérêt, un plaisir purement subjectif (« ça me plait « # « c’est beau «.)

B)  Deuxième définition : « Est beau ce qui plaît universellement sans concept «.

·        « Ce qui plaît universellement « : le fait que cette satisfaction soit universelle, valable pour tous découle de la première définition. En effet nous avons vu qu’être sensible à la beauté relève d’une sensibilité purifiée de la convoitise, de la crainte, du désir, du confort… Bref de tous les intérêts particuliers. On peut légitimement s’attendre à ce que tout autre éprouve la même satisfaction.

« sans concept « L’assentiment universel est seulement une Idée. Il n’y a pas de preuves pratique ou conceptuelle de la beauté. On juge et on sent que cette musique ou cette montagne sont belles mais on ne peut le prouver. Il n’y a pas de 

« [L’ESTHETIQUE KANTIEN NE – COURS SUR L’ART ] 24 avril 2015 règles a priori du beau (#esthétique classique) . Il n’y a de concept de beau ( Platon ) pouvant donner lieu à une démonstration de la beauté. Lorsque je dis « c’est beau », je m’adresse au « sens commun » esthétique que je postule présent chez autrui, non démontrable empiriquement. L’œuvre d’art vraiment belle a une valeur universelle – elle est reconnue comme telle par tous les hommes dont le gout a été éduqué. Elle a même une valeur nécessaire (on ne peut pas ne pas reconnaître, par exemple, la supériorité de Vermeer par rapport à un petit maître hollandais. Pourtant, cette universalité et c ette nécessité (qui sont les caractéristiques de la raison) sont reconnues sans concept . Elles ne sont accessibles qu’au sentiment. Le jugement du gout n’est pas un jugement de connaissance. Il ne m’apprend rien sur l’objet. Il porte sur la manière dont ma sensibilité est affectée par l’œuvre. La valeur d’une œuvre n’est pas quelque chose qui se démontre par de froids raisonnements. Elle s’éprouve mais ne se prouve pas. Il n’existe pas de concept de beau pouvant donner lieu à une démonstration de la beauté. C) Troisième définition : « La beauté est la forme de la finalité de l’objet mais en dehors de toute représentation d’une fin ». En quoi consiste cette « finalité sans fin » ? L’œuvre d’art a une finalité parce qu’elle est une harmonie. Chaque élément semble concourir à l’effet d’ensemble, qu’il s’agisse d’un paysage, d’un tableau, d’une musique. Mais c’est une « finalité sans fin » parce que l’harmonie d’une œuvre d’art n’est au service d’aucune fin, extérieure à l’art. A un objet beau , on ne peut lui assigner aucune fonction. L’œuvre ne signifie rien d’autre qu’elle - même ; elle ne vaut que par elle -même, et non par l’idée ou le message dont on pourrait la croire porteuse. Il n’est pas besoin d’être croyant pour admirer les chefs d’œuvre de l’art sacré. Le beau n’est pas l’utile, il n’a donc pas de fin extérieure. Il a néanmoins une fin interne (l’harmonie des facultés). A contrario, les êtres vivants ont aussi la forme de la finalité mais cette finalité n’est pas sans fin puisque les parties concourent à une fin, la survie. Aucune fin, cad libre de tout intérêt, on ne demande à l’œuvre que d’être belle et rien d’autre. On n’embellit pas la beauté. Le beau se suffit à lui -même. • Le plaisir esthétique, dit Kant , a sa source « dans le libre jeu de l’imaginat ion et de l’entendement ». Libre jeu car l’imagination n’est pas subordonnée à l’entendement conne dans la connaissance où elle doit se plier à ses règles : si elle ne s’y plie pas, elle divague, elle rêve, elle entrave la connaissance. Face au beau qui n’ est pas l’objet d’un jugement de connaissance (en langage kantien « déterminant » ), l’accord entre l’imagination et l’entendement ne suit aucune règle déterminée. Par exemple, lorsque nous écoutons une œuvre musicale, nous associons aux sons des images, de s souvenirs, ces images s’organisent et prennent un sens mais d’autres associations seraient possibles, un autre sens pourrait jaillir et c’est pour cette raison que le désir/plaisir d’écouter l’œuvre ne s’ épuise pas et suscite toujours de nouvelles interp rétations (cf. également votre pratique de l’analyse littéraire en 1 ière : le texte n’est pas l’objet d’une connaissance mais d’une interprétation qui peut indéfiniment s’enrichir). »

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