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L'État doit-il surveiller ou diriger ?

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On peut se demander toutefois si un tel projet ne reste pas trop minimal, peu exigeant, ou inadéquat, pour répondre à tous les défis et problèmes effectifs que pose la vie en société. A moins que cette dernière, nécessairement, ne soit jamais que le plus réducteur des compromis. ayek: Le libéralisme veut qu'on fasse le meilleur usage possible des forces de la concurrence en tant que moyen de coordonner les efforts humains ; il ne veut pas qu'on laisse les choses en l'état où elles sont. Le libéralisme est basé sur la conviction que la concurrence est le meilleur moyen de guider les efforts individuels. Il ne nie pas, mais souligne au contraire que pour que la concurrence puisse jouer un rôle bienfaisant, une armature juridique soigneusement conçue est nécessaire ; il admet que les lois passées et présentes ont de graves défauts. Il ne nie pas non plus que partout où il est impossible de rendre la concurrence efficace, il nous faut recourir à d'autres méthodes pour guider l'activité économique. Toutefois le libéralisme économique est opposé au remplacement de la concurrence par des méthodes inférieures de coordination des efforts humains. Il considère la concurrence comme supérieure non seulement parce qu'elle est dans la plupart des circonstances la méthode la plus efficace qu'on connaisse, mais plus encore parce qu'elle est la seule méthode qui permette d'ajuster nos activités les unes aux autres sans intervention arbitraire ou coercitive de l'autorité. En vérité, un des arguments principaux en faveur de la concurrence est qu'elle permet de se passer de « contrôle social conscient » et qu'elle donne aux individus une chance de décider si les perspectives d'un métier donné sont suffisantes pour compenser les désavantages et les risques qu'il comporte [...].

« le marché . Ce dernier met en jeu un trop grand nombre de facteurs et de domaines pour être contrôlé par un seul. Trop de variables sont ici en jeu pour qu'une seule personne puisse diriger l'ordre général du marché. De même lepouvoir politique n'impose plus de valeurs (si ce n'est les grandes valeurs de la civilisation comme l'égalité, la libertéou la paix), puisque ces dernières relèvent de choix individuels. Omniscience et omnipotence: de Toqueville au Patriot act. II. Ce retranchement de la décision au niveau individuel est capital. L'individu devient décisionnaire du point de vue deson existence, mais également en ce qui concerne les affaires publiques. L'Etat doit avant tout être conçu commeun symbole de l'unité populaire: il ne peut se détacher de sa fonction représentative. En aucun cas il ne peut sesubstituer au peuple en ce qui concerne la prise de décision. Il est en ce sens la représentation de la manière dontles hommes organisent leur vivre-ensemble. Son aspect exécutif devient en ce sens un pouvoir de dissuasion poussant les volontés individuelles à ne pas se retrancher sur leurs uniques intérêts, pour générer une violencecivile. Nous touchons ici à la question de l'individualisme. L'individualisme n'est pas, contrairement à l'avis souventvéhiculer, un « chacun pour soi ». Choisir ses propres valeurs, sa propre conception de la vie bonne, ne doit pas pousser l'individu à se désintéresser du sort de la vie collective. A vrai dire, cela serait pour le moins stupide puisquecela supposerait qu'on peut vivre heureux sans se soucier des décisions qui sont prises à l'échelle de la collectivité.Or, de toute évidence, ces décisions influent sur la vie individuelle. Toqueville dans De la Démocratie en Amérique , voyait dans ce faux individualisme le risque de l'avènement d'une dictature douce et tentaculaire. Chacun ne se souciant plus que de ses problèmes, chacun ne s'occupant plus quede ses proches, finissait par perdre de vue le destin collectif. C'est à cet instant qu'apparaissait une super-puissance étatique conseillant sournoisement aux individus de s'occuper de leur « petites affaires », pendant qu'elle prennait en charge les décisions plus importantes. C'est ici que nos deux thématiques s'entrecroisent. Les Etatsmodernes possèdent des techniques de pouvoir excessivement performantes. Contrairement aux temps passés(Toqueville prend pour exemple la Rome antique), les Etats d'aujourd'hui peuvent surveiller de très près des citoyens« endormis » qui ne se sentent concernés que par leur propre vie et leurs propres intérêts, sans se rendre compte un instant que les décisions publiques influent sur leur existence à chaque instant. Cete capacité de surveiller sans entrave chaque citoyen donne à l'Etat un pouvoir incomparable: surveiller pourmieux connaître, pour mieux diriger. Pis, la surveillance est cernée par deux motifs. On observe de potentielles conduites criminelles qu'on peut punir et l'on punit les potentiels crimes. La société devient un véritable panoptikon , entendons une structure de verre transparente où chacun est en proie au regard d'un pouvoir politique policier. Bienévidemment, un Etat est toujours doté de services secrets et de renseignements généraux qui lui permettent desurveiller certaines cellules (terroristes, propagandes illicites...) qu'il juge potentiellement dangereuses. Mais enaucun cas il ne peut faire de chaque citoyen un potentiel criminel et entretenir de ce fait un climat de suspicion. LesEtats-Unis ont ainsi mis en place après les attentats du 11 septembre ce que l'on nomme le patriot act . Ce dernier permet aux forces de l'ordre de mener une investigation et même une interpellation sans le risque d'être inquiétéespar l'intervention d'une défense (avocat, information par la presse...) du potentiel accusé. Cette surveillance accrueest une spirale infernale: la surveillance est acceptée par les citoyens de part un certain climat de peur, et ceclimat est entretenu par le pouvoir en place pour continuer à justifier cette surveillance donnant un pouvoirincomparable à l'état. L'Etat n'est dans ce cas plus une instance de représentation populaire, mais un groupe qui sedétache des décisions démocratiques et voit dans chaque citoyen un criminel en puissance: la fin justifie alors lesmoyens. Rawls: le juste prime le bien III. Dans theory of justice , Rawls part du principe que chaque individu à le droit de choisir sa propre conception du bien, et a le droit de choisir ce qu'il considère être sa propre conception de la vie bonne. L'Etat n'a pas à choisir à saplace, ni a véhiculer un message moral. Ce problème est d'autant plus flagrant dans les sociétés contemporaines oùexistent ce que l'on nomme un multiculturalisme. En effet, en un territoire défini, cohabitent une pluralité deconceptions du biens différentes. Chacun à sa propre morale (hédoniste, kantien...), sa propre religion (chrétiens,musulmans, bouddhistes...), puisqu'on part du principe que chaque individu doit pouvoir exercer sa capacité de choixcomme individu responsable. L'Etat ne peux s'immiscer dans cette sphère individuelle qui relève du choix de chacun.Cependant, Rawls va proposer deux principes qui sont reliés. Le premier pourrait s'énoncer de cette manière: le je prime ses appartenances. Qu'est-ce à dire? Je peux être chrétien, je peux être kantien, je ne me réduis jamais à cela: je suis également et tout simplement un individu. Lesecond, qui est dans la lignée du premier s'énonce ainsi: le juste prime bien. Un individu est libre de choisir sa propreconception du bien, sa propre morale, mais cette dernière ne peut rentrer en aucun cas en conflit avec les normesdu juste. Plus simplement, je peux suivre ce que je considère être ma propre conception de la vie bonne, mais cettedernière ne doit pas se faire contre les lois en vigueur dans un pays. L'Etat n'a quoiqu'il en soit aucun pouvoird'imposer une direction globale du point de vue de ce que doit être une vie bonne. Si l'on parle d'Etat qui dirige, ilfaut toujours entendre un peuple entier qui se dirige en somme, qui choisit sa propre direction par un consensus(référendum, élections...), et non jamais un groupe de dirigeant qui choisit non plus avec mais bien contre le plus grand nombre. Et ces décisions collectives prises par l'Etat ne peuvent jamais concerner ce qu'un individu penseêtre sa conception du bien, et la vie qu'il désire avoir. »

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