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l'etat peut il être injuste ?

Publié le 30/07/2022

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« L’État peut-il être injuste ? INTRODUCTION : L’État est une institution politique qui a pour but d’organiser la vie en société au moyen de lois, pour cela il doit chercher à rendre les comportements individuels compatibles entre eux. Il apparaît que la finalité politique de l’État est bien la justice (positive et absolue). Il se distingue de l’État de nature (état de guerre de chacun contre chacun). Il désigne aussi bien le gouvernement que les gouvernés. D’une part, d’après la conception épicurienne, une loi est considérée comme juste si elle répond au plus grand bonheur du plus grand nombre mais d’autres part un État instaurant des lois délaissant une minorité paraît être injuste. Si l’État peut être injuste cela voudrait dire qu’il ne recherche pas le bonheur de tous les gouvernés. L’État peut-il concilier le bonheur d’une majorité et le malheur d’une minorité tout en étant juste ? Serait-il injuste de préférer une minorité ayant de bonnes intentions entraînant un bonheur à petite échelle à une majorité avec des intentions nuisant au bonheur de la minorité ? DÉVELOPPEMENT : Tout d’abord, un État apparaît comme étant juste s’ il contribue au plus grand bonheur de tous, mais le bonheur des minoritaires se voit alors suspendu : l’État peut donc être injuste. Prenons un exemple courant de la société française, l’exemple de l’interdiction du cannabis : cette restriction, bien que d’un point de vue médicale soit compréhensible, ne contribue pas au bonheur d’une majorité mais bien au malheur d’une minorité. Sa légalisation, quant à elle, permettrait un bonheur d’une minorité et pas au malheur d’une majorité puisque cette dernière serait certainement indifférente à cette décision. L’État se voit alors être injuste puisqu’il privilégie l’indifférence d’une majorité au bonheur d’une minorité. De plus, si l’État peut être injuste, c’est qu’il existerait deux niveaux de justice, soit une norme du droit (le droit naturel) indépendante des conventions particulières de chaque société (le droit positif). Le droit naturel s’oppose au droit positif à plusieurs niveaux. En effet, le droit naturel n’est pas relatif aux lois d’une société, il est donc bien éternel. Il s’impose donc sur le droit positif qu’il détermine et juge. Selon la conception d’Aristote, le droit naturel est fondé sur l’idée d’une nature ordonnée et harmonieuse, ce qui légitimerait la place de l’esclave dans l’ordre naturel des choses. La légitimité d’une loi, et donc de l’État, se comprend par respect à une légitimité supérieure : celle de la justice naturelle. Une loi injuste serait donc une loi qui ne respecterait pas cette exigence supérieure de justice. Or, la légitimité de l’esclavage est tout sauf juste d’un point de vue éthique mais aussi sociétal : l’État privilégierait de nouveau le malheur et la déshumanisation d’une minorité à l’indifférence d’une majorité. Néanmoins, nos modes de pensée sont historiquement déterminés, c’est-à-dire qu’ils dépendent d’une société donnée qui diffère selon les époques. La notion de droit naturel est donc tributaire d’une époque donnée. Cependant, nos sociétés actuelles nous montrent qu’il existe une diversité importante de lois, droits et institutions juridiques. Ces derniers résultent donc d’une pluralité de justice. Une justice absolue ne peut donc, logiquement, n’être qu’illusoire. Comment pouvons nous donc définir qu’un État est injuste s’il n’existe aucun principe absolu le prouvant ? Deuxièmement, Pascal, dans ses Pensées, nous fait comprendre que, d’après lui, les lois ne sont ni justes ni injustes : elles sont relatives. Elles sont relatives à notre place dans la société, et dans la société elle-même où elles sont exécutées. Il est alors impossible d’admettre qu’un État est injuste (ou juste) s’ il ne l’est pas de manière absolue. Le communisme est un exemple d’État relatif : ce principe est juste pour les plus pauvres mais tout aussi injuste pour les plus riches. C’est pourquoi on ne peut juger un État d’après son caractère injuste. Par ailleurs, le juste de l’État est souvent établi à partir de la prise en compte avantages, des bénéfices qu’il est censé apporter à l’homme en comparaison des contraintes qu’il peut créer. Il en effet pour rôle d’apporter la sécurité (Hobbes), la garantie de la propriété (Locke) et même la défense de la liberté sous certaines conditions. Le ratio avantages/contraintes est majoritairement positif ce qui fait de l’État un ensemble d’institutions juste. Selon Hobbes, l’État apparaît comme juste puisqu’il est le fruit de l’accord des Hommes à s’unir pour garantir la sécurité (en échange des libertés naturelles et absolues) et pour... »

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