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L'inconscient est le psychisme lui-même et son essentielle réalité (Freud). Qu'en pensez-vous ?

Publié le 11/01/2004

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  -Merleau-Ponty : la structure nécessaire et essentielle de la conscience ne conteste pas forcément la réalité de l'inconscient. Mais ce qu'elle affirme, c'est ce que l'existence humaine transcende (n'est pas déterminée entièrement par) cet inconscient, et qu'elle exerce un rapport critique d'appropriation vis-à-vis de ce dernier. Ainsi, pour Merleau-Ponty, la conscience n'est pas simplement une adaptation instinctive au monde environnant, mais un moyen humain d'inscrire le rapport au monde dans une dimension de projet, de volonté de maîtrise tournée vers l'avenir (Phénoménologie de la perception). La conscience est donc également une réalité irréductible du psychisme humain.   III Actualiser l'essentialité fondamentale de l'inconscient : le rôle de la conscience, Nietzsche et Bergson   -Nietzsche partage avec Freud ce diagnostic de l'inconscient comme réalité essentielle du psychisme humain. Pour lui, la conscience n'est qu'un effet de surface illusoire, prétendant à une profondeur en réalité illégitime (Le gai savoir). Mais contrairement à Spinoza, Nietzsche pense la nécessité et l'utilité de cette illusion : la conscience vient renouveler le psychisme inconscient, relevant d'une même nature de volonté de puissance, mais d'une nature alors achevée, opératrice d'une rupture. A la différence de Freud donc cette fois, Nietzsche croit à un pouvoir décisif de la conscience sur l'inconscient.   -Bergson explicite dans Matière et mémoire le rôle sélectif de la conscience : la conscience fait revenir les états inconscients de façon réflexive, et les renouvelle par-là même. La conscience fait donc partie de cette réalité essentielle et inconsciente de l'existence humaine ; mais elle en constitue une part remarquable, une phase singulière de l'affirmation de nos pulsions incosncientes.

Depuis la naissance de la psychanalyse, on a tendance à opposer de manière étanche le conscient à l'inconscient : le premier ne serait qu'une illusion de liberté, tandis que le second déterminerait réellement nos actions. Dès lors, on peut comprendre la phrase de Freud comme la mise à jour de la réelle nature du psychisme humain, que la conscience ne saurait saisir. Mais alors, comment rendre compte de l'existence phénoménale de la conscience ? S'il faut accepter la dimension illusoire de celle-ci, ne peut-elle néanmoins revendiquer un rôle dans l'économie psychique de l'homme, de sorte que si celle-ci se fonde sur l'inconscient, elle ne saurait s'y résumer exclusivement ?

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« -Merleau-Ponty : la structure nécessaire et essentielle de la conscience neconteste pas forcément la réalité de l'inconscient.

Mais ce qu'elle affirme,c'est ce que l'existence humaine transcende (n'est pas déterminéeentièrement par) cet inconscient, et qu'elle exerce un rapport critiqued'appropriation vis-à-vis de ce dernier.

Ainsi, pour Merleau-Ponty, laconscience n'est pas simplement une adaptation instinctive au mondeenvironnant, mais un moyen humain d'inscrire le rapport au monde dans unedimension de projet, de volonté de maîtrise tournée vers l'avenir(Phénoménologie de la perception ).

La conscience est donc également une réalité irréductible du psychisme humain.

III Actualiser l'essentialité fondamentale de l'inconscient : le rôle de laconscience, Nietzsche et Bergson -Nietzsche partage avec Freud ce diagnostic de l'inconscient comme réalitéessentielle du psychisme humain.

Pour lui, la conscience n'est qu'un effet desurface illusoire, prétendant à une profondeur en réalité illégitime ( Le gai savoir ).

Mais contrairement à Spinoza, Nietzsche pense la nécessité et l'utilité de cette illusion : la conscience vient renouveler le psychisme inconscient,relevant d'une même nature de volonté de puissance, mais d'une nature alorsachevée, opératrice d'une rupture.

A la différence de Freud donc cette fois,Nietzsche croit à un pouvoir décisif de la conscience sur l'inconscient.

Nietzsche est l'un des premiers à avoir conduit une critique systématique et totale de la conscience ainsi que de sesvaleurs psychologiques (sous son aspect réflexif de la conscience de soi) et morales.

La conscience est uneformation dérivée, dépendante de forces beaucoup plus profondes, et ne se préoccupe que de l'inessentiel et dufutile.

Elle n'apparaît d'abord que dans le cadre du rapport entre dominants et dominés, et répond à la faiblessehumaine du besoin de communication.

Un solitaire ou une bête de proie s'en dispensent aisément.

La conscience estd'abord langage, et celui-ci ne répond qu'à notre besoin d'autrui et de dialogue.

On peut admettre que l'hommepense toujours, mais il est néanmoins rarement conscient : il n'a à l'être que dans le cadre étroit et inessentiel de lacommunication de ses propres pensées.

Il n'y a donc pas lieu de diviniser la conscience, issue d'une faiblesse du Moiincapable de supporter sa solitude.

Issue de la promiscuité et de l'instinct grégaire, elle est bête, plate, vulgaire,capable de n'exprimer que des généralités, marque du troupeau.Le Moi individuel, au contraire, se définit et se saisit par des forces beaucoup plus intimes, profondes, riches etfécondes qui échappent à cette conscience qui n'est que faiblesse pour autrui.

Le véritable Soi est muet, profond,grave et silencieux.

Son essence est la force vitale, la volonté de puissance, venue d'un fond obscur et chaotique,aux antipodes de la clarté futile de notre conscience.

Celle-ci ne serait que la surface, précaire dans son immobilitéet son repos, d'un fond abyssal inconnu qui en serait la vérité.

Pur produit social et moral du "tu dois", la conscienceest une aliénation et une servitude, l'erreur de chacun sur soi.

-Bergson explicite dans Matière et mémoire le rôle sélectif de la conscience : la conscience fait revenir les états inconscients de façon réflexive, et les renouvelle par-là même.

La conscience fait donc partie de cette réalitéessentielle et inconsciente de l'existence humaine ; mais elle en constitue une part remarquable, une phasesingulière de l'affirmation de nos pulsions incosncientes.

Sans la conscience, l'inconscient ne pourrait se constituercomme fondant l'essence de notre existence proprement humaine.

Conclusion -Ce qu'avance Freud nous paraît incomplet : on ne peut pas penser la réalité essentielle du psychisme humaincomme exclusivement inconsciente.

-Il apparaît évident que la conscience joue un rôle décisif dans l'économie de l'inconscient.

Mais ce rôle n'est pasune simple différence de forme psychique : il constitue une réelle différence de nature dans le rapport entre notrepsychisme et notre existence.

-De sorte que si l'inconscient représente la nature fondamentale et essentielle de notre existence, cette natureserait impensable sans la transformation culturelle qu'exerce sur elle la conscience, qui instaure un rapport critiqueet dynamique de l'inconscient à lui-même.

L'inconscient constitue donc bien l'essence du psychisme humain commele pense Freud, mais cette essence est à actualiser dans notre existence, par le biais de la conscience.. »

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