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L'inégale puissance de travail des hommes est-elle source d'injustice ?

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ALAIN, Éléments de philosophie, NRF-Gallimard, pp. 305 sqq. John Rawls, Théorie de la justice, Seuil, pp. 37 sqq. D'un premier point de vue, l'inégalité de puissance de travail est un fait indubitable. Tous les hommes n'ont pas la même force, les mêmes possibilités. Mais cela serait s'arrêter à une vision simpliste du travail qui se résumerait à un travail de force, de transformation de la matière, un travail purement physique payé au rendement. De ce point de vue, les forts seraient privilégiés par rapport aux faibles, et à travail égal, à durée égale certains seraient défavorisés. Mais, le travail n'est pas que cela, son évolution a permis de rendre les tâches moins pénibles, le travail a été divisé, parcellisé. Le travail n'est plus uniquement physique, il est aussi intellectuel.

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Les humains ne sont pas dotés d'une force et d'une capacité égales en ce qui concerne l'activité consciente et volontaire par laquelle ils modifient la nature. Cette inégale puissance forme-t-elle un obstacle au pouvoir de faire régner le droit, aux règles qui régissent les relations des citoyens dans la cité, à la répartition équitable des charges et dignités ?

Conseils pratiques

Justice et injustice sont, ne l'oubliez pas, des notions complexes. Une forme d'inégalité dans la répartition des avantages et charges, loin d'être une in-justice, s'intègre dans la justice. Méditez bien, sur ce thème, le grand livre de John Rawls, Théorie de la justice. D'une manière générale, toutes les inégalités ne sont pas des injustices ! Donc répondons négativement à la question posée.

D’un premier point de vue, l’inégalité de puissance de travail est un fait indubitable. Tous les hommes n’ont pas la même force, les mêmes possibilités. Mais cela serait s’arrêter à une vision simpliste du travail qui se résumerait à un travail de force, de transformation de la matière, un travail purement physique payé au rendement. De ce point de vue, les forts seraient privilégiés par rapport aux faibles, et à travail égal, à durée égale certains seraient défavorisés. Mais, le travail n’est pas que cela, son évolution a permis de rendre les tâches moins pénibles, le travail a été divisé, parcellisé. Le travail n’est plus uniquement physique, il est aussi intellectuel. On demande d’autres qualités que la force ou les capacités physiques. Dès lors, s’il y a injustice due au travail, ce n’est plus une question de puissance, mais de différents degrés d’aptitude, de compétence.

 

« choix. L'homme important, noble ou prêtre, se faisait honneur de ne pas travailler. Mais, avec l'essor des relationsmarchandes, la révolution industrielle et les bouleversements économiques et sociaux qui s'ensuivent, la place - etle revenu - de chacun devient moins fixée par la règle sociale et la tradition, et davantage par les efforts fournis etles initiatives prises par l'individu. Du coup, le travail est devenu un acte de création productive, engendrantrevenus et richesse. Karl Marx (1818-1883) y a même vu, à la suite de David Ricardo (1772-1823), la source detoute valeur, et s'il critique le capitalisme, c'est parce que le travailleur est dépossédé d'une part de la richesse qu'ilproduit, au profit de la bourgeoisie qui détient les moyens de production. Même si cette analyse (dite de la valeur-travail) est aujourd'hui à peu près abandonnée par les économistes, il en reste l'idée que le travail est un actecréatif et non une occupation servile. 2) L'inégalité due au travail n'est pas une question de puissance. Dans la vision prométhéenne de la société, prévalente depuis un siècle, la conception du travail comme création,liberté (n'est-il pas, selon Marx, l'activité par laquelle l'homme, en transformant la nature hors de lui, transformeaussi sa propre nature ?) contraste singulièrement avec cette autre évidence : le travail est nécessité, discipline.En réalité, cet aspect de contrainte ne se réfère nullement à l'effort qu'il importerait de déployer pour domestiquer lanature. Il renvoie au mode d'organisation sociale pour y parvenir, c'est-à-dire à la division sociale et technique dutravail ; n'est travail que l'activité productrice d'utilité, effectuée comme une obligation par l'individu dans la placeprécise qui lui est assignée. C'est justement le propre de ceux qui imposent une division du travail que de toujours laprésenter comme nécessité naturelle ou technique, masquant par là ce qu'elle comporte aussi de modalité dedomination sociale. L'histoire de l'organisation scientifique du travail est à cet égard exemplaire. Alors que la divisiondu travail se montre là plus consciente et volontariste qu'elle ne fut jamais, elle est construite, justifiée etprésentée comme ordre rationnel s'imposant de soi. Il est remarquable à l'inverse que les procédés et utopies sepréoccupant de « satisfaction » ou de « joie au travail », contraints de se tourner du côté du travail commecréation, aboutissent d'abord et toujours, de quelque manière, à une mise en cause de la division du travail, quandce ne serait que par l'élargissement des tâches. 3) L'inégale puissance de travail ne crée pas d'inégalité. Bien que la crainte que la machine « mange l'emploi » soit présente depuis la révolte des tisserands que le métierJacquard mettait au chômage, et qu'elle resurgisse chaque fois que le chômage augmente, les données statistiquesne vont pas dans ce sens : ainsi, en France, le nombre d'emplois a été presque multiplié par deux au cours duXXe siècle. Réduction du temps de travail et croissance économique ont plus fait en faveur de l'emploi que les gainsde productivité en sa défaveur. Produire autant en moins de temps - définition des gains de productivité - réduitl'emploi, mais augmente aussi le revenu, donc la demande, des bénéficiaires des gains de productivité (acheteurs,employeurs ou salariés restés en place). Et ce qui fait disparaître l'emploi est aussi ce qui le fait renaître ailleurs,dans d'autres secteurs et sous d'autres formes. Principalement agricole il y a deux siècles, puis industriel, le travailest désormais de plus en plus tertiaire, grâce aux gains de productivité qui libèrent du temps pour d'autresactivités : conseil, publicité, vente, soins, formation, transport, loisirs, etc. Le travail n'est plus majoritairementdestiné à transformer la matière, mais à répondre aux attentes de clients ou d'usagers : la relation aux chosesdevient secondaire, celle aux gens prend davantage d'importance. Évolution lourde de conséquences. D'abord, lesfemmes sont désormais presque aussi présentes sur le marché du travail que les hommes, même si leursrémunérations sont moindres et si l'accès aux fonctions de responsabilité continue de leur être contesté. Ensuite, laproduction requiert des organisations pas forcément grandes mais souvent complexes, capables de produire aumoindre coût des services diversifiés et de qualité, comme la vente en libre-service, le conseil informatique oul'analyse comptable : le salariat progresse au détriment du travail indépendant. Enfin, pour accéder aux emplois quise créent, il ne s'agit plus d'être endurant ou d'avoir un coup de main acquis à force d'expérience, mais de savoircommuniquer, expliquer, proposer, diagnostiquer les dysfonctionnements, respecter les procédures garantissant unequalité constante, etc. Tout cela implique une formation de bon niveau, sésame indispensable pour entrer sur lemarché du travail. Conclusion. Il semble que cette question d'inégalité de puissance de travail qui engendrerait des injustices ne soit plus tantd'actualité qu'autrefois. Le travail ne réduit pas au rendement. L'apparition du machinisme et de l'industrie a faitplace à la productivité, qui ne dépend plus entièrement d'un individu et de sa force physique. Il est question derationalisation du travail, et cela que l'on peut mesurer. Des pays où l'industrie n'est pas encore apparue, où laproductivité est basse est source de réelle injustice pour le pays qui la vit par rapport à d'autres pays plusdéveloppés. Ces pays qualifiés de sous-développés ne sont pas rempli de personnes plus faibles et moins puissantesque dans nos contrées. »

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