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L'interdit: menace ou encouragement pour le désir ?

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C'est donc ce double critère de la norme (règle) et  de l'universalité qui permet -dans certain cas- de séparer les éléments naturels des éléments culturels chez l'homme : « Posons donc que tout  ce qui est universel chez l'homme relève de la nature et se caractérise par la spontanéité, que tout ce qui est astreint à une norme appartient à la culture et présente les attributs du relatif et du particulier. » Mais ce double critère posé, nous nous trouvons confrontés avec un fait unique en son genre : la prohibition de l'inceste. Celle-ci, en tant qu'institution relève de la règle et donc de la culture. Mais, en même temps, elle est un phénomène universel et semble donc relever de la nature. Une contradiction donc, un mystère redoutable : « La prohibition de l'inceste possède, à la fois, l'universalité des tendances et des instincts, et le caractère coercitif des lois et des institutions. » En effet, l'interdiction de l'inceste, en empêchant la toute-puissance du désir de se fixer sur la mère, oblige l'enfant a sortir de son infantilisme et à tourner son désir vers d'autres objets. Et par là même de devenir un homme. On le voit l'interdit peut donc être à la fois un obstacle pour le désir (interdit de l'inceste) et un encouragement pour le désir (possibilité de désirer d'autres femmes) * Il en est de même sur le plan social et politique, une société dans laquelle aucun interdit ne viendrait contrer le désir ne serait plus une société, on retomberait l'état de nature décrit par Hobbes comme un état de guerre de tous contre tous: « Il apparaît clairement par là qu'aussi longtemps que les hommes vivent sans un pouvoir commun qui les tient en respect, ils sont dans cette condition qui se nomme guerre, et cette guerre est la guerre de chacun contre chacun. » (Le Léviathan) * D' aprés Freud, la socialisation et la créativité culturelle et artistique sont possibles parce qu'une partie de la libido est détournée de son but primitivement sexuel et sublimée vers d'autres buts socialement valorisés. « Il existe notamment un chemin de retour qui conduit de la fantaisie à la réalité: c'est l'art.

« corporelles, apporte au névrosé une certaine forme de satisfaction sexuelle. 4 Mais .c'est essentiellement l'interprétation des rêves qui permet de confirmer le bien-fondé de ces hypothèses. Si,dans un premier rêve plusieurs fois répété, Dora fuit avec son père une maison en feu où sa mère essaie de laretenir, c'est pour se détourner d'une réalité meurtrissante et retrouver, en rejetant son existence présente,l'apaisement d'une enfance sans conflits. Par la suite, en revanche, la rencontre d'un jeune homme inconnu dans laville étrangère où elle vient d'apprendre la mort de son père, signifierait plutôt son désir de réinsertion dans sa vieactuelle. 5 Le cas Dora marque également les limites de la thérapeutique freudienne. En raison d'un transfert mal maîtrisé,Dora aurait en effet « rejoué » avec son médecin la rupture qu'elle avait tenté d'imposer à son père. Elle interrompitbrutalement la cure, pour être « reconquise » à la vie selon Freud, mais plus vraisemblablement, aux dires dupraticien qui la suivit par la suite, pour ne jamais connaître de véritable épanouissement. En fait, le refoulement est un mécanisme que l'on rencontre dans presque toutes les névroses.Le refoulement est le destin du désir frappé d'interdit.D'où le risque de névrose : l'individu est coupé de son propre désir qu'il est incapable de poser dans la réalité. II) L'interdit, encouragement pour le désir et la violence (la perversion) Reich est l'un des premiers disciples de Freud, et il généralise les conclusions de son maître. La cause de la violenceordinaire des hommes « normaux » est la même que celle des névroses des individus reconnus malades : lafrustration des désirs due à une répression excessive. Reich donne quelques arguments tout simples : un homme quia de quoi manger à sa faim et vivre décemment ne vole pas, n'agresse pas autrui pour s'emparer de son bien, car iln'a pas vraiment de raison pour le faire. De même, un homme qui satisfait ses désirs sexuels naturels ne sera pas unvioleur, ni un pervers, comme un sadique. Bref, un homme heureux, épanoui, n'est pas violent. La source du maldans l'homme réside donc en premier lieu dans une éducation autoritaire, celle imposée dans la société bourgeoiseet, avant elle, dans la société patriarcale installée depuis quelque quatre à six mille ans. Cette éducation réprime lesdésirs, notamment sexuels, des enfants et des adolescents, puis des hommes, afin de les rendre obéissants et deles mettre au travail. Elle en fait ainsi des frustrés, des pervers, des violents. Les êtres humains dans notre «civilisation » sont désormais le plus souvent incapables d'éprouver le véritable orgasme, le véritable plaisir sexuel,soutient Reich, et sont inaptes à aimer vraiment, tout comme à être autonomes. Ils ont intériorisé les interdits, sontdirigés par des sentiments de culpabilité et jouissent de leurs angoisses et de leur subordination à cette moraleautoritaire. Le mal en l'homme provient également de cette organisation sociale capitaliste qui instaure une grandeinégalité des richesses, donc un régime de privation cruel pour le plus grand nombre, qui accepte et même provoquela pauvreté et la misère. La théorie psychanalytique rejoint donc chez Reich la critique marxiste, en une premièreforme de freudo-marxisme qui sera prolongée par Erich Fromm et Herbert Marcuse. En revanche, il conviendrait que règnent dans la société la plus grande permissivité et une certaine abondance, ouau moins un partage équitable des biens. Les individus pourraient satisfaire librement tous leurs désirs et il n'y auraitplus de frustration, donc plus de violence. Il n'y aurait également plus besoin de lois morales et juridiques pourinterdire des actions mauvaises que les hommes ne seraient plus tentés de commettre. Bref, une agréable harmonieanarchiste s'installerait. En effet, Reich pense que les pulsions et les désirs humains se régulent spontanément, sansavoir besoin d'une limitation par une autorité extérieure. Un être qui jouit d'une vie sexuelle épanouie ne multiplie pasinutilement les partenaires et les pratiques, et ne verse pas dans toutes sortes de perversités. Sa sexualité reposesur de véritables sentiments d'amour.L'autolimitation des pulsions mène à la formulation d'une morale naturelle, authentique, reconnue par tous les espritshumains, qui stipule que l'on ne doit pas violer, agresser ou tuer l'autre. En revanche, la fausse morale autoritaire etrépressive, qui impose l'abstinence sexuelle aux jeunes, la fidélité dans le couple, l'asservissement du travailleur aucapitalisme, la soumission des femmes, longtemps esclaves économiques et juridiques des hommes, peut et doitdisparaître, d'autant plus qu'elle façonne des êtres humains frustrés, culpabilisés, incapables d'atteindre le véritableorgasme, selon Reich. Ils sont donc privés d'une source de jouissance intense et profonde qui contribue à l'équilibreet à l'épanouissement de l'individu. Détruire la morale bourgeoise, c'est se libérer d'entraves et découvrir denouvelles voies d'accès au plaisir. Si l'interdit génère le désir. Une société trop répressive peut engendrer la perversion. Le désir pervers est celui quise fixe sur un objet uniquement parce qu'il est interdit. Chez le marquis de Sade, c'est la conscience de latransgression qui fait la jouissance. III) L'interdit est la condition de possibilité du désir et de la culture. • Lévi-Strauss indique ce qui lui semble être le critère de la culture : « Partout où la règle se manifeste, nous savons avec certitude être à l'étage de la culture. » Mais les règles institutionnelles qui fondent la culture sont particulières et varient d'une société à l'autre. On peut donc affirmer que l'universel, ce qui est commun à tous les hommes, et la marque de leur nature. C'est donc ce double critère de la norme (règle) et del'universalité qui permet –dans certain cas- de séparer les éléments naturels des éléments culturels chez l'homme : « Posons donc que tout ce qui est universel chez l'homme relève de la nature et se caractérise par la spontanéité, que tout ce qui est astreint à une norme appartient à la culture etprésente les attributs du relatif et du particulier. » Mais ce double critère posé, nous nous trouvons confrontés avec un fait unique en son genre : la prohibition de l'inceste. Celle-ci, en tant qu'institution relève de la règle et donc de la culture. Mais, en même temps, elle est un phénomèneuniversel et semble donc relever de la nature. Une contradiction donc, un mystère redoutable : « La prohibition de l'inceste possède, à la fois, »

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