MACHIAVEL.
Publié le 27/02/2008
Extrait du document


«
est plus une fable merveilleux qu'une récit exact du passé.
C'est ce qui explique les effets d'amplification oud'atténuation que l'on peut faire subir au passé afin de le rendre plus joli qu'il n'est réellement.
Dès lors la tristesseque peut avoir notamment le peuple Italiens face à sa grandeur passé n'est qu'une idée fausse qu'ils se font de leurpassé national et n'a rien à voir avec la vérité historique : nous sommes dans l'ordre de la croyance.
En ce sens,nous rendons le passé en des termes « pompeux et emphatiques.
» Transition : Ainsi est-ce à cause d'une idée fausse que nous nous faisons de notre passé que nous pouvons éprouver de lanostalgie en se souvenant de ce dernier.
Mais il ne s'agit que du travail de l'imagination et de l'idéalisation ; d'unesélection a posteriori des éléments.
Cependant, en parlant de style « pompeux et emphatique » ne fait-il pasréférence à la classe des écrivains ou des historiographes ? Dès lors la responsabilité serait déplacée.
Et ce n'estqu'après cette digression qu'il développera la seconde raison.
II – Ecrivains & seconde raison a) En effet, si le passé est rendu si pompeux et emphatiques c'est bien faire référence à l'écrit, c'est-à-dire auxécrivains et à la manière dont ils rendent compte de l'histoire passé.
Dès lors sont-ils moins des historiens que desfabulistes.
Ils enjolivent le passé pour rendre les succès plus grands qu'ils ne sont afin de manifester la valeur et lapuissance nationale.
En magnifiant cette identité nationale passée ils rendent le présent moins glorieux et d'unecertaine manière en manifeste la décadence d'où se sentiment de tristesse face au présent vécue comme unedéception.b) En creux il s'agit aussi pour Machiavel de faire une critique de la main mise du pouvoir sur les écrivains qui dès lors qu'ils sont à sa solde se doivent de magnifier l'histoire passé.
D'une certaine manière, les historiographes royauxnous les principaux instigateurs et causes de cette désaffection du présent pour le passé.
C'est donc l'obéissancedes écrivains aux vainqueurs qui explique la manipulation du passé afin d'en tirer toute la gloire.
Il ne s'agit pas direque c'est le vainqueur qui fait l'histoire, mais bien de voir que l'histoire, celle que font les historiens, est soumise àl'impératif de plaire étant donné qu'ils sont soumis à la puissance du pouvoir et dépendent de ce dernier poursubsister dans la plupart des cas.
C'est en ce sens alors que l'écriture est hyperbolique, ce qu'indique par ailleurs lesutilisations des superlatifs dans le texte.
Il s'agit alors de flatter la vanité des puissants, ce qui a pour cause ausside rendre meilleurs non seulement les vainqueurs mais aussi les vaincus afin de les rendre encore plus glorieux.
C'esten ce sens que le passé apparaît fabuleux.
Plus exactement, il s'agit de fiction historique, c'est-à-dire ayant pourinspiration des faits réels mais arranger de telles façons pour plaire que l'on se situe alors dans la fiction.
C'est doncpour cela que le passé apparaît merveilleux.c) Mais cet splendeur du passé contraste alors avec le sentiment que l'on peut éprouver face au présent.
Dès lorsl'opposition est frontale entre un passé nostalgie et un présent exécré.
Et c'est bien en ce sens que Machiavel développe la seconde raison.
Celle-ci se développe par comparaison entre ce présent et ce passé.
En effet, dans lepassé de part la glorification et l'idéalisation, il apparaissait que les italiens n'avaient personne à redouter puisqu'ilsétaient les meilleurs et les plus forts donc non plus à envier.
Et c'est en ce sens que l'on peu alors comprendre lefait que les « hommes n'éprouvent aucun sentiment de haine qui ne soit fondé ou sur la crainte naturelle ou surl'envie ».
Cela signifie que c'est par crainte ou par envie que les hommes se livrent à la haine : or ces deux sourcessi fécondes de haine sont taries à l'égard du passé, car il n'y a plus rien à craindre des événements, et l'on n'a plussujet de leur porter envie.
Transition : Ainsi n'est-ce bien aussi par le rôle des historiens et des écrivains plus généralement que se développe cettenostalgie et apologie du passé alors que le présent est l'objet d'une déconsidération certaine face à ce passéidyllique.
Pourtant dans ce dernier moment Machiavel va reconsidérer et développer notre conception présent àl'aune de sa positivité.
III – Apologie du présent a) En effet, contrairement à ce qu'il se passé pour le passé, le présent quant à lui est digne de confiance.
C'est làune opposition essentielle est structurante dans l'extrait.
Le passé est l'affaire du souvenir donc des anciens ou deshistoriens qui ne connaissent alors que partiellement et peuvent être dans l'erreur tant le souvenir n'est pas toujoursfiable.
Au contraire, le présent nous le connaissons parfaitement, tout ce qui se passe nous en sommes conscient.En effet, tandis que le présent se saisit par une perception directe, le passé, lui, n'est connaissable qu'à travers desrécits donc de manière indirecte.
Le présent est fiable tandis que le passé prête à caution.b) Cependant, il faut aussi insister sur cette remarque de Machiavel nous disant que dans le présent nous sommes les acteurs.
En effet, la question est bien de voir que cette nostalgie du passé nous empêche de vivre pleinement letemps présent voire de devenir réellement acteur dans la société et dans l'histoire.
Penser le présent comme unedécadence c'est ne plus vouloir agir donc verser dans la passivité qui est une nécrose de la vie sociale et nationale.c) Pourtant, si nous sommes bien présents face l'actualité et l'immédiateté du présent il n'en reste pas moins quenotre jugement, naturellement, et porté à être moins plaisant pour le temps présent que passé parce que dans leprésent nous lions aux évènements nos émotions tandis que dans le passé nous sommes moins attachés par dessentiments ayant une réelle influence sur notre vie présente.
Pourtant, Machiavel , développant un optimisme sur la situation présente, voit dans présent une plus grande source de satisfaction que le passé.
Mais ici Machiavel neparle pas des monuments des arts, qui portent leur évidence avec eux, et dont le temps lui-même ne saurait que.
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