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Notre rapport au monde est-il en train de devenir essentiellement technique ?

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Pour y comprendre quelque chose, il convient de démêler la cause et l'effet. D'une approche de la nature basée sur la contemplation des grands espaces, l'exaltation de la subjectivité face aux éléments, la recherche de la solitude en mot le plaisir esthétique basé sur le sentiment du sublime, comment est-on arrivé à une consommation de la nature beaucoup trop intense pour préserver la nature des dégradations ? Est-ce réellement à des besoins que répond cette bétonisation des littoraux et autres campagnes dites touristiques ou est-ce finalement la chose qui crée un besoin ? Aussi faut-il se demander si ce n'est pas en vérité l'arrière-plan culturel qui a radicalement changé quant à l'approche de la nature et de ses usages. Pour reprendre un terme d'épistémologie, on a bien affaire à un nouveau paradigme quant à la vision de la nature. On assiste en somme à une désublimation de notre rapport à la nature. Loin d'entrer dans une vision culturel de la perception du paysage, l'homme actuel ne perçoit plus la nature à travers le prisme de représentations culturelles héritées de la Renaissance ou des Lumières. A l'heure de la fin de l'art, le sentiment esthétique a triomphé dans un monde vide d'oeuvre d'art. L'homme actuel recherche l'effet esthétique sans véritablement d'attache ou de support sur lequel appliquer son regard. Il ne s'agit plus de chercher l'expérience du sublime naturel à partir d'un lieu pittoresque précis, de retourner en quelque sorte en pèlerinage sur des lieux qui ont façonné l'imaginaire culturel mais d'aborder l'ensemble des perceptions de la nature sur un mode esthétique.

  Un rapport technique à la nature veut dire que l’homme moderne ne s’intéresserait plus à la nature que sous le rapport de l’exploitation des ressources de celle-ci, comme le lieu où il pourrait faire des aménagements et construire des usines. Cela serait méconnaître notre approche culturel de la nature, ainsi que notre approche esthétique de celle-ci. Notre rapport à la nature n’est pas essentiellement technique pour cette raison. Cela veut dire que les techniques modernes ont changé ce rapport mais indirectement, les techniques ont changé notre rapport culturel à la nature, un rapport qui n’est pas sans danger pour celle-ci.

« un « saut », celui-là même à la faveur duquel la pensée parvient à sortir du domaine de la métaphysique dont la technique est issue. « La philosophie a toujours renversé les apparences. Heidegger, à son tour, montre que la technique n'est pas ce qu'elle offre de plus apparent, comme les moteurs ou lesengins. Elle n'est pas non plis un simple instrument entre les mains de l'homme. «L ‘essence de la technique n'est absolument rien de technique. »Le projet à l'oeuvre dans la technique est un projet métaphysique, parce qu'il concerne tous les secteurs de la réalité et non pas seulement les machines. Il marque l'étant entotalité. La technique a le trait de l'être. C'est elle qui ramène à l'unité une multiplicité de phénomènes épars, que l'on a tendance à considérer simplement comme les signesd'une « crise de civilisation ».Chacun connaît ces signes : l'uniformisation planétaire des modes de vie et de pensée ; la mobilisation constante de l'activité culturelle et artistique ; le déracinement et laneutralisation de l'espace et du temps ; une certaine insensibilité à l'égard de l'excès de douleur (on pourrait ajouter le fait que guerres ou catastrophes deviennent desspectacles télévisés) ; la perte du sentiment de la proximité en même temps que de celui de la distance, abolie par les moyens rapides de transport et de communication ; lacirculation rapide de l'information sans autre but qu'elle-même ; la constitution de stocks immenses d'énergie comme de moyens énormes de destruction ; parallèlement laconsommation accélérée, au prix de la dilapidation des ressources naturelles ; la politique aux ordres de la bureaucratie et de la planification, etc. [...]Deux des phénomènes les plus apparents de l'époque : la science moderne et l'Etat totalitaire, qui semblent la gouverner, ne sont pourtant que des « conséquencesnécessaires » de la technique. Heidegger nous invite à remonter à la cause véritable. La science qui poursuit la mathématisation de la nature n'est pas un projet autonome.Elle décide d'avance du réel ; n'admet que l'objectivable et le calculable. Elle est au service du projet plus général du Dispositif technique (Gestell) et répond à une nécessitéde son essence. « C'est parce que l'essence de la technique moderne réside dans le Dispositif que cette technique doit utiliser la science exacte de la nature. Ainsi naîtl'apparence trompeuse que la technique moderne est de la science naturelle appliquée. » L'opposition apparence/essence opère ici d'une façon presque classique, presqueplatonicienne. De même l'Etat totalitaire, ou la « politique dirigée » - la manipulation de l'opinion publique par la propagande par exemple – ne sont que des « conséquences »d'une nécessité d'essence. Aussi, écrit Heidegger, est-il vain d'accuser les Fuhrer, ou les grands technocrates, et de s'indigner contre eux, car ils ne sont des « causes » qu'« en apparence ». « En vérité, ils représentent les conséquences nécessaires du fait que l'étant est passé dans le mode de l'errance. » Michel HAAR , « Le chant de la terre ». 2) La transformation de notre rapport à la nature : des loisirs dévastateurs. Les usages de la nature ont considérablement évolué depuis la deuxième partie du 20 e siècle. Pour y comprendre quelque chose, il convient de démêler la cause et l'effet. D'une approche de la nature basée sur la contemplation des grands espaces, l'exaltation de la subjectivité face aux éléments, la recherche de la solitude en mot le plaisir esthétique basé sur le sentiment dusublime, comment est-on arrivé à une consommation de la nature beaucoup trop intense pour préserver la nature des dégradations ? Est-ce réellement à des besoins que répond cettebétonisation des littoraux et autres campagnes dites touristiques ou est-ce finalement la chose qui crée un besoin ? Aussi faut-il se demander si ce n'est pas en vérité l'arrière-plan culturel qui aradicalement changé quant à l'approche de la nature et de ses usages. Pour reprendre un terme d'épistémologie, on a bien affaire à un nouveau paradigme quant à la vision de la nature. Onassiste en somme à une désublimation de notre rapport à la nature. Loin d'entrer dans une vision culturel de la perception du paysage, l'homme actuel ne perçoit plus la nature à travers leprisme de représentations culturelles héritées de la Renaissance ou des Lumières. A l'heure de la fin de l'art, le sentiment esthétique a triomphé dans un monde vide d'œuvre d'art. L'hommeactuel recherche l'effet esthétique sans véritablement d'attache ou de support sur lequel appliquer son regard. Il ne s'agit plus de chercher l'expérience du sublime naturel à partir d'un lieupittoresque précis, de retourner en quelque sorte en pèlerinage sur des lieux qui ont façonné l'imaginaire culturel mais d'aborder l'ensemble des perceptions de la nature sur un modeesthétique. Le tourisme de masse, la consommation des biens culturels a entraîné l'appréciation de la nature dans une optique d'une esthétique de la distraction. La nature a perdu son aura,son lointain, elle ne renvoie plus à un ailleurs, mais au bien-être que l'on peut en retirer ou au délassement du stress que son opposé la ville génère. L'expérience esthétique est devenue uneexpérience vivace où l'on se sent bien, elle devient le point de départ d'une pensée hédoniste, d'une redécouverte individualiste de soi au-delà des carcans sociaux. Le tourisme révèle par làquelque chose de très profond sur la vérité de notre temps. La nature n'est finalement ornée d'artefacts humains parfois lourds uniquement pour satisfaire ce désir d'expérience esthétique. Letourisme de masse que connaissent pratiquement tous les littoraux ne traduit plus qu'un besoin individuel généralisé de cure de sensations esthétiques. 3) Un nouveau rapport de l'homme à la nature à repenser. Les thèses d'Alain Corbin dans Le territoire du vide sur la naissance du désir de rivage entre 1750 et 1840 ont bien mis à jour le caractère profondément culturel du bain de mer et de l'appréciation des variations climatiques Le vide culturel qui semble présider à la perception de la nature est en vérité le résultat d'une histoire. C'est par l'intériorisation des contrôles et desémotions, par la volonté des classes inférieures de la société de se conformer aux normes d'excellence et aux coutumes des classes supérieures que peu à peu s'est installé dans lesconsciences que l'ensemble de la population s'est forgé une perception particulière de la nature. Ce n'est pas un conditionnement culturel presque inconscient qui construit le regard de l'hommesur la nature mais en vérité une éducation sociale consciente complètement assimilée qui fonde le procès de la civilisation. Visiblement l'individualisme, l'intériorité semble impossible à effacerde l'histoire de l'Occident. De même le tourisme de masse, la civilisation des loisirs sont des données qu'on ne peut plus négliger. Le problème est que la concrétisation d'un certain nombre deces représentations se heurte à l'équilibre de la nature et à sa préservation. Il y a donc une urgence à réfléchir aux nouveaux usages de la nature dont il faut prendre une vue d'ensemblerapidement. La nature n'est-elle pas devenue un lieu de consommation sans respect de la population locale et de sa culture, un lieu où l'on transporte des modèles urbains sans tenir compte ducontexte environnemental et social ? Ce désir de liberté, d'ouverture sur le monde, de redécouverte de la nature se trouve menacé par ces mêmes pratiques touristiques. Un désir massifd'authenticité est une oxymore, puisque dès qu'une population arrive massivement sur un lieu, il est nécessaire de construire des structures pour l'accueillir, l'acheminer à son but, la nourrir.L'idée est donc avant tout de résoudre des problèmes qui induisent des dépenses structurelles parfois importante de modifier les regards sur la nature, non pas d'une manière utopique; revenirà une attitude face à la nature qui soit finalement anachronique en dehors des réalités actuelles ; mais retrouver un regard plus substantiel et lucide. Au-delà d'une satisfaction subjective etégoïste face à la nature, il faut redonner une importance à l'objet de la visée qui est la nature. En somme, il faut réinvestir la dualité sujet/objet, conscience/nature, et montrer qu'elle peutoffrir une résistance aux désirs, que la recherche la plus innocente de plaisir sensible engendre des méfaits dans la nature, et qu'elle n'est pas un objet indéfiniment malléable . Conclusion. La technique ne dirige pas nos rapports à la nature au sens où nous ne le regardons pas uniquement sous cet angle. Nous apprécions la nature pour ces qualités esthétiques, pour le bien-êtrequ'elle procure mais le problème c'est que nous voulons tous la même chose en même temps. Notre rapport à la nature est technique dans la mesure où nous avons cesse de l'aménager, dela modifier pour qu'elle soit à notre goût, nous nous y rendons en voiture, en avion sans se soucier des dégâts que cela peut causer à celle-ci. Ces pratiques nouvelles sont aussi dangereusesque la simple présence de l'industrie sur nos territoires. »

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