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Pacifisme (analyse et critique de la doctrine)

Publié le 13/02/2016

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L'idée de résistance passive, défendue par Gandhi, n'est pas totalement irréaliste. Il est vrai, d'une part, que la violence appelle une violence encore plus grande.

 

Il est vrai, d'autre part, que si un peuple entier acceptait de mourir plutôt que de se soumettre, il ruinerait toute volonté de domination. Mais voilà le problème: si l’on peut demander à un homme de renoncer à sa vie, il est très difficile de lui demander de ne pas recourir à la violence si, sous

ses yeux, l'on massacre ses enfants, l'on torture et viole sa femme. Les nazis ont très bien compris cela. Tout pacifiste convaincu doit donc, s'il veut donner consistance à ses idées, se demander quelle attitude adopter face à un déploiement de violence comparable à celui mis en œuvre par les nazis. Il semble malheureusement qu'en bien des circonstances, seule la violence puisse résoudre le problème de le violence.

« On ne peut pas s'opposer à la violence sans l faire preuve de violence La violence est une force aveugle.

On ne peut s'y opposer qu'en employant des moyens violents.

Le pacifisme ne veut pas toujours la paix.

En son nom, il peut en effet revendiquer la guerre.

La violence ne raisonne pa-; I l est inutile de vouloir raisonner quelqu'un qui est pris d'un accès de violence.

La con­ trainte physique est le seu l moyen de l'empê­ cher de commettre l'ir ­ réparable.

Pour mettre un terme à la spirale de la vio lence, il faut avoir recours à une violence qui interdit toute nou­ velle réponse.

Ainsi , la capitulation du Japon fut la conséquence de l'extrême violence des bombardements ato­ miques d'Hiroshima et de Nagasaki , en août 1945.

La violence appelle la v·olence M ême si l'on est fon­ damentalement pacifiste, il faut bien se rendre à l'évi dence : dès que la violence écla te, il faut lui opposer une répo ns e viol e nt e, afin •la non-violence absolue fonde négativement la ser­ vitude et ses violences.• Albert Camus, L'Homme révolté d'éviter qu'elle n'en vienne à détruire tous les liens sociaux et ins ­ taure , dans les cas extrêmes, le règne de la barbarie.

I.e pacifisme peut se retourner contre lui-même P remièrement, il est tout à fait possible que l'on en «vienne aux mains» pour défendre des idées pacifistes.

Deuxièmement, un paci· fisme qui refuse toute concession peut favori· ser la violence au lieu de la réfréner.

Ceux qui en usent, ne trouvant aucune force d'opposi· tian, voient leur œuvre de destruction fa cili­ tée par une résistanc e qui n'est que passive.

Il faut être réaliste.

Un pacifisme pur n'est pas une réponse adéquate à la violence.

Accepter de mourir plutôt que de combatt re la violence peut faire Je jeu des méchants.. »

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