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Peut-on aimer autrui comme un autre soi-même ?

Publié le 25/01/2004

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Dans cet esprit, Hegel souligne dans la Phénoménologie de l'esprit que la conscience est surtout avide de reconnaissance : pour s'appréhender elle-même vraiment comme « conscience de soi », il lui faut être reconnue comme conscience par une autre conscience, et se reconnaître elle-même dans l'autre. Plutôt que le respect, c'est le pardon, tel qu'il s'exprime (après l'aveu de la faute) en un « Oui » de réconciliation, qui doit être envisagé comme l'expression la plus haute de cette reconnaissance mutuelle des consciences. Ainsi l'ego n'est plus seulement conçu comme non-égoïste ou altruiste, mais comme incluant l'autre. Cette identité de l'identité (moi) et de la différence (autrui) est ce que Hegel nomme l'absolu, ou Dieu. Peut-on aimer autrui comme un autre soi-même ?Bien entendu, l'expérience morale n'est pas seule à nous mettre en relation avec autrui. Si l'on nous demande de réfléchir à nos rapports avec « les autres », nous penserons plus facilement à ceux auxquels nous lient des rapports d'amour ou d'amitié, qu'à la figure abstraite d'un « autre » non identifié. De fait, la vie affective déploie toute une palette, très différenciée, de rapports à autrui. Le sadisme, pour commencer, semble en fournir la figure négative : autrui fait ici figure de proie, sacrifiée sur l'autel d'une jouissance égoïste. L'amitié, au contraire, nous donne l'expérience d'une relation à la fois symétrique (les amis se considèrent comme parfaitement égaux), et élective : ce qu'on aime chez l'ami, ce n'est pas telle ou telle qualité, mais qu'il soit qui il est.

Introduction :

Aimer c'est éprouver un sentiment d'attachement pour une personne ou pour un objet. L'attachement le plus fort que nous ayons est l'amour que nous portons à nous mêmes. L'amour de soi même ne signifie pas être égoïstes ou orgueilleux, l'amour de soi même caractérise tout être vivant, il est nécessaire à sa survie, c'est lui qui nous donne la force de persévérer dans l'existence. À partir de cet amour, les intérêts qui nous avons sont polarisés sur le moi. Nous aimons autrui à travers cet amour de nous mêmes, pour le plaisir qu'il nous procure, mais toujours moins que nous mêmes.

Pourtant, il nous est possible de nous sacrifier pour autrui, de préférer quelqu'un d'autre à nous mêmes. L'intérêt que nous portons naturellement à nous mêmes peut se déplacer sur autrui ou se taire. L'amour ne se définit pas seulement comme attachement mais comme capacité s'ouvrir à l'autre. Mais alors nous n'aimons pas autrui à la manière de nous mêmes, nous entrons dans une relation nouvelle. Aimer autrui comme un autre soi même serait en ce sens contradictoire. Aimer autrui comme un autre soi même, ce serait encore s'aimer à travers autrui. Peut on aimer autrui pour sa différence?

Problématique :

Aimer autrui comme soi même semble manifester un sentiment très fort, mais à partir du moment où on aime autrui ne l'aime-ton pas précisément en tant qu'autre et non en tant que semblable?

 

« soucier d'autrui autant que de soi même. L'amour du genre humain 3. L'amour du genre humain comme on le trouve chez les philanthropes peut être défini comme bienveillance.

Humedistingue la sympathie qui est un sentiment d'amour des proches et qui est partiale, de la bienveillance qui est unsentiment étendu à tout le genre humain sans distinction de proximité.

Bien que la relation identitaire sembleabsente de la bienveillance, on peut dire qu'elle repose sur l'identité abstraite du genre.

On aime un genre d'être entant que c'est le notre, dans ce sens on aime encore autrui comme soi même. II : L'amour de l'Autre L'amour comme sentiment et l'amour comme acte 1. L'amour a été défini comme un sentiment d'attachement, en tant que sentiment, il est toujours un plaisir du moi.

Onpeut alors caractériser l'amour d'autrui comme modification de l'amour de soi.

C'est pourquoi on dit de gens qu'ilsaiment l'amour : ils n'aiment pas autrui mais le sentiment qu'autrui provoque en eux.

Il faut distinguer de l'amourcomme sentiment l'amour comme acte, il y a dans l'amour actif une volonté d'aimer au delà du sentiment naturelqu'autrui provoque en nous.

On aime alors autrui pour lui même, on l'aime en tant qu'autre.

Au lieu du Même, lacatégorie fondamentale de l'amour est plutôt l'Autre.

On aime alors autrui comme un autre soi même au sens où lesentiment a autant de force, mais l'amour n'est pas le même. Instinct et amour 2. L'instinct qui nous pousse vers nos proches est l'instinct grégaire.

Cet instinct est partial, c'est cet instinct quifonde les nationalismes, les esprits de clan et en général le rejet de l'autre.

Aimer autrui comme un autre soi même,c'est exclure sa différence et par là exclure tout étranger.

Aimer autrui suppose au contraire de s'ouvrir à despersonnes qui n'appartiennent pas à la même classe sociale, qui viennent d'autres pays , qui ont des goûts et descultures qu'on ne comprend pas immédiatement. Désir et amour 3. Le désir est ce qui nous porte le plus fortement vers autrui, que ce soit le désir de pouvoir, le désir de richesses oule désir sexuel.

Mais dans le désir on prend plus d'intérêt à soi qu'à autrui.

Le désir sexuel par exemple s'apparentebeaucoup à l'amour mais il ne va pas au delà de la jouissance égoïste que l'on a de l'autre.

Aimer, c'est toujoursaimer au delà du désir, c'est quelque chose qui ne s'arrête pas avec le désir.

Lacan dit même que l'amour est ce quivient suppléer au manque de désir, c'est ce qui prend le relais de la faiblesse du désir. III : Plus qu'autrui et plus que soi même L'un du désir et le deux de l'amour 1. Le désir est fondamentalement égoïste, il est structuré par les préférences et la jouissance personnelle.

Mais l'amourest plus que le plaisir de l'individu seul, c'est la relation de deux individus.

L'amour ne peut pas prendre modèle surl'amour de soi même en tant qu'il porte sur une relation.

De plus ce n'est pas la relation de deux individus semblablesmais de deux individus qui s'aiment pour leurs différences.

Dans l'amour on aime donc autrui plus que soi même. Le mythe des androgynes 2. Dans le Banquet de Platon, Aristophane rapporte le mythe des androgynes.

Ce mythe raconte que la terre était à l'origine peuplée d'hommes ronds qui avaient quatre bras, quatre jambes et deux têtes.

Zeus voyant qu'ils étaient siheureux dans cet état qu'ils en oubliaient de prier les dieux, décida de les séparer et les coupa en deux.

Depuis,l'homme court le monde à la recherche de sa moitié perdue.

Ce mythe montre que l'amour unit des personnescomplémentaires donc différentes et qui forment un tout supérieur à leurs individualités isolées. Le dépassement dans la beauté 3. Dans la suite du Banquet de Platon, le personnage de Socrate explique que l'amour est une relation qui conduit les amants vers la beauté.

On commence, dit-il, par aimer un beaux corps puis les beaux corps en général, on aimeensuite une belle âme puis les belles âmes en général, enfin, on aime la beauté pour elle même.

Autrui est doncl'occasion de découvrir la beauté en soi.

Ici encore, l'amour est un dépassement des individus qui s'aiment.

On aimeautrui différemment de soi même par ce qu'on entre avec autrui dans un autre rapport qu'un simple rapport desentiments personnels, selon Platon, dans la beauté réelle. Conclusion :. »

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