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Peut-on définir ce qu'est le beau ?

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  Il ne suit pas les règles, il les transgresse, bref, il crée. Le grand artiste, celui qui crée, est un génie. « Le génie est la disposition innée de l'esprit par laquelle la nature donne ses règles à l'art » (« Critique de la faculté de juger »). Pourquoi la nature ? Kant veut signifier par l'emploi du mot nature:   ·  que la création ne s'apprend pas. Un savoir-faire s'apprend et le grand artiste l'a acquis. Mais il permet de re-faire ce qui a été fait, d'imiter les grands, il ne permet pas de créer. Le savoir-faire est une condition nécessaire mais pas suffisante.  La création relève du don, de la nature définie comme ce qui est donné et n'est pas l'oeuvre du savoir et du travail. ·  puisque pouvoir créer est un don, celui-ci n'est pas intelligible.

Deux grandes conceptions s'affrontent dans l'histoire de la philosophie : soit le beau est une caractéristique de l'objet, soit il est un sentiment du sujet. La pre­mière doctrine remonte à Platon : une chose est belle quand elle est parfaitement ce qu'elle doit être ; on peut parler d'une belle marmite, quand cette marmite rend exemplaire l'idée même de marmite. La seconde est inaugurée par Kant : le beau n'est pas une carac­téristique de l'objet, c'est un sentiment du sujet, éveillé par certains objets qui produisent en nous un senti­ment de liberté et de vitalité. En effet, le sentiment du beau est le « libre jeu « de l'imagination et de l'enten­dement : le beau suscite un jeu de nos facultés par lequel nous éprouvons en nous le dynamisme même de la vie.

« A. La conception platonicienne de l'art et du Beau. Thèse - Dévalorisation de l'art au nom de la vérité. Cette dévalorisation a pour fondement la dévalorisation dumonde sensible an nom de cette même vérité. Et valorisation ontologique du Beau, Idée ou Essence. La critique platonicienne vise surtout les arts suivants : la poésie, la sculpture, la peinture. Dans la « République » (II), Platon n'est pas loin d'exiler de la Cité idéale les poètes s'ils ne se soumettent pas à la vérité. Il conteste donc l'autonomie de l'art et la liberté de l'artiste. Dans le « Phèdre » (248 d-c) Platon établit une hiérarchie des existences humaines en fonction de leur degré de perfection c'est à dire de connaissance. Ildistingue neuf degrés qui vont de la vie philosophique (premier degré) à la vie tyrannique (dernier degré). L'artisteimitateur occupe la 6e place, l'artisan et le laboureur la 7c, le sophiste la 8e. Pourquoi ? Pourquoi un tel voisinage du sophiste et de l'artiste ? Une telle condamnation de l'art ? 1) Parce que l'artiste comme le sophiste possède un savoir-faire qui est un savoir-tromper. a) Poètes et peintres n'enfantent que des fictions. Les poètes, Homère , Hésiode , ne sont que « faiseurs de contes », en outre contes dangereux car ils véhiculent une fausse image des Dieux et des Héros. Par exemple, les Dieux sont jaloux, se font la guerre et les pires vilenies. Or, « la bonté n'appartient-elle pas à ce qui est divinité? » (Rep.379). D'autre part, représenter les Dieux à l'image de l'homme, ne pas en faire des modèles de vertu, n'est-cepas encourager le mal? Les peintres et sculpteurs, quant à eux, illustrent les fictions inventées par les premier. etcréditent le mensonge. b) Pour plaire ces fictions doivent avoir l'apparence du vrai. Le savoir-faire de l'artiste est donc bien semblable àcelui du sophiste puisqu'il permet de produire l'illusion du vrai, de présenter comme vrai ce qui ne l'est pas et n'en aque l'apparence en utilisant les séductions du sensible (flatterie, plaisirs des sens ... ). Par exemple le bon peintreest celui qui est capable de représenter dans un espace à deux dimensions un objet qui, lui, occupe un espace àtrois dimensions. Plus l'image produite par le peintre semble vraie, plus elle est en fait infidèle à son modèle tel qu'ilest. L'exactitude de l'art repose sur la déformation du réel sensible (cf. les règles de 1a perspective). 2) Parce que l'art n'est qu'imitation . L'imitation de quoi ? Des apparences sensibles, de la réalité telle qu'elle se manifeste à nous par l'intermédiaire denos sens. C'est dans la juste mesure où le poète ne s'élève pas au dessus des apparences sensibles qu'il représenteles Dieux à l'image des hommes. L'art conforte les hommes dans leur erreur première : ce qui est, est ce quiapparaît. L'art n'est qu'illustration de l'opinion, représentation de la représentation subjective. 3) Parce que l'art n'est qu'imitation d'une imitation, un simulacre . Dans La « République » (X 597b-598c - cf. texte), Platon montre que le peintre est « l'auteur d'une production éloignée de la nature de trois degrés ». En effet, il y a trois degrés de réalité. · La première, celle qui est vraiment et pleinement, est la réalité intelligible ou Idée. Pour Platon les Idées ne sont pas des produits de notre intelligence, constitutives de cette dernière (rationalisme) ou formées aucontact de l'expérience (empirisme). Elles existent indépendamment de notre pensée. L'Etre est l'intelligible oumonde des Idées. Cette thèse rend compte et de la connaissance, la réalité est intelligible, objet d'uneconnaissance, et de l'ordre du monde. C'est parce que le monde est en lui-même intelligible que nous pouvons leconnaître. · La seconde, ensemble des êtres naturels ou artificiels, est seconde, sa réalité est moindre, dans la mesure où elle est imitation de la première. Les êtres naturels doivent leur existence à un Démiurge qui a façonnéla matière en contemplant le monde des Idées (« Timée » ). De même le bon artisan fabrique son objet en se réglant sur son Idée. Ces êtres ont moins de réalité que les Idées puisqu'ils se contentent de les imiter. · La troisième, la plus éloignée de la réalité telle qu'elle est en elle-même, est celle produite par le peintre puisqu'ilimite ce qui est déjà une imitation. Elle est donc un presque rien, n'a pas plus de réalité que notre reflet dans lemiroir. Elle est le reflet d'une apparence. En fait, il n'y a rien à voir. Au nom de la vérité Platon critique l'art. Les fondements de cette critique sont: la définition de l'art comme imitation, reproduction de la réalité sensible et à la définition de la réalité sensible comme apparence, apparencetrompeuse, apparence du vrai. Non seulement l'artiste ne produit que des apparences et en accentue la puissancetrompeuse, mais encore il nous attache à ce monde des apparences en produisant des apparences qui plaisent,excitent les sens et l'imagination. L'art, effet du désir sensible et des passions, les accroît en retour. L'hommeraisonnable n'y a pas sa place. L'art, ennemi de la vérité est ennemi de la morale. On trouve ici la première »

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