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Peut-on dire que l'essentiel de la vie psychique c'est la vie de l'inconscient ?

Publié le 05/03/2005

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Comment caractériser la vie psychique? C'est bien la vie de l'esprit dont il s'agit, soit le sujet de la représentation doué de son activité propre, opposé en ce sens à l'objet même de la représentation. Or la vie psychique, ce sont ces pensées qui peuplent précisément cette vie mentale, cette circulation ordonnée, organisée dans son flux par un sujet. Mais le sujet nous propose ici de nous interroger sur la conscience que nous avons de ces processus mentaux qui se déroulent à l'intérieur même de notre esprit. Avons-nous une intuition plus ou moins claire de ces états ou actes de pensée dans leur plus grande majorité, où la plupart d'entre eux restent-ils en dehors du champ de notre conscience ? Dans la deuxième branche de cette alternative, à quel champ appartiendrait alors ces contenus psychiques? Penser alors à l'inconscient, ce n'est pas simplement penser à une sphère qui ne relève pas de la conscience – à un regard de l'esprit sur lui même – mais c'est également penser à une sphère qui échappe à la conscience et à son action, une sphère sur laquelle le sujet n'a aucun pouvoir. Parler de « l'inconscient «, c'est penser qu'il existe au sein de l'esprit même une région que le sujet ne contrôle pas, une région ayant ces propres représentations et impulsions. Or, comment est-ce encore alors mon esprit puisqu'il ne m'appartient pas en propre, ni dans sa logique, ni dans son évolution?




« son action, là où il ne fait que se plier à une exigence qui lui vient de l'extérieur. Une somme incroyable de facteurs détermine mon fonctionnement psychique à chaque instant.

Là où bien souventje crois qu'il s'agit de mon libre arbitre qui est en jeu, il s'agit en vérité de véritable habitus , c'est-à-dire d'habitude contractée inconsciemment au sein d'un groupe, d'une quelconque entité collective, qui pèse sur chacun de mescontenus mentaux.

Je vis dans une société, je vis dans une civilisation, je vis dans un certain sous-groupe(supporters, professions...) qui est déjà porteur de ce que l'on pourrait appeler un « Esprit objectif », c'est-à-dire d'un certain nombre de représentations qui me « contaminent » sans même que je m'en rende compte. Je suis donc en partie un automate psychique investi massivement de représentations venant de toute part, quiconditionnent ma vie psychique dans ses habitudes de pensées, dans ses tendances, ses impulsions, ses désirs.

Ilest assez difficile de savoir si la plus grande partie de ma vie psychique est inconsciente, précisément parce quebien des cas de figures pseudo-consciente de mon esprit ne sont en fait (si je me donne la peine de creuser,d'effectuer une introspection) qu'un produit , soit un résultat, une construction due à d'autres facteurs que ceux qui sont sous mon pouvoir, ou qui émanent des mes décisions libres. Le comprendre III. Nous prenons pour titre de cette partie le « comprendre », et non la « compréhension ».

Nous distinguons ici lecomprendre de la compréhension en ce qu'il est une modalité normative même de l'existence.

Qu'est-ce à dire? Il esttout à fait possible de penser qu'une grande majorité de l'appareil psychique est foncièrement inconscient vu lenombre de facteurs incroyables qui nous déterminent à chaque instant.

C'est ce que Sartre appellerait l'aspect en soi de notre être, soit celui qui est objectivé, ce qui nous leste et fait de nous un simple objet.

En effet, exister en soi , c'est exister conformément à quelque chose de pré-établit.

Par exemple, le verre qui existe en soi parce que sa vie de verre ne fait que déployer un plan pré-conçu du verre créé parun concepteur dans un laboratoire d'étude.

Ainsi, inconsciemment, j'existeconformément à ce qu'on attend de moi en tant qu'homme, en tant quemédecin, en tant que père, en tant que frère, en tant que...

Inconsciemment,une foule de facteur détermine nos pensées comme nous l'avons vu. Le comprendre insiste précisément sur une autre part de notre être qu'est lapart pour soi .

Je suis en effet un être conscient, et cette conscience me permet en effet de ne pas « coller » à l'être, de m'émanciper, de prendre unecertain distance avec ce que je vis pour ne pas être pris dans le flot en soi de l'être.

Le comprendre, c'est cette activité qui consiste à s'introspecter, àsaisir ce qui se joue de moi, plutôt que de sombrer dans la mauvaise foi quiconsiste à devenir le personnage social qu'on me propose d'être.

Comprendre,c'est revenir sur soi et faire en somme de la conscience non pas quelquechose de donné mais une tâche.

Il s'agit de prendre pour devoirl'éclaircissement d'une vie inconsciente massivement présente dans l'appareilpsychique. On comprend dès lors l'intérêt de la connaissance.

Etre lucide sur ses désirsévite déjà d'être déterminé par eux en toute ignorance dans le choix de ce que l'on croit juste ou non.

Et il en estde même pour le reste.

En effet, Spinoza admet que nous sommes à l'intérieur d'un réseau causal qui nous détermineet dont il est impossible de s'extirper.

Mais connaître ce qui agit sur nous, c'est déjà ne plus en être la victime, neplus subir.

Comprendre, c'est ne pas être dans un état passif: c'est utiliser son entendement pour devenir unecause adéquate de mes actions, de mes pensées, savoir ce qui joue sur moi, ce qui pèse sur mon esprit, avant d'agir activement en conséquence.

Le comprendre exige donc de vivre sur le mode d'une certaine conquête qui découvre progressivement ce qui nous conditionne: il est un appel à assumer cette liberté fondamentale del'existence humaine. Conclusion Il est fort possible que la plus grande partie de la vie psychique soit foncièrement inconsciente.

Il s'agit donc deregagner ce terrain, de développer une faculté d'écoute sur nous-mêmes, d'être attentif à ce que nous éprouvons,ce que nous sentons, ce que nous pensons.

Le sujet conscient n'est pas une donnée originelle, mais une tâche àlaquelle chacun doit s'atteler pour devenir ce qu'il choisit d'être.

Le comprendre n'est donc pas un chemin accidenteldans notre itinéraire,mais celui qui nous garantie l'accès à ce que nous sommes réellement.. »

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