Peut-on justifier la désobéissance aux lois ? (partie 1)
Publié le 17/04/2026
Extrait du document
«
TEXTE EXPOSE PHILO : PEUT ON JUSTIFIER LA DESOBEISSANCE
AUX LOIS ?
I.
On peut justifier la désobéissance aux lois en l'expliquant.
I.A.
Argument du droit de nécessité.
Kant, Doctrine du droit,
Hobbes, Léviathan.
->Tout d'abord, il faut reconnaître qu'il existe des situations extrêmes où
l'obéissance à la loi met en danger la vie ou la dignité humaine.
Cet
argument repose donc sur la légitimité d'un droit de la nécessité.
La
nécessité peut justifier la désobéissance à la loi lorsque respecter la loi
entraînerait un mal plus grand que celui causé par sa transgression.
Autrement dit, dans des situations exceptionnelles comme sauver une vie,
échapper à une injustice flagrante, ou répondre à une urgence vitale la loi
peut apparaître inadéquate face à l'exigence morale ou humaine.
Par
exemple, voler de la nourriture pour nourrir un enfant affamé peut être
considéré comme illégal, mais moralement compréhensible.
Cette idée
repose sur le principe que la loi, bien qu'essentielle pour l'ordre social et
qu'elle soit au service de l'intérêt commun, n'est pas toujours garante de
la justice.
Il arrive que la conscience ou les circonstances imposent une
action contraire à la règle écrite.
En effet Kant pense que la loi morale qui est donc issue de la raison est
supérieure à la loi civile si cette dernière contredit la dignité humaine.
« L’action qui consiste à employer la violence pour se conserver soi-même
échappe donc à la punition[1](impunibile), quoiqu’on ne puisse la regarder
comme non coupable »
Ainsi, désobéir à une loi injuste peut être un devoir moral si elle porte
atteinte à la liberté ou à la dignité.
Au contraire, Hobbes pense que la loi doit être absolument respectée,
même si elle semble injuste ou inadaptée dans certaines situations, Dans
Le Léviathan, il soutient que l'ordre social repose sur un contrat entre les
individus et une autorité souveraine.
Transgresser la loi, même par
nécessité, menace cet ordre et pourrait ramener la société à l'état de
nature, où règnent la peur et la violence.
Cependant, Hobbes admet une exception minimale : un individu a le droit
de désobéir pour se défendre contre une menace directe à sa vie.
Par
exemple, on peut mentir ou fuir pour ne pas être exécuté.
Mais il ne s'agit
pas de la justification morale mais plutôt d'un instinct de survie.
Ainsi pour
Hobbes la nécessité n'est presque jamais une justification valable, sauf en
cas de danger vital immédiat.
Par exemple, si une mère sans abri vole de la nourriture pour nourrir ses
enfants, c’est quelque chose d’illégal, un vol.
Mais c’est la nécessité vitale
qui dicte cet acte.
La mère sera condamnée pour cet acte.
Juridiquement
parlant, c’est répréhensible, la loi ne distingue pas les mobiles.
Mais du
PDV moral la situation d’extrême détresse rends la désobéissance
compréhensible, voire justifiable.
Cet exemple permet d’illustrer que la loi peut parfois être trop rigide pour
prendre en compte les exigences humaines fondamentales (comme la
survie ou la solidarité).
Transition : La nécessité montre que la loi n'est pas toujours au-dessus
dans le cas de tout.
Mais il existe aussi des justifications plus politiques ou
historiques à la désobéissance.
I.B.
Argument de la désobéissance comme résistance à
l'oppression.
Bergson, "Le mouvement rétrograde du vrai".
On
peut justifier aussi la désobéissance non pas par ses causes mais
par ses effets.
->La désobéissance à la loi peut être moralement justifiée si elle vise à
lutter contre une injustice ou une oppression.
La désobéissance à la loi
peut être comprise non pas seulement par ses motivations immédiates,
mais surtout par ses conséquences à long terme, comme le montrent les
révolutions ou les résistances historiques.
De plus une loi n'est pas
toujours synonyme de justice.
Une loi oppressive, contraire aux droits
fondamentaux ou imposée par un pouvoir illégitime, peut être contestée
par des actes de désobéissance.
Dans son txt, Du mensonge à la violence – « La désobéissance
civile », Hannah Arendt
Arendt distingue l’objection de conscience (individu qui refuse d’obéir par
conviction personnelle) et la désobéissance civile (groupes organisés unis
par une décision commune de s’opposer à une politique)
->Insiste sur fait que ce n’est pas seulement 1 question de morale individuelle
ou de "loi supérieure " (comme dieu ou la justice universelle), mais que la
désobéissance civile a lieu quand des citoyens constatent que les
mécanismes normaux ne fonctionnent plus.
(ex : qd les institutions ne
répondent pas, qd le gouvernement abuse de son pouvoir, ou qd les
libertés fondamentales sont menacées)
DONC -> on peut justifier la désobéissance par ses effets (préserver
droits, résister à l’oppression) Arendt dit clairement que la désobéissance
civile n’est pas de la délinquance ordinaire mais une action qui a pour but
de défendre la liberté ou la justice
Par ex : Les lois de Nuremberg, promulguées en 1935 par le régime nazi,
étaient des lois parfaitement légales dans l'Allemagne hitlérienne.
Elles
instauraient une discrimination raciale systématique contre les Juifs
(interdiction des mariages mixtes, retrait de la citoyenneté, exclusion de
certaines professions, etc.).
Ce cas illustre puissamment l'idée que légalité n'est pas toujours
synonyme de justice, et qu'il peut être juste de désobéir à la loi lorsqu'elle
viole les principes fondamentaux de la dignité humaine.
Lorsque l'on résiste à une loi injuste, on peut alors justifier cette
résistance non pas seulement parce qu'on estime la loi inacceptable, mais
parce que l'action de désobéir produit des effets bénéfiques : éveil des
consciences, transformation des institutions, libération....
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