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Peut-on parler de vérités métaphysiques ?

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C'est l'expérience sensible qui est mensongère, qui constitue un monde d'apparences trompeuses que la raison doit dépasser pour découvrir l'Être, tel qu'il est en soi. Leur métaphysique est une ontologie, une connaissance de l'Être.Le mythe de la caverne, chez Platon, symbolise la conversion de l'âme à la métaphysique. Les hommes sont d'abord semblables à des prisonniers, enchaînés dans une caverne, le dos tourné vers l'ouverture, les yeux fixés sur la paroi. Ils ne voient rien de ce qui se passe au dehors, ils ont pour tout spectacle les ombres mouvantes sur la muraille, qu'ils prennent pour des choses réelles. Mais supposons qu'un de ces prisonniers soit brusquement arraché à la caverne et transporté à l'extérieur, en pleine lumière. D'abord ébloui, il s'accoutume petit à petit au monde ensoleillé qui symbolise les idées éternelles, patrie du philosophe... Avant de tomber dans la prison du corps l'esprit pouvait contempler les Idées sans effort ; après la chute, les Idées lumineuses, antérieures à notre expérience terrestre, demeurent intérieures à notre esprit comme un souvenir nostalgique et un peu confus, mais que nous sommes capables d'évoquer grâce à l'initiation philosophique, au progrès dialectique qui arrache « l'oeil de l'âme u au bourbier des sens.Socrate invitait ses disciples à définir la vertu, le courage, la science, c'est-à-dire à chercher des concepts abstraits et généraux. Pour Platon ces concepts de notre esprit ne sont que le reflet d'Idées éternelles existant en soi.

« métaphysiciens, comme Kant en fait la remarque. Descartes, Leibniz ou Spinoza croient que nous disposonsd'intuitions intellectuelles qui nous révèlent l'essence même des choses. Mais leurs trois systèmes métaphysiquessont différents et inconciliables. Tandis que les savants prouvent leurs propositions — qui finissent toujours par fairel'accord des esprits compétents — les métaphysiciens discutent indéfiniment sans se convaincre.Pourquoi cet échec des métaphysiques ? Kant répond : parce que nous ne disposons pas d'intuitions intellectuelles. Le seul donné de la connaissance, c'est le sensible. L'absolu, le « noumène »,nous échappe. Nous ne connaissons le monde que réfracté à travers lescadres subjectifs de l'espace et du temps ; nous ne connaissons que desphénomènes. Certes, l'entendement (Verstand), grâce à ses catégories, peutmettre de l'ordre dans ces apparences et construire une science ; mais au-delà de ce « rêve bien lié » la connaissance est impuissante. Si la raison(Vernunft) veut poursuivre son effort de liaison et d'unification au-delà del'expérience sensible, elle ne rencontre que le vide et se perd dans les «antinomies » métaphysiques. Le métaphysicien est pareil à une colombe naïvequi sentant dans son vol la résistance de l'air « pourrait s'imaginer qu'ellevolerait bien mieux encore dans le vide ». Ainsi Platon veut-il évacuerl'obstacle du sensible et voyager « sur les ailes des Idées dans les espacesvides de la Raison pure n. C'est là une ambition chimérique. L'entendementscientifique est à jamais voué à « épeler les phénomènes » tandis que laraison métaphysique est condamnée à tourner à vide. Le savant a le droit dedire que l'échauffement est la cause de la dilatation car ces deuxphénomènes sont donnés dansl'expérience sensible spatio-temporelle et l'entendement n'a plus qu'à lesrelier. Mais lorsque le métaphysicien prétend qu'il y a une cause du monde quiest Dieu, il abuse de la causalité car il sort de l'expérience, il imaginegratuitement quelque chose en dehors du monde. Au lieu de chercher àdécouvrir des causes dans l'Univers, il invente une cause de l'Univers. Si chez Kant l'espace et le temps, cadres subjectifs de toute perception, nous masquent à jamais le fond deschoses, d'après Marx c'est encore la temporalité, le devenir qui ruine toute possibilité de métaphysique. En effetalors que les systèmes métaphysiques prétendent exprimer des réalités éternelles, ils ne reflètent à leur insu, etd'une manière déguisée, que les conditions de la vie économique et de la lutte des classes à leur époque. Parexemple la distinction de l'Idée et du sensible chez Platon exprimerait seulement la division de la société antique enhommes libres, voués au loisir contemplatif, et en esclaves assujettis à la matière. A la métaphysique des véritéssoi-disant éternelles, Marx entend substituer sous le nom de dialectique une science de l'histoire.De même Comte condamne les abstractions de la métaphysique, discipline purement verbale ; pour lui la sciencepositive se contente d'établir les relations constantes entre les phénomènes qui se suivent dans l'expérience, sansspéculer sur les « causes u premières, ni disserter sur le mystère de l'univers. Cependant ces attaques contre la métaphysique ne peuvent venir à bout — Kant le savait déjà — de l'inquiétudemétaphysique chez l'homme. Les critiques kantiennes n'ont pas empêché le développement des métaphysiques post-kantiennes ; les systèmes de Fichte, de Schelling, de Hegel en sont la preuve. Les critiques marxistes ou positivistesn'ont pas davantage mis fin à la métaphysique. Le XXe siècle avec Bergson, Heidegger, Sartre a lui aussi connul'essor des doctrines métaphysiques. Si la diversité des systèmes souligne l'incertitude de la connaissancemétaphysique, leur persistance au cours de l'histoire témoigne de la vitalité des préoccupations métaphysiques.Il est vrai que la science s'est imposée dans son domaine : elle exprime ses propositions dans une langue précise quiest de plus en plus la langue des mathématiques ; elle les vérifie par des méthodes sans cesse plus rigoureuses ; iln'en est pas moins vrai que la science est incapable non seulement de résoudre mais bien de poser les grandesquestions métaphysiques sur lesquelles l'homme ne cesse de s'interroger. Car la science, disait très justementNietzsche, n'est qu'un « essai de créer pour tous les phénomènes un langage chiffrécommun qui permette de calculer, donc de dominer plus aisément la nature ». Au-delà des prises de la science, lamétaphysique demeure comme discipline réflexive capable d'éveiller notre conscience aux questions fondamentales ;d'abord la question du sujet pensant que la science ignore car pour elle l'homme lui-même est un objet, soumis audéterminisme, explicable par ce qui l'entoure ; mais le point de vue scientifique est ici radicalement insuffisant, caralors même que je considère comme objet mon corps, mon caractère, mes idées, mes sentiments, il y a quelquechose qui échappe à l'objet, à savoir la pensée que j'ai de l'objet au moment même où j'en parle ; il n'y a d'objet quepour un sujet et le sujet pensant n'est pas lui-même objectivable puisqu'il est ce devant quoi il y a des objets. Lesujet pensant est donc typiquement, dans le langage de Gabriel Marcel, un « mystère » métaphysique et non unproblème scientifique. Le sujet est ce que je « suis » et que je ne peux donc pas « avoir » devant moi, séparé demoi, comme une chose qu'il me suffirait d'explorer patiemment (objet est l'équivalent latin du grec problème, ce quiest « jeté devant », étalé dans la dimension de l'extériorité). On pourrait montrer de même que la science ne peutporter que des jugements de réalité, que les jugements de valeur lui échappent. Enfin la science ne saurait poser laquestion de l'Être en général. La science en découvrant les lois de la nature explique si l'on veut pourquoi tellechose s'est produite plutôt que telle autre, mais elle ne pourra jamais rendre compte de la question essentielle,tellement impliquée dans toute question qu'il nous arrive aisément de l'oublier : « Pourquoi y a-t-il quelque choseplutôt que rien ? » Sans doute à de telles questions la philosophie n'apporte pas de solution. Du moins les réponsesqu'elle propose — et qui changent dans chaque système — sont-elles beaucoup moins intéressantes que la façon deposer les questions. Car il faut bien comprendre que l'existence même de la métaphysique apporte un démenti àcette idée de Marx selon laquelle l'humanité ne se poserait que « les problèmes qu'elle peut résoudre ». Ceci est vraipeut-être pour des problèmes techniques et scientifiques qui se résolvent par des démarches opératoires et qui ne »

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