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Peut-on rompre avec le passé ?

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Si l'espace est réversible, le temps est changement irréversible. Tout changement possède un caractère irréductible, définitif. Le temps nous fait découvrir ainsi notre impuissance : la temporalité échappe à nos prises. Je ne recommencerai pas ce qui fut. Le passé se donne à nous comme ordre qui s'impose et que nous ne saurions effacer. Comment n'en serions-nous pas prisonniers ? Si l'espace est marque de ma puissance, le temps est marque de mon impuissance, disait Lagneau.Irréversibilité, figé, irrémédiable, le passé se donne comme ce devant quoi je ne puis rien. Il désigne, à première vue, une réalité statique, un « en-soi », un ordre immobile en le quel je suis enfermé. Le « pour-soi », c'est la vie, le mouvement de la conscience.

« humaine est bornée de néant : « Comment donc ces deux temps, le passé et l'avenir, sont-ils puisque le passé n'estplus et que l'avenir n'est pas encore ? Quant au présent, s'il était toujours présent, s'il n'allait pas rejoindre le passé,il ne serait pas du temps, il serait l'éternité » (saint Augustin, Confessions, XI, 14). Ainsi comprise, la temporalité estla dimension de notre finitude. Nous n'échappons ni au temps, ni à l'histoire. La durée des modernes est laconscience originaire de cette limite. Ainsi réduite, la temporalité renvoie nécessairement à la notion d'un tempslinéaire, irréversible, uniforme, historique, profane ; la durée ne peut correspondre alors qu'aux aspects les pluspauvres de la conscience. La conscience du temps constitue une donnée première à partir de laquelle l'être humainse pense dans une finitude absolue. Que ce soit la durée- mesure ou la durée- vécue, nous sommes toujoursprisonniers de l'intuition temporelle du « flux », menacés, en sursis, à l'intérieur du temps. Nous sommes bordés pardeux néants : le néant de la naissance et le néant de la mort. Pour la pensée de la temporalité comme flux, la duréesignifie l'écartèlement de la conscience entre la certitude implacable de la mort et le désir à jamais inassouvid'éternité. Le sujet conscient de quelque chose remplit de cette chose (idées, représentations, sentiments,souvenirs, images, perceptions, etc.) le moment actuel de son temps. Et cette formule implique précisément quedans cet espace de temps qui est, comme le dit R. Ruyer, essentiellement axiologique (car il appartient àl'intentionnalité du sujet d'en régler les limites par le sens), ce champ de la conscience est donc rempli à chaquemoment du temps de l'expérience actuellement vécue. Aussi, la rupture avec le passé n'est pas notre faitintentionnel, elle se fait d'elle-même. La seule interruption du flux est la mort. Rompre avec le passé : l'exemple de la psychanalyse. Découvert dans le traitement des névroses par Freud, l'inconscient allait se révéler non seulement commedéterminant la genèse des maladies mentales, mais comme partie intégrante du psychisme humain. Tant qu'onidentifie conscience et psychisme, tout ce qui échappe à la conscience ne retient pas l'attention et on y voitseulement un effet du hasard ou un raté inévitable de processus qui par ailleurs sont dûment connus et maîtrisés.Au contraire, découvrant dans des cas pathologiques l'importance et l'efficacité du psychisme inconscient, on esten droit de se demander si ce dernier n'est pas encore à l'œuvre, bien que d'une autre façon, chez l'homme ditnormal. La névrose ne serait qu'une forme entre autres des défaillances dont souffre la conscience, elle ne seraitqu'un cas particulier des incohérences du discours conscient. Or Freud, fidèle au principe du déterminisme ( Cinq Leçons sur la psychanalyse ), ne peut se contenter, pour expliquer les anomalies de la vie psychique, de faire appel au hasard ou à l'inconnaissable ;il veut déterminer les raisons et rétablir la nécessité là où l'on semble n'avoiraffaire qu'au fortuit. Ce que dit Freud, dans les termes de notre sujet, et quel'inconscient que n'est pas actif dans la vie normale peut trouver à s'exprimerdans des comportements oniriques, névrotiques, dans les actes manqués, cetinconscient représente le passé de la vie de la conscience, qui sur un sujetsain s'exprime peu, à part dans les rêves, mais qui peut déborder à notre insudans la vie de la conscience. En vérité, dans le cas de la névrose on n'a pasrompu avec le passé, comme si on rejouait à l'infini des scènes traumatisantesdu passé, comme si quelque chose avait été manqué par le passé et sareproduction dans le présent pouvait lui apporter sa solution. Le traitementpsychanalytique, lui a pour but de faire vivre véritablement dans le présentl'individu et de le détacher d'un passé qui l'accable, car le malade lui n'a pasrompu avec son passé, il n'a pas su le rendre inactif quand il le fallait. 2) Rompre avec son passé, la mémoire collective ? Aucune société ne peut se dispenser de se forger une mémoire collectivesous peine de disparaître ou de perdre son unité et sa personnalité. Aussi, aucours de l'histoire, diverses sociétés se sont-elles livrées à des tentativessuccessives de mémorisation de leur capital intellectuel et technique. Lamémoire collective réalise, sans cesse, un compromis entre le présent et le passé. Elle réactualise continuellementdes croyances traditionnelles qui prennent toujours corps dans des personnes ou dans des groupes et elle leurdonne le vernis d'idées actuelles, pour que les hommes d'alors les comprennent, s'y intéressent et les acceptentcomme leurs. Il en résulte que toute pensée sociale est une mémoire constituée de souvenirs collectifs dontl'importance est suffisante pour que la société en assure la reconstruction à son profit. La mémoire collective a pourfonction de transmettre des symboles, des exemples, des préceptes et d'assurer la diffusion des normes quirégissent la société (ou le groupe). Par ailleurs, la pensée sociale n'est pas abstraite. Elle s'appuie sur desreprésentations imagées et concrètes d'événements ou de personnages, localisées dans le temps et dans l'espace.Aussi, pour reconstruire le passé, un individu fait appel à des points de repère sociaux : ceux que lui offrent safamille, son groupe religieux ou politique, sa classe sociale ou son groupement de travail. On comprend aisément quele passé est nécessaire à la construction de l'individu : quel est son milieu, quel est l'histoire de son pays, de saclasse sociale ? C'est là que s'entrecroisent histoire individuelle et collective, où la rupture avec le passé estimpossible au risque du déracinement, de l'illusion, de la déception car la société se charge souvent de rappelernotre provenance sociale. On ne rompt jamais avec son passé quand bien même il serait honteux. Certes, il ne fautplus s'inspirer des idées du régime de Vichy mais cela fait partie de l'histoire de France, le nier serait révisionniste,de même toutes les atrocités nazies. Rompre avec le passé ne veut pas dire le détruire ou l'oublier, rompre veutsurtout dire lui retirer une influence active et positive sur le présent, non le reléguer au fin fond de l'histoire, et nejamais chercher à le comprendre, à l'analyser, à l'étudier avec la plus grande lumière. L'histoire comme on l'a dit estun flux où chaque époque influence la précédente, non des époques hermétiques entre elles et strictement définie »

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