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Peut-on voir dans l'oubli un échec de la mémoire ?

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La mémoire totale serait donc un obstacle invincible de notre vie, elle pèserait sur nous de tout son poids, à la manière de ces souvenirs obsédants qui parfois encombrent notre existence. De ce point de vue, l'oubli peut avoir un rôle bienfaisant, mais il reste qu'il est indépendant de notre volonté et que dans bien des cas nous le déplorons. Encore est-il que nous pouvons soutenir et étayer nos souvenirs par le recours à ce que Halbwachs a appelé les cadres sociaux de la mémoire. Chacun de nous est constamment invité à mettre sa biographie à jour, et notre temps individuel, que nous conservons en le rappelant à notre entourage, s'inscrit dans le temps commun du calendrier, des commémorations et des grands événements de l'histoire. Pour obtenir la suite et la fin de ce devoir un second et dernier code PassUp vous est demandé. CITATIONS: « Se souvenir de tout serait, en bien des circonstances, aussi fâcheux que ne se souvenir de rien; il faudrait, pour nous rappeler une portion déterminée de notre passé, exactement le temps qu'il fallut pour la vivre, et nous ne viendrions jamais à bout de penser. » William James, Principes de psychologie, 1890. « Imaginez l'exemple extrême : un homme qui serait incapable de rien oublier et qui serait condamné à ne voir partout qu'un devenir; celui-là ne croirait pas à son propre être, il ne croirait plus en soi, il verrait tout se dissoudre en une infinité de points mouvants et finirait par se perdre dans ce torrent du devenir. » Nietzsche, Considérations inactuelles, 1873-1876. « Nul bonheur, nulle sérénité, nulle espérance, nulle fierté, nulle jouissance de l'instant présent ne pourraient exister sans faculté d'oubli.

« Pour répondre à la question du sujet, il faut d'abord distinguer avec Bergson deux types de mémoire, même si ellessont toujours plus ou moins étroitement mêlées, d'un côté, la mémoire-souvenir, qui est le retour à la consciencedes événements, plus ou moins déformés, de notre passé, et de l'autre, la mémoire-habitude, qui représenteessentiellement les aptitudes à acquérir et à conserver un savoir. § 2. L'oubli des souvenirs et la mémoire involontaire Il est banal de constater que la mémoire-souvenir a chez tout homme ses échecs, ses manques, ses altérations. Ilest donc une forme de l'oubli, la plus courante, qui est une gêne permanente et qui consiste dans l'incapacité oùnous sommes très souvent de rappeler tel ou tel moment de notre passé au moment même où nous en aurionsbesoin. En ce sens, l'oubli est négatif et il représente en quelque sorte le contraire de la mémoire. Plus grave encore: l'oubli porte sur le souvenir évoqué lui-même, qui est dégradé, schématisé, simplifié. Nous oublions beaucoup etnous nous souvenons mal, comme le montre la psychologie du témoignage, en particulier dans les enquêtesjudiciaires. Et, même pour le passé qui nous a touché personnellement, le souvenir a perdu sa nuance propre, sacoloration, son ton affectif : notre intérêt a changé.C'est ce que Proust nomme le temps perdu. Quant à ce qu'il nomme le temps retrouvé, ses minutieuses descriptions,selon lesquelles nos sensations les moins représentatives seraient les véhicules favorables de ce retour intégral dupassé qui nous affranchirait du temps, ne concernent au mieux que de rares expériences, qui sont le fait du hasard.L'oubli est la règle, et peut-être est-il heureux que la conscience soit sélective, qu'elle ne retienne que ce qui aintérêt pour nous dans le présent et qu'elle oublie ensuite très vite ce qui n'en a plus, car, comme dit W. James, «sesouvenir de tout serait, en bien des circonstances, aussi fâcheux que ne se souvenir de rien ; il faudrait, pour nousrappeler une portion déterminée de notre passé, exactement le temps qu'il a fallu pour le vivre, et nous ne viendronsjamais à bout de penser ». La mémoire totale serait donc un obstacle invincible de notre vie, elle pèserait sur nousde tout son poids, à la manière de ces souvenirs obsédants qui parfois encombrent notre existence. De ce point devue, l'oubli peut avoir un rôle bienfaisant, mais il reste qu'il est indépendant de notre volonté et que dans bien descas nous le déplorons. Encore est-il que nous pouvons soutenir et étayer nos souvenirs par le recours à ce queHalbwachs a appelé les cadres sociaux de la mémoire. Chacun de nous est constamment invité à mettre sabiographie à jour, et notre temps individuel, que nous conservons en le rappelant à notre entourage, s'inscrit dans letemps commun du calendrier, des commémorations et des grands événements de l'histoire. « Imaginez l'exemple extrême : un homme qui serait incapable de rien oublier et qui serait condamné à ne voir partout qu'un devenir ; celui-là ne croirait pas à son propre être, il ne croirait plus en soi, il verrait tout sedissoudre en une infinité de points mouvants et finirait par se perdre dans ce torrent du devenir. » Nietzsche,Considérations inactuelles, 1873-1876. * « Nul bonheur, nulle sérénité, nulle espérance, nulle fierté, nulle jouissance de l'instant présent ne pourraientexister sans faculté d'oubli. » Nietzsche, La Généalogie de la morale, 1887. * « Nous n'avons pas encore totalement oublié ce que nous nous souvenons d'avoir oublié. Nous ne pourrionspas rechercher un souvenir perdu si l'oubli en était absolu. » Saint Augustin, Les Confessions, vers 400. C'est là le paradoxe de la mémoire : dans l'oubli même, tout n'est pas oublié. Le fait que nous fassions parfoisappel à notre mémoire pour retrouver un événement passé que nous avons « oublié » prouve qu'il demeure bienune trace de cet événement. Autrement, nous n'aurions même pas conscience de l'avoir oublié. * « Se souvenir de tout serait, en bien des circonstances, aussi fâcheux que ne se souvenir de rien ; il faudrait,pour nous rappeler une portion déterminée de notre passé, exactement le temps qu'il fallut pour la vivre, et nousne viendrions jamais à bout de penser. » William James, Principes de psychologie, 1890. La mémoire-habitude, « fixée dans l'organisme, n'est point autre chose que l'ensemble des-mécanismesintelligemment montés qui assurent une réplique convenable aux diverses interpellations possibles. » Bergson,Matière et mémoire, 1896. Quand on me demande mon numéro de téléphone, je le donne mécaniquement, sans faire aucun effort pour m'enressouvenir. En effet, je l'ai communiqué tant de fois que je le connais « par cœur ». Ainsi ce souvenir a bien »

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