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Conscience et Volonté: L'OUBLI ET LA MÉMOIRE -Nietzsche

Publié le 14/08/2014

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conscience

Appréciations d'ensemble et remarques

Cette copie témoigne chez son auteur de réelles aptitudes à penser une multiplicité de problèmes philosophiques. Le candidat a choisi d'expliquer le texte de Nietzsche, en sui­vant le développement de ses idées-maîtresses, alors qu'il eût peut-être été plus opportun de le commenter en l'orga­nisant autour de ses principales idées-force reliées entre elles à l'intérieur d'une problématique, qui aurait pu être par exemple celle des rapports du passif et de l'actif dans les opérations de la conscience (ici, singulièrement, d'une mémoire passive et d'une mémoire active ou volontaire); ou encore celle du passage intrasubjectif de la nature (règne de l'oubli « vital « qui assure la quiétude de l'animal humain) à la culture (règne de la mémoire volontairement mobilisée dans l'acte social du pacte, c'est-à-dire de la promesse par laquelle on s'oblige).

Dans le texte de Nietzsche, cette évocation de la « pro­messe « renvoie à une tradition philosophique qui est celle du pacte social et du contrat par lequel les hommes s'en­gagent à respecter certaines lois consenties par eux lors de la formation de la société politique. On pourra lire sur cette question Le Corps politique de Hobbes (édité par l'université de Saint-Étienne), Physique de l'État (examen du Corps politique de Hobbes), de Patrick Tort (éditions Vrin, 1978). On lira également Le Contrat social de Rousseau.

 

Les références philosophiques sont utilisées judicieuse­ment, et montrent l'effectivité d'un certain nombre de lec­tures relativement diverses et, en tout cas, heureusement harmonisées au niveau de ce travail.

A partir d'une étude ordonnée, dégagez l'intérêt philo­sophique du texte suivant :

« Cet animal nécessairement oublieux, pour qui l'ou­bli est une force et la manifestation d'une santé robuste. s'est créé une faculté contraire, la mémoire, par quoi, dans certains cas, il tiendra l'oubli en échec, — à savoir dans les cas où il s'agit de promettre : il ne s'agit donc nullement de l'impossibilité purement passive de se soustraire à l'impression une fois reçue, ou du malaise que cause une parole une fois engagée et dont on n'arri­ve pas à se débarrasser, mais bien de la volonté active de garder une impression, d'une continuité dans le vou­loir, d'une véritable mémoire de la volonté : de sorte que, entre le primitif « je ferai « et la décharge de volon­té proprement dite, l'accomplissement de l'acte, tout un monde de choses nouvelles et étrangères, de circonstan­ces et mêmes d'actes de volonté, peut se placer sans inconvénient et sans qu'on doive craindre de voir céder sous l'effort cette longue chaîne de volonté. «

NIETZSCHE

conscience

« La mémoire, manifestation de la vie, a toujours intéressé les philosophes, et ceci à plusieurs titres.

Tout d'abord, de façon physiologique, pour expliquer ses a1térations dans les cas de régression (névrose, apparition de la mémoire autistique ...

), puis dans le cadre de rechl!rches sociologiques, comme par exemple M.

Halbwachs.

Frédéric Nietzsche, lui aussi, s'est penché sur ce problème en l'appréhendant sous un angle nouveau.

De son étude est apparue la 10 conception d'une « mémoire de la volonté » qu'il déve­ loppe dans un texte dont l'intérêt est évident.

Nous allons donc dans un premier temps mettre en lumière la structure du passage, tout en limitant, en un deuxiè­ me temps, la portée du texte.

1s L'idée principale du texte est la recherche d'une définition de la mémoire humaine, définition négative s'il en est, puisqu'il l'oppose à l'oubli.

D'autre part, il relève la corrélation étroite existant entre la volonté et la mémoire.

Ce passage se présente en trois articula- 20 tions, bien qu'il n'y ait qu'une seule et longue phrase.

Tout d'abord, l'auteur nous présente simplement la mémoire («tenir l'oubli en échec»).

Puis il se pose la question : pourquoi la mémoire? Il rejette une mémoi­ re qui serait « photographique » (impossibilité de se 25 soustraire à une impression reçue ou à un engagement irrémédiable) pour nous présenter ce qui est en fait le point nodal du passage : la « mémoire de la volonté ».

Enfin, il nous donne une explication que l'on pourrait gualifier de pratique, à savoir qu'un temps plus ou 30 moins long peut s'écouler entre promesse et accom­ plissement.

Le style, s'il peut dérouter au premier abord (une longue phrase sans pause), est en fait assez simple (mais il faut se méfier de la fausse simplicité des écrits de Nietzsche), en tout cas plus clair que le 35 langage obscur et empli de paraboles du prophète Zarathoustra.

Une étude en détail s'impose donc pour préciser les jalons de la pensée de l'auteur.. »

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