Devoir de Philosophie

Peut-on vouloir ce qu'on ne désire pas ?

Publié le 27/12/2005

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BIEN LIRE LA QUESTION * Il existe toujours une ambiguïté dans la locution " peut-on ". Elle peut en effet signifier deux choses : avons-nous la capacité, le pouvoir, la puissance de faire telle ou telle chose, et d'autre part avons-nous le droit, ou le devoir, de faire telle ou telle chose. Nous verrons que cette ambiguïté peut jouer un rôle important, dans la mesure où il est question ici de volonté et qu'une telle idée peut contenir la même nuance entre le droit et le fait. * D'autre part, la question tend à opposer deux termes qui, dans le langage courant, sont souvent proches : vouloir et désirer. Les deux termes impliquent une tendance vers un objet ou une action. Il faut donc trouver des raisons suffisantes pour distinguer ces deux formes de tendance. * Enfin, la négation implique toujours elle aussi une nuance : ou bien elle est absolue, et on doit alors comprendre que la volonté et le désir n'ont pas les mêmes objets ; ou bien elle est relative, et on doit alors comprendre que la volonté pourrait tendre vers des objets que le désir délaisse, autrement dit que volonté et désir ont les mêmes objets, mais se distinguent uniquement par leur forme de " tendance ". DES TERMES AUX NOTIONS * L'intitulé du sujet est relativement court et clair. La volonté et le désir sont des notions du programme. Il s'agit ici de comprendre en quoi elles peuvent être distinguées. * Mais plus précisément, il s'agit de savoir si la volonté peut entraîner une forme d'effet sans être accompagnée d'un désir, s'il est un mobile de nos actions qui échappe au désir. Cette façon de considérer les choses engage les notions de devoir, et de liberté de la volonté. En effet, il s'agit de savoir si nous pouvons agir par seul devoir, ou bien s'il faut aussi adjoindre au devoir l'intérêt ou le désir. En outre, une volonté qui pourrait se déterminer elle-même et avoir ensuite des conséquences sur nos actions est une volonté libre. DES NOTIONS AU PROBLEME Pour repérer les notions en présence, nous avons dû commencer à entrer dans le problème. Il s'agit de distinguer le désir et la volonté. Devons-nous penser qu'ils diffèrent par leurs objets, que le désirable est autre chose que ce que l'on peut vouloir ? Il faut alors déterminer les objets du désir et ceux de la volonté. Mais peut-être que la distinction des objets implique d'avance, présuppose une certaine conception de la différence entre volonté et désir, que la différence entre objets ne fait que retrouver ? S'il en était ainsi, il faudrait porter la question sur la nature même de la volonté, sur la forme de tendance qu'elle implique. La question cruciale demeure celle du rapport entre le désir et le devoir. Il semble bien que parfois une lutte s'engage en nous entre ce que nous faisons et ce que nous devrions faire.

« [La volonté est libre.

Elle est surtout libre de choisir entre le bien et le mal.

Ma raison peut me conduire à renoncerà certains désirs.

Il est aussi possible que ma conscience ignore ce que je désire réellement.] La volonté morale n'a pas pour fin le plaisirDans la Critique de la raison pratique, Kant montre que le bonheurindividuel, recherché par tout un chacun suivant ses proprespenchants, ne peut être une finalité morale.

La recherche du bonheurpeut fournir des maximes personnelles d'action, mais non des lois à lavolonté, même si l'on prend pour finalité le bonheur de tous.

Ladéfinition générale du bonheur est subjective, donc variable etchangeante.

On pourrait au mieux en tirer des règles générales, maisjamais des règles universelles (valables toujours et nécessairement),car la base en est l'expérience et ce que l'on en ressent.

La recherchedu bonheur ne peut donc aboutir à une éthique comportant des règlespratiques communes à tout être raisonnable.A la différence de ces éthiques eudémonistes (eudaimonia : bonheur)qui s'en remettent à la subjectivité de chacun pour apprécier lebonheur, la loi morale doit être valable pour toute volonté raisonnable.La morale repose sur des lois universelles et nécessaires (valables pourtous et que l'on ale devoir de respecter).

A la question que dois-je faire?, la morale répond : le devoir, et uniquement le devoir.

Le souverainbien n'est pas le bonheur, mais la bonne volonté, c'est-à-dire la bonneintention, désintéressée, l'intention de faire le bien pour le bien, ouencore de faire le bien par devoir.

Elle repose sur un impératifcatégorique ("tu dois parce que tu dois") et non hypothétique ("si tu veux obtenir tel résultat, fais ainsi").

Sans condition, il ne repose sur rien de sensible.

L'action n'est pas bonnesuivant ses résultats, mais bonne en soi quand elle est faite par devoir.

"Agis uniquement d'après la maximequi fait que tu peux vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle." Par ailleurs, le devoircommande le respect de la personne, de l'être raisonnable en tant que valeur absolue : l'humanité, que ce soitla sienne ou celle d'autrui, doit toujours être respectée comme une fin absolue, et jamais traitée simplementcomme moyen.

Seule cette volonté morale est autonome dans le sens où elle répond à la loi de raison qu'elletrouve en elle (et qui exige de nous plier à l'universalité), et non à des exigences sensibles, naturelles etempiriques, qui nous rendent dépendants, hétéronomes : en ce cas, c'est l'expérience qui commande et non lavolonté rationnelle. Je peux éviter bien des malheurs en changeant mes désirsMa volonté, soumise au désir, peut, en bien des cas, être l'unique cause de mon malheur.

Descartes proposedonc, comme règle de sagesse, de préférer, volontairement, changer ses désirs, plutôt que de se dépenser enpure perte à vouloir transformer l'ordre du monde.

Ma raison, en ce cas, me conduit à vouloir autre chose quece que je désirais initialement.. »

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