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Quel rôle l'expérimentation joue-t-elle dans les sciences ?

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Hume analyse ainsi ce qui sépare relations d'idées et relations de faits : si l'opération « 2+2=4 « n'exige nul recours à l'expérience, l'affirmation « le soleil se lèvera demain « ne peut être proférée que parce que j'ai l'expérience quotidienne de la levée du soleil. La proposition contraire n'est ici nullement contradictoire sur le plan logique, comme le serait « 2+2+5 «. C'est un recours aux faits, non le jeu d'une opération purement rationnelle, qui établit la vérité. Qu'en est-il alors de son universalité ? Comment prouver qu'il n'y aura pas un matin où le jour ne se lèvera pas ? Questions qui ont pour effet de fragiliser la valeur rationnelle des propositions scientifiques. A côté des sciences de pure raison, les plus nombreuses sont relatives à des faits. Celles-ci, parce qu'elles ne relèvent pas de la pure logique, ne peuvent pas être démontrées : « Le contraire d'un fait quelconque est toujours possible, car il n'implique pas contradiction et l'esprit le conçoit aussi facilement et aussi directement que s'il concordait pleinement avec la réalité. « Hume montre donc que l'induction ne conduit pas à une opération intuitive : le moyen terme sous-entendu (cela se passera toujours comme cela s'est passé) n'est pas une évidence logique. Il faut que l'esprit induisant que « le pain m'ayant nourri hier il me nourrira demain « fasse un saut ne relevant pas de la logique.

L'expérimentation semble donc être nécessaire à la constitution des sciences, même si elle ne l'est qu'indirectement pour certaines d'entre elles qui s'occupent d'objets que nous ne pouvons pas observer (cf. la structure de l'atome). Mais elle n'en constitue cependant pas la totalité, elle n'est que le point de départ, puisque c'est l'esprit qui lui donne son ordre et sa forme. Cela implique que nous n'observons jamais le réel de manière complètement neutre, mis toujours sous la constitution de notre esprit, ce qui pourrait poser le problème de la validité, et du caractère inconditionné  de la science.

« Dans « Essais philosophiques sur l'entendement humain », Hume affirme que les « idées » ne sont d'abord que des copies affaiblies des « impressions » d'origine externe et qu'elles sont ensuite liées suivant les lois mécaniques de l'association. Ainsi, par exemple, nous observons qu'un phénomène donné est suivi d'un autre phénomène donné.Rien ne nous permet d'affirmer qu'il existe entre eux une relation causale nécessaire sinon l'habitude que nous avonsacquise, sous l'influence d'une association souvent répétée, de nous attendre à les voir se suivre. Le principe decausalité est donc acquis par expérience. Il en est de même pour les autres principes. La pensée empiriste anglaise distinguera avec insistance vérités logiques et propositions induites de l'expérience. Hume analyse ainsi ce qui sépare relations d'idées et relations de faits : si l'opération « 2+2=4 » n'exige nul recours à l'expérience, l'affirmation « le soleil se lèvera demain » ne peut être proférée que parce que j'ail'expérience quotidienne de la levée du soleil. La proposition contraire n'est ici nullement contradictoire sur le planlogique, comme le serait « 2+2+5 ». C'est un recours aux faits, non le jeu d'une opération purement rationnelle, qui établit la vérité. Qu'en est-il alors de son universalité ? Comment prouver qu'il n'y aura pas un matin où le jour ne selèvera pas ? Questions qui ont pour effet de fragiliser la valeur rationnelle des propositions scientifiques. A côté dessciences de pure raison, les plus nombreuses sont relatives à des faits. C elles-ci, parce qu'elles ne relèvent pas dela pure logique, ne peuvent pas être démontrées : « Le contraire d'un fait quelconque est toujours possible, car il n'implique pas contradiction et l'esprit le conçoit aussi facilement et aussi directement que s'il concordait pleinementavec la réalité. » Hume montre donc que l'induction ne conduit pas à une opération intuitive : le moyen terme sous- entendu ( cela se passera toujours comme cela s'est passé ) n'est pas une évidence logique. Il faut que l'esprit induisant que « le pain m'ayant nourri hier il me nourrira demain » fasse un saut ne relevant pas de la logique. Or l'induction est indispensable dès qu'on a affaire à des relations de faits. A ussi les vérités empiriques ne sont-elles nullementnécessaires : outre qu'il peut y avoir des inférences fausses, parce ce qu'on n'a pas encore rencontré le contre- exemple qui les démentira, il n'existe aucun moyen de démontrer absolument, par la pure logique, que la conclusion d'une induction est nécessairementvraie. Du point de vue de la logique, elle ne lest pas. Si l'on s'en tenait là, il faudrait en conclure que les sciences de faits, même si elles sont provisoirementacceptables, demeurent en partie incertaines. Elles reposent, au mieux, sur de hautes probabilités. Ces théories de Locke et Hume , qui affirment que la raison humaine tire ses principes de l'expérience, sont deux formes de ce qu'on appelle l'empirisme. II/ Si la science a besoin de l'expérience, elle n'en dérive pas complètement pour autant. S'il faut admettre que sans l'expérience, nous ne connaîtrions rien, cela ne signifie pas pour autant que la science dérive totalement de cetteexpérience. Ceci sans compter que certaines sciences en sont indépendantes, cf. Kant, Critique de la raison pure. • En posant la question de ce que nous pouvons connaître, de ce à propos de quoi nous pouvons avoir une science, l'auteur montre que certainesd'entre elles n'ont pas besoin de l'expérience pour exister : cf. la logique, et en grande partie les mathématiques. Dans ces domaines, l'entendement n'aaffaire qu'à lui-même et à sa forme. -Par contre, pour les sciences comme la physique, l'expérience est nécessaire. • L'expérience est la matière de la science, et non pas la science elle-même. « Bien que toute notre connaissance s'amorce avec l'expérience, il n'enrésulte pas pour autant qu'elle dérive dans sa totalité de l'expérience. » CRPure. C hronologiquement, rien ne précède donc l'expérience, toute connaissancecommence en même temps qu'elle. Mais ce nos facultés intellectuelles qui organisent l'expérience, lui donnent forme, et constituent la science proprementdite. (Science = matière [expérience] + forme [catégories de l'entendement] a priori. • L'expérience qui est la base de notre science est donc un composé de ce que nous recevons des impressions sensibles, et de ce que notre pouvoirde connaître produit lui-même. L'expérience à laquelle on a affaire est une construction de notre esprit, la science ne porte donc que sur l'expérience en tantque nous la percevons, et non pas sur l'expérience en tant que telle. (problème de l' « objectivité » de la science.) L'idéalisme transcendantal de Kant s'oppose aussi bien à l'empirisme qui affirme que toute connaissance vient de l'expérience qu'au rationalisme qui pose qu'on peut connaître en dehors de toute expérience. Si l'expérience est lepoint de départ de toute connaissance, elle ne nous donne jamais rien qui soit universel et nécessaire. Or connaîtrec'est utiliser des mots comme « nécessairement », « tous », « toujours » ou même « demain » qui ne dérivent pas de l'expérience même s'ils s'appliquent à elle. Connaître ce n'est pas constater « j'ai vu tant de fois le soleil se lever » mais c'est juger « le soleil se lèvera demain » ou encore « dans des conditions de pression atmosphérique déterminées, l'eau entre nécessairement en ébullition à cent degrés ». Connaître c'est donc dire plus que ce qui est donné dans l'expérience. Kant affirme qu'un tel dépassement est rendu possible grâce à des formes a priori transcendantales, cad à la fois transcendantes (elles ne dérivent pas de l'expérience) et immanentes (elles ne semontrent que dans l'expérience). Il y a les formes a priori de la sensibilité (espace et temps) et les formes a priori del'entendement (concepts a priori comme le concept de cause). L'objet est donné dans les intuitions sensibles, il estpensé par l'entendement et ses concepts. Ce qui est donné dans la sensibilité (et dans ses formes a priori del'espace et du temps), c'est la multiplicité des sensations (« un multiple intuitionné »). L'entendement, de manière active, par sa puissance de liaison, prend en charge ce multiple, et en fait des représentations. Intuitions et concepts sont donc les éléments de toute notre connaissance de telle sorte que ni les concepts sansune intuition qui leur corresponde de quelque manière, ni l'intuition sans les concepts ne peuvent fournir uneconnaissance. Comme l'affirme Kant , « l'intuition sans concept est aveugle », « le concept sans l'intuition est vide ». En affirmant l'existence de concepts a priori « sur lesquels tous les objets de l'expérience doivent nécessairement se régler et avec lesquels ils doivent s'accorder », Kant reconnaît l'effectivité d'une connaissance a priori, cad d'une connaissance antérieure à l'expérience et qui permet de fonder celle-ci. Mais cette connaissance n'est qu'une formevide que seule l'expérience peut remplir. Notons que parmi les connaissances a priori sont pures celles qui ne contiennent aucun élément empirique. A insi, par exemple, la proposition « tout changement a une cause » est une proposition a priori mais qui n'est pas pure car l'idée du changement ne peut venir que de l'expérience. Le concept de cause, quant à lui, est a priori et pur. »

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