Qu’est ce que la verité scientifique ?
Publié le 15/01/2026
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«
Qu’est ce que la verité scientifique ?
La théorie des vortex, proposée par René Descartes au XVIIᵉ siècle, est une conception mécanique
de l’univers.
Selon Descartes, l’espace n’est jamais vide : il est entièrement rempli d’une substance subtile,
le plenum, qui est en mouvement constant.
Ces mouvements forment de véritables tourbillons, ou vortex,
dans lesquels les planètes et autres corps célestes sont entraînés.
Ainsi, les orbites planétaires ne résultent
pas d’une attraction à distance, mais du mouvement des tourbillons de matière.
Cette théorie visait à
expliquer les mouvements des astres et des comètes sans recourir à des forces invisibles.
Cependant, elle
fut rapidement abandonnée au profit de la gravitation universelle de Newton, qui expliquait avec précision
les trajectoires elliptiques des planètes.
Cette théorie, censée être une vérité scientifique, est en réalité
fausse.
Mais alors, qu’est-ce que la vérité scientifique ? Existe-t-elle ?
L’intitulé du sujet « Qu’est-ce que la vérité scientifique ? » suppose d’emblée qu’il existe une vérité
scientifique.
En effet, se demander ce qu’elle est implique qu’elle est : l’être est, le non-être n’est pas.
Le
pronom « la » laisse entendre qu’il pourrait exister une vérité scientifique absolue, universelle.
Mais peuton réellement parler d’une vérité absolue unique ?
De plus, la vérité semble à première vue s’opposer au mensonge et à l’erreur.
Le mensonge, en tant qu’il
est une négation volontaire de la vérité, suppose qu’on connaisse cette vérité : pour mentir, il faut savoir ce
qui est vrai, car le menteur choisit consciemment de la cacher ou de la déformer.
L’erreur, quant à elle, est
une négation involontaire : il arrive que l’on croie savoir la vérité alors que ce n’est pas le cas.
Ainsi, que ce
soit à travers le mensonge ou l’erreur, ces deux situations supposent que la vérité s’oppose au faux.
Mais
tout est-il forcément vrai ou faux ? Et si, pour atteindre la vérité scientifique, il fallait éliminer toute erreur
et tout mensonge, comment l’homme, faillible par nature, pourrait-il y parvenir ? Existe-t-il seulement un
degré maximal de vérité accessible, sans jamais pouvoir atteindre un absolu ?
Problématique : si la vérité scientifique est censée être unique, universelle, objective et absolue,
l’homme, en tant que sujet faillible et limité, est-il réellement capable d’y accéder ? Et si la science
progresse par essais, erreurs et réfutations, peut-on parler d’une vérité scientifique définitive, ou ne
s’agit-il que d’une approximation toujours susceptible d’être corrigée ?
Nous verrons d’abord qu’en théorie, la vérité scientifique doit être absolue, nécessairement
universelle et objective.
Nous nous demanderons ensuite si l’être humain, sujet de la science, est réellement capable de
produire une unique vérité scientifique objective, c’est-à-dire de se débarrasser de toutes les opinions
qui en obscurcissent l’accès.
Enfin, nous constaterons que ce qui est scientifique n’est pas forcément vrai : la science
progresse par rectifications et réfutations, et ne constitue donc pas un absolu de vérité.
1) LA verité scientifique (existe il seulement une seule verité scientifique et si oui comment la trouver )
Dans la tradition classique (Aristote, Thomas d’Aquin), la vérité consiste dans la correspondance
entre ce que l’on dit et ce qui est réellement.
Dire que quelque chose est, lorsque cette chose existe
effectivement, c’est dire la vérité.
La vérité est donc objective , et la qualifier de relative serait un peu la
confondre avec ce à quoi elle s’oppose, l’opinion.
Relevant d’un jugement subjectif et surtout singulier.
Or
on peut d’abord penser que la vérité dépend du sujet qui l’énonce.
Dans le Théétète, qui cherche à définir
ce qu’est la science, Platon présente la thèse de Protagoras : « L’homme est la mesure de toutes choses ».
Cela signifie que ce qui apparaît à chacun est vrai pour lui.
Ainsi, si un vent paraît froid à l’un et doux à
l’autre, les deux sensations sont également “vraies”, car elles correspondent à l’expérience de chaque
individu.
Dans cette perspective, la vérité n’est plus objective : elle varie selon les personnes, leurs
perceptions et leurs états psychologiques.
Il n’existerait donc pas une vérité universelle, mais seulement
une multitude de points de vue relatifs.
A cela sorate object ceux-ci : si la connaissance n’était rien d’autre
que sensation relative de chaque individu , alors les illusions d’un délirant ou les visions d’un rêveur
seraient aussi “vraies” que les perceptions d’un esprit lucide.
Une telle conséquence est manifestement
intenable.
Avec ironie, Socrate ajoute que, selon la logique de Protagoras, l’homme ne serait pas plus apte à connaître
que n’importe quel animal : un cochon, un babouin ou même un têtard auraient chacun une vérité “vraie
pour eux-mêmes”.
Dès lors, rien ne permettrait de considérer Protagoras comme un sage : son jugement
ne vaudrait pas davantage que celui d’une grenouille.
Ainsi, dire « à chacun sa vérité » implique forcément que l'on se satisfasse de s'en tenir à d’opinions
incertaines et à un possible relativisme dans le vrai suivant lequel ce qui est vrai pour moi, ne l'est pas
fatalement pour les autres.
Or celui qui prononce « à chacun sa vérité » admet détenir une vérité indivi
duelle mais cela est alors valable logiquement que pour lui-même.
Si cela est vrai, alors cette verité ne vaut
rien.
Si cela est faux, il y a alors une vérité absolue.
On doit alors penser qu'opinions et sciences s'opposent en tout.
L'opinion est subjective,non dé montrée
alors que la science est par définition universelle, démontrée et certaine.
Donc la vertié scientifique doit
renoncer à toute opinion.
Pour illustrer l’idée selon laquelle atteindre la vérité scientifique exige de dépasser l’opinion commune et
demande des moyens , prenons l’exemple du savant Galilée.
Alors qu’il enseigne l’astronomie à Venise, il
perfectionne une lunette astronomique dont il améliore le grossissement jusqu’à sept ou huit fois.
Grâce à
cet instrument, il réalise des observations décisives — les phases de Vénus, les lunes de Jupiter — qui
remettent en cause le géocentrisme dominant depuis l’Antiquité.
Ainsi, Galilée a dû se défaire de l’opinion
commune qui plaçait la Terre au centre du cosmos, modèle soutenu à la fois par la philosophie
aristotélicienne et par l’Église.
Il découvre la vérité grâce à une démarche scientifique fondée sur l’observation empirique et
l’expérimentation, rompant avec la tradition spéculative où science et philosophie étaient étroitement
mêlées.
Cette révolution bouleverse les certitudes : l’homme n’est plus au centre du monde, ce qui modifie
profondément la conception de l’univers et la place de l’humanité.
Galilée est alors perçu comme un
provocateur, notamment parce qu’il refuse une lecture littérale de la Bible.
L’Église le considère dès lors
comme un hérétique.
Cette situation évoque l’éthique de Spinoza, pour qui “celui qui recherche les vraies
causes des miracles et s’emploie en savant à comprendre les choses naturelles, au lieu de les admirer
comme un sot, est tenu partout pour hérétique et impie”.
Ainsi, même s’il est difficile de s’opposer à l’opinion commune, il faut savoir remettre en question les
fausses croyances pour mieux comprendre le monde.
La science apparaît donc comme un lieu privilégié de
la vérité.
Aujourd’hui encore, qualifier une chose de “scientifiquement prouvée” revient souvent à dire
qu’elle est “vraie”, car la science repose sur une méthodologie fondée sur la vérification, l’objectivité et la
rigueur logique.
Un jugement portant sur la réalité — qu’il s’agisse de mathématiques, d’histoire, de
sociologie, de physique, de biologie ou de psychanalyse — ne doit dépendre ni d’un point de vue individuel,
ni d’une époque, ni d’une culture, ni d’une religion particulière.
Transition : Ainsi, nous avons vu que la vérité scientifique est censée être absolue, universelle et objective,
fondée sur des expériences et sur une méthode rigoureuse combinant déduction et induction.
L’objectivité signifie que nos perceptions, nos pensées et nos jugements reposent sur des faits réels,
indépendants de nos préjugés, émotions ou opinions personnelles.
Elle vise à analyser le monde de
manière impartiale, pour atteindre une vérité universelle, indépendante de l’observateur.
Le problème, c’est que la science dépend toujours de l’humain.
Or, l’humain est imparfait : une véritable
neutralité, c’est-à-dire l’absence totale d’influence du sujet connaissant, est-elle vraiment possible ?
2) l’être humain, sujet de la science, est réellement capable de produire une unique vérité scientifique
objective : peut-il se débarrasser de toutes les opinions qui empêchent d’accéder à la vérité ?
Pour savoir si l’être humain est capable de produire une vérité scientifique totalement objective, il
faut d’abord reconnaître que l’esprit humain est naturellement rempli d’opinions et de biais qui l’éloignent
du réel.
C’est ce que Francis Bacon met en évidence dans le Novum Organum, lorsqu’il affirme que
l’entendement livré à lui-même ne peut atteindre la vérité : il doit être purifié et guidé par une méthode.
Selon lui, l’esprit fonctionne comme un miroir déformant et produit spontanément quatre types d’erreurs,
qu’il appelle les « idoles » : les idoles de la tribu, liées aux limites naturelles de la perception humaine ; les
idoles de la caverne, qui proviennent de l’éducation et de l’expérience personnelle ; les idoles du forum,
nées du langage qui crée des confusions ; enfin les idoles du théâtre, qui enferment l’esprit dans les
doctrines....
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