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Qui est mon prochain ?

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C. Le respect

Mais quand l'amour repose sur l'attrait sexuel ou même sur la parenté (l'amour qu'on éprouve pour ses frères et soeurs, par exemple), il devient difficile de faire la part entre l'« amour oblatif« (amour qui donne priorité à la satisfaction des besoins d'autrui) et l'« amour captatif « (amour qui vise à la capture, à la possession de l'autre). Par amour, je peux en toute bonne foi détruire la personnalité de quelqu'un, ou du moins le priver de toute autonomie (si je suis pathologiquement jaloux, par exemple). Aussi Kant ne considère-t-il comme « sentiment moral « que le respect, en tant que ce dernier est « représentation d'une valeur qui porte préjudice à mon amour-propre «. Le respect est, d'après Kant, le seul sentiment qui résulte de la détermination immédiate de la volonté par la loi morale. Respecter l'autre, c'est m'interdire de l'employer comme un pur moyen au service de mes fins ; c'est m'incliner devant ce qui en lui est proprement humain, à savoir le fait qu'il soit capable, comme tout être raisonnable, de se soumettre librement à la législation morale qu'il a lui-même instituée.

« Mais quand l'amour repose sur l'attrait sexuel ou même sur la parenté (l'amourqu'on éprouve pour ses frères et soeurs, par exemple), il devient difficile defaire la part entre 1'« amour oblatif» (amour qui donne priorité à lasatisfaction des besoins d'autrui) et l'« amour captatif » (amour qui vise à lacapture, à la possession de l'autre). Par amour, je peux en toute bonne foidétruire la personnalité de quelqu'un, ou du moins le priver de touteautonomie (si je suis pathologiquement jaloux, par exemple). Aussi Kant neconsidère-t-il comme « sentiment moral » que le respect, en tant que cedernier est « représentation d'une valeur qui porte préjudice à mon amour-propre ». Le respect est, d'après Kant, le seul sentiment qui résulte de ladétermination immédiate de la volonté par la loi morale. Respecter l'autre,c'est m'interdire de l'employer comme un pur moyen au service de mes fins ;c'est m'incliner devant ce qui en lui est proprement humain, à savoir le faitqu'il soit capable, comme tout être raisonnable, de se soumettre librement àla législation morale qu'il a lui-même instituée. La personne est ce qui se distingue de la chose, comme la fin se distinguedes moyens. Tout être dont l'existence ne dépend pas de la libre volonté,mais de la nature, n'a qu'une valeur relative, c'est-à-dire en rapport avecautre chose que lui-même. Les êtres naturels sont des choses. Les êtresraisonnables, c'est-à-dire capables d'agissements libres, sont des personnes,c'est-à-dire des fins en soi. Ils ne peuvent servir simplement comme moyens, et par suite limitent notre libre activité, puisqu'ils sont l'objet d'un inconditionnel respect. La personne est une finobjective, dont l'existence même est une fin en soi, qui ne peut être remplacée par aucune autre. Étant fin en soi,on lui doit un absolu respect. La personne humaine est la seule valeur absolue existante, il n'y en a pas d'autres surle plan pratique. L'impératif catégorique pour toute volonté humaine repose donc sur le principe que : "La natureraisonnable existe comme fin en soi." C'est ainsi que nous devons nous représenter notre propreexistence ainsi que celle d'autrui, et ce principe doit sous-tendre toutes nos actions. La moralité, soit l'usage de laraison dans le domaine pratique, repose par conséquent sur la maxime suivante : "Agis de telle sorte que tu traitesl'humanité, aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre, toujours en même temps comme unefin, et jamais simplement comme un moyen." « Personne n'est mon semblable, ma chair n'est pas leur chair, ni ma pensée leur pensée. » Max Stirner, L'Unique et sa propriété, 1845.C'est sur le constat du caractère unique de chaque individu que repose l'individualisme agressif de Stirner. Nul nepeut partager mes pensées, mes joies, mes souffrances ; l'autre est d'abord celui qui n'est pas moi, celui quidemeure irréductiblement étranger à moi-même. « Autrui, [...] c'est l'autre, c'est-à-dire le moi qui n'est pas moi. » Sartre, L'Être et le Néant, 1943. « Autrui, en tant qu'autrui, n'est pas seulement un alter ego. Il est ce que moi je ne suis pas : il est le faible alorsque moi je suis le fort; il est le pauvre, il est "la veuve et l'orphelin". » Levinas, De l'existence à l'existant, 1947. »

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