Devoir de Philosophie

Qu'il soit peinture, sculpture, poésie ou musique

Publié le 01/05/2014

Extrait du document

Qu'il soit peinture, sculpture, poésie ou musique, l'art n'a d'autre objet que d'écarter les symboles pratiquement utiles, les généralités conventionnellement et sociale-ment acceptées, enfin tout ce qui nous masque la réalité, pour nous mettre face à face avec la réalité même. C'est d'un malentendu sur ce point qu'est né le débat entre le réalisme et l'idéalisme dans l'art. L'art n'est sûrement qu'une vision plus directe de la réalité.  Mais  cette pureté de perception implique une rupture avec la convention utile, un désintéressement inné et spécialement localisé du sens et de la conscience, enfin une certaine immatérialité de vie qui est ce qu'on a appelé toujours de l'idéalisme.  De sorte que  l'on pourrait dire... que le réalisme est dans l'oeuvre quand l'idéalisme est dans l'âme et que c'est à force d'idéalité seulement qu'on reprend contact avec la réalité.

Bergson, Le Rire, 1899, P.U.F.

QUESTIONS

1. Quelle est la doctrine bergsonienne de l'art?

2. Que faut-il entendre par « un désintéressement inné et spécialement localisé des sens ›>?

3. De quelle façon l'art réconcilie-t-il le réalisme et l'idéalisme? 

« de nous mettre en commun ication immé ­ diate avec la réa lité.

L'art suppose donc "une manière virginale de voir, d'entendre et de penser "· Une vision artistique du monde exige donc que soient écartés deux obstacles: a) d'abord écarter toute préoccupation uti­ litaire car spontanément, "ce que je vois et ce que j'entends du monde extérieur c'est simplement ce que mes sens en extraient pour éclairer ma conduite».

Ce n'est donc pas la réalité que j'aperçois immédiatement mais une " simplification pratique », un schéma en vue de l'action.

b) en même temps écarter les concepts, les idées générales, les mots qui désignent par un seul terme une foule d'objets qui ont le même usage mais qui sous le regard de l'artiste deviendraient ou redeviendraient des réalités individuelles : "Nous ne voyons pas /es choses mêmes; nous nous bornons le plus souvent à lire des étiquettes posées sur elles.

Cette tendance issue du besoin s'est encore accentuée sous /'influence du lan­ gage.,, L'a rt selon Bergson consiste à vo ir , et pour l'artiste créateur à nous enseigner à voir la réalité dans son ingénuité dépouil­ lée de son caractère utilitaire, des mots et des concepts qui la défigurent et la cachent.

2.

Que faut-il entendre par un " désin­ téressement inné et spécia lement loca­ lisé des sens »? Pour Bergson ce détachement à l'égard des besoins et des concepts qui fait le grand artiste ne s'enseigne pas pour l'essentiel.

Il est inné.

Il esi aussi partiel.

Si notre déta­ chement" était complet"• si l'âme n'adhé­ rait plus à l'action par aucune de ses per­ ceptions, elle serait, dit Bergson "l'âme d'un artiste comme le monde n'en a pas vu encore "· Mais en général les artistes ne sont détachés des besoins et de l'action que par ·un de leur sens.

C'est de là que vient la diversité des arts.

Par exemple, le peintre est attaché à la couleur pour la couleur elle­ même.

"//la perçoit pour elle et non pour lui,,,.

la couleur à ses yeux n'est plus qu'à peine ce qui lui permet de reconnaître un objet.

3 .

Réalisme et idéa lisme La vision artiste est réaliste puisqu'elle est la révélation de la réalité telle qu'elle est immédiatement, sans les trahisons que lui font subir les besoins de l'action et les conventions du langage.

Mais si " le réa­ lisme est dans l'œuvre" on peut ajouter que " l'idéalisme est dans l'âme », car ce que voit l'âme artiste c'est l'idée de ce qu'elle contemple -l'idée au sens platonicien du mot -dépouillée des apparences sensibles qui sont des illusions utilitaires et des conventions introduites par le langage.. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles