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Sommes-nous maîtres de nos croyances

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Et le sentiment de cette évidence, la satisfaction qu'elle procure à l'esprit, entrent eux aussi dans la catégorie des faites dont on n'est pas les maîtres. On ne dispose donc pas de ses croyances comme d'un habit qu'on revêt ou dont on se dépouille à volonté. Les croyances nous possèdent plus que nous les possédons. II. - INDIRECTEMENT, NOUS NE POUVONS QUE CONTRIBUER A LES AFFERMIR COMME A LES PERDRE. A. - Ce qui est possible. Si nous ne sommes pas les maîtres absolus de nos croyances, celles-ci ne sont pas aussi inaliénables que notre corps ou notre personnalité : les ayant acquises, nous pouvons les perdre ou au contraire poursuivre le travail d'acquisition, c'est-à-dire les ancrer plus fortement en nous. D'ordinaire cela se fait, comme l'acquisition première, sans que nous le voulions explicitement : le milieu continue son action formatrice. l'habitude se fortifie, la réflexion orientée découvre de nouvelles raisons de croire; ou, au contraire, un changement de milieu entraîne d'autres influences, provoque un style de vie qui fait naître d'autres habitudes, ouvre des perspectives qui suscitent le doute à l'égard des croyances passées.

« corps ou notre personnalité : les ayant acquises, nous pouvons les perdre ou au contraire poursuivre le travaild'acquisition, c'est-à-dire les ancrer plus fortement en nous.D'ordinaire cela se fait, comme l'acquisition première, sans que nous le voulions explicitement : le milieu continue sonaction formatrice. l'habitude se fortifie, la réflexion orientée découvre de nouvelles raisons de croire; ou, aucontraire, un changement de milieu entraîne d'autres influences, provoque un style de vie qui fait naître d'autreshabitudes, ouvre des perspectives qui suscitent le doute à l'égard des croyances passées...Mais, comme on le voit, celui qui perd ses croyances ou en acquiert de nouvelles sous l'action du milieu et desconditions extérieures d'existence n'en est pas le maître : le changement se fait en lui sans lui. Pour qu'il fût sonoeuvre, il faudrait que, par une décision réfléchie de ne plus croire ce qu'il tenait pour vrai, il se soit mis dans lesconditions favorables à cette transformation. hypothèses invraisemblable et presque chimérique : celui qui prend lesmoyens de ne plus croire a déjà perdu la foi dont il ne lui reste qu'une certaine appréhension de l'inconnu quil'attend.Toutefois, s'ils ne nous permettent pas de rejeter purement et simplement des croyances bien établies ou de lesremplacer par d'autres qui nous étaient jusque-là étrangères, les procédés indirects nous assurent une certainemaîtrise sur elles. Il dépend de chacun à mesure que se développe son pouvoir de juger, de s'assurer de leurfondement; pour celles qu'il juge fondées, de les défendre contre les dangers d'oblitération et de les affermir. Fautede ces précautions, la croyance se réduit peu à peu à quelques comportements grégaires ou même à l'appartenancepurement nominale à une certaine catégorie de la population, sans rien de l'adhésion de l'esprit qui est l'essentiel dela croyance. B. — Comment s'y prendre.Les moyens d'agir sur nos croyances, et, par là, dans une certaine mesure, de nous en rendre maître sont ceux-làmêmes qui nous les font acquérir sans que nous nous en rendions compte :— Fréquenter le milieu, vivre dans l'atmosphère favorable aux croyances que nous voulons enraciner en nous soitpour elles-mêmes, soit aussi pour en déraciner d'autres dont il subsiste quelques résidus bien que nous les ayonsjugées irrationnelles;—Nous comporter comme si la croyance que nous désirons acclimater en nous était devenue une sorte de secondenature; pratiquer le célèbre mot d'ordre de PASCAL : « mettez-vous à genoux, faites dire des messes »; —Tenir l'esprit orienté vers les raisons qui justifient nos croyances en lesintégrant dans un système qui se tienne.Ce n'est pas ainsi qu'on suscite en soi une croyance; mais on peut, par cetteméthode, tenir en quelque sorte en main la croyance qu'on a déjà et, en cesens, en être le maître. III. - NOUS SOMMES CEPENDANT LES MAÎTRES DE NOS VRAIESCROYANCES. De ce qui précède, il résulte que nous ne pouvons pas grand-chose, sur noscroyances et que, dans ce domaine, la puissance de notre vouloir semble bienréduite. Répondrons-nous donc à la question posée par la négative : ensomme, nous ne sommes pas maîtres de nos croyancesUne telle réponse supposerait une conception erronée du vouloir et de lamaîtrise. Ils ne s'identifient pas avec le caprice ni avec la force brutale. Il n'ya de vouloir authentique que du raisonnable, et le raisonnable s'impose à moisans que j'aie à la choisir. Quand il s'agit de la pensée, la maîtrise consistedans le règne de la raison; elle suppose constance bien plus que revirementssubits.Par suite, quiconque trouve la paix de l'esprit dans des croyancesprofondément vécues et attentivement pensées se trouve dans une situation analogue à celle du mathématicien qui vient d'effectuer une opération dont le résultat est indubitable. Ce résultat, ilne peut pas le modifier et, dans ce sens, il n'en est pas le maître. Mais il serait faux de prétendre qu'il se trouvelimité et comme dominé par lui, que ce serait une preuve de puissance de sa part de pouvoir lui substituer un autrenombre, mathématiquement inexact, et de pouvoir préférer l'erreur à la vérité ! Il possède un bien qui est sicomplètement à lui qu'il ne peut pas vouloir s'en défaire. En ce sens, il en est bien le maître.De même, une vraie croyance n'est pas comparable à un bagage ou à un hôte encombrants. C'est quelque chose denous, qui répond aux exigences de notre nature. S'il nous est difficile ou même impossible de l'aliéner, c'est parcequ'elle est trop nôtre et que nous en sommes les maîtres à un degré éminent. »

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