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COMMENTAIRE DE TEXTE Études sur l’hystérie, Josef Breuer et Sigmund Freud

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COMMENTAIRE DE TEXTE                                                                                         20665

Études sur l’hystérie, Josef Breuer et Sigmund Freud

 

Sigmund Freud, neurologue viennois du XIXème siècle et fondateur de la psychanalyse, se rend en 1885 à Paris où il rencontre Charcot, célèbre médecin de l’époque. Celui-ci étudie alors l’hystérie, phénomène inexpliqué dans le domaine médical, ce qui déstabilise fortement Freud qui va gagner de ces 6 mois à Paris un attrait pour la thérapie qu’il n’avait pas auparavant. De son côté, Josef Breuer commence à s’intéresser à l’hystérie grâce à l’une de ses célèbres patientes, connue sous le pseudonyme d’Anna. O. L’étude de cette patiente inspire énormément Freud qui connaissait Breuer. Nous allons ici traiter d’un extrait du livre Études sur l’hystérie qu’ils écrivent à quatre mains et publient en 1885. Il s’agit d’un recueil de cinq cas cliniques que l’on considère aujourd’hui comme l’une des œuvres fondatrices de la psychanalyse. Dans les premières lignes, les auteurs soulignent l’origine des questionnements les ayant menés à l’élaboration de ces recherches. C’est après de nombreuses observations de différents symptômes de l’hystérie que Breuer et Freud décident de focaliser leur attention sur le rapport de cause à effet entre l’incident de départ et la pathologie. Nous allons donc tenter de répondre à la question suivante : Quel lien existe-t-il entre la cause d’origine et les symptômes hystériques qu’elle a provoqués ? Pour cela, nous étudierons tout d’abord la méthode d’investigation, puis l’aspect théorique et pour finir l’aspect pratique.

 

 

Pour commencer, les deux auteurs expliquent au début de l’extrait la méthode qu’ils ont appliquée pour éclairer la cause des symptômes hystériques de leurs patients. Breuer et Freud déclarent qu’un examen clinique, c’est-à-dire un entretien oral, n’est pas suffisant pour trouver l’origine du traumatisme, qu’ils nomment « genèse ». En effet, il est évident que parler de ce type d’évènements peut s’avérer compliqué pour un patient qui n’en a pas envie, ou tout simplement pour un patient qui ne s’en souvient pas. Joue aussi le fait que le rapport entre un incident et des affections hystériques ne sera pas simple à déceler pour un patient qui n’en voit aucun, car il est commun que celui-ci pense impossible l’existence d’un lien quelconque entre l’incident et son mal actuel. Ils déclarent donc que le meilleur moyen pour atteindre le souvenir de l’évènement traumatique est l’utilisation de l’hypnose - méthode à l’époque très controversée dans le domaine scientifique malgré sa forte popularisation -. L’accès aux souvenirs s’avère plus simple chez un sujet se trouvant dans un état altéré de conscience qui va pouvoir faire resurgir les souvenirs de l’époque où les symptômes ont fait leur première apparition. L’utilisation de cette méthode leur a ainsi permis l’observation de nombreux résultats appuyant leur thèse sur le point de vue théorique. 

« récurrente, les hystériques qu’ils trait ent racontent qu’au cours de leurs crises il n’ est absolument pas rare qu’ils se remémorent l’incident traumatique par le biais d’hallucinations. Le rapport de cause à effet est alors parfaitement mis en évidence par leurs témoignages : il est clair que c’est l’évènement rappelé qui est à l’origine du syndrome hystérique ; Breuer et Freud parlent alors « d’hystérie traumatique ». En outre, ces résultats ont été précieux concernant l’aspect théorique, mais également concernant l’aspect pratique. En effet, le de rnier paragraphe de l’extrait se penche sur l’expérience de Freud, Breuer et leurs patients. Les deux auteurs observent que le lien présent entre les crises et le traumatisme est tout aussi présent entre le traumatisme et d’autres types de symptômes tous t rès différents . Ceux -ci sont qualifiés « d’idiopathiques » de l’hystérie, c’est -à-dire propres à celle -ci. Breuer et Freud expliquent avoir pu remonter aux incidents ayant causé un très grand nombre d’affections, qu’ils vont jusqu’à lister, tels que des vo missements, de l’anorexie, des troubles de la vision et c., s ymptômes qu e l’on pensait autrefois purement physiques. Ils établissent également un lien entre l’hystérie traumatique et la névrose traumatique, sujet qu’ils étudient déjà depuis quelques temps. Il est donc très courant que les pathologies retrouvées chez les différents patients aient été causées par des évènements traumatiques au cours de leur enfance , leur thèse est ainsi confirmée par leurs observations. Pour conclure, Breuer et Freud arrivent à mettre en évidence dans cet extrait le rapport symbolique entre le symptôme et l’évènement traumatisant. Proposer cette « cure cathartique » - qui renvoie à l’hypnose et à la technique de la libre association - permet aux patients de revenir à la source , de se plonger dans leurs souvenirs souvent refoulés et ainsi de pouvoir se décharger émotionnellement et de se libérer de certains symptômes. Il est cependant important de notifier le fait que l’histoire nous a appris que la cure cathartique de Freud et les guérisons racontées n’en étaient pas vraiment. Il est vrai que l’on peut trouver en très grand nombre des auteurs pointant du doigt ces témoignages en qualifiant le cas d’Anna. O par exemple du « premier mensonge freudien ». On peut retrouver ces nombr euses critiques dans Le Livre noir de la psychanalyse publié en 2005 sous la direction de Catherine Meyer qui rassemble plus de quarante auteurs de diverses nationalités et de plusieurs disciplines telles que la psych iatrie, l’histoire et la philosophie . Néanmoins beaucoup de psychanalystes accusent ce livre de manquer cruellement de modération et de réflexion, mais également d’être une « publicité déguisée » pour la psychothérapie cognitivo -comportementale. Il est important pour moi d’appuyer l’idée que l a psychanalyse est selon mes croyances tout aussi légitime que n’importe quel autre type de psychothérapie. J’ai voulu énoncer le fait qu’elle ait été, et qu’elle soit encore, grandement controversée simplement car c’est un débat particulièrement intéressa nt, et que je porte un grand intérêt à l’esprit critique. Le fait de commenter des ouvrages psychanalytiques peut parfois laisser penser que la psychanalyse est un moyen de guérison presque miraculeux , il m’a donc paru attrayant d’évoquer les contestations qui l’entoure nt . »

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