Devoir de Philosophie

Article de presse: L'Afrique noire française accède à l'indépendance

Publié le 22/02/2012

Extrait du document

afrique
20 août 1958 - L'histoire officielle entretient traditionnellement des rapports désinvoltes avec la vérité. En 1978, un document publié à Paris par le ministère de la coopération attribuait à la conférence africaine, réunie en 1944 à Brazzaville par le général de Gaulle, le mérite d'avoir prévu " l'accession des territoires coloniaux à la responsabilité politique et à l'indépendance ". Un ouvrage illustre inspira peut-être à l'auteur anonyme du document cette monumentale inexactitude. Dans les Mémoires d'espoir, publiées quelques semaines avant sa mort, l'homme du 18 juin abuse en effet ses lecteurs peu avertis en prétendant avoir pris, sur " le vaste sujet " des rapports avec l'outre-mer, " l'orientation nécessaire " dès son premier passage au gouvernement. De Gaulle et la décolonisation Loin d'envisager un relâchement quelconque des liens entre la métropole et ses possessions lointaines, les principes fixés dans l'ancienne capitale de l'Afrique-Equatoriale française (AEF) les déclaraient irrévocables. Certes, ils recommandaient de conduire les populations autochtones " d'étape en étape, à une personnalité plus complète, à l'affranchissement politique ". Mais sans jamais concevoir pour elles d' " autre indépendance que l'indépendance de la France ", pour conclure sans équivoque : " Les fins de l'oeuvre de civilisation accomplie par la France dans les colonies écartent toute idée d'autonomie, toute possibilité d'évolution hors du bloc français de l'empire. Toute constitution éventuelle, même lointaine, de self-gouvernements dans les colonies est à écarter ". La contradiction absolue entre les projets mythiques prêtés aux responsables de l'époque et leurs vrais desseins ne concernerait peut-être pas grand monde, en dehors de quelques spécialistes, si elle n'accoutumait peu à peu à préférer la légende à l'histoire. L'image d'une France assez généreuse pour avoir préparé sans contraintes l'émancipation totale de ses anciens sujets, dès la fin de la seconde guerre mondiale, ne crédite pas seulement le Général de Gaulle du rare privilège d'avoir su, prévu et voulu l'essentiel avant tout le monde. Elle reconstruit le passé selon les intérêts du jour et couvre rétrospectivement d'un pur esprit libéral des actes décidés dans l'incertitude, sous la pression de circonstances parfois imprévisibles. En réalité, la métropole ne passa pas sans malentendus ni dérobades du programme relativement temporisateur fixé à Brazzaville à l'émancipation rapide et complète de ses territoires africains. Ses choix comportèrent beaucoup plus d'hésitations, d'ambiguïtés, qu'il semble d'ordinaire, et quelques-unes de leurs conséquences compromettent toujours l'équilibre des jeunes Etats indépendants. Toujours dans ses Mémoires d'espoir, le général de Gaulle élude ces points embarrassants par quelques paragraphes adroitement tournés. " En reprenant la direction de la France, j'étais résolu à la dégager des astreintes désormais sans contrepartie que lui imposait son empire, assure-t-il. Bref, quelque mélancolique que l'on pût en ressentir, le maintien de notre domination sur des pays qui n'y consentaient plus devenait une gageure où, pour n'avoir rien à gagner, nous avions tout à perdre... En somme, conduire les peuples de la " France d'outre-mer " à disposer d'eux-mêmes et, en même temps, aménager entre eux et nous un coopération directe, voilà quelles étaient mes simples et franches intentions. " Lorsqu'il revint au pouvoir, le fondateur de la Ve République trouva cependant, de Dakar à Tananarive, des interlocuteurs si peu unanimes à désirer l'indépendance qu'il leur proposa d'établir, entre eux et avec Paris, une communauté fédérale, contractuelle et organique, où chaque territoire s'administrerait souverainement, mais laisserait la métropole organiser, selon l'intérêt de tous, la défense, les finances, l'économie et la diplomatie. Au Niger, en Guinée, son projet suscita l'opposition des dirigeants locaux, Djibo Bakary et Sekou Touré. Partout ailleurs, il éveilla des ralliements parfois proches de l'enthousiasme. A l'occasion d'un grand discours, prononcé au stade Géo-André d'Abidjan le 7 septembre 1958, Félix Houphouët-Boigny exprima ainsi son accord dans un esprit encore très proche de l'idéal défini à Brazzaville quatorze ans plus tôt. Après avoir rappelé à ses compatriotes qu'ils ne pouvaient " demeurer indifférents à tout ce qui touche le renouveau de la France, la grandeur française, l'unité française ", il se déclara résolu à soutenir " avec joie et fierté les textes qui consacrent désormais l'autorité, l'efficacité du gouvernement français dont dépend en grande partie notre évolution commune ", puis ajouta que " ce serait sortir de l'histoire, aller à contre-courant si, en Afrique, notamment, nous devions limiter notre évolution dans le cadre étroit d'une nation ". A " ceux qui veulent l'indépendance ", il opposa donc " ceux qui veulent aller à la Communauté avec toute leur foi, toute leur raison, tout leur coeur ". Il accompagna même cette confiante profession de francophilie d'un subtil examen des risques d'une émancipation trop hâtive dans des pays tropicaux : " Si je ne voulais que servir ma personne, voire, demain, me faire construire des palais et me faire envoyer, comme on sait si bien le faire pour tromper les peuples, des Cadillac dorées, j'aurais accepté de conduire mon pays vers l'indépendance, vers la sécession. Il se trouverait de grands hommes d'affaires qui viendraient proposer pour la Côte-d'Ivoire et pour moi-même des affaires fructueuses, mais avec des taux d'intérêt si élevés que, en définitive, ceux qui paieraient, ce n'est pas la minorité, la néo-bourgeoisie des lettres, ce sont les masses, dont nous aurions trahi la confiance ". Le 23 septembre 1958, onze territoires sur les douze des anciennes colonies d'Afrique-Occidentale française (AOF) et d'AEF acceptaient par référendum la Constitution de la Ve République et consacraient, avec Madagascar, l'établissement de la Communauté. Fondée sur d'indiscutables consentements populaires, elle se proposait non sans orgueil d'offrir en exemple un nouveau modèle d'organisation politique, à mi-chemin entre l'assujettissement et le séparatisme. Par un " non " retentissant, la Guinée seule en déclinait les avantages. Mais la victoire française cachait beaucoup d'équivoques. La Communauté Au Sénégal, au Soudan, l'occasion perdue d'un affranchissement définitif laissait certains nationalistes amers. Peu sûrs de leurs troupes, Léopold Sedar Senghor et Modibo Keita n'avaient pas osé saisir les chances d'une sécession hasardeuse, par peur qu'un désaveu du suffrage universel ne les chassât du pouvoir, comme Djibo Bakary au Niger. Tactiquement, l'épreuve électorale consolidait cependant le premier à Dakar et le second à Bamako. Dès lors, cette indépendance qu'aucun des deux n'avait voulu conquérir isolément, pourquoi ne pas la réclamer ensemble? Le nouveau dispositif constitutionnel leur en reconnaît le droit. Associés dans l'éphémère Fédération du Mali, ils envisagèrent de l'utiliser. Le général de Gaulle pouvait, sans doute, refuser de rompre une union si vite remise en cause après sa naissance. Avec presque tous ses collègues, Félix Houphouët-Boigny prêchait la résistance. Entre les deux clans, l'homme du 18 juin hésita six mois. A la fin de 1959, il décida soudain non seulement d'offrir au Mali sa souveraineté pleine et entière, mais encore de la remettre aux autres jeunes Républiques autonomes, même si elles préféraient vivre en étroite association avec la métropole. Des sentiments très mélangés déterminèrent sans doute cette réaction brutale. Le générale ne souhaitait pas contraindre le Sénégal et le Soudan à une rupture lorsque, en Guinée, Sekou Touré aménageait provisoirement plutôt bien la sienne avec le soutien soviétique, sous peine d'étendre la contagion à d'autres territoires. Dans cet esprit, les précipiter tous ensemble vers l'indépendance préviendrait peut-être d'irréparables défections. Certes, la réussite justifia le calcul. Sous la superbe du choix princier, il n'en trahissait pas moins une profonde impuissance. Mais, enfin, quelques années plus tôt, les divisions vietnamiennes du général Giap submergeaient une garnison française dans la cuvette de Dien-Bien-Phu, et leur victoire avait paru sonner le glas des empires. Peu après, le Maroc, la Tunisie, rejetaient le protectorat au terme d'une lutte sanglante. Une expédition franco-britannique lancée contre l'Egypte nassérienne échouait piteusement sur les bords du canal du Suez. Depuis la fameuse conférence afro-asiatique réunie à Bandoung en 1955, des forces fatales aux anciens colonisateurs semblaient vraiment les balayer du monde. La survie même de la Guinée donnait l'impression qu'à chaque nouveau verdict les événements se retournaient contre eux par une irrésistible volonté du sort. Fasciné comme tant d'autres par ces événements, Léopold Sedar Senghor saluait en eux une " victoire morale des peuples de couleur " annonciatrice d'un ordre nouveau. Sous l'influence de la gauche anticolonialiste, des certitudes semblables à celle du dirigeant sénégalais envahissaient peu à peu l'opinion métropolitaine, assiégeaient les hauts fonctionnaires, s'infiltraient jusqu'au conseil des ministres. Avec son cortège d'horreurs, la guerre d'Algérie n'en finissait plus d'accumuler les cadavres. Un fantôme hantait toutes les pensées : celui du guérillero inconnu, prêt à surgir du fond de n'importe quelle brousse, comme naguère au Tonkin ou encore, à l'époque, dans les djebels fiévreux du Constantinois. Léopold Sedar Senghor et Modibo Keita n'envisagèrent sans doute jamais un quelconque recours aux violences insurrectionnelles. Mais, depuis la révolte des Bamilékés, le sang coulait déjà au Cameroun. La seule pensée qu'un nouveau front puisse s'ouvrir le long de tropiques remplissait la métropole d'épouvante. De Gaulle n'évoqua jamais clairement cette hantise. Elle n'en pesait pas moins sur ses réflexions et précipita l'Afrique noire vers cette indépendance encore jugée indésirable par la plupart de ses dirigeants deux ans plus tôt. Quelle indépendance ? Entre l'Afrique fidèle, vulnérable, d'Houphouët-Boigny et celle du lyrisme de Senghor, le général misa sur la seconde. Bien entendu, l'anticolonialisme ambiant lui offrit tous les arguments possibles pour prétendre qu'il n'obéissait qu'au sens de l'histoire. Pendant un an ou deux, le maître de la Ve République parla comme Jean-Paul Sartre. Conduit en bon ordre, au nom de principes libéraux jusqu'alors détenus par la gauche, le repli débarrassait élégamment l'Hexagone de charges passées inaperçues dans l'euphorie de la Communauté naissante. Une égalité réelle, non de pure fiction juridique, entre la France et l'outre-mer supposait en effet qu'ils partagent équitablement les ressources et les espérances, les revers et les succès. Mais, surtout, elle exigeait, par des investissements massifs, une mise en valeur des pays les plus pauvres. Hélas! entre la force de frappe, la modernisation industrielle de la France européenne et celle de ses prolongements tropicaux, le simple équilibre budgétaire condamnait à choisir. Une mystique nationale nouvelle, pareillement admise par le peuple et par les élites, aurait peut-être rendu ces grands sacrifices acceptables par tous les Français, orienté différemment le destin. Cette pédagogie excéda la volonté du général de Gaulle. Devenu sceptique sur ses compatriotes pendant son éloignement du pouvoir, il n'imagina jamais de transformer leurs moeurs par une quelconque " réforme " intellectuelle et morale. Puisque le principe du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes offrait à la métropole une occasion convenable de se soustraire à une coûteuse solidarité, il s'empressa donc d'y satisfaire. Ses Mémoires d'espoir évoquent discrètement la manoeuvre lorsqu'ils parlent " d'astreintes désormais sans contrepartie ", de " gageure où, pour n'avoir rien à gagner, nous avions tout à perdre ". L'invincibilité mythique du tiers-monde aboutissait ainsi paradoxalement à laisser l'Afrique presque seule avec ses misères. Félix Houphouët-Boigny ne rêvait certainement pas, lorsqu'il entrevoyait avec une étonnante prémonition la " néo-bourgeoisie des lettres " confisquer à son profit les avantages de l'indépendance. En brousse, des coutumes patriarcales séculairement enracinées lui livrèrent une paysannerie soumise, passive, prête à l'obéissance. A leur façon, le choc, l'arbitraire colonial, y avait apporté un certain modernisme. La souveraineté intérieure suscita un puissant réveil des valeurs médiévales d'autrefois assoupies depuis un demi-siècle. Ce mélange d'archaïsme et de nationalisme installa au pouvoir des oligarchies habiles à jouer tour à tour ou simultanément du conservatisme ou de l'innovation. Non sans quelques aménagements idéologiques! Le mot démocrate, prononcé chaque fois qu'il servait à arracher des concessions aux colonisateurs dans l'Afrique de 1960 au nom de leurs propres principes, tomba peu à peu en désuétude et disparut presque des discours. Dans un entretien récent, Léopold Sedar Senghor confiait à son interlocuteur : " Je pense, pour ma part, comme le président Bourguiba... que quelques années supplémentaires dans le régime de l'autonomie interne n'auraient pas nui à l'indépendance réelle, tout au contraire ". Dans sa bouche, la constatation a du poids. Née dans l'équivoque, l'indépendance africaine n'a pas fini de réserver des surprises, puisque l'histoire d'hier palpite et se prolonge à travers celle d'aujourd'hui. GILBERT COMTE Le Monde du 1er avril 1980
afrique

« Le 23 septembre 1958, onze territoires sur les douze des anciennes colonies d'Afrique-Occidentale française (AOF) et d'AEFacceptaient par référendum la Constitution de la V e République et consacraient, avec Madagascar, l'établissement de la Communauté.

Fondée sur d'indiscutables consentements populaires, elle se proposait non sans orgueil d'offrir en exemple unnouveau modèle d'organisation politique, à mi-chemin entre l'assujettissement et le séparatisme.

Par un " non " retentissant, laGuinée seule en déclinait les avantages. Mais la victoire française cachait beaucoup d'équivoques. La Communauté Au Sénégal, au Soudan, l'occasion perdue d'un affranchissement définitif laissait certains nationalistes amers.

Peu sûrs de leurstroupes, Léopold Sedar Senghor et Modibo Keita n'avaient pas osé saisir les chances d'une sécession hasardeuse, par peurqu'un désaveu du suffrage universel ne les chassât du pouvoir, comme Djibo Bakary au Niger.

Tactiquement, l'épreuve électoraleconsolidait cependant le premier à Dakar et le second à Bamako.

Dès lors, cette indépendance qu'aucun des deux n'avait vouluconquérir isolément, pourquoi ne pas la réclamer ensemble? Le nouveau dispositif constitutionnel leur en reconnaît le droit. Associés dans l'éphémère Fédération du Mali, ils envisagèrent de l'utiliser.

Le général de Gaulle pouvait, sans doute, refuser derompre une union si vite remise en cause après sa naissance.

Avec presque tous ses collègues, Félix Houphouët-Boigny prêchaitla résistance.

Entre les deux clans, l'homme du 18 juin hésita six mois. A la fin de 1959, il décida soudain non seulement d'offrir au Mali sa souveraineté pleine et entière, mais encore de la remettreaux autres jeunes Républiques autonomes, même si elles préféraient vivre en étroite association avec la métropole. Des sentiments très mélangés déterminèrent sans doute cette réaction brutale.

Le générale ne souhaitait pas contraindre leSénégal et le Soudan à une rupture lorsque, en Guinée, Sekou Touré aménageait provisoirement plutôt bien la sienne avec lesoutien soviétique, sous peine d'étendre la contagion à d'autres territoires.

Dans cet esprit, les précipiter tous ensemble versl'indépendance préviendrait peut-être d'irréparables défections.

Certes, la réussite justifia le calcul.

Sous la superbe du choixprincier, il n'en trahissait pas moins une profonde impuissance. Mais, enfin, quelques années plus tôt, les divisions vietnamiennes du général Giap submergeaient une garnison française dans lacuvette de Dien-Bien-Phu, et leur victoire avait paru sonner le glas des empires. Peu après, le Maroc, la Tunisie, rejetaient le protectorat au terme d'une lutte sanglante.

Une expédition franco-britanniquelancée contre l'Egypte nassérienne échouait piteusement sur les bords du canal du Suez.

Depuis la fameuse conférence afro-asiatique réunie à Bandoung en 1955, des forces fatales aux anciens colonisateurs semblaient vraiment les balayer du monde.

Lasurvie même de la Guinée donnait l'impression qu'à chaque nouveau verdict les événements se retournaient contre eux par uneirrésistible volonté du sort.

Fasciné comme tant d'autres par ces événements, Léopold Sedar Senghor saluait en eux une " victoiremorale des peuples de couleur " annonciatrice d'un ordre nouveau. Sous l'influence de la gauche anticolonialiste, des certitudes semblables à celle du dirigeant sénégalais envahissaient peu à peul'opinion métropolitaine, assiégeaient les hauts fonctionnaires, s'infiltraient jusqu'au conseil des ministres.

Avec son cortèged'horreurs, la guerre d'Algérie n'en finissait plus d'accumuler les cadavres.

Un fantôme hantait toutes les pensées : celui duguérillero inconnu, prêt à surgir du fond de n'importe quelle brousse, comme naguère au Tonkin ou encore, à l'époque, dans lesdjebels fiévreux du Constantinois. Léopold Sedar Senghor et Modibo Keita n'envisagèrent sans doute jamais un quelconque recours aux violencesinsurrectionnelles.

Mais, depuis la révolte des Bamilékés, le sang coulait déjà au Cameroun.

La seule pensée qu'un nouveau frontpuisse s'ouvrir le long de tropiques remplissait la métropole d'épouvante.

De Gaulle n'évoqua jamais clairement cette hantise.

Ellen'en pesait pas moins sur ses réflexions et précipita l'Afrique noire vers cette indépendance encore jugée indésirable par la plupartde ses dirigeants deux ans plus tôt. Quelle indépendance ? Entre l'Afrique fidèle, vulnérable, d'Houphouët-Boigny et celle du lyrisme de Senghor, le général misa sur la seconde.

Bienentendu, l'anticolonialisme ambiant lui offrit tous les arguments possibles pour prétendre qu'il n'obéissait qu'au sens de l'histoire.Pendant un an ou deux, le maître de la V e République parla comme Jean-Paul Sartre.

Conduit en bon ordre, au nom de principes libéraux jusqu'alors détenus par la gauche, le repli débarrassait élégamment l'Hexagone de charges passées inaperçues dans. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles