Cours: LA PERCEPTION (1 de 7)
Publié le 22/02/2012
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INTRODUCTION
- A première vue nous percevons des choses : une table, des lunettes, des maisons. Les choses que nous percevons sont pour la plupart d’entre elles hors de nous. Ainsi, percevoir une chose, c’est d’abord croire ou penser qu’elle existe à l’endroit où on l’aperçoit. La perception peut alors se définir, en premier lieu, comme la connaissance de quelque chose qui est présent. La perception est ce qui nous donne accès à quelque chose, à ce qu’il y a.
- Définition, étymo. : latin perceptio, action de recueillir, récolte. Fonction par laquelle l’esprit organise des sensations et se forme une représentation des objets externes.
- En ce sens, il faut distinguer :
· Perception et sommeil (d’où la question posée par Descartes : puis-je être sûr que je ne rêve pas ?) : il faut, pour percevoir, être éveillé ; lorsque nous dormons, nous « voyons « des images de choses, mais de tout cela nous ne percevons rien, puisque rien de tout cela n’existe en dehors de nous.
· Perception et pensée : par le caractère sensible de la perception (présente concrète de quelque chose).
· Perception et imagination / mémoire : lorsque nous imaginons, l’objet de notre imagination est absent, voire irréel, fictif. L’on ne peut percevoir que ce qui est réel, même si l’on se trompe et s’il s’agit d’une fausse perception. Dans la perception, le perçu y est présent en chair et en os, alors que dans la mémoire ou l’imagination, le perçu est présent en image ou en souvenir. Autrement dit, la perception est la connaissance ou la conscience qu’un sujet éveillé prend des choses existant autour de lui.
· Perception et sentiment : la perception ouvre à l’extériorité, alors que le sentiment est l’épreuve d’un état de moi-même. Je perçois tel arbre, mais j’éprouve de la peine.
- Pourtant, la perception ne se limite pas aux seules réalités extérieures : chacun perçoit en lui des sentiments, des pensées, des souvenirs, etc. Si imaginer ou se souvenir, ce n’est pas percevoir, savoir qu’on imagine, avoir conscience de se souvenir, c’est bien percevoir. Il y a donc aussi des perceptions de choses intérieures : ressentir de la fatigue, avoir peur, c’est percevoir quelque chose de bien réel en nous et hors de nous.
- La perception a donc une double caractéristique :
· elle est le mode d’accès à la réalité : découverte d’une réalité qui précède mon regard;
· la perception est également l’épreuve que je fais de la réalité (la perception est mienne): sans sujet percevant, sans organe des sens, rien n’apparaîtrait (je ferme les yeux, tout disparaît; je me déplace, le paysage se met à bouger).
Þ Autrement dit, la perception se fait en moi, elle saisit une chose à travers des états du sujet; elle rejoint la chose telle qu’elle est en soi ou supposée telle.
- En somme, nous ne percevons que ce qui existe ou en a l’apparence, en nous et hors de nous, et nous n’avons, semble-t-il, pas d’autre marque de la réalité que la perception que nous en avons. Ce qui fera dire à Berkeley, nous le verrons, qu’est réel ce qui est perçu ou peut l’être.
- Or, comment puis-je, à partir d’états subjectifs, accéder à la réalité ? Le thème de la perception renvoie finalement à celui de la connaissance où se pose le problème du rapport entre le sujet et l’objet ou la réalité. D’où la question fondamentale de l’objectivité de la connaissance perceptive.
- En effet, les philosophes ont d’abord insisté sur les fluctuations du jugement perceptif ou ses erreurs (on retrouve le thème de l’illusion) : Platon, par exemple, fait remarquer que la saveur du vin devient amère pour le malade; les sceptiques soutiennent que le miel que je goûte m’apparaît doux, mais que rien ne permet d’affirmer qu’il l’est.
- Or, si la perception signe l’évidence de la présence des objets et fournit une somme de renseignements sur eux, ces informations que nous livre la perception sont-elles un reflet fidèle de la réalité extérieure ? Qu’est-ce qui nous est donné au juste dans la perception ? La perception est-elle accès à l’existence réelle des objets ? Que signifie, en somme, « percevoir « ?
- Il s’agira, dans ce cours, de passer de la définition classique de la perception comme construction et organisation de sensations (conception que Merleau-Ponty, dans La phénoménologie de la perception, regroupe dans la catégorie des « préjuges classiques « : l’empirisme et l’intellectualisme essentiellement) à la définition moderne et phénoménologique de la perception comme saisie d’une structure et d’une forme grâce au corps et au langage.
- Nous examinerons d’abord la distinction empiriste de la sensation (comme donnée élémentaire des sens) et de la perception (comme fonction psychique plus élaborée), cette distinction est fondée sur une définition de la perception comme synthèse de sensations. Nous essaierons de montrer en quoi cette distinction et définition sont artificielles et quelque peu réductrices. Nous verrons notamment que la sensation pure, chère aux empiristes, est un mythe. Nous serons également amenés à constater que la perception n’est pas non plus un jugement, contrairement à ce qu’établit la théorie intellectualiste (Descartes, Alain). En nous appuyant sur la phénoménologie de Merleau-Ponty, à partir des acquis de la Gestalt-théorie, nous montrerons que la perception est une organisation de formes qui sont d’emblée significatives.
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