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OCÉANOGRAPHIE NAVIGATEURS ET EXPLORATEURS Les origines de l'océanographie se perdent dans le dense réseau de relations commerciales et de communications que les civilisations de la région méditerranéenne ont commencé à tisser dès les époques les plus reculées.

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OCÉANOGRAPHIE
NAVIGATEURS ET EXPLORATEURS
Les origines de l'océanographie se perdent dans le dense réseau de relations
commerciales et de communications que les civilisations de la région
méditerranéenne ont commencé à tisser dès les époques les plus reculées. Les
marins essayaient d'accumuler des informations sur la mer et sur les
caractéristiques des régions côtières qu'ils visitaient le plus fréquemment, pour
pouvoir voyager en toute sécurité et le plus rapidement possible. Au fil des ans, ces
connaissances s'accumulèrent et se traduirent bientôt en pouvoir et en richesse. La
formation de nouveaux marins, se faisait sur le terrain, c'est-à-dire par
l'apprentissage sur les bateaux, une dure épreuve qui laissait peu de place aux
erreurs. Dans le monde classique, le mystère qu'évoquait l'immensité et la
méconnaissance de l'océan créa bientôt un intérêt intense qui dépassait les simples
aspects pratiques, si bien que l'on chercha à replacer les informations éparses
recueillies par les marins dans un ensemble plus vaste. La carte quantitative la plus
ancienne que l'on connaisse remonte à Ératosthène (276-194 av. J.-C.), et
présente une grille qui rappelle les cartes modernes dotées de longitude et de
latitude. Ératosthène calcula également la circonférence de la Terre de façon très
ingénieuse, en se fondant sur les observations de la longueur des ombres portées
à Alexandrie et au niveau du tropique du Cancer le jour du solstice d'été. La mesure
qu'il obtint, 43 000 km, est étonnamment proche de la mesure moderne. Par la
suite, Claude Ptolémée, au IIe siècle ap. J.-C., produisit une carte extraordinaire du
monde connu, mais utilisa de façon erronée une valeur de la circonférence terrestre
égale à 37 000 km. Une erreur qui devait avoir des conséquences profondes, car
les voyageurs du XVIe siècle, parmi lesquels Christophe Colomb, se fondèrent sur
le travail et les estimations de Ptolémée, alors redécouverts par les savants de la
Renaissance. Ils estimaient donc que la Terre était de 25 % inférieure à sa taille
réelle, erreur qui ne fut corrigée qu'au XVIIe siècle.
L'UTILISATION DES COURANTS
En même temps que les documents cartographiques, étaient rédigés des livres
spéciaux contenant des informations pratiques sur les courants et sur les distances,
en jours de navigation, entre les différents ports. Ces informations furent ensuite
traitées et fournirent une grande masse de données qui permirent au commandant
de la Marine militaire américaine Matthew Maury (qui avait perdu une jambe et qui,
par conséquent, ne pouvait pas naviguer) de rédiger, en 1847, un premier atlas des
courants océaniques.
Une autre série d'informations, telles que la profondeur et la nature du fond, le profil
et le dessin de la côte, les expositions des baies aux vents et aux vagues, étaient
recueillies par les navigateurs et concernaient l'accès aux lieux d'accostage. Ces
informations étaient fondamentales car, reportées dans des livres appelés
portulans, elles permettaient aux navigateurs d'éviter les pièges des écueils
affleurants et des expositions dangereuses dans les mouillages. Ces livres
connurent un très grand développement au XVIe siècle du fait de la multiplication

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des grandes explorations océaniques. D'un certain point de vue, le bateau luimême était un instrument de mesure pour l'explorateur car il subissait l'effet des
courants océaniques au sein desquels il se trouvait. Mais les premiers navigateurs,
tout en reconnaissant l'effet et l'importance de ces forts courants, ne pouvaient pas
en mesurer la vitesse ou la direction exacte. Sans chronomètres précis pour
mesurer la longitude, dont l'utilisation ne devait devenir régulière qu'au XIXe siècle,
ils ne pouvaient estimer leur position qu'en se fondant sur celle du Soleil, c'est-àdire en mesurant uniquement la latitude et en obtenant ainsi une idée
nécessairement approximative de leur position et de la distance parcourue. Mais la
dérive produite par les grands courants océaniques était évidente. Le grand courant
nord-équatorial qui va de l'Afrique vers les Amériques fut identifié et signalé par
Christophe Colomb au cours de son troisième voyage. À la même époque, les
navigateurs portugais découvraient et cherchaient à exploiter le courant des
Aiguilles en Afrique orientale. Dans le Pacifique, l'existence de la Kuroshio, un
courant qui porte au nord puis au nord-est le long des côtes du Japon et de la
Sibérie jusqu'en Amérique du Nord, était déjà connue par les pilotes espagnols qui
guidaient les galions qui assuraient les liaisons entre la colonie des Philippines et le
Mexique. Les courants influaient sur les routes prises par les navires de façon
déterminante. Par exemple, le « galion de Manille », qui reliait la capitale Manille au
Mexique espagnol chaque année, suivait des routes radicalement différentes à
l'aller et au retour. À l'aller, vers Manille, il suivait la route équatoriale, en cherchant
à exploiter le courant pacifique nord-équatorial, qui va vers l'Asie, mais au retour il
cherchait à suivre la Kuroshio, et donc remontait très au nord, le long des côtes de
la Sibérie puis redescendait toute l'Amérique du Nord et rejoignait le Mexique. Si on
survivait aux tempêtes, aux maladies et aux erreurs de direction, l'aller-retour durait
deux ans. De la même façon, le parcours le plus rapide entre l'Europe et l'Afrique
méridionale ne consistait pas à suivre les côtes africaines, où les vents et les
courants se meuvent en sens contraire, mais à traverser l'Atlantique vers le Brésil et
à descendre le long des côtes argentines, jusqu'à rencontrer le courant
Circumpolaire antarctique, qui décrit un grand anneau autour du continent
antarctique et qui promet un passage rapide (parfois même trop) vers le Cap de
Bonne-Espérance.

LES ORIGINES DE L'OCÉANOGRAPHIE MODERNE
Pendant de nombreux siècles, les informations recueillies dans les portulans
représentèrent l'ensemble des connaissances disponibles dans ce que l'on appelle
actuellement océanographie. Mais on peut faire remonter l'origine de la science
océanographique aux trois grands voyages du capitaine James Cook, accomplis
dans le Pacifique entre 1768 et 1779. Lors de ces voyages, les navires de Cook
avaient à bord des chronomètres qui permettaient de calculer avec une grande
précision la longitude et donc la position des navires. La connaissance de la
position géographique exacte, en outre, permettait l'estimation de l'effet de dérive
des courants. La publication du compte rendu du voyage de Cook dans les années
suivantes contribua fortement à élargir l'horizon culturel européen et à diffuser la
connaissance des dimensions réelles des océans. Au cours des années suivantes,
les principales nations européennes de l'époque organisèrent des voyages
d'exploration des océans. Napoléon Ier envoya deux navires, Le Géographe et Le
Naturaliste, qui s'unirent aux nombreuses expédit...

« 2 des grandes explorations océaniques. D'un certain point de vue, le bateau lui- même était un instrument de mesure pour l’explorateur car il subissait l'effet des courants océaniques au sein desquels il se trouvait. Mais les premiers navigateurs, tout en reconnaissant l'effet et l'importance de ces forts courants, ne pouvaient pas en mesurer la vitesse ou la direction exacte. Sans chronomètres précis pour mesurer la longitude, dont l'utilisation ne devait devenir régulière qu'au XIX esiècle, ils ne pouvaient estimer leur position qu'en se fondant sur celle du Soleil, c'est-à- dire en mesurant uniquement la latitude et en obtenant ainsi une idée nécessairement approximative de leur position et de la distance parcourue. Mais la dérive produite par les grands courants océaniques était évidente. Le grand courant nord-équatorial qui va de l'Afrique vers les Amériques fut identifié et signalé par Christophe Colomb au cours de son troisième voyage. À la même époque, les navigateurs portugais découvraient et cherchaient à exploiter le courant des Aiguilles en Afrique orientale. Dans le Pacifique, l'existence de la Kuroshio, un courant qui porte au nord puis au nord-est le long des côtes du Japon et de la Sibérie jusqu'en Amérique du Nord, était déjà connue par les pilotes espagnols qui guidaient les galions qui assuraient les liaisons entre la colonie des Philippines et le Mexique. Les courants influaient sur les routes prises par les navires de façon déterminante. Par exemple, le « galion de Manille », qui reliait la capitale Manille au Mexique espagnol chaque année, suivait des routes radicalement différentes à l'aller et au retour. À l'aller, vers Manille, il suivait la route équatoriale, en cherchant à exploiter le courant pacifique nord-équatorial, qui va vers l'Asie, mais au retour il cherchait à suivre la Kuroshio, et donc remontait très au nord, le long des côtes de la Sibérie puis redescendait toute l'Amérique du Nord et rejoignait le Mexique. Si on survivait aux tempêtes, aux maladies et aux erreurs de direction, l’aller-retour durait deux ans. De la même façon, le parcours le plus rapide entre l'Europe et l'Afrique méridionale ne consistait pas à suivre les côtes africaines, où les vents et les courants se meuvent en sens contraire, mais à traverser l'Atlantique vers le Brésil et à descendre le long des côtes argentines, jusqu'à rencontrer le courant Circumpolaire antarctique, qui décrit un grand anneau autour du continent antarctique et qui promet un passage rapide (parfois même trop) vers le Cap de Bonne-Espérance. LES ORIGINES DE L'OCÉANOGRAPHIE MODERNE Pendant de nombreux siècles, les informations recueillies dans les portulans représentèrent l'ensemble des connaissances disponibles dans ce que l'on appelle actuellement océanographie. Mais on peut faire remonter l’origine de la science océanographique aux trois grands voyages du capitaine James Cook, accomplis dans le Pacifique entre 1768 et 1779. Lors de ces voyages, les navires de Cook avaient à bord des chronomètres qui permettaient de calculer avec une grande précision la longitude et donc la position des navires. La connaissance de la position géographique exacte, en outre, permettait l'estimation de l'effet de dérive des courants. La publication du compte rendu du voyage de Cook dans les années suivantes contribua fortement à élargir l'horizon culturel européen et à diffuser la connaissance des dimensions réelles des océans. Au cours des années suivantes, les principales nations européennes de l'époque organisèrent des voyages d'exploration des océans. Napoléon I er envoya deux navires, Le Géographe et Le Naturaliste , qui s'unirent aux nombreuses expéditions russes, danoises et britanniques. Les savants embarqués n'étaient souvent que des médecins et par »

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Les origines de l'océanographie se perdent dans le dense réseau de relations
commerciales et de communications que les civilisations de la région
méditerranéenne ont commencé à tisser dès les époques les plus reculées.

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