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Un bon petit diable Charles, irrité:--Pas si âgée que la fille sans coeur que vous voudriez me faire épouser.

Publié le 11/04/2014

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Un bon petit diable Charles, irrité:--Pas si âgée que la fille sans coeur que vous voudriez me faire épouser.» Marianne fait un mouvement de surprise. «Pensez-vous que j'ignore qu'elle a vingt-six ans? Je le savais avant que vous me l'eussiez nommée. Marianne, fâchée:--Je ne cherche plus à te la faire épouser! Je ne te ferai plus épouser personne! Tu vivras et tu mourras garçon; tant pis pour toi. Quand tu seras vieux, tu viendras chercher chez moi un refuge contre l'ennui. Charles, adouci et souriant: Je ne redoute pas l'ennui, Marianne; je serai comme vous, en famille; j'aurai une femme et des enfants qui me feront la vie heureuse que je cherche. Marianne, étonnée:--Tu veux donc te marier, à présent? Charles:--Certainement, plus que jamais. Marianne:--Je n'y comprends rien; avec qui donc? Charles:--Vous le saurez quand nos bans seront publiés, dans quinze jours. Marianne:--Et Juliette le sait? Elle connaît ta future? Elle est contente? Elle restera chez toi? Charles:--Parfaitement, elle la connaît, elle est très contente, elle ne me quittera qu'à la mort. Marianne:--C'est-il vrai, Juliette? Tu es réellement satisfaite? Tu vivras avec Charles et sa femme? Juliette:--C'est très vrai, Marianne; je suis heureuse comme je ne l'ai jamais été; et je resterai chez Charles tant que le bon Dieu le permettra.» Marianne restait ébahie, Juliette souriait, Charles riait et ne pouvait tenir en place. Marianne:--C'est incroyable! Impossible de deviner. .Et tu te maries bientôt? Charles:--Huit jours après vous, pour régulariser la position de Juliette, d'après vos observations... Marianne:--Ah! Tu as donc reconnu que j'avais raison? Charles:--Oui! Vous aviez raison, et j'ai immédiatement tout arrangé. C'est pourquoi vous nous avez trouvés, hier soir, Juliette et moi, causant encore quand vous êtes rentrée. Marianne:--Mais tu ne sors jamais! Quand vois-tu ta future? Charles:--Je sors tous les jours au moins deux fois, et longtemps. Marianne:--Oui, mais pas seul; avec Juliette! Charles:--Puisque Juliette est dans le secret, je n'ai pas besoin de me cacher d'elle. Marianne:--C'est étonnant!... J'ai beau chercher... Betty le sait-elle? XXII. MARIANNE SE MARIE. TOUT LE MONDE SE MARIE 89 Un bon petit diable Charles:--Elle n'en sait pas un mot; je ne lui en ai jamais parlé; vous n'aurez rien à apprendre de ce côté. Marianne:--Je suis bien aise que tu te maries! Mais tu te maries drôlement. Je n'ai jamais entendu parler d'un mariage mené et décidé de cette façon... Et la future restant à l'état d'invisible!... C'est drôle tout cela. M'autorises-tu à en parler au juge? Charles:--A lui, oui, mais pas à d'autres. Marianne:--Puis-je parler de sa fortune? Qu'est-ce qu'elle a? Charles:--Cinquante mille francs.» Juliette fit un mouvement de surprise, qu'aperçut Marianne. Marianne, de plus en plus étonnée:--Belle dot, cinquante mille francs! Tu ne le savais donc pas, Juliette, que tu as l'air si étonné? Juliette:--Non, je croyais qu'elle avait peu de chose, presque rien. Marianne:--Je n'en reviens pas. Le juge va peut-être m'aider à deviner. Au revoir, Charles; je vais porter ta réponse définitive pour Mlle Turnip.» Marianne sortit. «Charles, dit Juliette, pourquoi as-tu annoncé cinquante mille francs? Tu sais que je n'ai plus rien depuis que j'ai abandonné à Marianne, il y a un an et d'après ton conseil, ma part de l'héritage de nos parents. Charles:--Et crois-tu, chère Juliette, que je t'aurais poussée à te dépouiller du peu que tu possédais, si je n'avais eu la volonté de t'en dédommager largement? J'ai profité de la procuration que tu m'as donnée à cette occasion pour placer en ton nom cinquante mille francs pris sur la fortune trop considérable que je possède. Tu vois donc que tu as cinquante mille francs. Juliette:--Mon bon Charles, comme tout ce que tu fais pour moi est généreux, affectueux et fait avec délicatesse! Tu ne m'en avais seulement pas informée.» Juliette chercha la main que lui tendit Charles et la pressa sur son coeur. «Tu es là, Charles, dans ce coeur dont tu ne sortiras jamais, et dans lequel se conserve le souvenir de tout ce que tu as fait pour moi depuis que je te connais. Charles:--Le beau mérite de témoigner son affection à ceux qu'on aime!» Juliette serra encore la main de Charles et la laissa aller pour reprendre son tricot, pendant que Charles lui ferait la lecture. Quand Marianne rentra, elle leur dit que le juge était aussi surpris qu'elle l'avait été elle-même, et que lui non plus n'avait pu trouver le nom de la femme que Charles s'était choisie; les cinquante mille francs le déroutaient complètement. «Je vous annonce mon mariage pour lundi prochain, dans dix jours, ajouta-t-elle. XXII. MARIANNE SE MARIE. TOUT LE MONDE SE MARIE 90

« Charles:—Elle n'en sait pas un mot; je ne lui en ai jamais parlé; vous n'aurez rien à apprendre de ce côté. Marianne:—Je suis bien aise que tu te maries! Mais tu te maries drôlement.

Je n'ai jamais entendu parler d'un mariage mené et décidé de cette façon...

Et la future restant à l'état d'invisible!...

C'est drôle tout cela. M'autorises-tu à en parler au juge? Charles:—A lui, oui, mais pas à d'autres. Marianne:—Puis-je parler de sa fortune? Qu'est-ce qu'elle a? Charles:—Cinquante mille francs.» Juliette fit un mouvement de surprise, qu'aperçut Marianne. Marianne, de plus en plus étonnée:—Belle dot, cinquante mille francs! Tu ne le savais donc pas, Juliette, que tu as l'air si étonné? Juliette:—Non, je croyais qu'elle avait peu de chose, presque rien. Marianne:—Je n'en reviens pas.

Le juge va peut-être m'aider à deviner. Au revoir, Charles; je vais porter ta réponse définitive pour Mlle Turnip.» Marianne sortit. «Charles, dit Juliette, pourquoi as-tu annoncé cinquante mille francs? Tu sais que je n'ai plus rien depuis que j'ai abandonné à Marianne, il y a un an et d'après ton conseil, ma part de l'héritage de nos parents. Charles:—Et crois-tu, chère Juliette, que je t'aurais poussée à te dépouiller du peu que tu possédais, si je n'avais eu la volonté de t'en dédommager largement? J'ai profité de la procuration que tu m'as donnée à cette occasion pour placer en ton nom cinquante mille francs pris sur la fortune trop considérable que je possède. Tu vois donc que tu as cinquante mille francs. Juliette:—Mon bon Charles, comme tout ce que tu fais pour moi est généreux, affectueux et fait avec délicatesse! Tu ne m'en avais seulement pas informée.» Juliette chercha la main que lui tendit Charles et la pressa sur son coeur. «Tu es là, Charles, dans ce coeur dont tu ne sortiras jamais, et dans lequel se conserve le souvenir de tout ce que tu as fait pour moi depuis que je te connais. Charles:—Le beau mérite de témoigner son affection à ceux qu'on aime!» Juliette serra encore la main de Charles et la laissa aller pour reprendre son tricot, pendant que Charles lui ferait la lecture. Quand Marianne rentra, elle leur dit que le juge était aussi surpris qu'elle l'avait été elle-même, et que lui non plus n'avait pu trouver le nom de la femme que Charles s'était choisie; les cinquante mille francs le déroutaient complètement. «Je vous annonce mon mariage pour lundi prochain, dans dix jours, ajouta-t-elle.

Un bon petit diable XXII.

MARIANNE SE MARIE.

TOUT LE MONDE SE MARIE 90. »

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