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Comment l'art ameliore la perception du monde ?

Publié le 13/05/2026

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« Cours sur l’art 2023-2024. Plan du cours sur l’art. Introduction : 1) Analyse de la notion d’art et d’oeuvre d’art. 2) Problématisation à partir des rapports entre art et jeu. I.

Critique de l’art comme imitation. A) Impossibilité pour l’art de s’élever au niveau de la réalité. B) L’imitation par l’art, un mensonge ? II.

L’art comme expression et comme transfiguration de la réalité. A) L’imitation de la nature par l’art est avant tout destinée à nous permettre d’exprimer nos forces et d’en prendre conscience. B) L’art : un moyen d’incarner dans des formes sensibles des idées humaines (exemple des tableaux de Vermeer). C) La réconciliation par l’art de l’abstrait et du concret, du visible et de l’invisible (exemple des tableaux de Mondrian). D) La cohérence et le sens de l’oeuvre d’art comme preuve de sa supériorité par rapport à la réalité. E) Le sens d’une œuvre d’art est toujours un sens incarné ; dans l’oeuvre d’art la forme et le fond se réconcilient (exemple de la poésie). III.

L’art comme révélation du réel. A) Insuffisance de la théorie de l’art comme expression et comme transfiguration de la réalité ; l’artiste ne s’accomplit qu’à la condition de s’extérioriser dans son œuvre ; ce qu’il exprime ce n’est pas seulement lui mais aussi le monde. B) L’art déjoue nos habitudes et nous révèlent des aspects qui passent habituellement inaperçus. (exemple des œuvres de Duane Hanson). C) L’art comme dévoilement de la Nature (texte de Merleau-Ponty + exemples des œuvres de Cézanne). D) L’imagination comme moyen d’expression et de révélation du réel ; rapport entre sciences et art (exemple du film Les ailes du désir de Wim Wenders). Introduction : 1) Analyse de la notion d’art et d’oeuvre d’art. Il nous faut, tout d’abord, chercher à définir ce que peut bien être l’art : l’art pourrait être défini comme une activité par laquelle l’artiste crée une œuvre destinée à susciter des sentiments chez le spectateur tout en incarnant une signification.

Mais une œuvre d’art n’est pas nécessairement un objet qui respecte certaines caractéristiques qui lui seraient matériellement inhérentes ; l’oeuvre d’art se retrouve essentiellement dans l’intentionnalité de la personne qui fait usage de cet objet, dans le contexte dans lequel l’oeuvre est placée, ainsi que dans la relation que le spectateur entretient avec elle.

Après tout, je peux très bien, en tant qu’artiste, placer une pierre sur une table, la mettre dans un certain contexte (par exemple un musée) qui incitera la personne qui rencontrera cet objet à adopter la position d’un spectateur, c’est-à-dire la position de quelqu’un qui perçoit l’objet non pas dans la perspective d’en faire usage pour satisfaire des intérêts, mais dans la perspective de le contempler ; et je peux, en même temps, en tant que spectateur, m’emparer de ce que l’on considère généralement comme une œuvre d’art (par exemple un tableau) pour en faire quelque chose d’autre, par exemple boucher un trou dans mon mur (ou me saisir d’un roman pour caler un bureau).

Par conséquent, une œuvre d’art n’existe qu’à l’intersection d’une intentionnalité et d’une réceptivité et n’existe que dans cet espace qui s’instaure entre un créateur et un spectateur : sans l’intentionnalité, on ne peut dire qu’on a affaire à une œuvre d’art (parce qu’autrement la signification humaine qui doit être présente est absente) ; et sans l’attitude contemplative qu’appelle l’objet artistique, il ne saurait devenir œuvre, il ne saurait s’actualiser comme œuvre.

Si on part donc de ce principe, on peut s’interroger sur la place qu’occupe la vérité dans l’oeuvre d’art : car, après tout, elle se constitue bien, comme nous venons de le montrer, à travers le regard d’un spectateur qui prend une certaine distance par rapport à ses préoccupations pratiques habituelles. L’espace dans lequel se constitue l’oeuvre d’art est donc un espace séparé (sacré dirions-nous) : mais si cet espace est un espace séparé de nos préoccupations habituelles, de ce qui pour nous constitue le réel, n’entretient-il, avec ce réel, qu’un rapport mensonger ? 2) Problématisation à partir des rapports entre art et jeu Pour éclairer le rapport problématique de l’art à la vérité nous pouvons remarquer que l’art a des affinités avec le jeu (qui évidemment s’oppose aussi au travail).

Dans le jeu nous avons affaire à une activité se déroulant dans un espace séparé du quotidien et de son sérieux : quand je joue, comme lorsque je contemple une œuvre d’art, je n’ai guère de pensées pour mes préoccupations pratiques, pour la satisfaction de mes intérêts concrets, je m’en détache jusqu’à les oublier pour me plonger dans un monde différent ; et c’est là d’ailleurs ce pourquoi j’accorde autant d’importance à ce genre d’activité.

Mais évidemment ce détachement du monde quotidien de mes préoccupations, où les conséquences de ce que je vis ou de ce que je fais n’ont de sens qu’à l’intérieur de l’espace délimité du jeu ou de la contemplation et donc n’ont rien de sérieux, ne peut se produire qu’à la condition que je fasse comme si ce à quoi j’avais affaire relevait vraiment du sérieux du réel.

Jouer supposer toujours d’avoir à l’esprit ce « comme si », suppose toujours de s’investir et de s’implique dans l’activité ludique, dont on sait qu’en définitive elle n’a rien de sérieux, comme si elle l’était vraiment.

Jouer sans avoir vraiment la conscience de ce « comme si » ce n’est pas vraiment jouer, puisque du point de vue du joueur, à ce moment-là, les choses qui se déroulent ont une réelle importance et suscitent des sentiments, une inquiétude, une joie, un plaisir, qui ne sont jamais mêlés à la distance que l’on retrouve dans le jeu ou dans l’art.

Ce que nous recherchons toujours dans l’art, c’est toujours ce plaisir de s’impliquer et de s’investir émotionnellement dans les événements qui se déroulent sous nos yeux ou auxquels nous prenons part tout en étant préservés des conséquences que ces événements pourraient avoir concrètement en dehors de l’univers fictif de l’oeuvre ou du jeu, grâce à la distance du comme si qu’introduit la fiction entre nous et ces événements.

Dans les deux cas pour éprouver le plaisir du jeu ou de l’oeuvre, il me faut m’investir dans ce que je fais ou ce que je vois tout en ayant à l’arrière-plan, la conscience du caractère fictif de l’ensemble : bref, il faut, comme on dit, que je me « prenne au jeu » de l’oeuvre ou du jeu, ambiguïté qui montre bien toute la conscience qui est la mienne à ce moment-là.

Et cette ambiguïté c’est justement ce qui fait tout le problème du rapport de l’art à la vérité et au réel : l’art pour avoir quelque chose de convaincant ne peut toujours que reprendre une apparence du réel, m’attirer vers quelque chose d’autre que la vérité, vers un monde de fiction qui déformerait l’apparence du réel.

L’art ne raconterait que des « histoires » sans avoir jamais quoi que ce soit d’authentique à me dire sur la réalité du monde où je vis et sur mon existence.

Or, voilà quelque chose d’assez curieux pour une activité à laquelle les humains semblent accorder autant d’importance : ne serait-il pas nécessaire dans l’art de faire un pas de recul par rapport au réel, pour mieux l’appréhender ? S’efforcer de seulement imiter la réalité n’est-ce pas la rater complètement ? I.

Critique de l’art comme imitation. A) Impossibilité pour l’art de s’élever au niveau de la réalité. On pourrait dans un premier temps dire que si l’art cherche à imiter la réalité, il finira toujours par échouer et même qu’il finira par nous tromper à son sujet.

En effet, l’artiste cherchant à imiter la réalité ne peut qu’échouer ne serait-ce que parce que ce qu’il nous présente n’est toujours qu’un signe ou une image de la réalité : ce que nous voyons retranscrit dans le tableau aura toujours quelque chose d’insuffisant par rapport à la réalité qu’il essaye de dépeindre car il y aura toujours dans ce tableau une dimension moindre qui nous fera dire que nous avons affaire dans ce tableau à un échec pour ce qui est d’imiter adéquatement le réel.

Il lui manque la profondeur, la consistance et la vie que l’on retrouve dans la nature.

L’homme s’efforce alors, avec l’imitation, à retrouver quelque chose du réel qu’il ne parviendra jamais à recréer par ses propres moyens, parce que la nature aura toujours l’avantage du concret et de l’authenticité, tandis que l’art n’en sera toujours qu’une pâle copie qui, au mieux, pourra toujours se faire passer pour la réalité en nous donnant l’illusion que nous aurions affaire à la consistance du réel tandis que nous n’aurions toujours affaire qu’à un fantôme de nature.

Le sommet de l’art consisterait alors à disparaître en tant qu’art, à dissimuler sa dimension artificielle derrière une apparence de nature, le plus souvent en usant comme d’un charme magique ensorcelant l’esprit des Hommes jusqu’à ce que fortement impressionnés par l’effet de réel que suscitent les œuvres artistiques, ils finissent par en devenir captifs, sans pouvoir.... »

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