Devoir de Philosophie

étude linéaire mémoires de deux jeunes mariées

Publié le 23/03/2026

Extrait du document

« Mémoires de deux jeunes mariés, Honoré de Balzac Des éléments pour l’introduction Honoré de Balzac est un écrivain majeur du XIXe siècle.

Né en 1799, il est d’abord inspiré par le Romantisme, puis se tourne de plus en plus vers le Réalisme jusqu’à sa mort en 1850. Dès sa jeunesse, il fait le choix de vivre à Paris pour écrire.

Ce choix le mène droit vers des difficultés financières qui le suivront toute sa vie. Alors, pour pallier ces difficultés, il écrit toujours plus.

Journaliste, essayiste, critique, romancier, il touche à tout ce qui peut le rémunérer. Près de 16 heures par jour il écrit, en consommant – selon certains – jusqu’à 50 tasses de café. Heureusement, ses efforts payent.

Il vend ses romans, ses articles sont demandés, il vit de sa plume. Des éléments pour replacer l'œuvre dans son contexte littéraire. Mais son Grand Oeuvre, sa grande idée, c’est la Comédie Humaine. Un projet titanesque dont il a l’idée en 1840.

Il veut décrire l’ensemble de la société de son temps dans un ensemble romanesque.

Le résultat aujourd’hui, c’est un projet non terminé, mais comprenant déjà 95 romans et 2 200 personnages. L'ingéniosité consiste par un phénomène de récurrence des personnages qui offre à son œuvre une cohérence unique. C’est dans le cadre de ce projet qu’il écrit, en 1841, son unique roman épistolaire : Mémoires de deux jeunes mariées.

Ce roman retrace l’histoire de deux amies, Louise et Renée, élevées ensemble au couvent, confrontant leurs expériences et conceptions divergentes de l’amour et du bonheur. Situation du passage : La XVIe lettre du roman s’inscrit dans le récit de l’amour naissant de Louise pour son professeur d’Espagnol, Felipe Henarez, un grand d’Espagne contraint à l’exil.

Rapidement fou d’elle, Felipe l’est venue voir et lui a proposé de devenir son serviteur. Pour lui témoigner son acceptation, elle devra se rendre au théâtre des Italiens avec un bouquet de camélia blancs et rouges. Le passage étudié ici est une lettre de Louise à Renée où la première fait le récit de sa soirée au théâtre des Italiens à la seconde. Problématique : De quelle manière cette lettre révèle le rapport ambigu de Louise à l’amour ? Plan : Pour mener cette analyse linéaire de la lettre XVI des Mémoires de deux jeunes mariées, nous suivrons d’abord le récit de la préparation de Louise avant la soirée ( du début du passage à “j’ai à chaque joue un camélia rouge épanoui sur un camélia blanc) Ensuite, le récit de la soirée (de “une heure” à “contre-allée)” Enfin, les sentiments de Louise (de “Oh ! maintenant” à la fin du passage.) BALZAC TEXTE 1 Lettre XVI des Mémoires de deux jeunes mariées de Balzac XVI DE LA MÊME À LA MÊME. Mars. Je suis habillée en blanc : j’ai des camélias blancs dans les cheveux et un camélia blanc à la main, ma mère en a de rouges ; je lui en prendrai un si je veux.

Il y a en moi je ne sais quelle envie de lui vendre son camélia rouge par un peu d’hésitation, et de ne me décider que sur le terrain.

Je suis bien belle ! Griffith m’a priée de me laisser contempler un moment.

La solennité de cette soirée et le drame de ce consentement secret m’ont donné des couleurs : j’ai à chaque joue un camélia rouge épanoui sur un camélia blanc ! Une heure. Tous m’ont admirée, un seul savait m’adorer.

Il a baissé la tête en me voyant un camélia blanc à la main, et je l’ai vu devenir blanc comme la fleur quand j’en ai eu pris un rouge à ma mère.

Venir avec les deux fleurs pouvait être un effet du hasard ; mais cette action était une réponse.

J’ai donc étendu mon aveu ! On donnait Roméo et Juliette, et comme tu ne sais pas ce qu’est le duo des deux amants, tu ne peux comprendre le bonheur de deux néophytes d’amour écoutant cette divine expression de la tendresse.

Je me suis couchée en entendant des pas sur le terrain sonore de la contre-allée.

Oh ! Maintenant, mon ange, j’ai le feu dans le cœur, dans la tête.

Que fait-il ? Que pense-t-il ? A-t-il une pensée, une seule qui me soit étrangère ? Est-il l’esclave toujours prêt qu’il m’a dit être ? Comment m’en assurer ? A-t-il dans l’âme le plus léger soupçon que mon acceptation emporte un blâme, un retour quelconque, un remerciement ? Je suis livrée à toutes les arguties minutieuses des femmes de Cyrus et de l’Astrée, aux subtilités des Cours d’amour.

Sait-il qu’en amour les plus menues actions des femmes sont la terminaison d’un monde de réflexions, de combats intérieurs, de victoires perdues ! À quoi pense-t-il en ce moment ? Comment lui ordonner de m’écrire le soir le détail de sa journée ? Il est mon esclave, je dois l’occuper, et je vais l’écraser de travail. Arguties: péjoratif (généralement au pluriel) Raisonnement pointilleux, vaine subtilité du langage. Cyrus et de l’Astrée: deux figures mythologiques qui représentent la justice Lettre XVI des Mémoires de deux jeunes mariées : Analyse linéaire I.

Les préparatifs: On constate d’emblée que cette lettre s’inscrit dans une série de lettres, en témoigne l’indication « DE LA MÊME À LA MÊME », qui confirme que la lettre précédente était déjà écrite par Louise de Chaulieu pour Renée de l’Estorade, et l’indication temporelle « Mars » qui montre que Louise fait un compte-rendu régulier de sa vie. Dans ce passage est développé un jeu important sur la symbolique des couleurs.

Le blanc (symbole de pureté et d’innocence) est répété par 3 fois (l.1).

Aussi, Louise veut-elle se montrer innocente au théâtre par sa tenue et les fleurs qu’elle emporte. Cependant, rapidement est mentionnée la couleur « rouge » (l’amour, la passion) représentée par les fleurs de sa mère (l.2).

Louise peut donc faire le choix de grandir symboliquement en prenant un camélia rouge à sa mère pour suivre la voie de sa passion pour Felipe : « je lui en prendrai un si je veux ». On voit ici que l’innocence symbolique de Louise est contrebalancée par un calcul permanent : « il y a en moi je ne sais quelle envie de lui vendre son camélia rouge ». Le vocabulaire mercantile avec le verbe d’action(vendre) rapproche l’amour d’un jeu de commerce et de manipulation : rien ne sera gratuit pour Felipe (désigné par le pronom « lui »). Après avoir brièvement mentionné son futur amant, Louise revient immédiatement à elle : « je suis bien belle ».

Ce narcissisme retranche de nouveau sa supposée innocence.

Elle est parfaitement consciente de sa beauté, et de l’effet qu’elle produit sur Felipe. Pour elle, ce qui va se jouer pendant cette soirée est un drame amusant : un « drame », c’est à dire un divertissement théâtral plein de rebondissements qu’elle se plait à orchestrer en faisant attendre Felipe. On note toutefois que derrière ses calculs, son cœur peine à dissimuler son amour : « j’ai à chaque joue un camélia rouge épanoui sur un camélia blanc ». Elle reprend le code amoureux des fleurs par un jeu de métaphore exprimant d’une part la blancheur de son teint (= beauté) et d’autre part le rouge qui lui monte au joues (représentant la part incontrôlée de l’amour). II.

La soirée à l’opéra L’indication temporelle de cette deuxième partie montre que le récit de la soirée est fait à « une heure », soit juste après, à chaud. Louise décrit l’effet qu’elle a produit par une antithèse flatteuse pour elle : « tous m’ont admirée, un seul savait m’adorer ».

On voit que la jeune femme est exaltée et sûre de ses charmes.

Elle va jusqu’à employer le mot « adorée » qui est dérivé d’adoration (normalement destiné à Dieu). Le jeu sur les couleurs continue dès la ligne suivante avec la comparaison.... »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles