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Une œuvre d'art peut-elle ne rien vouloir dire ?

Publié le 14/05/2026

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« Une œuvre d'art peut-elle ne rien vouloir dire ? Une œuvre d'art n'est pas un objet ordinaire : à la fois précieuse et inutile, elle n'est faite que pour provoquer l'expérience esthétique.

Quand une œuvre nous arrête, c'est parce qu'elle nous émeut ou bien qu'elle nous fait rêver, parce qu'elle nous amuse, intrigue, ou qu'elle nous fait penser à quelque chose.

Mais pour autant, faudrait-il en conclure que les œuvres nous intéressent parce qu'elles s'adressent à nous au moyen d'une sorte de langage ? En nous demandant d’examiner s'il est possible qu'une œuvre d’art n'ait rien à dire, la question posée soulève une difficulté à propos de ce que doivent faire les œuvres d'art et les artistes qui les créent : car si l'on considère qu'une œuvre d'art ne peut pas ne pas être porteuse d’un discours, alors il faut rejeter comme insignifiante une production qui ne voudrait pas, ou ne saurait pas parler.

Une telle question est difficile à trancher car elle présuppose deux conceptions bien différentes de la création artistique : soit on considère que ce qui fonde le sens d'une œuvre d’art – et donc sa valeur – c’est le discours dont celle-ci est porteuse, et on fait alors de l'activité artistique une activité d'abord intellectuelle qui doit manifester des idées ; soit on considère au contraire que ce qui fait la valeur de l’œuvre d'art c'est sa capacité à provoquer un plaisir, et alors on définit l'activité artistique comme une activité qui touche la sensibilité en jouant sur des formes conçues spécialement à cet effet.

Or si l'on soutient que toute œuvre d'art doit avant tout parler, est-ce qu'on ne risque pas du même coup de négliger la matérialité de l’œuvre d'art ? D'un autre côté, si l'on affirme qu'une œuvre n'a pas à exprimer un discours mais seulement à produire de belles formes afin de plaire, est-ce qu'on ne réduit pas l'art à un simple jeu un peu futile ? Dès lors, qu’est-ce qui fait réellement le sens d’une œuvre d'art ? Dans une première partie on partira de l'idée que ce qui importe à l’artiste comme au public c'est d'abord la présence matérielle de l’œuvre.

Mais parce que l'art est une activité sérieuse qui vise au-delà du simple plaisir, la deuxième partie envisagera alors la thèse opposée qui défend l'importance de l'expression d'idées en art et le pouvoir que cette expression confère aux œuvres.

Mais en admettant que toute œuvre d'art dit quelque chose, est-ce que cela doit prendre nécessairement la forme d'un discours ? Qu’est-ce qui fait qu’une œuvre d’art continue de nous intéresser au-delà et parfois en dépit du contenu d'idées qu’elle porte ? Dans la troisième partie on s’attachera alors à expliquer la fonction symbolique de l'art afin d'essayer de montrer que la signification d'une œuvre n'est jamais détachable de sa présence sensible. * * * I- Thèse => l’œuvre d'art n'a rien à dire – l'art est d’abord une production de formes sensibles faites pour arrêter notre attention = Thèse de Kant ou de Hume qui mettent en avant le sentir comme finalité de l’œuvre d’art => l'artiste ne doit rien chercher à dire, il doit simplement faire ressentir - l’art est censé toucher le public par les formes produites et susciter émotion et admiration - l’art naît du désir humain et donc aussi du désir de plaire au public = l'œuvre d'art doit faire plaisir => l'œuvre d'art ne dit pas, elle fait : l’art est d’abord une recherche formelle qui passe par le geste - reprocher à l’art/l’artiste de ne rien chercher à dire ce serait lui assigner l’obligation d’être porteur de significations, cela au risque peut-être de perdre de vue la matérialité des œuvres elles-mêmes – ce qui fait leur présence singulière au monde. Pb/transition : selon ce point de vue, les œuvres ont le pouvoir.... »

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