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Jan Peterszoon Sweelinck 1562-1621 Il existe dans l'histoire de l'art certains hommes

Publié le 05/04/2015

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Jan Peterszoon Sweelinck 1562-1621 Il existe dans l'histoire de l'art certains hommes dont la personnalité et dont l'action, sans être par elles-mêmes d'une qualité ou d'une envergure exceptionnelles, se trouvent néanmoins revêtir, grâce à des circonstances particulièrement favorables, une importance de tout premier plan. On dirait qu'ils ont été désignés par le destin, comme malgré eux, pour assimiler et réaliser en quelque sorte la synthèse de plusieurs influences complémentaires, pour déterminer aussi une certaine orientation artistique, pour éduquer et féconder d'autres esprits avides de créer... Le Hollandais Sweelinck est de ceux-là. Il voit le jour en 1562 à Deventer, dans une terre où la pratique de l'art franco-flamand est encore fort répandue. A seize ans il se rend en Italie -- ainsi que le firent et le feront encore au cours des siècles tant d'artistes en quête de lumière et de beauté. Il reste jusqu'à sa dix-neuvième année à Venise -- qui est à la fin du XVIe siècle le centre musical extrêmement brillant et vivant que l'on sait. Il y travaille sous la direction du maître Gioseffo Zarlino, le célèbre théoricien. Il est en outre très vraisemblable que le jeune Sweelinck ait pu approcher Claudio Merulo et Andrea Gabrieli, les deux musiciens do...
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« donner au ricercare somme toute assez décousu que pratiquaient les maîtres de Venise une cohésion et une solidité inconnues avant lui.

Il ne craint pas, par ailleurs, d'user du style chromatique que certains madrigalistes italiens avaient déjà développé avec une hardiesse étonnante.

Ses pièces vocales religieuses témoignent des mêmes authentiques qualités et atteignent souvent à la grandeur.

Ses psaumes polyphoniques ne sont guère inférieurs à ceux d'un Goudimel ou d'un Claudin le Jeune.

Quant à ses chansons, elles ne manquent ni d'esprit ni de verve. Cette musique, quelle en fut la signification, quelle en est au juste la portée ? Ni par les formes ou les moyens d'expression qu'elle utilise, ni par la pensée qui l'anime, elle ne semble devoir rénover considérablement l'art de l'époque.

Sweelinck, en effet, ne fut pas un révolutionnaire ; pas davantage un de ces artistes essentiellement originaux dont les chefs-d' œ uvre dégagent un parfum tout spécial.

On a fort justement dit de notre auteur qu'il a en quelque sorte liquidé le xvıe siècle.

Plus encore que par sa valeur intrinsèque son œ uvre fut et reste précieuse en ce qu'elle constitue une espèce de somme de la science musicale de son temps.

L'antique contrepoint franco-flamand, l'art des Vénitiens et de l'école des Virginalistes anglais se sont en réalité rencontrés en Sweelinck, lequel a su admirablement assimiler et ordonner ces apports si différents.

Ce n'est pas tout, car l'œ uvre de l'organiste néerlandais subira une destinée très particulière.

C'est surtout du nord de l'Europe, nous l'avons vu, que les élèves affluèrent à Amsterdam.

Or dans ces pays l'art musical n'avait pas encore vraiment pris forme ; il ne s'était pas jusque là réalisé pleinement.

Peut-être attendait-il un initiateur, un guide.

Sweelinck fut celui-là.

Si son influence fut grande aux Pays-Bas, au Danemark, en Suède et même en Pologne, elle fut décisive en Allemagne septentrionale.

Parmi ses disciples directs l'on trouve les noms de Samuel Scheidt, de Jacob Prætorius, de Scheidemann, tous musiciens qui feront parler d'eux par la suite. De fait, tant par son enseignement que par ses compositions, celui que, cent ans plus tard, Matheson surnommera le “ faiseur d'organistes ” fut le père de toute l'école d'orgue et de clavecin de l'Allemagne du Nord, cette magnifique pléiade de compositeurs qui, par Scheidt, Reinken, Buxtehude et tant d'autres, nous conduira jusqu'au grand Jean-Sébastien Bach.

Il créa en quelque sorte le fondement sur lequel pendant plus d'un siècle, pierre après pierre, ces maîtres-ouvriers élèveront un superbe édifice que le cantor de Leipzig parachèvera souverainement.

Vingt ans plus tard l'action d'un Jehan Titelouze pour la France, d'un Girolamo Frescobaldi pour l'Italie, l'Autriche et l'Allemagne méridionale remplira la même mission. Et ce nous est assurément une raison suffisante pour réserver à Jan Peterszoon Sweelinck la place de choix qu'il mérite dans le tableau musical des siècles passés.. »

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