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Dictionnaire en ligne: ENFERMÉ, -ÉE, participe passé et adjectif.

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Dictionnaire en ligne: ENFERMÉ, -ÉE, participe passé et adjectif. I.— Participe passé de enfermer* II.— Adjectif. A.— [En parlant de pers] Qui se trouve, volontairement ou non, dans un endroit fermé, et au figuré Cette ignorance [des hommes] a été sa maladie, [de Rousseau] elle a été sa folie; folie d'un homme enfermé et qui cherche à tâtons une issue, se heurte à des murs invisibles (FRANÇOIS MAURIAC, Mes grands hommes, 1949, page 104 ). · Emploi comme substantif. Religieuse enfermée dans un monastère : Ø 1.... ce monastère de filles, dont la fonction ne pouvait pas être celle d'une école de théologie (...) : « Il n'y a que ces pauvres enfermées », disait judicieusement un de ces messieurs,... CHARLES-AUGUSTIN SAINTE-BEUVE, Port-Royal, tome 4, 1859, page 69. — Au figuré, rare. Qui dissimule ses sentiments. Synonyme usuel : renfermé : Ø 2. Que ces femmes au seuil, coquettes du village, Et celles de la ville au coeur plus enfermé, Tous ces êtres d'un jour nous livrent quelque gage De ce qu'ils ont souffert, de ce qu'ils ont aimé! CHARLES-AUGUSTIN SAINTE-BEUVE, Poésies complètes, Pensées d'août, 1837, page 382. B.— [En parlant de choses] Qui est mis dans un endroit fermé. À Fribourg en Brisgau, des villageoises [avaient les] (...) chignons enfermés dans un béguin brodé d'or et d'argent (HYPPOLYTE-ADOLPHE TAINE, Philosophie de l'Art, tome 1, 1865, page 233 ). — Par extension, rare. Dont l'odeur est celle d'un endroit clos. Confer renfermé. [Duroy] croyait saisir dans l'air enfermé de la pièce une odeur suspecte (GUY DE MAUPASSANT, Bel-Ami, 1885, page 192 ). Remarque : " S'emploie quelquefois comme nom. Sentir l'enfermé, se dit d'une chose qui sent mauvais parce qu'il y a longtemps qu'elle n'a été à l'air, ou que l'air n'y a pénétré. Cette chambre sent l'enfermé. Dans ce sens, on dit plutôt le renfermé " (Dictionnaire de l'Académie Française). · Par analogie. [Transposition de l'odeur au son] « Sortons, allons fumer une cigarette; ces gens font un bruit enfermé, insupportable » (ALEXANDRE ARNOUX, Écoute s'il pleut, 1923, page 225 ). Remarque : Noter l'emploi substantivé : il [Chaudon] cria et tout le monde avec lui. Comme s'ils avaient crié dans une boîte. Le cri restait autour de leurs têtes... — Ça a sonné plat comme dans de l'enfermé (JEAN GIONO, Batailles dans la montagne, 1937, page 110). — Par métonymie. Il [Coriolis] était presque effrayé à l'idée de retrouver la vie enfermée de l'Occident dans un grand appartement où il serait tout seul (EDMOND DE GONCOURT, JULES DE GONCOURT, Manette Salomon, 1867, page 140 ). Fréquence absolue littéraire : 2 201. Fréquence relative littéraire : XIXe. siècle : a) 2 332, b) 3 604; XXe. siècle : a) 3 880, b) 3 105. Forme dérivée du verbe "enfermer" enfermer ENFERMER, verbe transitif. I.— Mettre dans un lieu fermé. A.— [Le complément désigne des êtres vivants] 1. Emploi transitif. a) [Avec l'idée de faire violence à quelqu'un] Mettre contre leur gré des êtres vivants dans un lieu fermé dont ils ne peuvent sortir. Enfermer un homme dans un cachot, une femme dans un couvent, un enfant dans une maison de correction. Il déchira son cahier et son livre, — (...) en regardant le maître d'un air provocant On l'enferma au cabinet noir (ROMAIN ROLLAND, Jean-Christophe, L'Aube, 1904, page 47 ). Aux saisons j'enferme ici ma chatte, avec quelque matou. Mais il y en a toujours un des deux qui ne veut rien savoir. Généralement le matou. C'est curieux, la nature (HENRI DE MONTHERLANT, Pitié pour les femmes, 1936, page 1139) : Ø 1.... il enferme dans l'arsenal dix mille esclaves et quelques adjudants munis de fouets. ANTOINE DE SAINT-EXUPÉRY, Citadelle, 1944, page 690. — En particulier. Enfermer quelqu'un dans une maison de fous, de santé, dans une prison. On l'enferma dans la prison du bourg (GUY DE MAUPASSANT, Contes et nouvelles, tome 2, Le Gueux, 1884, page 444) : Ø 2.... la famille l'irrite, l'exaspère, le pousse de parti pris à la folie. On l'enferme non dans une maison de fous, mais dans une maison de santé. EDMOND DE GONCOURT, JULES DE GONCOURT, Journal, 1882, page 147. — Locution. Il ne faut pas enfermer le loup dans la bergerie*. — Par métaphore. « Je n'ai jamais songé à t'enfermer dans notre amour... » (SIMONE DE BEAUVOIR, Les Mandarins, 1954, page 25 ). — Par extension. [Le sujet désigne un facteur extérieur] Maintenir quelqu'un dans un lieu. La pluie nous enferma tout le jour (JULES MICHELET, Journal, 1858, page 398 ). Le développement de l'industrie qui enferme les populations dans les villes et crée un immense troupeau de travailleurs (MAURICE BARRÈS, Mes cahiers, tome 14, 1922, page 74 ). b) Au figuré. Mettre quelqu'un dans une situation, un rôle, dont il ne peut sortir. Enfermer quelqu'un dans ses actes, dans son métier. Je vous demande donc, messieurs, d'enfermer vos officiers dans leur rôle (...) d'instructeurs et d'éducateurs des cadres (JEAN JAURÈS, Europe incertaine. 1914, page 296 ). C'est pourquoi (...) j'enferme la femme dans le mariage et ordonne de lapider l'épouse adultère (ANTOINE DE SAINT-EXUPÉRY, Citadelle, 1944, page 515 ). 2. Emploi pronominal réfléchi. a) Se mettre volontairement dans un lieu fermé au monde extérieur. " S'enfermer dans un cloître, se faire religieux ou religieuse " (Dictionnaire de l'Académie Française). Baccarat rentra chez elle, s'enferma dans son boudoir, se jeta à genoux et fondit en larmes (PIERRE-ALEXIS, VICOMTE PONSON DU TERRAIL, Rocambole, les drames de Paris, tome 2, 1859, page 492 ). Il parle de s'enfermer dans un cloître (GEORGES-CHARLES, DIT JORIS-KARL HUYSMANS, Là-bas, tome 2, 1891, page 18 ). — En particulier. S'enfermer (dans une place). Demeurer dans une place forte qui va être assiégée et qu'on veut défendre (d'après Dictionnaire de l'Académie Française). b) Au figuré. Se mettre dans une situation, un rôle, une attitude dont on ne peut ou ne veut sortir. Le seul moyen de n'être pas malheureux c'est de t'enfermer dans l'art (GUSTAVE FLAUBERT, Correspondance, 1845, page 172 ). Le général Cartier de Chalmot rompit le silence dans lequel il s'était enfermé jusque-là (ANATOLE-FRANÇOIS THIBAULT, DIT ANATOLE FRANCE, L'Anneau d'améthyste, 1899, page 66 ). B.— [Le complément désigne des choses] Mettre à l'abri et en sûreté, dans un lieu fermé. Tous ces hommes (...) avaient bâti au hasard quelques cabanes pour y enfermer leur butin (NUMA-DENIS FUSTEL DE COULANGES, La Cité antique, 1864, page 167 ). J'enferme à clef ce papier-là dans un tiroir (ANTOINE DE SAINT-EXUPÉRY,Le Petit Prince, 1943, page 450 ). · Emploi pronominal passif. J'avais bien quinze ans, lorsque les derniers décors [du théâtre de Peau-d'Âne] inachevés s'enfermèrent pour jamais dans les cartons qui leur servent de tranquille sépulture (JULIEN VIAUD, DIT PIERRE LOTI, Le Roman d'un enfant, 1890, page 154 ). — En particulier et littéraire. · Cacher, enterrer. Il vit mon père enfermer un dépôt dans la terre (ALEXANDRE DUMAS PÈRE, Le Comte de Monte-Christo, tome 2, 1846, page 675 ). · Contenir. Une paroi rouge, une grise et deux bleues enfermaient un mobilier disparate (GABRIELLE COLLETTE, DITE COLETTE, Julie de Carneilhan, 1941, page 7 ). · Retenir. Cette appétissante ménagère qui enfermait sa chevelure entre deux croissants d'or (PAUL ADAM, L'Enfant d'Austerlitz, 1902, page 351 ). C.— [Le complément désigne un sentiment] 1. Tenir caché, dissimuler. La vaillante fille se dépêchait (...) d'enfermer son chagrin dans les dessins capricieux de sa tapisserie (ALPHONSE DAUDET, Le Nabab, 1877, page 175 ). 2. Contenir en soi. Le caractère enferme toujours une prétention (ÉMILE-AUGUSTE CHARTIER, DIT ALAIN, Propos, 1924, page 590) : Ø 3.... l'idée de révolution sociale enfermera en soi une contradiction devant laquelle l'homme ne cessera pas de s'inquiéter et de protester. JEAN-RICHARD BLOCH, Destin du siècle, 1931, page 300. II.— Par extension. Entourer complètement. A.— Rare. [Le complément désigne des personnes] Un rempart de gazon enfermait l'armée dans une haute muraille (GUSTAVE FLAUBERT, Salammbô, 1863, page 61 ). Les groupes de ses camarades (...) l'entourèrent [Simon] peu à peu et finirent par l'enfermer tout à fait (GUY DE MAUPASSANT, Contes et nouvelles, tome 1, Le Papa de Simon, 1879, page 15 ). B.— [Le complément désigne des parties de l'espace] Une enceinte de murs en pierre calcaire tirée des montagnes voisines enfermait le jardin, les greniers, le cellier et la maison (THÉOPHILE GAUTIER, Le Roman de la momie, 1858, page 239 ). Une très-petite commune perdue (...) enfermée de marais (EUGÈNE FROMENTIN, Dominique, 1863, page 25 ). · Rare. Il [Nachette] lut en route les lettres, et enferma dans un trait de crayon une vingtaine de passages qu'il copia sur un calepin (EDMOND DE GONCOURT, JULES DE GONCOURT, Charles Demailly, 1860, page 349 ). · Par métaphore. Michka, sorti précipitamment de la maison, l' [Anthime] enfermait dans un cercle de bonds et de jappements (ALPHONSE DE CHATEAUBRIANT, Monsieur des Lourdines, 1911, page 190 ). — Spécialement. [Dans une course] Serrer un concurrent à la corde et l'empêcher de se dégager. Dès le départ, Lovelock est enfermé et doit attendre plus de 400 mètres pour se dégager (L'Auto. 18 septembre 1933, page 4 dans GRUBB, French sports neologisms, 1937, page 36 ). — Au figuré. Tenir dans des limites, des bornes étroites. Au sein même du mouvement qui tentait, au XVIe. siècle, surtout à Florence, d'enfermer l'art entier dans les cadres trop étroits d'une science statique (ÉLIE FAURE, L'Esprit des formes, 1927, page 154) : Ø 4. La dernière strophe que nous venons de citer (...) est un essai malheureux d'enfermer en une strophe, en un vers (...) toute l'étendue de la conquête napoléonienne. CHARLES PÉGUY, Victor-Marie, comte Hugo, 1910, page 769. STATISTIQUES : Fréquence absolue littéraire : 2 602. Fréquence relative littéraire : XIXe. siècle : a) 2 550, b) 4 008; XXe. siècle : a) 4 516, b) 4 024.

« siècle : a) 3 880, b) 3 105. Forme dérivée du verbe "enfermer" enfermer ENFERMER, verbe transitif. I.— Mettre dans un lieu fermé. A.— [Le complément désigne des êtres vivants] 1. Emploi transitif. a) [Avec l'idée de faire violence à quelqu'un] Mettre contre leur gré des êtres vivants dans un lieu fermé dont ils ne peuvent sortir. Enfermer un homme dans un cachot, une femme dans un couvent, un enfant dans une maison de correction. Il déchira son cahier et son livre, — (...) en regardant le maître d'un air provocant On l'enferma au cabinet noir (ROMAIN ROLLAND, Jean-Christophe, L'Aube, 1904, page 47 ). Aux saisons j'enferme ici ma chatte, avec quelque matou. Mais il y en a toujours un des deux qui ne veut rien savoir. Généralement le matou. C'est curieux, la nature (HENRI DE MONTHERLANT, Pitié pour les femmes, 1936, page 1139) : Ø 1.... il enferme dans l'arsenal dix mille esclaves et quelques adjudants munis de fouets. ANTOINE DE SAINT-EXUPÉRY, Citadelle, 1944, page 690. — En particulier. Enfermer quelqu'un dans une maison de fous, de santé, dans une prison. On l'enferma dans la prison du bourg (GUY DE MAUPASSANT, Contes et nouvelles, tome 2, Le Gueux, 1884, page 444) : Ø 2.... la famille l'irrite, l'exaspère, le pousse de parti pris à la folie. On l'enferme non dans une maison de fous, mais dans une maison de santé. EDMOND DE GONCOURT, JULES DE GONCOURT, Journal, 1882, page 147. — Locution. Il ne faut pas enfermer le loup dans la bergerie*. — Par métaphore. « Je n'ai jamais songé à t'enfermer dans notre amour... » (SIMONE DE BEAUVOIR, Les Mandarins, 1954, page 25 ). — Par extension. [Le sujet désigne un facteur extérieur] Maintenir quelqu'un dans un lieu. La pluie nous enferma tout le jour (JULES MICHELET, Journal, 1858, page 398 ). Le développement de l'industrie qui enferme les populations dans les villes et crée un immense troupeau de travailleurs (MAURICE BARRÈS, Mes cahiers, tome 14, 1922, page 74 ). b) Au figuré. Mettre quelqu'un dans une situation, un rôle, dont il ne peut sortir. Enfermer quelqu'un dans ses actes, dans son métier. Je vous demande donc, messieurs, d'enfermer vos officiers dans leur rôle (...) d'instructeurs et d'éducateurs des cadres (JEAN JAURÈS, Europe incertaine. 1914, page 296 ). C'est pourquoi (...) j'enferme la femme dans le mariage et ordonne de lapider l'épouse adultère (ANTOINE DE SAINT-EXUPÉRY, Citadelle, 1944, page 515 ). 2. Emploi pronominal réfléchi. a) Se mettre volontairement dans un lieu fermé au monde extérieur. " S'enfermer dans un cloître, se faire religieux ou religieuse " (Dictionnaire de l'Académie Française). Baccarat rentra chez elle, s'enferma dans son boudoir, se jeta à genoux et fondit en larmes (PIERRE-ALEXIS, VICOMTE PONSON DU TERRAIL, Rocambole, les drames de Paris, tome 2, 1859, page 492 ). Il 2 »

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