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Dictionnaire en ligne: ENRACINÉ, -ÉE, participe passé et adjectif.

Publié le 28/01/2016

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Dictionnaire en ligne: ENRACINÉ, -ÉE, participe passé et adjectif. I.— Participe passé de enraciner* II.— Emploi adjectival. A.— [En parlant d'une plante] Qui a pris racine. Je sentis l'odeur d'un figuier enraciné dans la muraille (JEAN THARAUD, JÉRÔME THARAUD, L'An prochain à Jérusalem, 1924, page 82 ). — Par analogie. Qui est implanté solidement. [Un charlatan] se faisait fort d'enlever sans douleur (pour lui-même) les chicots les plus rebelles et les mieux enracinés (THÉOPHILE GAUTIER, Le Capitaine Fracasse, 1863, page 296 ). Le nez fort et fortement enraciné (CHARLES-FERDINAND RAMUZ, Aimé Pache, peintre vaudois. 1911, page 119 ). — Par métaphore. [En parlant d'une personne] Immobilisé. L'esprit comme vidé par cette fébrilité bourdonnante, cette tension des nerfs qui le maintenait debout, enraciné, il ne pensait à rien (JACQUES CHARDONNE, L'Épithalame, 1921, page 67 ). B.— Au figuré. 1. [En parlant d'une personne] Qui est fixé dans un lieu, attaché à un lieu. Ces Andarran sont originaires du Bigorre. Vieille souche de cultivateurs et de soldats, enracinés au sol provincial (EUGÈNE MELCHIOR, VICOMTE DE VOGÜÉ, Les Morts qui parlent, 1899, page 86 ). Maintenant, il me semble ne vivre plus que pour posséder ces murs, me sentir enracinée en vraie terre (...) Mon Dieu, quelle envie sordide (MARCEL AYMÉ, Maison basse, 1934, page 22 ). — Par extension. Qui est établi dans un milieu social. Jaloux entre, déjà plein d'assurance et enraciné dans Paris (ANDRÉ GIDE, Journal, 1917, page 624 ). — Emploi comme substantif. Personne profondément attachée à sa terre, son milieu d'origine. Antonyme : déraciné. Barrès n'a peint profondément que des déracinés ou des enracinés lorrains : Sturel, Renaudin, etc. (FRANÇOIS MAURIAC, Du côté de chez Proust, 1947, page 66 ). Je lui inspirais [à merveille] (...) cette sorte d'admiration mêlée de pitié que les enracinés surtout du sexe féminin et un peu meurtris, vouent aisément aux vagabonds (ALEXANDRE ARNOUX, Zulma, l'infidèle. 1960, page 261 ). 2. [En parlant d'un sentiment, d'un comportement, d'un principe] Qui tient à la nature profonde de quelqu'un. Selon certains préjugés trop puissamment enracinés pour qu'on les extirpe, noblesse de cinq siècles vaut mieux que noblesse de vingt ans (ALEXANDRE DUMAS PÈRE, Le Comte de Monte-Christo, tome 2, 1846, page 104 ). Aucun pays, au monde, ne conservait aussi enraciné le culte de ses arrière-grands-pères (ROMAIN ROLLAND, Jean-Christophe, La Foire sur la Place, 1908, page 716) : Ø 1. La grâce lui donnait son dernier coup; elle ôtait d'elle l'attachement le plus fort et le sentiment le plus enraciné : la passion de vivre, la terreur de mourir. EDMOND DE GONCOURT, JULES DE GONCOURT, Madame Gervaisais, 1869, page 286. — Construction particulière. [L'adjectif qualifie une personne qui tient fortement à une manière d'être] La population, enracinée dans ses coutumes (...) tient avant tout à ses manifestations religieuses (PAUL DUVAL, DIT JEAN LORRAIN, Heures de Corse, 1905, page 71 ). 3. Qui se rattache à quelque chose pour y trouver sa source, les éléments de sa force, de sa vitalité. À la conception des tribus nomades pour qui n'existe que l'instant, la communauté agricole substitue celle d'une vie enracinée dans le passé et s'annexant l'avenir (SIMONE DE BEAUVOIR, Le Deuxième sexe, tome 1, 1949, page 115) : Ø 2.... ce vieux bonhomme (...) est néanmoins un de nos contemporains, enraciné dans le même temps que nous, — je veux dire : faisant partie de ce monde qu'a bouleversé la guerre 1939-1944. ROGER MARTIN DU GARD, Souvenirs autobiographiques et littéraires, 1946-47, page CXXX. Fréquence absolue littéraire : 234. Fréquence relative littéraire : XIXe. siècle : a) 303, b) 277; XXe. siècle : a) 240, b) 442. Forme dérivée du verbe "enraciner" enraciner ENRACINER, verbe transitif. A.— [Le complément désigne une plante] Faire prendre racine, fixer dans le sol par des racines. La joubarbe, la menthe, et ces fleurs parasites que la pluie enracine aux parois décrépites (ALPHONSE DE LAMARTINE, Jocelyn, 1836, page 701 ). Elle [la plante verte] semble ne rien emprunter au milieu solide, au sol dans lequel elle est enracinée (LUCIEN PLANTEFOL, Cours de botanique et de biologie végétale, tome 1, 1931, page 325 ). — Emploi pronominal à sens passif. Prendre racine. Les cocotiers s'y [sur les grèves] enracinent par une multitude de filaments, qui font du sable une masse solide comme un rocher (JACQUES-HENRI BERNARDIN DE SAINT-PIERRE, Harmonies de la nature, 1814, page 239 ). Pour pousser haut, le blé doit s'enraciner profond (JOSEPH DE PESQUIDOUX, Chez nous, 1921, page 137 ). · Par analogie : Ø 1. Celui-ci [le poil] s'enracine fortement sur la papille, avec sa partie inférieure renflée, le bulbe pileux. DICTIONNAIRE ENCYCLOPÉDIQUE QUILLET. Médecine, 1965, page 298. — Par analogie. Fixer, implanter solidement. Ces voûtes séculaires et ces forts piliers qui enracinent le tout (ÉMILE-AUGUSTE CHARTIER, DIT ALAIN, Système des beaux-arts, 1920, page 149) : Ø 2. Gilliatt (...) tirait parti de toutes les fentes du granit, les élargissait au besoin, et y enfonçait d'abord des coins de bois dans lesquels il enracinait ensuite les clous de fer. VICTOR HUGO, Les Travailleurs de la mer, 1866, page 294. · Emploi pronominal à sens passif. L'église s'élevait près de l'endroit où la langue de sable s'enracinait à la côte (JULIEN GRACQ, Le Rivage des Syrtes, 1951, page 189 ). — Par métaphore. [Le complément désigne une personne] Immobiliser, retenir longtemps sur place (Confer clouer). Prendre la fuite (...) il [Gwynplaine] avait essayé et n'avait pu. Il était enraciné (...) Quand nous voulons rétrograder, la tentation cloue nos pieds au pavé (VICTOR HUGO, L'Homme qui rit, tome 3, 1869, page 90 ). Les badauds, enracinés par la curiosité et l'horreur, se pressaient plus nombreux encore à l'entrée de la rue Jean-Goujon (PAUL MORAND, Fin de siècle, 1957, page 157 ). · Emploi pronominal. Il [ton père] s'enracine, hypnotisé par cette huile qui goutte encore, qui file, qui flambe à fleur de braise (HERVÉ BAZIN, L'Huile sur le feu, 1954, page 311 ). B.— Au figuré. 1. Fixer quelqu'un dans un lieu. — Emploi pronominal réfléchi. Se fixer dans un lieu; s'attacher à un lieu particulier. Chez les nations germaniques, l'homme s'attache à son champ, s'y enracine, et aime à tirer son nom de sa terre (JULES MICHELET, Introduction à l'Histoire universelle, 1831, page 437 ). On repartit joyeusement, le mois écoulé, et ce fut cependant (...) un nouvel arrachement. L'homme s'enracine vite (MAXENCE VAN DER MEERSCH, Invasion 14, 1935, page 355) : Ø 3. Il s'agit de résider, de s'enraciner et de devenir un maître, un chef de sol. C'est toute une vocation. On a celle du sol comme celle de la mer ou du désert... JOSEPH DE PESQUIDOUX, Le Livre de raison, 1928, page 260. · Par extension. S'introduire et s'établir solidement dans un milieu social. Anna de Brancovan (...) avait dansé aux bals de sa mère avec les jeunes lions de ce « gratin » français où elle entendait bien s' « enraciner » (JACQUES-ÉMILE BLANCHE, Mes Modèles, 1928, page 58 ). 2. Fixer, durablement et profondément (un principe, un sentiment, une manière de penser, de se comporter) dans le coeur, l'esprit de quelqu'un. Enraciner une habitude, une opinion; enraciner quelque chose dans la conscience, dans le caractère, chez quelqu'un. Ce qui a fait la force du catholicisme, ce qui l'a si profondément enraciné dans les moeurs, c'est précisément l'éclat avec lequel il apparaît dans les circonstances graves de la vie (HONORÉ DE BALZAC, Le Médecin de campagne, 1833, page 77 ). La peste avait enraciné un scepticisme profond dont ils ne pouvaient pas se débarrasser (ALBERT CAMUS, La Peste, 1947, page 1439) : Ø 4. Si fortes que soient les passions du garçon de vingt ans, elles ne sont pas encore enracinées, elles ne sont pas encore trop encombrantes et le laissent libre. Ce n'est qu'avec le temps qu'elles s'enracinent et tout les nourrit... JULIEN GREEN, Journal, 1955-58, page 336. — Emploi pronominal à sens passif. C'est la plus dangereuse conviction qui puisse s'enraciner dans le cerveau d'un homme d'état, que de croire la guerre inévitable! (ROGER MARTIN DU GARD, Les Thibault, L'Été 1914, 1936, page 131 ). Confer aussi supra exemple 4. Remarque : On rencontre une construction différente où le complément d'objet désigne une personne et le complément secondaire une attitude de l'esprit. Faire que quelqu'un tienne fortement à quelque chose. La discussion ne fait, dit-on, le plus souvent qu'enraciner les gens dans leur avis (Tocqueville, Correspondance [avec Gobineau] , 1853, page 205). Ce récit ne pouvait qu'enraciner Mr Fogg et ses compagnons dans leur généreuse résolution (Jules Verne, Le Tour du monde en 80 jours, 1873, page 63). 3. Donner des racines, rattacher (quelqu'un ou quelque chose) à un principe, une origine, un fait qui lui donne une assise, une réalité. Nous voulons donner à nos jeunes gens une formation qui, en même temps qu'elle les enracine, les prépare à des contacts avec le reste de l'univers (MAURICE BARRÈS, Mes cahiers, tome 14, 1922-23, page 81 ). Il avait besoin de ce corps qui enracinait son aventure dans la réalité par les fortes secousses de la chair (JACQUES DE LACRETELLE, Les Hauts ponts, tome 4, 1935, page 28 ). — Emploi pronominal. Se rattacher à quelque chose, prendre sa source dans quelque chose. Profond besoin [pour les Juifs] de s'enraciner, à défaut de passé national dans un passé de rites et de coutumes (JEAN-PAUL SARTRE, Réflexions sur la question juive, 1946, page 84) : Ø 5.... les grandes passions qui vont, pendant bien des lustres, faire virer la roue du monde, s'enracinent, de toutes parts, dans le siècle finissant Toutes les idées qui vont, pendant bien des années, alimenter, exalter, puis décevoir des millions d'esprits avides, toutes ces idées commencent de couler comme des sources à travers l'été suffocant de l'année 95. GEORGES DUHAMEL, Chronique des Pasquier, Le Jardin des bêtes sauvages, 1934, page 52. STATISTIQUES : Fréquence absolue littéraire : 12

« population, enracinée dans ses coutumes (...) tient avant tout à ses manifestations religieuses (PAUL DUVAL, DIT JEAN LORRAIN, Heures de Corse, 1905, page 71 ). 3.

Qui se rattache à quelque chose pour y trouver sa source, les éléments de sa force, de sa vitalité.

À la conception des tribus nomades pour qui n'existe que l'instant, la communauté agricole substitue celle d'une vie enracinée dans le passé et s'annexant l'avenir (SIMONE DE BEAUVOIR, Le Deuxième sexe, tome 1, 1949, page 115) : Ø 2....

ce vieux bonhomme (...) est néanmoins un de nos contemporains, enraciné dans le même temps que nous, — je veux dire : faisant partie de ce monde qu'a bouleversé la guerre 1939-1944. ROGER MARTIN DU GARD, Souvenirs autobiographiques et littéraires, 1946-47, page CXXX. Fréquence absolue littéraire : 234.

Fréquence relative littéraire : XIXe.

siècle : a) 303, b) 277; XXe.

siècle : a) 240, b) 442. Forme dérivée du verbe "enraciner" enraciner ENRACINER, verbe transitif. A.— [Le complément désigne une plante] Faire prendre racine, fixer dans le sol par des racines.

La joubarbe, la menthe, et ces fleurs parasites que la pluie enracine aux parois décrépites (ALPHONSE DE LAMARTINE, Jocelyn, 1836, page 701 ). Elle [la plante verte] semble ne rien emprunter au milieu solide, au sol dans lequel elle est enracinée (LUCIEN PLANTEFOL, Cours de botanique et de biologie végétale, tome 1, 1931, page 325 ). — Emploi pronominal à sens passif.

Prendre racine.

Les cocotiers s'y [sur les grèves] enracinent par une multitude de filaments, qui font du sable une masse solide comme un rocher (JACQUES-HENRI BERNARDIN DE SAINT-PIERRE, Harmonies de la nature, 1814, page 239 ).

Pour pousser haut, le blé doit s'enraciner profond (JOSEPH DE PESQUIDOUX, Chez nous, 1921, page 137 ). · Par analogie : Ø 1.

Celui-ci [le poil] s'enracine fortement sur la papille, avec sa partie inférieure renflée, le bulbe pileux. DICTIONNAIRE ENCYCLOPÉDIQUE QUILLET.

Médecine, 1965, page 298. — Par analogie.

Fixer, implanter solidement.

Ces voûtes séculaires et ces forts piliers qui enracinent le tout (ÉMILE- AUGUSTE CHARTIER, DIT ALAIN, Système des beaux-arts, 1920, page 149) : Ø 2.

Gilliatt (...) tirait parti de toutes les fentes du granit, les élargissait au besoin, et y enfonçait d'abord des coins de bois dans lesquels il enracinait ensuite les clous de fer. VICTOR HUGO, Les Travailleurs de la mer, 1866, page 294. · Emploi pronominal à sens passif.

L'église s'élevait près de l'endroit où la langue de sable s'enracinait à la côte (JULIEN GRACQ, Le Rivage des Syrtes, 1951, page 189 ). — Par métaphore.

[Le complément désigne une personne] Immobiliser, retenir longtemps sur place (Confer clouer). 2. »

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