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Conseil constitutionnel (cours de droit public).

Publié le 20/05/2013

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Conseil constitutionnel (cours de droit public). 1 PRÉSENTATION Conseil constitutionnel, organe créé par la Constitution du 4 octobre 1958, chargé de contrôler la constitutionnalité des lois et de veiller à la régularité des scrutins nationaux. Du fait de l'autorité dont sont revêtues ses décisions et de l'indépendance dont il fait preuve, le Conseil s'est progressivement imposé comme le garant des libertés publiques et du fonctionnement régulier des institutions. 2 LES ORIGINES DU CONTRÔLE DE CONSTITUTIONNALITÉ EN FRANCE Alors que le contrôle de la constitutionnalité des lois s'affirma rapidement aux États-Unis, en raison de l'autorité acquise par la jurisprudence de la Cour suprême, la tradition politique et juridique française s'opposa longtemps à tout mécanisme susceptible de censurer la loi. En effet, la tradition politique issue de la Révolution française, fortement influencée par Rousseau, conférait à la loi un caractère presque sacré. Émanation de la volonté générale, elle apparaissait en pratique comme infaillible et vertueuse. De plus, la pratique institutionnelle française discrédita l'idée du contrôle de constitutionnalité, dans la mesure où toutes les tentatives faites en ce sens eurent toujours pour ambition de limiter l'influence de la représentation nationale. C'était clairement l'intention de Sieyès, l'un des rédacteurs de la Constitution de l'an VIII (décembre 1799), qui confiait au Sénat le contrôle de la constitutionnalité des lois, disposition reprise par la Constitution du 14 janvier 1852. Ces deux expériences discréditèrent le principe d'un contrôle émanant de l'intérieur même du système institutionnel, car il semblait toujours motivé par le désir d'entraver l'action du législateur en fragmentant la procédure d'élaboration de la loi. Ce n'est qu'avec la Constitution de la IVe République (27 octobre 1946) que se dessina une première ébauche, encore timide, d'un contrôle de la loi par un organe créé spécialement pour l'accomplissement de cette mission, le Comité constitutionnel. L'existence de ce Comité fut finalement pérennisée lors du changement de régime qui accompagna l'accession au pouvoir du général de Gaulle, la nouvelle Constitution du 4 octobre 1958 consacrant son Titre VII (articles 56 à 63) à cette institution. La création du Conseil constitutionnel en France est considérée par certains auteurs comme un é...
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« du-Rhône, où près de 800 procurations irrégulières avaient été rédigées en faveur d’un candidat aux législatives.

Dans le cas des élections présidentielles et desréférendums, le Conseil constitutionnel a non seulement une fonction juridictionnelle, qui lui permet d’annuler, le cas échéant, des élections irrégulières, mais égalementune fonction consultative.

Ainsi, il lui revient d’émettre à l’intention du gouvernement un avis préalable aux élections sur les textes (décrets, convocation des électeurs,etc.) qui régissent l’organisation matérielle des élections de façon à prévenir des irrégularités dans le déroulement des opérations. 4.3 Contrôle de constitutionnalité Le Conseil constitutionnel a une compétence de plein droit pour examiner la conformité à la Constitution des lois organiques et des règlements des Assemblées (Assembléenationale et Sénat).

En revanche, l’examen des lois ordinaires n’est possible que s’il est saisi par l’une des autorités compétentes, énumérées à l’article 61 de laConstitution.

Depuis la réforme de 1974, la saisine du Conseil constitutionnel est ouverte au président de la République, au Premier ministre, aux présidents de l’Assembléenationale et du Sénat, à 60 députés ou 60 sénateurs.

Chacune de ces autorités peut déférer la loi au Conseil avant sa promulgation, afin qu’il se prononce sur sa conformitéà la Constitution.

Ses décisions ne sont susceptibles d'aucun recours et s’imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles. Le Conseil constitutionnel est aujourd’hui un acteur essentiel du système institutionnel français.

C’est en 1971 qu’il a conquis, par une jurisprudence audacieuse, uneautorité nouvelle : à l’occasion d’une saisine d’Alain Poher, alors président du Sénat, le Conseil a dû se prononcer sur la constitutionnalité d’une loi remettant en causecertaines des dispositions de la loi du 1 er juillet 1901 relative aux associations ( voir associations, loi sur les).

De manière profondément novatrice, le Conseil constitutionnel, alors placé sous la présidence de Roger Frey, s’est fondé pour la première fois sur le préambule de la Constitution de 1958, et non pas seulement sur le corps du texteconstitutionnel, pour censurer la loi contestée. Depuis, le Conseil constitutionnel a élargi de façon considérable l’objet du contrôle de la constitutionnalité des lois, puisque le préambule de la Constitution de 1958 seréfère à la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 et au préambule de la Constitution de 1946, qui consacre expressément les droits collectifs et sociaux(liberté syndicale, droit de grève, exigence d'un enseignement public et laïc garanti par l’État, égalité devant les charges publiques, droit à une vie familiale normale, etc.). Désormais, toute loi qui serait contraire aux dispositions contenues dans le préambule est susceptible d’encourir une censure pour inconstitutionnalité. L’étendue très large du bloc de constitutionnalité a permis au Conseil constitutionnel de rendre des décisions fondamentales en matière de libertés publiques.

En particulier,la jurisprudence du Conseil constitutionnel a permis l’adoption d’un certain nombre de lois sur le droit à la vie, comme par exemple dans sa décision du 15 janvier 1975, oùil a reconnu que la loi sur l’avortement, dite loi Veil, était conforme à la Constitution, ou encore à propos des lois sur la bioéthique de 1994, où il a dégagé un principeconstitutionnel de sauvegarde de la dignité de la personne humaine.

En matière sociale, le Conseil a conféré au droit de grève une valeur constitutionnelle de même qu’auprincipe de continuité du service public (décision du 25 juillet 1979).

Pour ce qui concerne la liberté d’aller et venir, il a par exemple limité et encadré par plusieurs décisionsla pratique des contrôles d'identité, la détention provisoire, la fouille des véhicules.

Il a précisé les limites du droit de propriété et les aménagements dont il peut faire l’objeten cas de privatisation ou de nationalisation. 4.4 Un gouvernement des juges ? En réalité, il est peu de domaines de l’activité législative qui ont échappé au contrôle du Conseil constitutionnel, instance mi-juridictionnelle, mi-administrative, dontl’indépendance, reconnue, l’a souvent amené à censurer des dispositions législatives émanant du pouvoir en place.

Utile contrepoids à la toute-puissance du pouvoirexécutif qui a tendance, dans un système majoritaire, à limiter la marge de manœuvre du pouvoir législatif, incontestable moyen, pour l’opposition, de contester les loisavec lesquelles elle est en désaccord, le Conseil est souvent accusé d’exercer une sorte de « gouvernement des juges ».

En réalité, il prend soin, en protégeantfarouchement son indépendance, de donner le moins possible prise à cette critique et apparaît, bien souvent, comme un censeur efficace, dont l’action permet de corriger etd’améliorer ce que pourrait avoir d’imparfait le nombre très élevé de lois votées chaque année en France. Microsoft ® Encarta ® 2009. © 1993-2008 Microsoft Corporation.

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