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"A New York" de Leopold Sedar Senghor

Publié le 11/09/2006

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senghor

INTRODUCTION    -Auteur né au Sénégal en 1906 et mort en 2001.  Il fit d'excellentes études qui le conduisent de Dakar à Paris où il obtint une agrégation de grammaire à la Sorbonne.  Etudiant, il rencontre Aimé Césaire qui deviendra un autre écrivain célèbre, qui fera l'éloge de la civilisation noire et sera avec lui le co- fondateur de la négritude. Césaire fait surgir, en 1939, dans un grand poème, le Cahier d'un retour au pays natal, devenu depuis lors un classique majeur des littératures du monde noir, le mot « négritude «, forgé pour redonner leur dignité à « ceux qui n'ont jamais rien inventé « et que l'esclavage ou la colonisation avaient rendus muets. C'e st une entreprise de réhabilitation des cultures noires qui réclament leurs indépendances vers les années 1930.  Devenu homme de lettre, il est aussi un homme politique. Il est président du Sénégal de 1960 à 1981.    -Ethiopiques : en forgeant ce néologisme pour en faire le titre du recueil de poèmes de sa maturité, publié en 1956, le Sénégalais Léopold Sédar Senghor (né en 1906) mettait en œuvre le métissage culturel dont il a si souvent fait l'apologie. Le mot « éthiopique « a manifestement une origine grecque : il est formé sur le mot aithiops, dont le sens littéral est « face brûlée, noir «. Son emploi en adjectif substantivé au pluriel évoque les Éthiopiques, le roman d'Héliodore (IIe ou IIIe siècle apr. J.-C.). Éthiopiques renvoie donc à l'héritage classique que l'agrégé-poète a toujours célébré. Mais par son sémantisme, ce titre met en avant la couleur noire, la « négritude «, que les recueils antérieurs (Chants d'ombre, 1945 ; Hosties noires, 1948) avaient déjà glorifiée. Éthiopiques se situe au point de rencontre de l'Afrique et de l'Europe.  Le recueil rassemble dix-huit poèmes, assez divers d'inspiration et de forme, même s'ils sont unifiés par l'emploi systématique d'un type de verset ample, débordant souvent des limites de la ligne, devenu la marque de fabrique du poète Senghor.  Lors d'un séjour à New York effectuant une mission pour l'ONU, Seder Senghor découvre la ville de New York. Ce séjour lui a inspiré ce poème triptyque. « À New York « exalte la négritude de la grande ville américaine : « J'ai vu dans Harlem bourdonnant de bruits de couleurs solennelles et d'odeurs flamboyantes".    -Mouvements du texte : vers 1 à 6 : la ville fascinante  vers 7 à 10: la ville inquiétante et épique  vers 11 à 15 : la ville inhumaine et morbide  vers 16 à 22 : La ville inhumaine et frustrante  vers 23 à 27 : la ville nocturne et monstrueuse    -Problématique : Quelle vision de New York et de ses habitants est donnée par le poète ? Quels sentiments contradictoires ressent-il à son égard ?    I Le décor    1 La description des gratte ciels    Les vers 1 et 2 " ces grandes filles d'or aux jambes longues" est une périphrase élogieuse puisque le terme "gratte ciel" ne vient qu'au vers 5. Néanmoins, elle peut également avoir une seconde interprétation : ce peut être les femmes de New York.  Le gigantisme de la ville attire le poète. Mais dès le vers 3, des signes inquiétants apparaissent dans la description du décor urbain : " tes yeux de métal bleu", "ton sourire de givre". Ces deux personnifications soulignent certes une certaine beauté mais surtout la froideur presque mortifère.    La ville est décrite sous un aspect fantastique voire morbide (propre à un état maladif). En effet, les gratte ciel baignent dans une lumière v 7 "sulfureuse" comme diabolique, connotant l'enfer. L'adjectif est mis en relief par sa position en début de vers – qui reprend ainsi l'aspect de l'oral de la langue pour mieux insister- et par l'ellipse du verbe. Au même vers, v. 7, une nouvelle personnification "les fûts livides" peut désigner les arbres et les colonnes qui contrastent par l'absence de couleur avec les très hautes constructions. Deux personnifications menaçantes au v 9 "muscles d'acier" et au vers 10 "peau patinée de pierre" (allitération en [p]) mettent en valeur une ville où ne règne qu'un modernisme menaçant. Les gratte ciel sont présentés tels des monstres.  New York est également décrite comme une ville à l'aspect conquérant, dont l'architecture est caractérisée par le gigantisme. C'est ce qu'indique la personnification aux vers 7. 8 "dont les têtes foudroient le ciel." Une autre personnification au vers 9 " les gratte ciel qui défient les cyclones" donne une image prométhéenne de la ville qui s'attaque au ciel comme un blasphème. C'est une possible référence à une intertextualité biblique, la tour de Babel, symbole de l'orgueil humain (cf. Verhaeren). C'est également une image inversée de la mythologie grecque où c'est Zeus (Jupiter chez les romains) foudroie la terre et les hommes lors de ses colères. Ici, c'est l'inverse. La technique moderne est un défi à la divinité. C'est la manifestation de l'hybris (notion de démesure du héros de la tragédie grecque qui l'entraîne à sa perte) occidental. Cette démesure architecturale donne à la ville, une dimension épique. Le registre épique est caractérisé par l'amplification des êtres et des choses.    2 L'absence de la nature    Du deuxième au troisième mouvement du texte, la caractérisation de la ville se fait de plus en plus menaçante. Ainsi, New York au vers 11se caractérise par l'idée de mort et l'absence de la nature. La personnification quelque peu surprenante au vers 11 " les trottoirs chauves de Manhattan" dénonce la destruction de la nature, remplacée par les constructions de béton et d'aciers. Les gratte ciel empêchent la présence du soleil qu'ils éclipsent " parmi l'éclipse du soleil" v. 6. La répétition des marques de négation au vers 14 " sans un puits ni pâturage" insistent sur ce monde totalement artificiel. Les animaux ne peuvent y vivre  " tous les oiseaux de l'air / Tombant soudain et morts sous les hautes cendres des terrasses" vers 14. 15. L'idée de mort est redondante dans ces quelques vers avec les termes " tombant, morts, cendres". Les oiseaux connotent l'idée de grâce, d'évasion et de liberté. Le fait que la mégalopole les tue en donne une vision sinistre.    3 La vie nocturne    Dans le dernier mouvement du texte des v 23 à 25 est décrite la ville de New York, la nuit. La nuit, loin de s'ouvrir sur le calme et la paix se caractérise par l'agitation incessante. L'apostrophe lyrique au v. 23et les assonances en [i] -, à la nuit marque l'émotion du poète, une certaine fébrilité face à l'absence de tout repos possible :  "Nuits d'insomnie, ô nuits de Manhattan !"  Le poète décrit le trafic nocturne qui donne à la ville, une nouvelle fois un aspect fantastique. La métaphore empruntée à la magie au v. 24 "feux follets" désigne les phares des voitures. L'emploi de la personnification au même vers "les klaxons hurlent /des heures vides". Elle décrit des véhicules vivants et affolés où l'homme ne dirige plus le modernisme des machines. C'est la technique qui supplante l'humain. De plus, le verbe employé de façon transitive (avec un COD) est très inhabituel. Il traduit le désert de la ville la nuit par un raccourci poétique qui s'impose au lecteur.    La description de la mégalopole américaine insiste sur une ville où domine une architecture menaçante, arrogante, où la nature ne peut plus exister dans cet univers artificiel. Le fantastique de cette ville est enfin rendu par l'évocation de la vie nocturne trépidante, empêchant tout repos. Les habitants de New York semblent comme "contaminés" par cette absence d'humanité, comme nous allons le démontrer.    II Les habitants de New York    1 Des habitants artificiels et sans âme    Le poète dépeint avec une certaine allusion ironique le stéréotype de la beauté américaine, à la morphologie blanche par analogie aux femmes noires par l'absence de lèvres v 19 et  "Des jambes et des seins sans sueur ni odeur" v 18. Il dénonce l'artifice des femmes américaines:"(…) des jambes de nylon." V. 17. L'emploi de la métonymie souligne cette séduction artificielle. Senghor dénonce cette absence d'authenticité.    2 L'absence de sentiments    Les deux personnifications du vers 3 " tes yeux de métal bleu, ton sourire/de givre" soulignent que l'univers urbain froid et sans âme semble contaminer les habitants. Seules l'inquiétude extrême, la peur paraissent régner " Et l'angoisse au fond des rues à gratte-ciel/ Levant des yeux de chouette" v. 5 et 6. Les hommes sont dénués de sentiments humains :  "Pas un rire d'enfant en fleur (…) v 16  Pas un sein maternel, (…) v 17  Pas un mot tendre en l'absence de lèvres (…)" v 19    Senghor dénonce cette absence d'humanité avec la synecdoque au v. 19 :  "(…) rien que des cœurs artificiels "  qui désigne les prostituées. Il ironise par l'emploi d'une périphrase (désignant le dollar) la vénalité de ces femmes :  "(…) payées en monnaie forte". Il attaque de plus le capitalisme où l'argent roi remplace et achète les relations humaines, où aucun sentiment n'est vrai. Les derniers vers 26 et 27 font une dernière fois allusion à l'absence de sentiments. L'expression "les amours hygiéniques" comprend un euphémisme et une métonymie. Elle peut être comprise comme une allusion aux moyens de contraception, aux naissances contrôlées par opposition au monde de la négritude où cela est absent. La fécondité était et est encore souvent considéré comme un gage de richesses et de vie dans les civilisations africaines.    Manhattan ignore l'homme. Les habitants sont décrits comme des êtres sans âme, sans sentiments. Senghor stigmatise les américaines qui sont synonymes d'artificialité. Aussi éprouve-t-il à l'égard de New York, des sentiments contradictoires.    III Les sentiments du poète face à New York    Il faut tout d'abord noter que cette première strophe comprend des connecteurs logiques et temporels qui décrivent l'évolution des sentiments du poète – de l'admiration à l'angoisse croissante- dans cette ville où il relate un séjour durant trois semaines.    1 L'admiration    Senghor est en premier lieu séduit par cette ville. Dans les années 50, les Etats- Unis ont pu séduire le monde entier par sa participation active et décisive à la seconde guerre mondiale en luttant contre la barbarie du totalitarisme et par ses prouesses technologiques.  Le vers 1 s'ouvre sur une apostrophe à New York qu'il personnifie en la comparant à une belle femme séduisante :  "New York ! j'ai été confondu par ta beauté"  Il avoue avoir été intimidé soit par les prouesses architecturales- périphrase élogieuse des v. 1 et 2 désignant peut- être les gratte ciel ou les femmes américaines " grandes filles d'or aux longues jambes". Il exprime sa timidité par l'emploi de la voix passive au v. 1 qui le place en position de complément, d'objet subissant cette attraction " j'ai été confondu par". Les vers 3 et 5 :"Si timide" réitèrent l'expression de cet éblouissement par l'emploi de l'anaphore. L'ellipse du verbe et l'emploi de l'adverbe intensif "si" renforcent l'expression du sentiment d'étonnement ébloui du poète. La répétition de l'expression " d'abord" aux v. 1 et 3 sous entend pour le lecteur que ce sentiment de fascination initiale ne saurait durer comme va le confirmer la lecture ultérieure du texte. En effet, Senghor va ensuite exprimer un rejet croissant.    2 La frustration    Le ton change à partir du vers 11. Il est lié à la durée du séjour à New York. Le connecteur d'opposition "mais" et les deux indications temporelles aux vers 11 " quinze jours" et 12 " au bout de la troisième semaine" marque la fin de la séduction qu'a ressentie Senghor.  Le changement de sentiments, le désarroi, l'angoisse et l'agressivité soudainement éprouvées sont traduits dans une double expression métaphorique aux vers 12 et 13:  " (…) que vous saisit la fièvre  En un bond de jaguar"  L'emploi de la première métaphore " la fièvre" suggère le trouble profond, le malaise caractérisé par un terme médical qui envahit le poète et s'empare de lui. Cet emploi métaphorique décrit avec concision et beaucoup d'intensité, le sentiment de malaise, de mal-être profond de Senghor. De plus, le poète est une fois de plus en position de complément d'objet. Il utilise le pronom de la deuxième personne du pluriel "vous", associant ainsi le lecteur à son expérience qui devient ainsi potentiellement plurielle. La seconde métaphore suggère l'agressivité fulgurante de ce sentiment. Le poète emploie une métaphore animale, l'image d'un fauve qui est associé à la négritude. Cette métaphore peut être considérée comme un indice marquant l'expression de plus en plus profonde du blâme de la civilisation occidentale et ici américaine par rapport à la sagesse de la civilisation noire.    Senghor déplore l'absence de la nature et sa frustration est renforcée par la nostalgie d'une humanité à la culture africaine. Il évoque cette humanité avec un lyrisme simple mais très évocateur. Il déplore l'absence de sentiments aussi simples soient ils comme la joie et la gaieté spontanée d'un enfant en employant une métaphore florale au vers 16 : " Pas un rire d'enfant en fleur", comme l'expression de l'union et de l'affection entre un enfant et le poète " sa main dans ma main fraîche", de sentiments naturels, simples, témoignages de liens spontanés : " pas un sein maternel", " pas un mot tendre". Or cette ville sophistiquée ignore désormais les sentiments les plus évidents, toute relation humaine n'est plus qu'artificielle. D'ailleurs, il est à noter que le "je" du poète présent au vers 1est gommé dans le reste du poème.    Le poète dénonce également cette ville, cette civilisation qui ignore la culture, l'art. Elle a supplanté l'antique sagesse par la technique, les progrès technologiques. En effet, au vers 17, il déplore : "Pas un livre où lire la sagesse". Or les écrivains semblent inutiles à cette ville où seul règne l'argent et le capitalisme. Il évoque la figure du peintre qui a besoin de couleurs pour peindre à l'aide d'une métaphore évoquant la création artistique à l'aide de la sollicitation de deux sens, visuel et auditif (cf. synesthésie baudelairienne) :  " La palette du peintre fleurit  Des cristaux de corail"    3 Le dégoût    Les deux derniers vers marquent le dégoût final du poète par l'emploi d'une comparaison et d'une gradation :  "Les eaux obscures charrient" >>> "tels" des fleuves en crue"  " des amours hygiéniques">>>> tels " des cadavres d'enfant" v 26. 27  L'évocation du déchaînement de l'élément naturel, l'eau peut signifier la colère de la terre face aux hommes et femmes de cette ville qui sacrifie ses propres enfants. Elle a donc perdu l'un des repères élémentaires, signe d'une civilisation, le respect de la vie humaine.    Conclusion    C'est une poésie libre, au rythme ample mais qui procède par touches successives (ellipses verbales) présentant une suite d'images de plus en plus dures.  Ce poème présente la ville de New York à l'architecture marquée par le gigantisme ce qui lui donne un aspect fascinant et épique puis inhumaine et enfin totalement morbide. C'est une descente aux enfers dans la modernité urbaine où ne règne que l'artifice. A l'image de tout le recueil, le poème souligne l'inquiétude de Senghor devant la modernité. C'est une vision totalement à l'opposé de celle de " Zone" d'Apollinaire qui était un hymne à la ville et à la modernité urbaine.

senghor

« une possible référence à une intertextualité biblique, la tour de Babel, symbole de l'orgueil humain (cf. Verhaeren). C'estégalement une image inversée de la mythologie grecque où c'est Zeus (Jupiter chez les romains) foudroie la terre et les hommeslors de ses colères. Ici, c'est l'inverse. La technique moderne est un défi à la divinité. C'est la manifestation de l'hybris (notion dedémesure du héros de la tragédie grecque qui l'entraîne à sa perte) occidental. Cette démesure architecturale donne à la ville, unedimension épique. Le registre épique est caractérisé par l'amplification des êtres et des choses. 2 L'absence de la nature Du deuxième au troisième mouvement du texte, la caractérisation de la ville se fait de plus en plus menaçante. Ainsi, New Yorkau vers 11se caractérise par l'idée de mort et l'absence de la nature. La personnification quelque peu surprenante au vers 11 " lestrottoirs chauves de Manhattan" dénonce la destruction de la nature, remplacée par les constructions de béton et d'aciers. Lesgratte ciel empêchent la présence du soleil qu'ils éclipsent " parmi l'éclipse du soleil" v. 6. La répétition des marques de négationau vers 14 " sans un puits ni pâturage" insistent sur ce monde totalement artificiel. Les animaux ne peuvent y vivre" tous les oiseaux de l'air / Tombant soudain et morts sous les hautes cendres des terrasses" vers 14. 15. L'idée de mort estredondante dans ces quelques vers avec les termes " tombant, morts, cendres". Les oiseaux connotent l'idée de grâce, d'évasionet de liberté. Le fait que la mégalopole les tue en donne une vision sinistre. 3 La vie nocturne Dans le dernier mouvement du texte des v 23 à 25 est décrite la ville de New York, la nuit. La nuit, loin de s'ouvrir sur le calmeet la paix se caractérise par l'agitation incessante. L'apostrophe lyrique au v. 23et les assonances en [i] -, à la nuit marquel'émotion du poète, une certaine fébrilité face à l'absence de tout repos possible :"Nuits d'insomnie, ô nuits de Manhattan !"Le poète décrit le trafic nocturne qui donne à la ville, une nouvelle fois un aspect fantastique. La métaphore empruntée à la magieau v. 24 "feux follets" désigne les phares des voitures. L'emploi de la personnification au même vers "les klaxons hurlent /desheures vides". Elle décrit des véhicules vivants et affolés où l'homme ne dirige plus le modernisme des machines. C'est latechnique qui supplante l'humain. De plus, le verbe employé de façon transitive (avec un COD) est très inhabituel. Il traduit ledésert de la ville la nuit par un raccourci poétique qui s'impose au lecteur. La description de la mégalopole américaine insiste sur une ville où domine une architecture menaçante, arrogante, où la nature nepeut plus exister dans cet univers artificiel. Le fantastique de cette ville est enfin rendu par l'évocation de la vie nocturnetrépidante, empêchant tout repos. Les habitants de New York semblent comme "contaminés" par cette absence d'humanité,comme nous allons le démontrer. II Les habitants de New York 1 Des habitants artificiels et sans âme Le poète dépeint avec une certaine allusion ironique le stéréotype de la beauté américaine, à la morphologie blanche par analogieaux femmes noires par l'absence de lèvres v 19 et"Des jambes et des seins sans sueur ni odeur" v 18. Il dénonce l'artifice des femmes américaines:"(…) des jambes de nylon." V.17. L'emploi de la métonymie souligne cette séduction artificielle. Senghor dénonce cette absence d'authenticité. 2 L'absence de sentiments Les deux personnifications du vers 3 " tes yeux de métal bleu, ton sourire/de givre" soulignent que l'univers urbain froid et sansâme semble contaminer les habitants. Seules l'inquiétude extrême, la peur paraissent régner " Et l'angoisse au fond des rues àgratte-ciel/ Levant des yeux de chouette" v. 5 et 6. Les hommes sont dénués de sentiments humains :"Pas un rire d'enfant en fleur (…) v 16Pas un sein maternel, (…) v 17Pas un mot tendre en l'absence de lèvres (…)" v 19 Senghor dénonce cette absence d'humanité avec la synecdoque au v. 19 :"(…) rien que des cœurs artificiels "qui désigne les prostituées. Il ironise par l'emploi d'une périphrase (désignant le dollar) la vénalité de ces femmes : »

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