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A-t-on raison d’accuser la technique ?

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technique

Eléments de correction
A-t-on raison d’accuser la technique ?
Aujourd’hui, nous vivons dans un monde dans lequel la technique est
omniprésente. Si nous faisons la liste des objets techniques qui nous entourent, cette
liste serait non exhaustive. Historiquement parlant, il est clair que l’apparition d’outils
techniques est presque contemporaine à l’apparition des hommes. Le paléolithique (du
grec palaios signifiant ancien et lithos signifiant pierre) qui est la première période de la
Préhistoire, est caractérisé par l’utilisation de la pierre taillée. Cette invention demande
de l’ingéniosité. Et l’objet technique supplée par définition à la faiblesse naturelle de
l’homme. Soit il décuple la force physique. Soit il améliore les conditions de vie humaine.
En somme, l’objet technique est une extension du corps humain.
En ce sens, la question posée semble étonnante. A-t-on raison d’accuser la
technique ? Nous devons justifier l’acte d’accusation qui place la technique sur le banc
des accusés dans le tribunal de la raison pour employer une expression kantienne dans la
Préface à la Première Edition de La Critique de la Raison Pure. La question fait que nous
sommes d’emblée l’avocat de l’accusation. Nous devons mettre en doute la légitimité de
la technique et ses prétentions. Nous devons adopter une attitude critique à l’égard de la
technique pour en dégager sa responsabilité au sens moral et juridique du terme.
Autrement dit, la technique doit répondre des conséquences de ses actes. Mais de quoi
l’accuse-t-on ? Et cet acte d’accusation, une fois déterminé, est-il justifié ? Or, la
technique ne peut pas être reconnue juridiquement coupable puisqu’elle n’est pas un
sujet moral au sens d’une personne rationnelle et raisonnable. En effet, la technique est
l’ensemble des moyens mis en œuvre en vue d’une fin. Et c’est l’homme qui est au cœur
de l’acte d’accusation. En ce sens, il faut reprendre l’analyse de Bergson dans L’Evolution
créatrice. L’homme est d’abord homo faber avant d’être homo sapiens. L’homme fabrique
avant de comprendre. Il est ingénieux avant d’être intelligent. Donc le véritable accusé
devant le tribunal de la raison est l’homme. De quoi accuse-t-on l’homme ? Est-ce
justifié ? La question posée nous invite à réfléchir sur les raisons pour lesquelles l’homme
n’a pas un usage raisonné et raisonnable de la technique. Ensuite, nous devons nous
interroger sur la question de savoir si nous avons tort d’accuser la technique à travers
l’homme. En d’autres termes, il s’agit de voir si les justifications que nous plaidons contre
la technique ne sont pas fallacieuses, trompeuses.
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Dans Le Protagoras, Platon explique ce qu’est l’essence de la technique par le
mythe de Prométhée. Protagoras relate le mythe à Socrate pour décrire la condition
humaine. Dans l’Olympe, les dieux s’ennuient. Alors Zeus demande à son fils Héphaïstos,
dieu des Forges, qu’il a eu avec sa sœur Héra, de fabriquer quelque chose pour les sortir
de l’ennui. Héphaïstos a une idée. Il convoque les dieux olympiens dans sa forge et leur
montre ce qu’ils doivent faire. Ils mélangent la terre et le feu pour façonner des
créatures. Certains sont à l’image exacte des dieux. Ce sont des hommes. D’autres ont
des pattes, des nageoires, des carapaces, des ailes. Ce sont des animaux. D’un souffle
(psychè) puissant, Zeus leur donne la vie. Il reste à pourvoir les créatures de qualités
pour les rendre autonomes. Zeus charge les titans jumeaux, Prométhée et Epiméthée de
répartir les différentes capacités entre les différents êtres vivants de manière équilibrée.
Ces jumeaux ne se ressemblent guère. Epiméthée est aussi maladroit et irréfléchi que
Prométhée est prudent et réfléchi. Epiméthée exige de faire la distribution. Comme
Epiméthée réfléchit après, il a commis un oubli qui se révèle tragique. « L’homme est nu,
sans chaussures, sans couverture, sans armes ». Sans protection corporelle, l’homme ne
peut s’abriter des intempéries. Dépourvus d’armes, l’homme ne peut se préserver des
assauts des autres êtres vivants. L’homme n’a aucun moyen de subsistance car
Epiméthée a dilapidé sans y prendre garde toutes les facultés que Zeus lui avait
accordées. Alors, la conséquence de la maladresse et de l’imprudence d’Epiméthée est la
mort certaine de l’homme. Constatant la faute d’Epiméthée, Prométhée vole chez
Héphaïstos, le feu et chez Athéna, le savoir technique. Le don que fait Prométhée à

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l’homme est incomplet car Prométhée n’a pas eu le temps de pénétrer dans l’Acropole
voler à Zeus le savoir politique. Le don de Prométhée est un don d’amour car il remplit un
vide originel. Et pour ce vol, Prométhée est condamné. Il est enchaîné. Et les vautours lui
dévorent le foie éternellement.
De ce don d’amour, qu’en fait l’homme ? Le don d’amour permet à l’homme de
croire aux dieux, de créer l’art, d’où la double étymologie de technè, signifiant à la fois
technique et art, de parler, de construire des habitations, de tisser des vêtements et des
couvertures, de fabriquer des chaussures, de cultiver la terre. Et le don d’amour de
Prométhée permet aussi à l’homme d’acquérir la raison (l?gos). Le feu et le savoir
technique ne sont pas des capacités en elles-mêmes. Mais ils sont les moyens par
lesquels l’homme acquiert l’ingéniosité. L’art en tant que technè est une méta-capacité.
Si nous avons raison d’accuser la technique, le coupable visé est Prométhée. D’ailleurs,
Zeus le condamne. Toutefois, il n’est pas légitime de mettre en accusation Prométhée
devant le tribunal de la raison car il est un dieu. Et c’est convoquer comme témoin un
mythe. Or, la justice humaine ne s’applique pas aux dieux. Et un mythe n’est pas par
essence rationnel. Il faut alors substituer à cette première plaidoirie qui n’emporte pas la
conviction du tribunal une plaidoirie rationnelle.
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A la Sixième Partie du Discours de la Méthode, Descartes analyse la technique au
sens où elle est une application de la science. Le projet cartésien est physique fondée sur
la géométrie. C’est la mathesis universalis. Descartes reprend à son compte l’ambition de
Galilée dans Le Dialogue sur les deux grands systèmes du monde : « La philosophie est
écrite dans ce vaste livre constamment ouvert devant nos yeux (je veux dire l'univers) et
on ne peut le comprendre si d'abord on n'apprend à connaître la langue et les caractères
dans lesquels il est écrit. Or il est écrit en langue mathématique, et ses caractères sont le
triangle et le cercle et autres figures géométriques, sans lesquelles il est humainement
impossible d'en comprendre un mot. ». Galilée considère que la nature est un vaste livre
écrit en langage mathématique que l’homme doit déchiffrer. Selon Descartes, la
connaissance des lois de la nature ouvre des perspectives incommensurables et donne à
l’homme un pouvoir sans limites. Descartes relie la connaissance de la nature fondée sur
l a mathesis universalis et une technique capable de ramener les effets produits par la
nature à l’usage des hommes sans considérer les fins. La fin visée par la technique au
sens cartésien du terme est de « nous rendre comme maîtres et possesseurs de la
Nature ». En effet, les hommes se demandent quels usages ils peuvent faire de la nature.
Et de ce point de vue, la technique détourne les hommes de la nature. La nature n’est
plus conçue comme fin au sens aristotélicien du terme mais comme moyen. Autrement
dit, la nature est subordonnée à l’usage des hommes et à leur utilité. Et cela permet de
reconnaître les défauts et les imperfections de la nature qui sont hostiles à l’égard de
l’homme et ce qui permet aussi d’y remédier par des inventions techniques. La technique
a pour but de corriger les défauts naturels. Descartes avec Galilée, considère que dans la
nature, il n’y a rien d’occulte, de magique, d’étrange. Selon Descartes, la physique
aristotélicienne nous induit en erreur concernant le déchiffrement des lois de la nature.
La physique aristotélicienne s’appuie sur des principes tels que la nature a horreur du
vide, la nature ne fait rien en vain. La nature est parfaite. La physique d’Aristote conçoit
l’univers comme clos, fini et hiérarchisé. La physique de Galilée renverse la physique
aristotélicienne. La physique galiléenne procède par l’observation et la mathématisation
des phénomènes naturels ce qui aboutit à une connaissance des lois naturelles. La
physique au sens moderne du terme donne une technique qui peut garantir le progrès de
la condition humaine. Et l’homme peut agir sur la nature s’il en a un modèle connu et
visible. A la lumière de la physique galiléenne, Descartes affirme que la connaissance de
la nature est orientée vers une action qui vise comme fin le bien général des hommes. En
ce sens, une meilleure connaissance de la nature selon Descartes permet avec une action
efficace sur la nature de rendre la vie des hommes meilleure. Autrement dit, Descartes
appelle de ses vœux que la technique rende la vie humaine moins pénible, plus propice
au bonheur et à la sagesse. En effet, la connaissance des éléments et des forces de la

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Nature rend les hommes capables de maîtriser la Nature. Et ils pourraient utiliser ses
forces pour vivre le plus heureusement possible en dominant la Nature au lieu d’être
dominés par elle. C’est la promesse d’un
changement considérable de la condition
humaine. La formule célèbre de Descartes « nous rendre comme maîtres et possesseurs
de la Nature » sonne aux oreilles du lecteur comme une affirmation sans restriction de la
domination de l’homme sur la Nature.
Toutefois, Descartes modère son raisonnablement son propos par l’emploi de
l’adverbe « comme ». Nous devons entendre l’annonce de toutes les agressions que
l’activité scientifique et technique fera subir à l’environnement au cours de l’époque
moderne et contemporaine. Descartes en appelle à la rationalité du lecteur. Il s’agit de
faire un bon usage, un usage raisonné des ressources naturelles. Cela fait écho au
premier paragraphe de la Première Partie du Discours de la Méthode : « Ce n’est pas
assez d’avoir l’esprit bon, mais le principal est de l’appliquer bien ». Si nous entendons
l’avertissement de Descartes, alors l’homme, maître et possesseur de la nature pourra
s’accorder le droit de faire subir à la nature toutes les transformations que nécessité la
satisfaction de ses désirs. La nature ne serait plus alors que perçue comme un objet sur
lequel l’homme pourrait exercer sa volonté de puissance sans aucun souci des
conséquences de son action sur les générations futures et sur les autres êtres vivants et
sans aucun souci de préserver l’équilibre de la nature. Or, ce droit est illégitime. Et
Descartes a raison garder. Il ne s’agit pas tant de domestiquer et d’asservir la nature. En
effet, Descartes ne soutient pas que l’homme va devenir maître et possesseur de la
nature. Il y a déjà un maître et un possesseur de la nature. C’est Dieu. Et l’homme est à
l’image de Dieu au sens où sa volonté est infinie. Mais son entendement est fini.
L’homme ne peut pas prendre la place de Dieu. Cependant, la technique permet
d’humaniser la nature et de nous aménager de meilleures conditions de vie. Et l’homme
est investi d’une responsabilité à l’égard de la nature sur laquelle il ne peut en aucun
droit agir à sa guise simplement pour assurer son confort et satisfaire ses désirs.
L’amélioration de la condition humaine en vue du bonheur doit selon Descartes se
produire dans la médecine. En effet, la technique a un rôle considérable à jouer dans la
médecine. Une meilleure connaissance de l’organisation du corps pourra avoir comme
conséquence la possibilité de mieux agir sur le corps lorsqu’il y a souffrance liée à des
dysfonctionnements. Descartes considère que la vie de l’esprit qui est substantiellement
distinct du corps, est dépendante de l’union de l’âme et du corps. Donc la santé a une
incidence sur l’équilibre et l’activité de l’esprit. En effet, il n’est pas difficile de
comprendre que la souffrance ou la fatigue du corps empêchent l’esprit de penser avec
rigueur et lucidité. Selon Descartes, la médecine a pour but de rendre les hommes plus
sages et plus habiles qu’ils ne l’ont été jusqu’ici. Descartes prend les précautions
nécessaires pour nous inciter à faire preuve de vigilance et de responsabilité à l’égard de
la nature.
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Or, la prudence des propos de Descartes n’est pas prise en compte. Dans Le
Discours sur les sciences et les arts, Rousseau porte un jugement sévère sur la société
marquée par les sciences et les arts. Rousseau fait l’éloge des peuples simples et
rustiques voire barbares. Rousseau ne croit pas comme les Encyclopédistes au progrès
scientifique et technique. En effet, d’après Rousseau, le développement des sciences et
des arts qui sont l’ensemble de la technique, a pour origine l’orgueil humain, ce qui cause
la corruption, la perversion de l’homme. Rousseau s’oppose aux Encyclopédistes qui se
réclament du rationalisme. La technique a des conséquences imprévues et non désirées.
Certes, Rousseau, dans Le Discours sur les sciences et les arts, affirme que l’homme par
sa raison a pu dissiper les ténèbres dans lesquelles la nature l’avait mis. C’est le progrès
de la technique vers la perfection qui pervertit l’homme en l’éloignant de sa bonté
naturelle. Rousseau prend des exemples historiques de décadence tels que l’Egypte, la
Grèce, Rome, Constantinople. Il fait remarquer que les peuples préservés de la
connaissance sont des peuples heureux. Rousseau fait l’éloge de l’heureuse ignorance. Et
il prend en exemple Socrate. D’ailleurs, Rousseau écrit dans la Première Partie du

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Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes : « Si elle nous a
destinés à être sains, j'ose presque assurer que l'état de réflexion est un état contre
nature, et que l'homme qui médite est un animal dépravé. ». Or, Rousseau n’accuse pas
la technique. Il accuse l’homme. C’est l’homme qui est déféré devant le tribunal de la
raison. Rousseau l’assigne dès la phrase d’ouverture du Livre Premier de Emile ou de
l’Education : « Tout est bien sortant des mains de l’Auteur des choses, tout dégénère
entre les mains de l’homme. ». Rousseau accuse l’homme. Et Rousseau montre bien que
l’usage de la technique a engendré un monstre. La socialisation dénaturante a conduit
l’humanité vers l’animalité. Rousseau observe que l’homme est devenu une bête féroce,
un prédateur. Rousseau parle de monstruosité. Le monstre est le résultat d’un
débordement des lois de la nature. L’homme est perfectible. La perfectibilité consiste à
tendre vers la perfection. La perfectibilité n’est pas la perfection. La perfectibilité est
autant la source de bonheur que de malheur chez l’homme. La raison, faculté germant
trop tôt, éloigne l’homme de l’harmonie originelle avec la Nature. La raison conduit les
hommes vers l’injustice, l’esclavage, la violence, le luxe, la compétition… Rousseau
s’oppose donc aux Encyclopédistes qui considèrent que le progrès technique conduit
l’homme au bonheur et à le rendre meilleur. La conséquence de cette absence de
réflexion sur l’usage raisonné de la technique est l’asservissement de la nature par
l’homme et de l’asservissement de l’homme par l’homme.
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La science donne le savoir. La technique offre le pouvoir. Et la technique libère une
formidable volonté de puissance sur la nature et sur l’homme. Formidable est pris au
sens de ce qui fait peur. Pour reprendre une critique de Spinoza à la Troisième Partie de
L’Ethique : « L’homme dans la Nature est comme un empire dans un empire. ». La
technique objective et rationalise la nature. C’est là que réside la critique de Heidegger à
l’égard de la technique. Le 18 novembre 1953, Heidegger donne une conférence à l’Ecole
Technique Supérieure de Munich. Cette conférence est « La Question de la technique »
dans Essais et Conférences. Heidegger observe que la technique peut se retourner contre
l’homme lui-même. La technique est dangereuse dans la mesure où nous ne pensons pas
l’essence de la technique. Autrement dit, nous vivons dans un monde philosophiquement
inconnu. La technique aveugle l’homme. La technique dévoile une mise en demeure faite
à la nature de livrer son énergie. Dans l’idée de dévoilement, il y a l’idée de mettre à jour
le secret de la nature. Et l’essence de la technique se comprend comme une injonction
humaine faite à la nature de livrer à l’homme sa puissance. L’essence de la technique est
bien la volonté de puissance sur la nature en vue de maîtriser son énergie. Le danger,
selon Heidegger, est que l’homme perd son rapport authentique à la nature. L’essence de
la technique dénature la nature. Heidegger met en lumière la relation d’arraisonnement
entre l’homme et la nature. Cette métaphore de l’arraisonnement signifie que l’homme
met la nature à la raison. L’homme réduit la nature par la force à donner ce qu’elle
produit. L’homme intime l’ordre à la nature de se plier à sa volonté. Et Heidegger observe
la violence dans la mise en ordre rationnelle de la nature. La technique est le pirate de la
nature en la pillant, en la volant. Dans sa conférence, Heidegger pose la question
suivante : « Quelle est donc l’essence de la technique moderne pour que celle-ci puisse
s’aviser d’utiliser les sciences exactes de la nature ? » L’essence de la technique consiste
en la nature rationnelle de l’homme. Autrement dit, c’est la volonté de réduire la nature
dans les limites de la raison. Comme le dit Hegel dans La Philosophie du droit : « Tout ce
qui est réel est rationnel, tout ce qui est rationnel est réel. ». Et la technique est ce en
quoi l’homme met tout sous le règne de la raison. Heidegger écrit : « La physique
moderne n’est pas une physique expérimentale parce qu’elle applique à la nature des
appareils pour l’interroger, mais inversement : c’est parce que la physique et déjà comme
pure théorie met la nature en demeure de se montrer comme un complexe calculable et
prévisible de forces que l’expérimentation est commise à l’interroger. ». Autrement dit,
l’application de la technique renforce la science. Tout est compréhensible. Heidegger
affirme qu’il y a un totalitarisme de la raison. Et l’homme passe à côté d’une vérité plus
essentielle que la vérité que nous cherchons par la raison. Heidegger conçoit une vérité

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indépendante de l’activité rationnelle. Heidegger convoque la poésie. Il faut revenir à une
écoute plus attentive par le langage poétique. Les poètes ont quelque chose à dire du
point de vue de la vérité. Ce n’est pas une vérité scientifique. « Des fleurs magiques
bourdonnaient. Les talus le berçaient. Des bêtes d'une élégance fabuleuse circulaient. Les
nuées s'amassaient sur la haute mer faite d'une éternité de chaudes larmes. » écrit
Rimbaud dans « Enfance II » in Illuminations. De quelle vérité nous fait part ici Rimbaud ?
Rimbaud nous décrit l’enfance comme étant la période de l’harmonie entre l’homme et la
nature. La vérité que nous donne Rimbaud est que l’homme a perdu cette harmonie. Il
s’est éloigné de la nature. La poésie n’a pas le même rapport à la nature que la science.
Heidegger insiste sur le fait que le questionnement philosophique montre que la
technique n’est pas seulement un moyen au service de l’homme. Heidegger définit la
technique comme production au sens de poèsis. Il ne s’agit pas de détruire
l’arraisonnement, de renoncer à notre culture technique. Mais nous devons faire un
usage critique au sens de Kant de la raison, de mettre notre propre raison devant son
tribunal afin qu’elle reconnaisse le sens de ce qu’elle fait ?

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