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Commentaire de texte de Rousseau

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rousseau
C'est une erreur de distinguer les passions en permises et défendues, pour se livrer aux premières et se refuser aux autres. Toutes sont bonnes quand on en reste le maître, toutes sont mauvaises quand on s'y laisse assujettir. Ce qui nous est défendu par la nature, c'est d'étendre nos attachements plus loin que nos forces; ce qui nous est défendu par la raison, c'est de vouloir ce que nous ne pouvons obtenir; ce qui nous est défendu par la conscience n'est pas d'être tentés, mais de nous laisser vaincre aux tentations. Il ne dépend pas de nous d'avoir ou de n'avoir pas de passions, mais il dépend de nous de régner sur elles. Tous sentiments que nous dominons sont légitimes, tous ceux qui nous dominent sont criminels. Un homme n'est pas coupable d'aimer la femme d'autrui, s'il tient cette passion malheureuse asservie à la loi du devoir; il est coupable d'aimer sa propre femme au point d'immoler tout à son amour."          Jean Jaques Rousseau, philosophe du XVIII se démarque largement par rapport aux autres contemporains en affirmant le fait suivant: Il n'existe pas de bonnes ou de mauvaises passions. Dans ce texte, Rousseau fait porter sa réflexion sur la valeur morale que l' on porte vis-à-vis des passions. Or, pour cela, il ne les juge pas a priori bonnes ou mauvaises. Son désir étant de rectifier une "erreur", qui résultait d'un préjugé établi par nous-mêmes, en vertu desquelles il conviendrait de se garder de certaines passions jugées répréhensibles. Ainsi, Rousseau commence son argumentation en remettant en cause un point de vue morale qui s'avère, selon lui, erroné : "c'est une erreur de distinguer les passions en permises et en défendues." Il refuse une séparation des passions en "permises" d'un côté et en "défendues" de l'autre. En soi les passions sont moralement neutres, elles ne sont ni bonnes ni mauvaises. On ne saurait trouver en elles-mêmes une qualité distinctive qui les qualifierait a priori sur le plan moral et permettait de les répartir en deux catégories opposées. Selon Rousseau, sur le plan moral seule notre façon de nous comporter est décisive. Une passion sera dite "bonne" si celui qui l'éprouve en assure la maîtrise. A l'inverse, une passion sera dite "mauvaise" si l'être passionné "s'y laisse assujettir". Rousseau considère l'homme bon par nature et affirme qu'il est dans sa nature d'éprouver des passions. Si nos passions nous entraînent au mal, ce n'est que de notre faute, parce que nous nous sommes laissé entraîner, sans y résister. Il s'agit de "ne pas nous laisser vaincre aux tentations". Ainsi la maîtrise de soi serait la condition nécessaire et suffisante pour qu'une passion soit dite bonne et donc jugée permise. A l'inverse, l'état d'assujettissement du passionné aurait pour conséquence la condamnation de sa passion. Rousseau fait recoure à une anaphore qui lui permet de mettre en valeur les trois mots qui désignent les autorités morales à qui il revient de nous dicter notre conduite: la nature, la raison et conscience. Toutes nous défendent de nous laisser déborder par nos passions, qu'elles nous défendent, l'une "d'étendre nos attachements plus loin que nos forces", l'autre "de vouloir ce que nous ne pouvons obtenir" ou la troisième "de nous laisser vaincre aux tentations". Autrement dit, quel que soit le principe éthique que l'on invoque, on en revient toujours à définir la valeur morale par la maîtrise de soi. La nature limite la satisfaction de nos désirs aux seuls objets qu'il est en notre pouvoir de nous procurer. Sa loi est celle de la force, physique. Désirer au-delà de nos forces nous est interdit de fait ! Voici donc bien démontré par Rousseau, qui tient la nature pour notre premier guide (le seul à nous tenir sous sa loi à l'état appelé précisément "de nature"), qu'il nous est interdit de perdre notre maîtrise affective. La raison qui se doit de nous guider lorsque nous sortons de l'état de nature, limite la satisfaction de nos désirs au seul possible, nous contraignant de ne désirer que ce que nous avons la capacité et le droit de nous procurer. Si faute il y a dans nos attachements, en quoi consistent nos passions, elle n'est pas de désirer ce que nous ne saurions avoir. La faute est de vouloir ce qui est posséder, la faute est d'essayer donc d'obtenir l'impossible à obtenir. Il nous est ainsi interdit par l'autorité morale de l'homme civilisé de perdre notre maîtrise affective. Il reste à présent la conscience. Il suffit à Rousseau de rappeler qu'il n'est pas défendu par la conscience d'être tenté, mais de céder à la tentation. Nous pouvons estimer que nous commettons une faute dans la faiblesse qui nous fait céder aux attraits du mal, car il est de notre devoir d'y résister. Avec l'étude de la conscience morale, nous constatons une fois de plus qu'il est interdit à l'humanité de l'homme civilisé de perdre sa maîtrise affective. Rousseau termine ensuite son argumentation par un exemple dans lequel nous avons une illustration parfaite de sa thèse. En effet, il affirme qu'aimer une femme mariée en ne dépassant pas les limites qu'impose le fait qu'elle est mariée n'a rien de condamnable, alors que l'amour que l'on porterait à sa propre femme au point de tout lui sacrifier serait condamnable. Ainsi, si l'adultère peut légitimement être tenu pour coupable, c'est parce que ceux qui le commettent se laissent aller à exprimer et satisfaire un désir qu'ils auraient du contenir. Cependant, c'est bien par conformisme moral vis à vis du mariage que l'on interdit toute relation affective en dehors du couple. Pour finir, nous pouvons revenir sur le fait que Rousseau ai adopté une position tout à fait originale sur les passions contrairement à la plupart des auteurs de son époque. Effectivement, il a, lui, conçu sa thèse en fonction du comportement de l'homme. Nous pouvons alors retenir que ce qui détermine la valeur morale d'une passion, selon Rousseau, n'est autre que la conduite de celui qui l'éprouve : S'il en reste le maître ou s'il en devient l'esclave. De cette façon Jean-Jacques Rousseau peut expliquer que toutes les passions sont à mettre sur le même plan et que nous ne saurions en rejeter une a priori au profit d'une autre. A la suite de Rousseau, les romantiques du XIXe siècle, tel Stendhal, exalteront la passion en vantant ses mérites, mais au point d'en oublier les règles que le passionné doit respecter.

« des passions. Si nos passions nous entraînent au mal, ce n'est que de notre faute, parce que nous nous sommes laissé entraîner, sans y résister. Il s'agit de "ne pas nous laisser vaincre aux tentations". Ainsi la maîtrise de soi serait la condition nécessaire et suffisante pour qu'une passion soit dite bonne et donc jugée permise. A l'inverse, l'état d'assujettissement du passionné aurait pour conséquence la condamnation de sa passion. Rousseau fait recoure à une anaphore qui lui permet de mettre en valeur les trois mots qui désignent les autorités morales à qui il revient de nous dicter notre conduite: la nature, la raison et conscience. Toutes nous défendent de nous laisser déborder par nos passions, qu'elles nous défendent, l'une "d'étendre nos attachements plus loin que nos forces", l'autre "de vouloir ce que nous ne pouvons obtenir" ou la troisième "de nous laisser vaincre aux tentations". Autrement dit, quel que soit le principe éthique que l'on invoque, on en revient toujours à définir la valeur morale par la maîtrise de soi. La nature limite la satisfaction de nos désirs aux seuls objets qu'il est en notre pouvoir de nous procurer. Sa loi est celle de la force, physique. Désirer au-delà de nos forces nous est interdit de fait ! Voici donc bien démontré par Rousseau, qui tient la nature pour notre premier guide (le seul à nous tenir sous sa loi à l'état appelé précisément "de nature"), qu'il nous est interdit de perdre notre maîtrise affective. La raison qui se doit de nous guider lorsque nous sortons de l'état de nature, limite la satisfaction de nos désirs au seul possible, nous contraignant de ne désirer que ce que nous avons la capacité et le droit de nous procurer. Si faute il y a dans nos attachements, en quoi consistent nos passions, elle n'est pas de désirer ce que nous ne saurions avoir. La faute est de vouloir ce qui est posséder, la faute est d'essayer donc d'obtenir l'impossible à obtenir. Il nous est ainsi interdit par l'autorité morale de l'homme civilisé de perdre notre maîtrise affective. Il reste à présent la conscience. Il suffit à Rousseau de rappeler qu'il n'est pas défendu par la conscience d'être tenté, mais de céder à la tentation. Nous pouvons estimer que nous commettons une faute dans la faiblesse qui nous fait céder aux attraits du mal, car il est de notre devoir d'y résister. Avec l'étude de la conscience morale, nous constatons une fois de plus qu'il est interdit à l'humanité de l'homme civilisé de perdre sa maîtrise affective. Rousseau termine ensuite son argumentation par un exemple dans lequel nous avons une illustration parfaite de sa thèse. En effet, il affirme qu'aimer une femme mariée en ne dépassant pas les limites qu'impose le fait qu'elle est mariée n'a rien de condamnable, alors que l'amour que l'on porterait à sa propre femme au point de tout lui sacrifier serait »

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