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Commentaire Sur La Bataille De Waterloo Dans La Chartreuse De Parme

Publié le 15/09/2006

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Dans cet extrait de la Chartreuse de Parme, on découvre un héros, qui n’en ai pas vraiment un, prendre part à une bataille, célèbre dans le monde entier pour être celle qui a entamé la chute de Napoléon : la bataille de Waterloo. Nous verrons d’abord comment Stendhal met en valeur le contexte de cette bataille à travers le héros puis nous ferons une analyse du personnage de Fabrice et de la façon humoristique qu’utilise l’auteur pour nous le présenter dans cet extrait. Stendhal a une manière assez singulière de mettre en valeur le contexte historique de la bataille de Waterloo. Il commence tout d’abord par mettre en avant la bataille en elle-même, sans préciser toutefois de quelle bataille il s’agit, à travers le héros, Fabrice, et il précise au fur et à mesure le contexte de la bataille. Il permet ainsi au lecteur de facilement deviner de quelle bataille historique il s’agit sans toutefois lui indiquer tout de suite s’il n’a pas lu le livre. Pour Fabrice, la bataille est avant tout le « bruit qui lui faisait mal aux oreilles «. Ce bruit, qui est d’ailleurs la première chose qu’il remarque, vient des coups de feu et du galop des chevaux. Vient ensuite une vision d’horreur, celle des cadavres de milliers d’ « habits rouges «, c’est à la fois une preuve qu’il s’agit bien d’une bataille et en même temps une référence à la fameuse bataille de Waterloo : les « habits rouges « ne sont autre que les soldats anglais, les ennemis lors de cette bataille. Par la suite, Fabrice aura le malheur de dépasser les généraux et de leur boucher la vue. Cela permet au narrateur d’introduire, avec une petite note humoristique, un des grands personnages de la bataille de Waterloo : le Maréchal Ney. Il est maintenant possible de deviner plus ou moins facilement quel est le nom de cette bataille. Ainsi Stendhal va se concentrer sur l’aspect sanglant de cette bataille. Fabrice va alors être les yeux du lecteur, à travers lui, le lecteur pourra voir la bataille. Le héros remarquera, sans faire attention, des éléments non-négligeables lors d’une bataille : des boulets qui font voler la terre de toutes parts, « deux hussards qui tombaient atteints par des boulets « et « un cheval […] engageant ses pieds dans ses propres entrailles «. Fabrice remarque cela sans y prêter une attention particulière et le lecteur peut rapidement en venir à se demander si Fabrice se rend bien compte qu’il participe à une bataille. La preuve en est que : « [Fabrice] ne comprenait rien du tout. « Le passage commence sur une note d'humour avec le jeu sur les deux sens du mot « héros «, à savoir « Personne qui fait preuve d'un grand courage « et « Personne qui tient le rôle principal dans une histoire «. Fabrice n'a rien d'héroïque à ce moment. L’émotion qui le saisit est provoquée par des sensations trop vives, comme l'est le bruit qui l'assourdit. L'expérience de la bataille est d'abord l'expérience du bruit pour Fabrice, et Stendhal note avec humour, par le verbe « scandaliser «, la première réaction de Fabrice à ce bruit, une réaction enfantine de la part de « notre héros «. Chaque habit rouge à terre signifie un ennemi tué, Fabrice n'avait pas remarqué ce détail d'habillement. S'il remarque maintenant que les hommes qui gisent à terre sont vêtus de rouge, il remarque aussi qu'il y a des vivants parmi eux. L’auteur note l’humanité, quelque peu exagéré lors d’une bataille, du héros. Fabrice met donc toute son attention à ne piétiner aucun blessé : la reprise de l'adjectif « malheureuse « traduit sur ce point la continuité de sa pensée ; ce souci explique sa distraction et donc la maladresse qui va marquer le début de cette halte. Elle lui vaut une des nombreuses petites humiliations que comporte la situation dans laquelle il s'est mis. Pour le maréchal Ney, Stendhal marque avec soin l'ordre des perceptions : anonyme, le maréchal n'est d'abord que « le plus gros de ces généraux «. Tout le dialogue qui amène ensuite l'identification est dominé par l'humour dans le langage de Fabrice dont la légère fausse note constitue le verbe « gourmander «. L'italique marque ici, l'emploi rare du mot. « L'admiration enfantine « avec laquelle Fabrice contemple le maréchal après l'avoir identifié est un de ses traits les plus sympathiques. Cette admiration n'empêche pas Fabrice de noter un phénomène « singulier « mais l'empêche d'abord de chercher à le comprendre. Le phénomène est décrit avec précision : Stendhal note même dans le creux des sillons les traces des fameuses pluies tombées le matin de la bataille ; mais Fabrice ne réalise pas vraiment ce dont il s'agit. Pour lui, le danger que signalent ces projections de terre n'est pas encore réel. Devenu « vrai militaire « par le baptême du feu, il n'a pas pour autant compris tous les mystères d'une bataille : les dernières lignes du passage le décrivent en train de chercher à ordonner un certain nombre de perceptions : la vue de la « fumée blanche «, le « ronflement « et le bruit de « décharges « plus proches. Alors que les récits traditionnels de batailles, comme celui de Waterloo de Victor Hugo dans les Misérables, nous présentent de la bataille un tableau général et ordonné, Stendhal s'attache à ne montrer de la bataille que ce qu'a pu en voir un garçon de 17 ans sans expérience militaire, et à la montrer de la manière exacte dont il a pu la voir. Son premier souci est de distinguer les sensations enregistrées par Fabrice. Mais isolées, ces sensations sont inintelligibles, et Fabrice cherche tout naturellement à les ordonner : d'où l'importance du verbe « comprendre « répété à plusieurs reprises, qui montre que Fabrice parvient à s'expliquer les apparences, ou qu'il ait conscience de ne pas y parvenir encore.

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