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La Seconde Guerre mondiale 1939-1945 (Histoire & économie)

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« • La France fut l'une des grandes victimes de l'occupation allemande. Son économie fut désorganisée, non seulement par les réquisitions et extorsions de toute nature, mais par la coupure longtemps étanche du territoire français en plusieurs zones. En outre, elle fut à peu près totalement isolée du monde exté­ rieur, et privée des importations indispensables. A la fin de la guerre, l'écono­ mie française était exsangue, moins du fait des destructions - qui affectèrent surtout les transports - que par la privation prolongée de matières premières et d'équipements vitaux. • Les États-Unis en 1939 étaient à peu près dépourvus d'industries de guerre. Les commandes franco-anglaises permirent d'en créer. D'autre part, les États­ Unis n'échappèrent pas à la nécessité d'instituer une économie dirigée. Ils le firent d'une façon assez désordonnée : par la création en janvier 1941 de l'Of­ fice of Production Management, suivi par la Supp/y Priorities and Allocations Board, puis, une fois les États-Unis entrés en guerre, par le Board of Economie Warfare. Mais, plus que par la mise en route de ces administrations compli­ quées, le génie personnel de Roosevelt se manifesta d'une façon conforme à l'énorme potentiel et aux traditions libérales des États-Unis comme au tempé­ rament américain : il lança le Victory Program, dont l'idée directrice était d'arriver à surclasser l'Allemagne dans toutes les branches du matériel de guerre, cela sans se préoccuper des possibilités pratiques de réalisation. En fait, des analyses ultérieures montrèrent que le programme n'était pas réalisable tel quel. Mais par l'énormité même des objectifs, Roosevelt stimu­ lait les qualités de travail, d'initiative, d'imagination de ses compatriotes, qui furent bien près d'arriver à cet idéal utopique : « le beurre et les canons ». Toutefois, les Américains subirent quelques privations - notamment du fait de l'arrêt total de la production d'automobiles pour les besoins civils- et l'im­ portant pouvoir d'achat accumulé par le travail dans les industries de guerre ne pouvait se dépenser intégralement au fur et à mesure, et devait jouer un rôle analogue à celui, dans d'autres pays, de l'accumulation des besoins. Malgré le large appel à l'initiative privée, le développement du rôle de l'État dans l'économie se manifesta aux États-Unis d'une autre façon encore. Les achats relevant de la Défense nationale, qui représentaient en 1939, 1,2 mil­ liard de dollars, soit 1,32% du produit national brut, passèrent à 49,4 mil­ liards en 1942, soit 31,17 % du PNB. Même au cours du dernier trimestre de 1945, malgré la démobilisation et l'arrêt des commandes de guerre, les dépenses militaires représentaient encore le quart du PNB ; le gouvernement fédéral est resté de très loin le plus gros client de l'industrie américaine, ce qui implique évidemment des actions et des influences réciproques. C'est ce que le président Eisenhower allait appeler le « complexe militaro-industriel ». • On aurait pu penser que l'URSS, du fait de son économie intégralement pla­ nifiée, s'adapterait plus facilement à l'économie de guerre. Il n'en fut rien, par suite notamment de la nécessité de déplacer vers l'Est une bonne part de ses industries trop exposées dans les zones occidentales. En outre, l'URSS subit de terribles destructions, et à la fin de la guerre, elle avait perdu une bonne part de son potentiel économique. »

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