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Plus qu'aucune autre période de l'histoire peut-être, le Moyen Âge a été redécouvert au XXe siècle à travers les acquis de l'école des Annales et de la « nouvelle histoire ».

Publié le 13/11/2013

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Plus qu'aucune autre période de l'histoire peut-être, le Moyen Âge a été redécouvert au XXe siècle à travers les acquis de l'école des Annales et de la « nouvelle histoire ». Entre la conception romantique d'Augustin Thierry ou de Viollet-le-Duc et la vision positiviste d'Ernest Lavisse, héritier de Michelet, le XIX e siècle n'avait en effet cessé d'appliquer au Moyen Âge ses propres catégories. Considéré aujourd'hui avec davantage de distance, il apparaît désormais aux historiens comme l'époque fondatrice de la civilisation occidentale. Le Moyen Âge est la période de l'histoire européenne située entre l'Antiquité et la Renaissance. Il précède l'époque moderne. C'est au cours du Moyen Âge que se sont fixés les principaux traits de la civilisation occidentale, qui, aux époques moderne et contemporaine, a tendu de plus en plus à imposer son modèle au reste du monde. Repères chronologiques De nombreux historiens font traditionnellement débuter le Moyen Âge en 395. Cette date, qui est celle de la mort de l'empereur Théodose, marque en effet la séparation définitive des parties orientale et occidentale de l'Empire romain. D'autres historiens retiennent plutôt la déposition de l'empereur d'Occident Romulus Augustule par Odoacre en 476. Ces dates ne sont bien sûr qu'une vue de l'esprit, car le passage de l'Antiquité au Moyen Âge s'est fait insensiblement sur une durée d'un siècle, voire davantage. De même, les dates retenues pour marquer la fin du Moyen Âge - la prise de Constantinople par les Turcs en 1453 ou la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb en 1492 - n'ont, elles aussi, qu'une signification symbolique dans le découpage chronologique de l'histoire. La période de onze siècles que recouvre le Moyen Âge est trop longue pour être traitée comme un tout. Aussi distingue-t-on le haut Moyen Âge et le bas Moyen Âge. Le premier, qui s'étend du Ve au Xe siècle, est caractérisé par la perte de la notion d'État et la dissolution de toute unité politique : après l'effondrement de l'Empire romain, plusieurs époques se succédèrent, celles des « royaumes barbares », de la tentative carolingienne de restauration de l'État, puis de l'émiettement politique de l'Europe, des dernières invasions (Normands, Hongrois), mais aussi de la restauration impériale en Allemagne. Le bas Moyen Âge (du XIe au XV e siècle) se subdivise lui-même en deux périodes différentes. Ainsi, le Moyen Âge « classique » fut caractérisé par la mise en place de la féodalité au XIe siècle, puis, au XII e siècle, par une première « Renaissance », réalisée sous l'égide de la papauté et des grands ordres monastiques de Cluny, puis de Cîteaux, et enfin, au XIIIe siècle, par une période faste, souvent appelée le « beau Moyen Âge ». La fin du Moyen Âge, période de transition vers la « vraie » Renaissance, fut marquée par les grandes crises politiques et sociales que furent la guerre de Cent Ans, le Grand Schisme, l'effondrement du pouvoir impérial en Allemagne et la Grande Peste de 1347-1360. Un tel découpage en périodes est toutefois largement artificiel : il n'a pour but que de mettre en lumière des traits généraux d'évolution. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Antiquité Byzance - Histoire - La dernière renaissance (1204-1453) - L'agonie (12821453) Empire romain d'Occident Empire romain d'Orient Odoacre Les médias Moyen Âge - l'opinion de Michelet Moyen Âge - chronologie des principaux événements Les limites géographiques du monde médiéval Le monde antique se confondait avec le pourtour de la Méditerranée ; le monde médiéval s'est à la fois atrophié au sud et à l'est et étendu au nord et au nord-est. La coupure entre Empire d'Orient et Empire d'Occident, préfigurée dès 286 par le partage de Dioclétien, fut entérinée en 476 lors de la déposition du dernier empereur d'Occident. Après l'échec de la reconquête de l'Occident par Justinien (527-565), et bien que les relations n'eussent jamais cessé entre elles, les deux parties de l'Europe devaient devenir de plus en plus étrangères l'une à l'autre, le monde byzantin formant désormais une aire politique, culturelle et religieuse spécifique. De même, à partir de 635, les conquêtes de l'Isl?m coupèrent, d'un point de vue culturel, l'Afrique de l'Europe et privèrent celle-ci d'une partie de l'Espagne. Voir les dossiers arabe (monde), Byzance et isl?m . En contrepartie, les conquêtes des Carolingiens et celles de l'empereur germanique Otton Ier le Grand, puis de ses successeurs, assurèrent à l'Occident médiéval une expansion vers le nord et l'est. À partir du XIe siècle, la Reconquête réintégra progressivement l'Espagne dans le cadre culturel de l'Europe. En revanche, les autres tentatives d'expansion (vers la Russie au XIIIe siècle par les chevaliers Teutoniques, vers le Moyen-Orient au cours des croisades) échouèrent. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats arabe (monde) - Histoire - Le démantèlement de l'Empire arabe (monde) - Histoire - Les conquêtes arabes arabe (monde) - Histoire - Les envahisseurs successifs Byzance - Histoire croisades - Le déroulement des croisades islam - Religion - L'expansion de l'islam - Le temps des conquêtes islam - Religion - L'expansion de l'islam - Le temps des Empires Justinien Ier Otton - Otton Ier le Grand Reconquista La civilisation médiévale Un monde où le politique et le spirituel se confondent. C'est une caractéristique de la mentalité médiévale que de considérer comme indissociables le politique et le sacré. En effet, si l'unité politique de l'Empire romain, brisée dans la pratique après les invasions barbares du Ve siècle, restait un idéal, la notion d'unité religieuse prit une plus grande importance ; l'homme du Moyen Âge, en effet, avait surtout conscience d'appartenir à une communauté définie par sa foi religieuse : la « chrétienté » ou le « peuple de Dieu ». À côté de cet idéal unitaire politico-spirituel, qui explique un événement comme le couronnement de Charlemagne en 800 et la persistance de l'idée impériale à travers toutes les vicissitudes historiques, on observe, dans la réalité, un morcellement politique. Après une période de dissolution de tout pouvoir central, aux alentours de l'an mille en France et en Angleterre, au XIIIe siècle en Allemagne et en Italie, ce morcellement politique se cristallisa finalement dans l'émergence de l'idée de nation. En effet, la conscience d'appartenir à un royaume dominé par un souverain luttant contre la féodalité se renforça progressivement. La guerre de Cent Ans, premier grand conflit international, révéla la vigueur du sentiment national et l'attachement que certains sujets (comme Jeanne d'Arc) témoignaient à leur roi. Au fur et à mesure que la société médiévale se laïcisait, la distinction entre politique et spirituel se précisa. Ainsi, à la fin du Moyen Âge, l'Église, système unitaire fortement hiérarchisé, dont le pouvoir était toutefois uniquement spirituel après l'échec de ses tentatives répétées de mainmise sur les pouvoirs temporels, coexistait avec un ensemble d'entités politiques qui étaient largement antagonistes et dotées d'une conscience « nationale » déjà forte, laquelle s'incarnait dans le souverain qui se trouvait à leur tête. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Cent Ans (guerre de) nation nation - Une notion évolutive Un monde dominé par l'économie agricole. Le monde médiéval était fondamentalement rural. La « villa » du haut Moyen Âge vivait presque partout en autarcie, les contacts économiques étant alors très limités. Mais, dès la fin de l'époque carolingienne, quelques progrès dans les techniques agricoles permirent un essor démographique : entre la fin du Xe siècle et le milieu du XIVe , la population de l'Europe doubla. Il en résulta un mouvement de défrichement et d'extension des cultures, qui conditionna la croissance économique. À partir du XIe siècle, les villes profitèrent de cette croissance de la production pour se développer, en s'appuyant sur le commerce et sur l'apparition d'une économie monétaire largement contrôlée par les pouvoirs centraux, à travers le droit régalien de battre monnaie. Une nouvelle classe sociale, la bourgeoisie urbaine, se dessinait progressivement. Mais l'économie médiévale ne visa jamais qu'à assurer une stricte subsistance, et l'interdit religieux qui pesait sur le crédit la fit longtemps stagner en empêchant de véritables investissements. Aussi le monde médiéval connut-il toujours la peur de la famine. Au bas Moyen Âge, période troublée par la guerre de Cent Ans et le grand schisme de la papauté, la Peste noire (ou Grande Peste) de 1347-1353, qui fit sans doute environ 25 millions de morts, brisa net l'expansion démographique et entraîna un recul des terres cultivées. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats bourgeois campagne - Les campagnes traditionnelles : un monde relativement stable famine jardins - Les jardins médiévaux Marcel Étienne peste peste - Histoire ville - Histoire de l'urbanisation - La ville traditionnelle : Moyen Âge et époque moderne Une société dominée par le groupe. La notion d'individu était étrangère à la mentalité médiévale : l'être humain y était toujours défini par les relations qu'il entretenait avec un groupe, en premier lieu sa famille. La société médiévale était constituée de trois ordres : ceux qui prient, ceux qui combattent, ceux qui travaillent. Cette vision d'une séparation fonctionnelle en trois groupes sociaux, sans doute héritée de très anciennes conceptions indo-européennes, ainsi que l'a montré Georges Dumézil, fut exprimée pour la première fois vers la fin du IXe siècle par l'évêque de Laon, Adalbéron. Le troisième ordre ne comprenait alors que des paysans. C'est pourquoi la bourgeoisie urbaine, qui se développa bien plus tard, entrait mal dans ce cadre et posa toujours problème à ceux qui, au Moyen Âge, cherchaient à théoriser la société de leur temps. C'est de cette vision de la société qu'est issue la notion de « tiers-état », qui subsista jusqu'à la Révolution. Les structures sociales reposaient en outre, au Moyen Âge, sur une hiérarchie « verticale » établie par le jeu des relations féodales, et des communautés. La féodalité instaurait en effet un suzerains et vassaux, tandis que les communautés, urbaines, corporations, universités...), faisaient jouer la avaient prêté un serment commun. Voir féodalité. sur l'armature « horizontale » lien personnel très fort entre ou « communes » (rurales, solidarité entre personnes qui Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Adalbéron de Laon bourgeois chevalerie commune - 1.HISTOIRE corporations Dumézil Georges féodalité fief ordres seigneurie tiers-état vassalité Complétez votre recherche en consultant : Les livres féodalité, page 1879, volume 4 Moyen Âge - sacre de Pépin le Bref par le pape Étienne II,, page 3324, volume 6 Moyen Âge - Charlemagne apprenant la nouvelle de la victoire sur les Sarrasins, page 3324, volume 6 Moyen Âge - l'Apocalypse, selon un manuscrit du IXe siècle de l'abbaye de SaintAmand, page 3325, volume 6 Moyen Âge - Louis VII prenant la croix à Vézelay en présence de saint Bernard, page 3325, volume 6 Moyen Âge - les bourgeois de Calais remettant les clefs de leur ville à Édouard III d'Angleterre, page 3326, volume 6 Moyen Âge - le pape Innocent III, fresque du monastère de Saint-Benoît du Sacro Speco (Subiaco, Italie), page 3326, volume 6 Moyen Âge - la construction d'un château fort, page 3326, volume 6 Moyen Âge - le meurtre des maréchaux, ministres du dauphin Charles, par les hommes d'Étienne Marcel (22 février 1358), page 3327, volume 6 Moyen Âge - la Peste noire représentée sur une miniature vénitienne (XIVe siècle), page 3327, volume 6 Diversité culturelle et évolution des mentalités Dans l'Antiquité, c'était la ville qui jouait le rôle de centre intellectuel ; après les invasions barbares, les monastères ruraux prirent le relais. On y préserva le legs littéraire antique grâce aux ateliers de copie, puis une littérature originale, avant tout théologique, s'y développa. La croissance urbaine ramena ensuite la vie intellectuelle dans les villes, à partir de la fin du XIe siècle, d'abord autour des cathédrales, puis dans de nouveaux cadres peu à peu autonomes à l'égard du pouvoir religieux, les universités. Pendant longtemps, seul le clergé eut accès à l'écrit : on peut donc avoir le sentiment que le Moyen Âge n'eut qu'une culture cléricale, car les mentalités laïques ne nous sont connues qu'à travers ce qu'en ont écrit les clercs. Cette situation commença toutefois de changer à partir du XIIIe siècle, qui fut, selon l'historien Jacques Le Goff, « le siècle de la laïcisation plus encore que des cathédrales et des sommes scolastiques ». Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Le Goff Jacques livre monastère université La philosophie médiévale. Tout au long du Moyen Âge, la philosophie se confondit en fait avec la théologie, dont le but était de préciser la doctrine chrétienne sous tous ses aspects. Après le XIIe siècle, elle mit de plus en plus l'accent sur la raison. Dans le cadre urbain des universités se développa la pensée scolastique, dont le plus grand représentant fut saint Thomas d'Aquin. À l'extrême fin du Moyen Âge, le désir de revenir aux textes sacrés dégagés de tout commentaire et de leur appliquer les méthodes critiques de l'humanisme (Gerson) annonçait déjà les mouvements de la Réforme du XVIe siècle. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Gerson (Jean Charlier, dit Jean de) scolastique Thomas d'Aquin La littérature médiévale. La littérature se compose de textes écrits en latin ou dans les langues vulgaires. En France, c'est au XIIIe siècle que la langue vulgaire l'emporta nettement sur le latin dans l'ensemble des styles littéraires. On peut distinguer une littérature « sérieuse » et une littérature d'imagination. La littérature « sérieuse » regroupe les traités scientifiques, théologiques et philosophiques (catégorie revivifiée aux XIIe et XIIIe s iècles par la redécouverte d'Aristote et de ses commentateurs arabes, et qui revêtit souvent la forme de poèmes didactiques), l'histoire (qui s'exprima en langue vulgaire pour la première fois en Normandie, au XII e siècle), l'hagiographie (récits de vies de saints), certaines formes de poésie (poésie liturgique : séquences, tropes ; poésie de lamentation : les planctus) et de théâtre (les Passions). La littérature d'imagination avait disparu avec l'effondrement du monde antique ; le Xe siècle la réinventa. Elle comprend en premier lieu la poésie lyrique, en latin (en vers classiques ou dans une création originale du Moyen Âge, les vers rythmiques) ou dans les langues vulgaires ; elle est représentée par les troubadours occitans, apparus au XI e siècle (ils influencèrent l'Italien Dante Alighieri), les trouvères français, les Minnesänger allemands, et les grands poètes lyriques des XIV e et XV e siècles : Guillaume de Machaut, Alain Chartier, Christine de Pisan, François Villon. La littérature médiévale est marquée par son rapport étroit à la mémoire, à la voix (elle était souvent déclamée) et à la musique. Le roman connut trois grandes sources d'inspiration : l'imitation de l'Antiquité (Roman de Thèbes), l'allégorie animale et parodique (Roman de Renart), ou courtoise (Roman de la Rose ), la « matière de Bretagne » (Chrestien de Troyes, Marie de France). Il se distingue du genre de la chanson de geste ( Chanson de Roland ) et des grandes épopées nationales telles que les eddas scandinaves, les sagas islandaises, le Kalévala finlandais, le Beowulf anglais, les Mabinogion gallois ou le Nibelungenlied allemand. C'est dans l'Italie du XIVe siècle qu'apparut un nouvel humanisme (Boccace, Pétrarque), qui portait en germe la littérature de la Renaissance (voir ce dossier). Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Arthur (légende d') ballade ballade - La ballade en littérature Beowulf bretons (romans) chanson de geste Chartier Alain Chrétien de Troyes Christine de Pisan chronique courtoise (littérature) Edda français français - L'histoire d'une langue France - Arts - Littérature - Le Moyen Âge Gréban Arnoul Guillaume de Machaut Guillaume Du Bus Lancelot du lac poésie - Poésie et subjectivité Renaissance - L'humanisme et l'idée de Renaissance Roland Roland - La Chanson de Roland Roman de la Rose (le) Roman de Renart saga Table ronde (romans de la) théâtre - Le Moyen Âge : de l'église à la place publique Tristan et Iseut trope troubadour trouvère Villon François La musique médiévale. En musique, le Moyen Âge a jeté les principes de la polyphonie, sur lesquels reposent tous les développements ultérieurs de la musique occidentale. Les premiers siècles furent marqués par la naissance du chant monodique chrétien (le plain-chant, ou chant grégorien), et il faut attendre le XIe siècle pour trouver les premières polyphonies notées (surtout en Aquitaine), sans doute improvisées depuis longtemps. Une étape décisive fut franchie à la fin du XIIe siècle à Paris par l'école de Notre-Dame (Léonin et Pérotin), d'où allait naître le motet. Au XIVe siècle (ou siècle de l'Ars nova, d'après le titre du traité de Philippe de Vitry), les possibilités rythmiques s'enrichirent. C'est à cette époque qu'apparut la messe polyphonique, illustrée notamment par Guillaume de Machaut, auteur de la Messe Notre-Dame. L'Italie connut aussi à cette époque un grand développement musical. Auparavant, le répertoire profane monodique s'était constitué avec les troubadours et les trouvères (XIIe -XIIIe siècle), et le répertoire polyphonique s'était développé à travers le motet et le rondeau (Adam de la Halle). En Allemagne, ce fut l'époque des Minnesänger. Les instruments étaient utilisés, mais la musique purement instrumentale ne commença à être notée qu'au XIVe siècle. À la fin de ce siècle et au début du XVe , des compositeurs tels que Dunstable, Ciconia, Lantins et surtout Dufay assurèrent la transition avec l'école franco-flamande qui allait s'épanouir à la Renaissance. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Adam de la Halle Ars antiqua Ars nova ballade ballade - La ballade en musique Dufay Guillaume Dunstable John France - Arts - Musique - Le Moyen Âge grégorien (chant) Guillaume de Machaut Léonin messe Messe « Notre-Dame » messe - Musique minnesänger monodie m otet notation musicale Pérotin plain-chant polyphonie rondeau trope troubadour trouvère Vitry (Philippe de) Les livres France - la Chanson de Roland, page 2038, volume 4 L'architecture médiévale. En architecture, si l'on excepte les châteaux forts, la plus grande partie des monuments que nous a laissés le Moyen Âge consiste en abbayes, monastères et cathédrales. On peut grossièrement appliquer une même périodisation à l'architecture, à la sculpture et à la peinture médiévales : l'apport des peuples barbares au substrat gréco-romain a d'abord donné lieu à des créations originales (art wisigothique en Espagne, mérovingien en Gaule...). La réunification politique entreprise par Charlemagne tenta d'imposer l'art carolingien, auquel succéda le modèle ottonien (950-1050). Du milieu du XIe siècle au milieu du XIIe régna l'art roman. À partir du XIIe siècle prévalut l'art gothique, subdivisé en plusieurs courants. Selon que l'on considère l'architecture ou les autres arts, et surtout selon les régions géographiques, la Renaissance a commencé à des époques variées : dès le XIVe siècle en Italie, plus tardivement ailleurs. Voir aussi les dossiers gothique et roman (art). Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats château - Le château féodal forteresse gothique - Architecture - Des débuts (1140-1190) à l'âge d'or (1190-1250) gothique - Architecture - Le gothique rayonnant (1250-1400) et flamboyant (1380-1540) Mérovingiens roman (art) - Évolution et géographie de l'art roman roman (art) - La maturité : épanouissement et foisonnement - Architecture techniques (histoire des) - Le Moyen Âge européen Les livres château - château féodal, page 1013, volume 2 La science médiévale. La science était longtemps restée tributaire de l'héritage latin antique. C'est par l'intermédiaire des Arabes qu'à partir du XIIe siècle le Moyen Âge eut accès à la science grecque. Mais, malgré l'importance croissante reconnue au rôle de la raison, la mentalité médiévale se défiait du témoignage des sens et ne voyait dans le monde sensible, censé n'être constitué que de « symboles », qu'une manifestation du monde surnaturel, jugé plus « réel ». En limitant le domaine de l'expérimentation, cette attitude gêna le développement des sciences. Toutefois, certains penseurs, comme Roger Bacon au XIIIe siècle, firent graviter leur système philosophique autour des mathématiques. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Bacon Roger, surnommé doctor Mirabilis physique - De l'Antiquité au XVIe siècle - La physique au Moyen Âge techniques (histoire des) - Le Moyen Âge européen Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats mobilier - L'évolution des styles en Occident - Le Moyen Âge Les livres courtoise (littérature), page 1301, volume 3 mobilier médiéval, page 3237, volume 6 Moyen Âge - moines copistes rangeant leurs manuscrits, page 3327, volume 6 Moyen Âge - docteur de l'université de Bologne, page 3328, volume 6 Moyen Âge - le jardin de Déduit, illustrant le manuscrit du Roman de la Rose, page 3328, volume 6 Moyen Âge - Iseut soignant Tristan de la blessure que lui a infligée le dragon, page 3329, volume 6 Moyen Âge - la mort de Tristan, miniature, page 3329, volume 6 Le Moyen Âge en perspective C'est au XVIe siècle que fut créée l'expression de « Moyen Âge » par laquelle les hommes de la Renaissance voulaient se démarquer d'une période qu'ils méprisaient. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le mépris pour cet âge jugé « obscur » et « barbare » perdura. La Révolution le confondit avec la féodalité, qu'elle abhorrait. En revanche, au XIXe siècle, les romantiques s'enthousiasmèrent pour les ruines médiévales. Une véritable fureur « gothique » favorisa alors la redécouverte du patrimoine monumental de l'Europe : l'art prétendit en ressusciter l'esprit avec le « style troubadour » et les peintres préraphaélites, tandis que des historiens comme Michelet et Augustin Thierry réhabilitaient le Moyen Âge dans leurs écrits. Au XXe siècle, les historiens s'intéressent plutôt aux strutures sociales et aux mentalités médiévales. Roman et cinéma trouvent toujours une source d'inspiration dans les thèmes médiévaux et des mouvements comme le féminisme y cherchent des références (Aliénor d'Aquitaine ou Christine de Pisan sont citées comme des exemples de destinées féminines « émancipées »). Mais, dans le langage populaire, « Moyen Âge » est encore synonyme d'obscurantisme et de cruauté irraisonnée. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Aliénor d'Aquitaine Christine de Pisan Cohen Gustave Lavisse Ernest mentalités (histoire des) Michelet Jules préraphaélisme Thierry Augustin Complétez votre recherche en consultant : Les indications bibliographiques P.-Y. Badel, Introduction à la vie littéraire du Moyen Âge, Bordas, Paris, 1984. J. Heers, Précis d'histoire du Moyen Âge, PUF, Paris, 1992 (1968). J.-F. Lemarignier, la France médiévale, institutions et société, Armand Colin, Paris, 1992 (1970). F. Lot, la Fin du monde antique et le début du Moyen Âge, Albin Michel, Paris, 1951. J. Michelet, le Moyen Âge, histoire de France, 1893-1894 (Laffont, Paris, 1981).
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« Le monde antique se confondait avec le pourtour de la Méditerranée ; le monde médiéval s'est à la fois atrophié au sud et à l'est et étendu au nord et au nord-est. La coupure entre Empire d'Orient et Empire d'Occident, préfigurée dès 286 par le partage de Dioclétien, fut entérinée en 476 lors de la déposition du dernier empereur d'Occident. Après l'échec de la reconquête de l'Occident par Justinien (527-565), et bien que les relations n'eussent jamais cessé entre elles, les deux parties de l'Europe devaient devenir de plus en plus étrangères l'une à l'autre, le monde byzantin formant désormais une aire politique, culturelle et religieuse spécifique. De même, à partir de 635, les conquêtes de l'Islām coupèrent, d'un point de vue culturel, l'Afrique de l'Europe et privèrent celle-ci d'une partie de l'Espagne. Voir les dossiers arabe (monde), Byzance et isl ām . En contrepartie, les conquêtes des Carolingiens et celles de l'empereur germanique Otton I er le Grand, puis de ses successeurs, assurèrent à l'Occident médiéval une expansion vers le nord et l'est. À partir du XI e siècle, la Reconquête réintégra progressivement l'Espagne dans le cadre culturel de l'Europe. En revanche, les autres tentatives d'expansion (vers la Russie au XIII e siècle par les chevaliers Teutoniques, vers le Moyen-Orient au cours des croisades) échouèrent. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats arabe (monde) - Histoire - Le démantèlement de l'Empire arabe (monde) - Histoire - Les conquêtes arabes arabe (monde) - Histoire - Les envahisseurs successifs Byzance - Histoire croisades - Le déroulement des croisades islam - Religion - L'expansion de l'islam - Le temps des conquêtes islam - Religion - L'expansion de l'islam - Le temps des Empires Justinien Ier Otton - Otton Ier le Grand Reconquista La civilisation médiévale Un monde où le politique et le spirituel se confondent. C'est une caractéristique de la mentalité médiévale que de considérer comme indissociables le politique et le sacré. En effet, si l'unité politique de l'Empire romain, brisée dans la pratique après les invasions barbares du V e siècle, restait un idéal, la notion d'unité religieuse prit une plus grande importance ; l'homme du Moyen Âge, en effet, avait surtout conscience d'appartenir à une communauté définie par sa foi religieuse : la « chrétienté » ou le « peuple de Dieu ». À côté de cet idéal unitaire politico-spirituel, qui explique un événement comme le couronnement de Charlemagne en 800 et la persistance de l'idée impériale à travers toutes les vicissitudes historiques, on observe, dans la réalité, un morcellement politique. Après une période de dissolution de tout pouvoir central, aux alentours de l'an mille en France et en Angleterre, au XIII e siècle en Allemagne et en Italie, ce morcellement politique se cristallisa finalement dans l'émergence de l'idée de nation. En effet, la conscience d'appartenir à un royaume dominé par un souverain luttant contre la féodalité se renforça progressivement. La guerre de Cent Ans, premier grand conflit international, révéla la vigueur du sentiment national et l'attachement que certains sujets (comme Jeanne d'Arc) témoignaient à leur roi. Au fur et à mesure que la société médiévale se laïcisait, la distinction entre politique et spirituel se précisa. Ainsi, à la fin du Moyen Âge, l'Église, système unitaire fortement hiérarchisé, dont le pouvoir était toutefois uniquement spirituel après l'échec de ses tentatives répétées de mainmise sur les pouvoirs temporels, coexistait avec un »

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