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BONNES (Les). Jean Genet (résumé)

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BONNES (Les). Pièce de l'écrivain français Jean Genet (né en 1909), représentée en 1946. La chambre d’une femme riche. Lit, commode, coiffeuse, profusion de fleurs. Cette femme parle à sa bonne avec une insolence outrée, un bel emportement hautain. « Reculez-vous. Vous sentez le fauve. De quelle infecte soupente où la nuit les valets vous visitent rapportez-vous ces odeurs ? » On le voit, cela sonne faux. Pourquoi étaler une telle haine, une telle répulsion ? Parfois, même, le dialogue déraille carrément. Le ton, monté trop haut, fléchit. De brefs moments d’abandon interviennent. Oubliant leurs situations respectives, les personnages se laissent aller à se tutoyer, à donner des marques d’une complicité étrange. Soudain, vient le tour de la servante. Elle exprime, avec la même furieuse et invraisemblable violence, le dégoût que lui inspire son humble condition. A l’instant où, ayant atteint le paroxysme de la rage, elle paraissait être sur le point d’étrangler sa patronne, retentit la sonnerie criarde et déplacée d’un réveil. Le jeu doit prendre fin. Car c’était bien un jeu ou, plutôt, les deux rôles étant tenus par deux bonnes, un psychodrame spontané. La vraie maîtresse, maintenant, va rentrer. Il faut tout ranger en vitesse. Oter la jolie robe, rendosser la vieille défroque, la vieille peau. Les bonnes, tout à coup, se sentent singulièrement lasses. Elles craignent qu’une négligence ne les trahisse. Elles se reprochent mutuellement leur impuissance et leur folie.

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