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les bonnes de Jean genet

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genet
Introduction I.          Les Bonnes de Jean Genet, est une pièce écrite à la demande de Louis Jouvet, reprit plusieurs fois, entre la première version édité en 1947 et la version définitive en 1968, elle fut reprise par Louis Jouvet et Jean Genet, afin de convenir à une représentation au théâtre plus simple, mais aussi a s'adapter aux enviers de Louis Jouvet et de Jean Genet. La véritable histoire de cette pièce reste assez flou. A propos de l’écriture de la pièce, Jean Genet, change de version selon les années, et celle de Louis Jouvet ne correspond pas exactement a une des versions de Jean Genet. Une histoire de l’écriture de la pièce, qui reste donc très superficielle.   En ce qui concerne le thème de la pièce, il fut inspiré par un fait divers réel, celui des sœurs Papin, en 1933, les deux sœurs qui étaient au service d’une famille bourgeoise, assassinent sauvagement leurs patronnes. Pourtant dans les Bonnes, de Jean Genet, les deux Bonnes ne vont pas faire preuve de sauvagerie, bien qu’on les en croit capable, et n’assassinent pas leur patronne, l’une des Bonnes tue l’autre. Ce n’est donc pas un mélodrame sanglant, comme l’on pourrait en qualifier l’affaire des sœurs Papin, il s’agit plutôt d’un rite célébral débouchant sur un meurtre-suicide. La chute de la pièce fut inspiré, comme l’a confirmé Jean Genet lors d’un interview, de la chanson de Cocteau « Anna la bonne ». A la fin de la chanson, la bonne assassine sa maîtresse à l’aide d’un poison. L’idée du poison, et donc d’un assassinat bien moins sanglant que celui des sœurs Papin, vient donc de cette chanson de Cocteau.   Nous aurions tendance a qualifier cette pièce de tragique, puisque qu’elle reprend les fameuses unités de la tragédie. Le cadre temporel est respecté puisque la pièce se déroule de la soirée jusqu’à 1h du matin. Le cadre spatial est représenté par la seule chambre de Madame, lieu de luxure, de féminité mais aussi d’érotisme, qui est en quelques sortes souillé par le jeu fantasmatique des Bonnes. L’unité d’action tourne autour du destin des Bonnes. Pourtant la pièce est dramatique, conjugant à la fois comique et violent, sans oublier le caractère cyclique de leur cérémonie, avec plusieurs indications de répétitions dans leurs répliques.   On pourrai croire en premier abord en un plaidoyer sur le sort des domestiques, pourant comme les précise Jean Genet, dans ses explications sur « Comment jouer les Bonnes », cette pièce est un conte. Il est certes question de la relation maitre/valet, pourtant il ne valorise ni la noblesse ni la domesticité. Sa pièce vise à montrer la violence et l’aliénation des Bonnes. A travers cette pièce, il cherche a transmettre sa propre humiliation et sa solitude.      Il ne faut pas oublier que Jean Genet est un marginal, il a fait de la prison, et se revendique comme tel. Sa pièce avait donc peu de chance d’être dans les règles. Jean Genet cherche à désorienter le spectateur, à le surprendre. D’entrée par l’originalité de la pièce en elle-même. La scène d’exposition qui est d’ordinaire placé au début de la pièce, afin d’aider le spectateur à comprendre, ne se trouve qu’à partir de la deuxième partie de la pièce. Ensuite, Jean Genet nous surprend par l’histoire de la pièce joué, nous avons sous nos yeux, une existence fantasmatique. Comme nous ne sommes pas dans l’esprit des Bonnes, nous avons du mal à suivre. Nous pouvons facilement lier cette existence fantasmatique à de la magie, où les personnages s’interchangent sans difficultés, seulement avec des mots. La scène d’exposition ne venant que tardivemment, aide tout de même le spectateur a comprendre l’histoire, à comprendre le fantasme joué des Bonnes. Le rythme, lui aussi lié au côté fantasmatique de la pièce, désoriente le spectateur. Il y a de brusques changements de tempo, des rythmes qui sont pulsionnels, ce qui donne un mouvement dramatique à l’œuvre. Ce changement de tempo est lié, aux différentes contradictions de l’œuvre ; de l’amour vers la haine par exemple.         Comme nous l’avons dit, Jean Genet ne cherche pas a réaliser un plaidoyer sur la situation des domestiques, sa visée est bien différente et bien plus personnelle. Pour écrire cette pièce, il s’inspire de sa propre histoire, pour transmettre sa douleur à travers les personnages. Le mal être des Bonnes, n’est autre que celui de Jean Genet, tout comme leur solitude.   Jean Genet, est né d’un père inconnu, il fut abandonné par sa mère étant très jeune. Il n’a donc pas de racines et de personnes à qui se référer. Tout comme les Bonnes, qui se sont créent, faute de mieux, une référence absolue sous le nom de « Madame ». Elle projette sur elle à la fois de l’amour, mais aussi de la haine, comme nous le verrons plus loin.   Tout comme Jean Genet, elles vont s’affirmer et revendiquer leur liberté à travers un crime. Pour Jean Genet, il s’agit uniquement du vol, alors que pour les Bonnes, il y a certes des vols : Elles lui volent des petits objets, son apparence, son attitude, son langage, et jusqu’à sa mort lors de leur cérémonie. Le crime qui est le plus grave, et qui devra les rendre libre totalement, est le meurtre. Elles projettent de tuer Madame, mais faute d’y parvenir, Solange finit par empoisonner sa sœur, Claire. En atteignant ainsi par le crime : la liberté. Encore une fois, tout comme Jean Genet, les Bonnes se disent « pour le bagne », comme Jean Genet est allé en prison et se reconnaît en tant que prisonnier libre. Jean Genet, comme ces personnages ne se sentent libre et eux-mêmes qu’à travers le bagne.   Le second message que Jean Genet fait passer à travers sa pièce, est celui de l’importance du regard d’autrui. Comme il le dit : « On n’existe que par autrui, aussi bien, lorsqu’il est là et qu’il vous donne des ordres, que lorsqu’il est absent ».  Le plus fort symbole de ce regard des autres, est la fenêtre de la chambre de Madame, qui est aussi symbole de liberté. La fenêtre donne sur le monde, elle donne donc sur les autres ; Les Bonnes s’adressent à ses autres et leurs donne une certaine importance. Comme le dit Solange, elles veulent être reconnu, Solange veut être « LA Lemercier » (encore en référence aux sœurs Papin), elle ne veut plus être reconnu en tant que domestique, mais en tant que grande criminelle, ce qu’elle pense être. Elle a un soucis de reconnaissance, qu’elle exprime en se tournant vers cette fenêtre. II.           Jean Genet, ne dresse pas de portrait explicite de chaqu'unes des deux Bonnes, pourtant, quand on regarde les mots qu'il utilise pour les décrire et décrire leurs attitudes, il y a bien une différence a noter. Pour commencer, rien que dans leurs prénoms nous pouvons lire les grandes lignes de leurs personnalités : Claire, comme son prénom l’indique est clair, lumineuse, elle est la lucidité ; tandis que Solange est à la fois solaire et céléste. Claire est la cadette, elle a peur de sa sœur ainé Solange, qui est la plus dure et la plus violente des deux. Claire domine sa sœur quand elle joue Madame, au moment où celle-ci domine et donne des ordres a sa bonne. Durant leur cérémonie, Claire et Madame-Claire sont très différentes, Claire passe d’une Madame-Claire impérieuse, cassante à la une vraie Claire timide, douce, timorée et passive. Alors que Solange, elle est plus dans la continuité, tout comme Madame-Solange, Solange est surexcité et violente. Le texte ne le dit pas explicitement, mais on peut le deviner par certains mots employer, et en se fiant a d’autres versions de la pièce : les Bonnes ont une relation incestueuse, pourtant leur relation est perturbé par l’admiration pour Monsieur, l’amant de Madame, mais aussi par les visites nocturnes de Mario le laitier. Il y a donc un atmosphère de jalousie entre les deux sœurs qui est exprimer tout au long de cette pièce. Ce qui ne fait que rajouter de la haine entre les Bonnes. Les Bonnes s’aiment, comme nous venons de le dire d’un amour incestueux, mais elles se haïssent en même temps. Cette addition entre amour et haïne, provoque leur mal être, tout comme leur condition de servitude et l’enfermement. Elles se haïssent respectivement leur sœur, mais aussi l’image qu’elle leur renvoit d’elle même. Elles sont l’une pour l’autre un exact miroir de leur abjection. « Je n’en peux plus de notre ressemblance », lance Solange, sur quoi Claire enchaîne : « Jen ai assez de ce miroir effrayant qui me renvoie mon image comme un mauvaise odeur ». Même leur maitresse, Madame les confonds, Claire, déguisé en Madame, ne manquera de le souligner en disant « Claire ou Solange, vous  m’irritez – car je vous confonds ». Finalement les Bonnes ne font qu’une, elles sont interchangeables. Encore un autre exemple, quand Claire joue Madame, Solange joue à la fois Claire et Solange. La seule solution à leurs aliénation commune serai de supprimer l’autre, ce qu’elles feront en dernier recours à la fin de la pièce.  Madame ne serai donc qu’un prétexte pour leur permettre d’expulser leur rage, pour qu’elles se « vident », comme le dit Solange. La haine qu’on envers Madame les deux Bonnes, ne concernerai pas Madame en tant que personne privé, mais plutôt en tant que support d’une relation de dépendance. Les Bonnes ne maitrisent donc pas parfaitement leur jeu mortel, elles s’acharnent sur la représentation de Madame, alors que cette dernière n’est peut être pas réelement leur problème. Durant leurs cérémonie, les personnages se confondent, les histoires aussi se confondent, on passe du vouvoiement au tutoiement, parfois les Bonnes intervertissent les prénoms. On ne sait plus vraiment à qui sont fait les reproches et par qui. Quand Claire est déguiser en Madame et qu’elle fait des reproche a Solange, jouant Claire, on peut se demander si c’est Claire ou Madame qui fait des reproches, à Solange ou a Claire. Pourtant, malgré une confusion des rôles et des histoires, il semble reigner une parfaite organisation. En effet, quand Solange finit la réplique de sa sœur en disant « …infernales ! Je sais… Je connais la tirade », il y a à la fois une référence à la pièce de thèatre elle-même, mais aussi c’est une indication sur le fait que la cérémonie est toujours la même, avec les mêmes répliques. La cérémonie serait donc toujours joué de la même manière, de façon répétitive.      Malgré que la pièce ne soit découper qu’en une seule et même scène, il subsiste tout de même cinq parties importantes, séparé chaqu’une par une péripétie. Du début de la scène jusqu’à la sonnerie du réveil, interrompant ainsi les deux Bonnes en pleine cérémonie, en plein vrai/faux meurtre. La sonnerie du réveil annoncant la fin de leur cérémonie, il leur faut tout ranger. Les Bonnes alterne alors douceur et reproches. Cette partie de la pièce est une scène d’exposition où les deux Bonnes expliquent la situation pendant une série de reproches. Cette partie prend fin à la sonnerie du téléphone, c’est Monsieur, il annonce qu’il est en liberté et qu’il donne rendez vous a Madame. Ce coup de téléphone boulverse totalement le plan des deux Bonnes, en retrouvant Monsieur, Madame découvrira que c’est les Bonnes qui ont fait accuser Monsieur. Elles décident donc de la tuer, en utilisant le gardénal dans le tilleul, afin de l’empoisonner. La partie suivante est celle où Madame rentre, c’est dans cette partie que nous pouvons réellement juger Madame par ce qu’elle dit et non par ce que les Bonnes lui font dire lors de leur cérémonie. Madame est le portrait d’une parfaite bourgeoise. Pourtant dans son discours nous pouvons remarquer une double personnalité. Madame est elle-même en contradiction avec elle-même. Elle entre en riant sur scène et se lament sur son sort et sur celui de Monsieur. Dans un premier temps, elle se dit prête a suivre Monsieur jusqu’au bagne. Jean Genet fait là une référence à Tolstoï dans Résurrection, où le juge accompagne jsuqu’en Sibérie la femme qu’il a injustement condamné. Madame ne croit pas que Monsieur soit coupable, elle croit donc en sa libération, il est donc plus facile pour elle de se prétendre prête à un acte de courage et d’amour quand on est quasiment sûre qu’il ne se produira pas. Il y a ensuite, un renversement de situation, Madame « se calme », en contradiction avec ce qu’elle vient de dire. Elle songe a une retraite à la campagne, avec ses Bonnes, sans la moindre présente de Monsieur dans ses propos ; alors qu’elle se disait prête a le suivre jusqu’au bagne. Madame a ensuite un retour de tendresse enver ses Bonnes, elle leurs offre des robes . Claire rétablit les distances en refusant, mais la fascination de ses robes est trop forte, elles finissent toutes deux par accepter ce cadeau. Madame elle refuse l’offre des Bonnes, qui n’est autre que le tilleul empoissoné, elle le refusera à quatre reprises. Il y a un dernier renversement de situation quand elle apprend la libération de Monsieur, elle retrouve alors subitement son côté bourgeois, on le voit avec sa manière de parler autoritairement à ses Bonnes et aussi puisqu’elle emporte avec elle, le manteau qu’elle venait d’offrir à Solange. Le moment qui suit, mêle impatience, avec le taxi cherché par Solange qui n’arrive pas ; soupçon, avec la découverte d’objets qui n’ont rien a faire dans la chambre de Madame, même si cette dernière ne soupçonne pas les Bonnes, et qu’elle accepte facilement toutes les justifications que lui donne Claire ; et enfin : complicité féminine, quand Madame découvre que Claire est fardée, ce moment qui est a la fois soupçon et complicité. Une fois le taxi arrivé, Madame s’enfuit sans avoir bu le tilleul. Les Bonnes se retrouvent seules, avec un objet en plus : le tilleul empoissoné. Solange éclate la première en reporchant à Claire de ne pas avoir forcé Madame à boire son tilleul. Claire redevient alors Madame-Claire, Solange entre dans une folie furieuse, elle explose avec un long monologue. Solange se jette sur Madame-Claire, pour l’étrangler. Madame-Claire est errifié. Solange considère Madame-Claire morte étranglée et continue son discours fantasmatique triomphant. Solange imite Madame vivante portant le deuil de sa bonne. Madame y est morte vivante, à la fois dans la peau de Madame-Claire symboliquement morte et dans la peau de Madame portant le deuil de sa bonne. Cela ressemble à de la magie noire, à une messe noire. Solange se représente vétu de rouge, c’est l’étrangleuse. Elle imagine/voit le bourreaului chuchoter des mots d’amour, ce qui est un mélange érotique et masochiste. C’est une manière pour Jean Genet de sacraliser le crime. Solange « redescend » et s’anéantit face à Claire en disant : « Nous sommes perdus ». Madame-Claire qui a était successivement épuisée, provocante, puis étranglé reprend alors le relais. Elle relance le jeu et pousse Solange jusqu’au meurte, qui finira par lui obéir, alors que celle-ci voulait s’arrêter là. Solange empoissonne Madame-Claire, comme pour mieux la porter en elle. C’est a la voit un anéantissement puisque Claire meurt réellement, et une gestation puisque cette dernière renait à travers Solange. Ce dénouement est un triple échec, puisque la vraie Madame est toujours en vie, et qu’en plus elle est sauvée. Ensuite parce que Claire c’est suicidé, et que Solange est promise à l’échaffaud. Pourtant, il y a bien une victoire pour les Bonnes dans ce dénouement. Solange entrera dans la légende noire des criminels exemplaires, c’est une victoire pour elle : elle se disait pour le bagne, et elle va y aller. Claire a offère a Solange la plus grande chance de devenir reine du mal. Les deux Bonnes sont comme libéré à la suite de la mort de Madame-Claire : elles ne font plus qu’une et on anéhanti  symboliquement ce qui les obscdés tant : Madame. Elles ont parfaitement réaliser le couple parfait de la sainte et du criminel : Claire étant la sainte et Solange la criminelle III.              Cette pièce des Bonnes est riche en symbolisme et en confusion de plusieurs mondes.                   Le couple éternel du criminel et de la sainte est une image que Jean Genet aime beaucoup. Son obsession est l’image du bagne, car lui aussi a fait de la prison, le bagne est pour lui une forme de liberté, puisque avant le bagne il y a la rebélion. Selon lui, les criminels et les saints viennent de la même famille des réprouvés. Dans cette pièce il y a deux couple du criminel et de la sainte, le plus explicite est celui des Bonnes, où Solange est la criminelle qui tue sa sœur, et où Claire est la sainte qui se fait tuer par sa sœur. Le second couple est incarné par Madame et Monsieur, Monsieur étant le criminel qu’on accuse et Madame la sainte prête a le suivre jusqu’au bagne.    Le clivage le plus important dans cette pièce est celui entre la bourgeoisie et la domesticité, un clivage représenter par la chambre de Madame et la cuisine des Bonnes. Ce sont deux mondes différent, qui font l’objet d’une importante séparation mais aussi parfois de confusions. En effet, les Bonnes boulversent se clivage en se glissant dans la chambre de Madame, ce lieu interdit et sacré ; mais aussi en se glissant dans la peau de Madame a travers ses robes, ses bijoux, ses maquillages, ses gestes, ses paroles. Les Bonnes boulversent volontairement les clivages en mélangant le monde bourgeois au monde domestique. Elles confondent les objets domestiques et bourgeoise dans la manière dont elles en parlent. Les gants de caoutchouc deviennent des objets liturgiques, et à l’inverse on crache sur la robe de parade. Elles souillent a la fois la chambre de Madame, cette espace sacré qui ne doit pas être profané ; et se rabaissent sans cesse a leur univers en utilisant en plein jeu le mot « crachat » dans la bouche de Madame-Claire.    Il y a également d’importante confusion en ce qui concerne les sentiments d’amour ou de haine, entre les Bonnes entre elles et entre les Bonnes et Madame. Ce qui répugne le plus les Bonnes n’est pas la dureté ni le mépris de Madame, mais au contraire sa bonté. Comme elles le disent « Avec sa bonté, Madame nous empoisonne ». Les Bonnes ne supportent plus les qualités de Madame : sa bonté, sa beauté, son élégance…. Madame vit en elles comme un corps étranger, mais séducteur à la fois. Les Bonnes veulent détruire Madame, mais ni l’une ni l’autre n’y parviennent, elles sont incapables de se détacher d’elle. Solange n’a pas était capable d’étrangler Madame quand elle en a eu la possibilité, Claire également c’est révéler incapable de l’empoissoner. Quand Solange dit qu’elle désire que Madame soit belle, Madame-Claire répond « Vous me détestez » ce qui montre ce perpétuel va et vient entre l’amour et la haine qu’elles lui portent. Les Bonnes entre elles se disent qu’elles s’aiment, puis qu’elles se haïssent ; elles ont des gestes de douceur entre elles et s’accable de reproches et d’insultes à la fois. Dans cette pièce les relations et les sentiments ne sont vraiment pas clairs, mais c’est peut être parce que cette pièce est une pièce montrant la folie et l’aliénation de deux sœurs.     Les Bonnes tiennent également leur aliénation de cette enfermement, elles ne sortent pas, elles sont en permanence chez Madame, dans l’ombre du bonheur bourgeois, dans leur domesticité opprimé. Beaucoup de lieux cité dans la pièce sont hors d’atteintes des Bonnes : le Palais de Justice ; le cachot où pourrai être Monsieur, qui est une pièce symétrique à la chambre des Bonnes, puisque c’est un lieu clos, enfermé ; la cabine téléphonique et le bar qui permettent a Monsieur de revoir Madame. Les Bonnes n’existent que par Madame, elles sont fermés au monde extérieur. C’est grâce a Madame qu’elles sont en vie, c’est elle qui les a recueilli, alors qu’elles étaient sans famille, sans aucune ressource. Elles sont donc contraintes de s’accrocher à Madame. Le symbole de l’ouverture sur le monde et de la liberté est la fenêtre dans la chambre de Madame, c’est par cette fenêtre qu’elles s’adressent a un public imaginaire.                  Les Bonnes se sentent seuls dans leurs enfermements dans leur folie, elles considèrent que les objets aussi sont contre elles et qu’ils les trahissent. Pour commencer le téléphone qui annonce la mauvaise nouvelle : le retour de Monsieur, cette nouvelle fait effet de bombe a retardement et boulverse le plan des Bonnes. Le téléphone les trahissent a nouveau quand Madame découvre qu’il est décroché, les Bonnes sont contraintes de lui avouer que Monsieur a appeler et qu’il est libéré. Ce qui amène Madame a vouloir s’échapper, vers Monsieur, alors que les Bonnes essayent de la retenir pour lui faire boire le tilleul empoissoné. Enfin il y a tout les objets qui trahissent la cérémonie des Bonnes, qui sont resté dans la chambre sans que les Bonnes y prêtent attention. La clef du secrétaire, puis les traces de fard sur les joues de Claire, puis le réveil et enfin la pouissière sur les meubles.              La pièce a un aspect a la fois érotique et masochiste. Les Bonnes, pour commencer, on une relation d’homosexualité incestueuse entre elles. Comme le dit Jean Genent « Tous les soirs elles se masturbent et  déchargent en vrac l’une dans l’autre leur haine l’une contre l’autre ». C’est un érotisme masochiste et sadique. La sexualité dans cette pièce est a la fois sublimé et sordide. Les robes participent a l’érotisme de la pièce, notamment dans la scène opù Claire-Solange habille Madame-Claire, les mots se mélangent, « chute d’amour » devient « chute de reins », « froleuse » devient « voleuse », « la traine » avec « trainée ». Il y a un  trouble érotique et l’image sadique vient dans le coup de talon sur le sol. Il y a le vertige du contact sensuel qui est proclamé comme « immonde ». Le laitierd demi-nu participe également a l’image érotique de la pièce. Dans la tirade finale de Solange, elle imagine/voit le bourreua qui lui dit des mots d’amourt, ce qui est lié à l’érotisme, alors que le bourreau est lui, plutôt lié au sadisme. Le meurtre lui-même est violamment érotique.            Les couleurs ont également rôle de symbolisme dans cette pièce, avec les couleurs des robes. Le noir représentant la domesticité mais aussi le deuil. Le blanc, la pureté, l’assomption mais aussi le deuil des reines. Et enfin, le rouge, représente le désir, mais aussi les juges et condamés.            Il y a dans cette pièce, également un aspect religieux, plus ou moins explicite. La chambre de Madame qui semble sacré et qui est profané par les Bonnes lors de leurs cérémonies.  La chambre qui est étouffante avec les fleurs, représente à la fois une chapelle et un tombeau, relation entre la religion et la mort. Et enfin, la libération par la mort qui semble lié a la religion.           Nous venons de parler des fleurs dans la chambre de Madame, ces fleurs sont comme nous venons de le dire symbole de mort et de religion, mais elles sont également symbole de féminité.      Les odeurs sont omniprésente dans la pièce. La cuisine représente le lieu des mauvaises odeurs : « le rot silencieux de l’évier ». Quand Jean Genet veut évoquer ce qu’il y a de plus répugnant, il évoque les odeurs : les bonnes sentent le fauve, les mansardes diffusent une odeur infecte qui se répand ensuite dans l’appartement, les bonnes sont l’une pour l’autre une mauvaise odeur : « J’en ai assez de ce miroir effrayant qui me renvoie mon image comme une mauvaise odeur. Tu est ma mauvaise odeur ». Une odeur de pourriture et de mort à laquelle n’échappent pas non plus les fleurs.  

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