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CÉCILE, récit autobiographique de Benjamin Constant

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constant

CÉCILE, récit autobiographique de Benjamin Constant, rédigé sans doute à la même époque que le Cahier rouge (1811), mais publié seulement en 1951. Divisé en « époques » dont la septième et dernière demeure inachevée, le texte couvre la période allant du 11 janvier 1793 au 13 décembre 1807 et conte les péripéties des amours du narrateur et de Cécile de Walterbourg derrière lesquels on reconnaît Benjamin lui-même et sa seconde épouse, Charlotte de Harden-berg. Mais, alors que dans le Cahier

 

rouge la narration ne faisait que retranscrire les matériaux autobiographiques, elle s'émancipe ici jusqu'à permettre la constitution d'un véritable roman ; même si les faits et les dates demeurent fidèles à la réalité, le travestissement des protagonistes sous des noms fictifs (Mme de Staël devient Mme de Malbée et Mmee de Charrière, si souvent nommée dans le Cahier, apparaît sous la transparence de Mme de Chenevière) comme les ellipses qui trouent la chronologie (ainsi du début de la quatrième époque : « Plusieurs années se succédèrent sans qu'aucune circonstance me rappelât Cécile... », comme de la cinquième : « Je revis Cécile le 18 décembre 1804, onze ans, sept mois et neuf jours après l'avoir quittée ») attestent que le vécu est entièrement soumis à l'ordre diégétique. Il est vrai que, fidèle à la technique romanesque à.'Adolphe, Constant organise son récit avec la rigueur d'une tragédie ou, si l'on adopte le point de vue de Marcel Arland, d'une « comédie cruelle », éliminant tout ce qui serait péripétie extérieure à l'intrigue ; et, comme dans toute tragédie classique, le destin joue ici un rôle essentiel, un destin qui, loin d'être perçu par le héros comme un poids extérieur, est intériorisé sous forme de « renoncement à sa propre volonté ». Dès lors, ce qui faisait l'objet de l'enquête psychologique du narrateur — sa « mobilité funeste », ses « longues suites d'inconséquences » — apparaît comme une punition de Dieu en réponse à l'irréligion du héros, au primat accordé à sa volonté. C'est ainsi que le héros peut poursuivre son chemin au milieu d'un « orage de pensées contradictoires » : identique à lui-même malgré sa « conversion » piétiste de Lausanne (sixième époque), seul son regard sur les raisons et les effets de ses actes ont changé. Alors se vérifie la devise de celui qui se voulait « constant dans la seule inconstance ».

« Adolphe, Benjamin Constant: ce récit est-il autobiographique ? Benjamin Constant fut un écrivain célèbre des débuts du romantisme. Né à Lausanne en 1767, il passa la plus grande partie de son enfance avec des précepteurs quine cessaient de varier au fil des années. En effet, il perdit sa mère quelques jours après sa naissance et ce fut son père qui dut assurer son éducation. Plus tard, ilrévéla un don pour l'écriture et fit de cet art son métier. Connu pour ces nombreuses conquêtes, il eut une longue liaison avec Mme de Staël qui décéda quelquesannées avant que l'auteur ne meurt en 1830.A l'époque à laquelle Benjamin Constant écrivit ces premiers romans, un nouveau courant littéraire touche l'Europe : le romantisme. Cette époque se démarqua duclassicisme, car elle fut axée sur la subjectivité, l'explosion des sentiments et l'expression du « moi intérieur ». L'écrivain se voulut plus présent dans le récit ainsi quedans l'autobiographie qui devint donc très populaire. Et c'est en plein milieu de l'essor de ce genre autobiographique que parut « Adolphe », un roman d'analyse.Parut en 1816, cet ouvrage connu rapidement un vif succès. Ainsi les lecteurs apprécièrent le personnage d'Adolphe qui dévoile son avis sur la société et n'hésite pasà montrer son mépris envers elle. Cependant, du fait de son jeune âge, il fut pris d'un amour passager pour Ellénore, une femme de dix ans son ainée. Elle quitta sonmari et ses enfants pour vivre avec Adolphe alors que l'amour de celui-ci s'atténue et se transforme en affection. Néanmoins, il n'ose lui avouer qu'il ne l'aime plus, etelle meurt de chagrin, le voyant s'éloigner petit à petit.Sous forme de confessions, cet écrit peut paraître très semblable à des œuvres d'origine véridiques, mais pouvons-nous dire qu' « Adolphe » est d'origineautobiographique ?Pour répondre à cette question il nous faudra voir les arguments adverses, reposant sur le fait que Constant n'aie pas respecté les normes autobiographiques puis nosarguments, fondées sur les similitudes entre le personnage d'Adolphe et Benjamin Constant ainsi que sur les indices laissés par l'auteur. Il est vrai que l'écrivain n'eut aucune pitié pour les règles autobiographiques, ce qui laisse le lecteur perplexe.Premièrement, l'auteur ne donne presque aucune indication de temps ou de lieu, se servant d'astérisque pour terminer le nom des endroits mentionnés alors que dansune œuvre autobiographique l'auteur se doit de révéler les places importantes de sa vie. Par exemple, à la page 41 « ville de D*** » De plus, nous pouvons penserque si l'auteur ne donne aucune indication de temps c'est qu'il ne veut pas que l'on fasse un lien avec sa vie personnelle mais que l'on puisse se servir de ce récit àquelconque époque. L'auteur voudrait donc que le lecteur voie son œuvre comme un roman d'apprentissage et non comme un roman autobiographique. En effet, nousne pouvons qu'évaluer la durée de l'histoire entre Adolphe et Ellénore à environ deux ans.Nous pouvons donc dire que ces imprécisions au niveau de l'espace/temps laissent le lecteur dans le doute, cela peut être un frein pour que ce dernier soit embrayédans l'histoire. En deuxième lieu, ce sont les personnages qui intriguent nos adversaires car, de même que les lieux, ils sont terminés par des signes typographiques en forme d'étoilecomme « compte de P*** » en page 77 ou « M. de T***» en page 117. En addiction à cela le nom « Ellénore » n'apparaît dans aucune biographie de BenjaminConstant, il paraît donc évident que ces noms sont fictifs. Ceci constitue une violation aux règles autobiographiques instaurées par Lejeune qui stipule qu' « un texteautobiographique peut être légitimement vérifié par une enquête ». Ce qui est impossible puisque l'écrivain ne laissa aucun personnage que nous pourrions interroger,ni époque à laquelle se référée (réf 1er arg.).En conclusion, le récit « Adolphe » n'est pas assez précis au niveau des personnages pour qu'il puisse recevoir la mention autobiographique. En dernier lieu, et non pas des moindre, Constant n'admit jamais quelconque lien entre sa vie et celle d'Adolphe, il écrivit même des préfaces supplémentaires dans ladeuxième et troisième édition. Dans ces dernières, il expliqua pourquoi il voulut partager l'histoire d'Adolphe mais dément également formellement que son œuvreaie une origine véridique. Il dit dans sa première préface qu' « aucun des caractères tracés dans « Adolphe » n'a de rapport avec aucun individu que je connais », ilalla même plus loin en rabaissant les personnes pensant le contraire qui poseraient des « allusions […] par d'absurdes conjectures ».En ce qui concerne la préface présente dans la troisième réédition, les remarques furent beaucoup moins explicites mais il précisa que « presque tous ceux de meslecteurs que j'ai rencontrés m'ont parlé d'eux-mêmes comme ayant été dans la position de mon héros. ». Serait-ce un moyen d'expliquer pourquoi certains prétendentqu'il existerait des « allusions » avec sa vie, puisqu'ils s'identifient à Adolphe ? Sûrement.Pour finir, il est vrai qu'un auteur qui crée une œuvre autobiographique se doit de l'assumer. Dans le cas contraire, il nous est impossible de juger par nous-même dela véracité des dires. Quant aux arguments des personnes adhérant à notre thèse, la ressemblance entre « Adolphe » et son auteur est plus que frappante, autant au niveau caractériel qu'auniveau de leur vécu. Nous analyserons ensuite les indices laissés par l'artiste. Tout d'abord, nous allons nous intéresser au caractère d'Adolphe, comme il est décrit dans cette œuvre et au caractère de Benjamin Constant, en s'aidant du « Cahierrouge ».Adolphe est un jeune homme d'un peu plus d'une vingtaine d'années, intelligent, il est désabusé de la société qui l'entoure et la critique, comme par exemple en page41, « rompre le cercle de la monotonie et de l'étiquette ». Aimant, il ne peut cependant pas se donner à un amour stable, sans libertinages, nous pouvons lire en page128 dans la lettre d'Ellénore : « Par quelle pitié bizarre n'osez-vous rompre un lien qui vous pèse ? ». Benjamin Constant, était lui aussi, un homme très cultivé qui «lisait huit à dix heures par jour durant son enfance » (tiré de la page 136 – Le Cahier rouge). Et tout comme Adolphe, Constant se contenta de maîtresses, ayanttoujours du mal à rester fidèle comme il l'affirme en page 141 « Mais le plaisir de faire et d'entendre dire que j'entretenais une maîtresse me consolait, et de passer mavie avec une personne que je n'aimais point, et de ne pas posséder la personne que j'entretenais ».La ressemblance entre le portrait du héros et son auteur est flagrante, nous pouvons donc dire qu'au niveau du caractère, Adolphe et Constant sont très semblables. Il nous est également possible de comparer la vie du personnage à celle de l'écrivain.Pour commencer, Adolphe fut élevé par des précepteurs car sa mère décéda quelques jours après sa naissance. N'ayant jamais été très proche de son père, il ne voulutpas prendre en charge son éducation ainsi : « aucune confiance n'avait jamais existé entre nous » (p.38), « pendant mes dix-huit premières années, d'avoir eu jamaisun entretien d'une heure avec lui » (p.38)Et bien sûr, il en va de même pour l'auteur comme cité en page 136 : « J'en avais sept quand mon père […] voulut diriger lui-même mon éducation. » Suite à cela,Constant sera confié à un nouveau précepteur, cela montre bien que même avec tout l'amour que son père lui adressait, ils n'étaient pas très proches.De plus la vie amoureuse de Benjamin Constant fut très instable également, en effet, quatre ans après s'être marié avec Wihelmine von Cramm, il eut une liaison avec »

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