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Chants de Maldoror de Lautréamont

Publié le 19/02/2019

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Chants de Maldoror, épopée en six chants en prose de Lautréamont. Le chant I parut à Paris en août 1868 et l'ensemble à Bruxelles en 1869. C'est à

 

ce livre qu'incombe, selon André Breton, « la responsabilité de l'état des choses poétiques actuel ». D'un romantisme exaspéré, tissés avec les plus grosses ficelles du roman noir et l'outrance de la plaisanterie macabre, les Chants de Maldoror sont la profanation de toutes les valeurs reconnues et de tous les stéréotypes littéraires et culturels. La rhétorique s'y détruit par la rhétorique, et Lautréamont fait de la parodie le moteur de sa création. Son bestiaire, répertorié par Bachelard, est comme un éclatement de l'humanité tapie derrière des masques d'animaux. Tout se décompose dans ce panorama virtuose de l'intertextualité (les sources et les « réemplois » qu'on y relève ne cessent de se multiplier avec les exégètes), mais tout aussi s'y recompose, à commencer par la littérature, dans l'incongruité foisonnante des images et dans la richesse des interprétations que le texte suscite.

« ffi Chants de Maldoror Le dessein des Chants de Maldoror Deux lettres de Lautréamont indiquent l'orientation générale de l'œuvre, l'une des plus déconcertantes de toutes les littératures : J'ai chanté le mal comme ont fait Mickiéwikz (sic), Byron.

Mil­ ton.

Southey.

A.

de Musset.

Baudelaire.

etc.

Naturellement.

j'ai un peu exagéré le diapason pour faire du nouveau dans le sens de cette littérature sublime qui ne chante le désespoir que pour opprimer le lecteur.

et lui faire désirer le bien comme remède.

Ainsi donc.

c'est toujours le bien qu'on chante en somme.

seulement par une méthode plus philosophique et moins naïve que l'ancienne école.

dont Victor Hugo et quel­ ques autres sont les seuls représentants qui soient encore vivants (lettre du 23 octobre 1869).

C'était quelque chose dans le genre du Manfred de Byron et du Konrad de Mick iéwic z.

mais cependant bien plus terrible (lettre du 12 rrars 1870).

Lautréamont, tout en situant les Chants dans le pro­ longement du romantisme le plus exaspéré, affirme leur nouveauté.

L'obsession du mystère du Mal, la révolte, le blasphème, la solitude d'un héros dressé contre Dieu, contre les hommes et contre lui-même, l'obscure ou claire présence des puissantes figures de Satan, de Caïn et de Prométhée ...

tout cela semble une des dernières vagues de la marée romantique, qui avait recouvert l'Eu­ rope de 1798 à 1848.

Mais l'inattendu, c'est que l'œuvre se dénonce elle-même et ne cesse de railler les personna­ ges, les thèmes et les procédés du romantisme.

D'autre part.

par son titre et par sa division en chants, elle se présente comme une épopée, et une épopée de la haine : (1, u).

Lautréamont a conscience de sa puissance créa­ trice et de l'ampleur de son projet poétique, puisqu'il recourt au genre littéraire le plus ambitieux et se situe dan.s le sillage d'Homère et de Milton.

Epopée de la haine, les Chants s'opposent à l'épopée de l'amour, la Bible.

Le Dieu de l'Ancien Testament ne cesse d'être pris à partie avec une violence inconnue jusqu'alors.

De nombreux versets bibliques sont paro­ diés, « retournés ».

Mais, étrangement, Maldoror oublie parfois son satanisme pour s'identifier fugitivement (comme tous les grands romantiques) au Christ.

Pro­ fonde ambiguïté que celle de ce héros oscillant entre la cruauté et la pitié, une haine affichée et une tendresse inguérissable, la fureur contre le Créateur et un attrait incertain pour la figure de Jésus! Un tel constat permet d'entrevoir que, sous les des­ seins conscients, se déploie, malgré l'auteur et à mesure que l'œuvre avance, un dynamisme inconscient dont Maurice Blanchot, dans son Lautréamont et Sade, a tenté de percer le secret.

Œuvre romantique qui se moque du romantisme, épo­ pée qui parodie les procédés épiques (épithètes homéri­ ques, formules dantesques ...

), les Chants de Maldoror semblent défier toute réduction à un sens défini : «Une porte s'ouvrait sur la mer ...

» (René Crevel).

Demeurer à la surface d'un pareil texte, c'est à coup sûr se perdre dans ses ironiques reflets.

« L'analyse, si elle veut faire quelque chose d'utile, ne doit pas regarder à ce qu'a dit Lautréamont, mais à ce qu'il a exprimé derrière ce qu'il dit, à l'aide de ce langage nouveau que constituent le choix des images, l'amoncellement privilégié des mots, la complicité de certains thèmes» (M.

Blanchot).

L'iro­ nie interdit toute synthèse sur le contenu des Chants.

Il faut, pour déjouer ses pièges, aller au contenu latent, découvrir les métaphores obsédantes, restituer l'univers imaginaire du créateur, mettre en lumière les récurrences lexicales.

Avec les Chants comme avec les Illuminations de Rimbaud, quasi contemporaines, > (Maldoror et Néron).

Strophe IV: «Il y en a qui écrivent pour rechercher les applaudissements ...

>> («Peindre les délices de la cruauté»).

Strophe v : "J'ai vu pendant toute ma vie ...

•• (l'universalité du mal).

S trophe VI : «On doit laisser pousser ses ongles ...

>> (P laisir et détresse de torturer un enfant ).

Strophe vu : "J'ai fait un pacte avec la prostitution ...

•• (Une variation musicale sur les apocalypses et sur Dante}.

Strophe VIII : "Au clair de lune.

près de la mer ...

•• (les chiens hurlant à la lune : l'hu mour et le lu gubre).

Strophe IX : «Je me propose.

sans être ému ...

» (Célébra­ tions oratoire et humoristique du «Vieil océan »).

Strophe x: «On ne me verra pas à mon heure dernière ...

» (Un rêve de mort).

Strophe Xl : « Une famille entoure une lampe ..

>> (Maldoror devant un univers de conte bleu).

Strophe xu : "Celui qui ne sait pas pleurer ...

» (Rencontre du nouvel Ham let avec un fossoyeur).

Strophe Xlii : «Le frère de la sangsue ...

>> (M aldor or et le crapaud).

Stro phe XIV : " S'il est quelquefois logique ...

•• (Si gn atu re et intrusion d'auteur).

Chant Il Le chant Il.

le plus ample.

déploie et orches tre tous les thèmes de l'œuvre.

Le narrateur le caractérise comme un "chant impie , : les attaques contre Dieu y son t en effet particulièrement nombreuses.

L'univers de l'enfance et de l'adolescence n'y est pas moins présen t.

Strophe 1 : «Où est-il passé ce premier chant...

, (Mlaldoror et le Mal).

Stro phe 11 : "Je sais is la plume ...

•• (le front frappé par la foudre).

Strophe 111: «Qu'il n'arrive pas le jour où Lohe ngrin et moi.

..

, (Maldoror en Job révolté).

Strophe 1v : "Il est minuit; on ne voit pas un seul omni­ bus ...

>> (la para bole fantastique de l'enfant poursuivi).

Strophe v : « Faisant ma promenade quotidienne ...

>> (la strop he de la jeune fille).

Strophe VI : «Cet enfant.

qui est assis ...

, (la tentation du jeune garçon ).

Strophe vu : « Là.

dans un bosquet entouré de fieu rs.

dort l'hermaphrodi te ...

>> (L 'unique oasis des Chants).

Strophe VIII : «Quand une femme.

à la voix de sop rano ...

>> (Le festin du Créateur).

Strophe IX: «Il existe un insecte ...

, (l'éloge des poux).

Strophe x : "0 mathématiques sévères.

je ne vous ai pas oubliées ...

, Strophe Xl: « 0 lampe au bec d'argent ...

» (Lutte avec l'Ange et parodie).

Strophe xu : " Écoutez les pensées de mon enfance ...

>> (Confidences et attaques contre le Créateur ).

Strophe Xlii : "Je cherchais une âme qui me ressemblâ t...

>> (l'acco uplemen t de Maldoror à la femelle du requin.

dans la tempête).

Strophe XIV: "La Seine entraîne un corps humain ..

_>> (Hol­ zer le suicidé). »

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