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Les Chants de Maldoror de Lautréamont (analyse détaillée)

Publié le 23/10/2018

Extrait du document

Poème en 6 chants et en prose publié à Bruxelles en 1869.

COMPOSITION DE L’ŒUVRE

• Chant I : adresse au lecteur d’un monstre assoiffé de haine. Maldoror fut bon dans ses premières années, ensuite méchant. Objet du poème : faire servir son génie à (teindre les délices de la cruauté. Prétendant que les pensées de son héros sont celles de tous, l’auteur décrit les supplices à infliger à un adolescent puis se peint lui-même. Invocation à l’Océan. Meurtre du fils.

• Chant II : adresse insultante à l’Éternel. Promenade dans Paris. Maldoror rencontre furtivement une jeune fille, puis un enfant aux Tuileries. L’hermaphrodite. Les poux. Images macabres et supplices infernaux.

• Chant III : J'ai reçu ta vie comme une blessure. Le manuscrit de la folle et le récit du viol de la petite fille. La victoire de l’aigle Maldoror contre le dragon Espérance. Le créateur soûl. Les outrages des animaux. Le lupanar.

• Chant IV : les mouches et le rhinocéros. La potence et le pendu. Le sacrifice du taureau des fêtes. Le rêve du narrateur entré dans le corps d’un pourceau. L'amphibie. Falmer.

• Chant V : la métaphore des étourneaux et les conseils sadiques au lecteur. Le scarabée et les pélicanidés. Les souffrances du poète. Le python, ô pédérastes incompréhensibles. Le cortège funèbre. La vieille araignée.

• Chant VI : la structure du roman à venir. Le petit roman de 30 pages. Passages-clés : le vieil océan (I, 9), l’hermaphrodite (II, 7), la folle (III, 2), Falmer (IV, 8), le roman (VI).

THÈMES DOMINANTS

• La rébellion contre Dieu et la Création est le leitmotiv de l’œuvre. Cette haine a pour origine le scandale du mal : le poète ne pardonne pas au Démiurge d’avoir échoué à faire de la terre un paradis. J'ai reçu la vie comme une blessure et j'ai défendu au suicide de guérir la cicatrice. Je veux que le Créateur en contemple à chaque heure de son éternité, la crevasse béante. Dynamisé par cette profession de foi, le poème devient, dans une expression romantique frénétique, un cri haineux, un torrent de malédictions contre le Créateur.

« terre était couverte de poux, comme de grains de sable le rivage de la mer, la race humaine serait anéantie, en proie à des douleurs tem"bles.

(Il, 9) STYLE • Un style épique - l'int errogatio n angoissée : Hélas ! qu'est-ce donc que le bien et le mali Est-ce une même chose par laquelle nous témoignons avec rage notre impuissance , et la passion d'atteindre à l'infini par les moyens même les plus insensés ? (I, 6) - l'anaphore : Pourtant je sens que je ne suis pas atteillt de la rage ! Pourtant je sens que je ne suis pas le seul qui souffre ! Pourtant je sens que je respire .

(I, 8) -l' image sadique : lorsqu'il embrassait un enfanJ au visage rose, il aurait voulu lui enlever ses joues avec un rasoir.

(I, 3) • L'humour - la paro die :je te salue, ô mort, libérateur céleste.

(lama rtine, /'lm mortalite) - l'humour noir : Il est permis à chacun de tuer des mouches et même des rhinocé- ros, afin de se reposer.

.

.

la tête .

(N, 2) - la comparaison insolite : beaux comme des squelettes qui effeuillent les panoc- cos de l'Arkansas.

(VI, 5) • L'implication du lecteur - l'adresse: Il ne tient qu'à vous de m'écouter, si vous le voulez bien .

(I, 4) -l'invocation : Lecteur, c'est peut-être la !taine que tu veux que j'invoque dans le commencement de cet ouvrage 1 (1, 2) -l'aparté: Avant d'entrer en matière, je trouve stupide qu'il soit nécessaire (je pense que chacun ne sera pas de mon avis, si je me trompe) que je place à côté de moi Ult encrier ouvert, et quelques feuil/ec.s de papier non mâché.

(VI, 2) SO UR CES ET INSPIRAT ION Des sou rces littéraires dispara tes.

Lautréamon t emprun te à Dante les étourneaux et les grues de l'Enfer, à Shakespeare la scène du cimetière de Ham/et .

Il s'insp ir e aussi des romantiques anglais Byron et Shelley.

Certains traits se rapp ortent à des contemporains français : Baudelaire, Cha teaubriand, Nerval, Hugo, Gautie r, Fla ube rt, Leconte de l'Isle ...

Enfin, l'Apocalypse de Saint -Jea n, le Frankenstein de Mary Shelley et le Lalita ­ Vistara indien permettent à Lautréamont de mieux définir sa thématique.

ACCUEIL ET POSTÉRITÉ Jugé scandaleux, le poème est expurgé et seu ls 20 exemplaires d'a uteu r sont distribués en 1869.

Une mise en vente a lieu en 1874, sans succès, bien que la jeunesse symboliste ait placé Lautréamont parmi l es poètes ma udi ts .

E nfin, en 1885 , le poète belge Max Waller fait connaître l'œuvre.

Il faut attendre 1919, en France, pour qu'elle soit reconnue comme un des phares de la poés ie contempora ine.

Pour Breton, l'œ uvre est« le manifeste même de la poésie convulsi ve.

» ; pour les surréalistes, Lautréamont est le grand inspiré qui résoud les contradictions ent re rêve et réalité.. »

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