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Contes cruels et Nouveaux Contes CRUELS d'Auguste de Villiers de L'Isle-Adam (résumé de l'oeuvre & analyse détaillée)

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auguste

Les poèmes en prose couvrent l’éventail de presque tous les thèmes des Contes cruels : « Vox populi » raille les systèmes politiques - l’Empire, la République, la Commune... - acclamés par le peuple (Villiers, lui, est royaliste), mais dont aucun ne résout le problème de la pauvreté en la personne d’un mendiant aveugle. « Antonie » est une critique en sourdine de la femme et de son amour de soi. « Virginie et Paul », en montrant deux jeunes gens, mus par le seul intérêt matériel, renverse le thème de Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre, et «À s’y méprendre» assimile aux morts de la morgue les bourgeois affairistes attablés au café.

 

Les récits fantaisistes sont autant de satires du monde moderne : mercantilisme prétendant exploiter la voûte céleste en y projetant des messages publicitaires et même politiques («l’Affichage céleste »), automatisation, « claque » qui dispenserait de juger de la qualité de telle pièce de théâtre (« la Machine à gloire »), « victoires » scientifiques qui nous permettraient d’enregistrer « le dernier soupir » d’un mourant ou de guérir ceux qui « entendent des voix » en leur crevant le tympan (« le Traitement du docteur Tristan »).

Contes cruels et Nouveaux Contes CRUELS. Recueils de nouvelles et autres textes brefs d'Auguste de Villiers de L'Isle-Adam (18381889), publiés à Paris respectivement chez Calmann-Lévy en 1883 et à la Librairie llustrée en 1888.

 

La plupart des vingt-huit textes qui constituent les Contes cruels  avaient été publiés déjà dans des revues et feuilles hebdomadaires ; beaucoup d'entre eux existent ainsi dans des versions différentes. Le premier en date, « l'Intersigne », remonte à 1867 (un des poèmes du « Conte d'amour » même à 1862), les derniers ne voient le jour que dans le volume de 1883. Les huit textes des Nouveaux Contes cruels furent publiés dans des revues en 1888, avant d'être regroupés en volume.

« revues et feuilles hebdomadaires ; bea ucoup d'entre eux existe nt ainsi dan s des versi ons diffé rentes. Le pre­ mi er en date, « l'Intersi gne », remonte à 1867 (un des poèm es du « Conte d'amour,. même à 1862), les derniers ne voie nt le jou r que dans le volume de 1883. Les huit tex tes des Nouv eaux Contes cruels (ct-ap rès : NCC) fur en t publi és dans des revues en 1888, avant d'être regroupés en volume. La définition des genres e mp loyés par Villiers est un problème délicat, exceptio n faite de la poésie lyrique et narrative du « Conte d'amour» (CC), sept poèmes inspirés du poète alle­ mand Heinrich Heine et des romanti­ q ues frança is. On tr ou ve la forme du poème en prose ba ud elairien dans «Vox populi >>, « Antonie », «Vi rgin ie et Paul .. , «À s'y méprend r e», «Fleu rs de ténèb res ,. et « Souve nirs occultes " (CC). Sous la dénomina ti on ''récits fantaisistes», on peut regrouper les textes où l 'au teur se dres se con tre le positivisme et le matérialisme de son temps : ci to n s « l'Affichage cé leste .. , « la Machine à gloire », «le Traitemen t d u doct eur Tristan ,. (CC), et le conte " l'Am our du naturel ,. (NCC). Mais ce so nt les nouve lles - en bonne et due forme -qu i dominent les recueils, que ce soient des études psychologiques, par exemple « l'Inco nnu e », « Senti­ mentalisme», « Marye lle » (CC), ainsi que « le s Amies de pension», « Sylva­ bel » et « l'Incomprise ,. (NCC), ou des études satiriques des mœurs du temps : par exemple, « les Demo i selles de Bien­ filâtre » ou « Deux Augures » (CC), ains i que «l'E njeu ,. (NCC). Mais V il­ Hers excelle auss i dans le conte propre­ ment dit, qu'il soit fantas tique co mm e «Véra ,., «l'Inters igne,. (CC) et« Sœur Natalia " (N CC), insp irée peut-êt re de Nod ier, ou qu'il tire son sujet des te mps anciens comme dans « la Reine Isabea u ,. (CC) inspirée peut-être de Flau bert, et «la Torture par l'es pé­ rance ,. (NCC), qu i fait songer à E. A. Poe. l.es poèmes en prose couvre nt l'éventai l de pre sque tous les thèmes des Contes auels: «Vox popu li » raille les systè me s politiques -l'Empire, l a République. la Commune ..• -acdamés par le peuple (Villiers. lui. est royaliste), mais dont aucun ne résout le problème de la pauvret é en la per­ sonne d'un mendiant ave ugle. « Antonie » est une critiqu e en sourdine de la femme et de son amour de soi. « Virginie et Paul », en montrant deux jeunes gens , mus par le seu l intérêt maté­ riel. renverse le thème de *Paul et Vîrgi nle de Ber­ nardin de Saint -Pierre, et «À s'y méprendre» assimile aux morts de la morgue les bourgeois affa irist es attablés au café. Les récits fantaisistes sont autant de satires du m onde moderne : mercan tilisme prétendant exp loiter la voûte céleste en y projetant des mes­ sages publicitaires et même politiques ( « I'Affi: chag e céleste » ). automatisation, « claque » qui disp enserait de juger de la qualité de tel le pièce de théâtre ( « la Ma chin e à gloire » ). « victoires » scientifques qui nous permettrai ent d'enregistrer «le dernier soup ir» d'un mourant ou de guérir ceux qui « entendent des voix» en leur crevant le tymp an ( « le Traitement du docteur T ristan » ). Dans ses nouvelles. Villiers dessine le dia­ gramme de l'amour - surtout au féminin. la jeune femm e sourde rencon trée au théâtre exp lique au jeune homme éperdument amou­ reux d'elle que tout rapport réel entre eux est une illusion, mais qu'en revanche elle comprend l'amour divin ressenti par son amant («l'Inconn ue»). Cet idéal ism e n'est pas toujours le propre des femmes : dans « Sentimenta­ lisme », c'est l' artiste -homm e qui a du mal à « subir réellem ent les tourments ou les voluptés » de l'amour et qui finit par se tuer pou r échapper à la v i e. Les demi-monda ines ou prostituées de « Ma ryelle » et des « Ami es de pension » se ménagent une carrière entre l'amour fou (et vrai Q et les compromission s ave c l'amo ur véna l, a l ors que les héroïnes de « Sylvabel » et de « l'Incomprise » ne peuvent se don ner qu'à des hommes supéri eurs et de caractère, ou violents. Parm i les nouvelles qui sont des études de mœurs, « les Demoi selles de Bienfilâ tre » nous présentent deux prostituées honnêtes dont l'une commet la faute d'« aimer » sans être payée - elle en meurt et ne voit sa fin adoucie que par »

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