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GOMMES (les). Roman d'Alain Robbe-Grillet (résumé de l'oeuvre & analyse détaillée)

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GOMMES (les). Roman d'Alain Robbe-Grillet (né en 1922), publié à Paris aux Éditions de Minuit en 1953.

 

Premier roman publié par Alain Robbe-Grillet (il avait auparavant écrit Un régicide, qui ne sera édité qu'en 1978), les Gommes fut remarqué par la critique, notamment par Roland Bar-thes, mais presque ignoré du grand public.

 

La montre de Wallas, détective venu enquêter sur le meurtre du professeur Dupont, s'est arrêtée à 7 heures 30. Elle se remettra en marche vingt-quatre heures plus tard quand, après une minutieuse enquête, Wallas tirera sur Dupont lequel, ayant survécu à une tentative d’assassinat, avait laissé croire à sa mort afin de se protéger. « Le livre, écrit Robbe-Grillet dans son Prière d'insérer, est justement le récit des vingt-quatre heures qui s’écoulent entre ce coup de pistolet et cette mort le temps que la balle a mis pour parcourir trois ou quatre mètres - vingt-quatre heures “en trop\". »

 

Une intrigue policière tâtonnante qui fait trembler la réalité des choses et jusqu'à l'identité des acteurs (on ne sait s'il s'agit d'Albert ou de Daniel Dupont) ; une structure cyclique, qui ramène le lecteur au point de départ ; une quête de l'événement qui dissimule une interrogation plus profonde (Wallas a l'impression d'avoir visité, quand il était enfant, cette ville anonyme dont la rue des Arpenteurs renvoie évidemment au Château de Kafka) : les Gommes contiennent la plupart des éléments constitutifs des romans suivants de Robbe-Grillet. Sans doute Wallas a-t-il une relative épaisseur psychologique, qui s'atténuera chez Mathias, dans le Voyeur (1955), et plus encore chez la voix narrative grâce à laquelle nous découvrons le monde dans la Jalousie

« Les Gommes - Alain Robbe-Grillet (Résumé) Dans une petite ville de province, un attentat a été commis contre Daniel Dupont un lundi soir, à 7 h 30. Mais lesinformations à ce sujet s'avèrent contradictoires: si l'article du journal annonce sa mort, tout porte à croire que la victime n'est que blessée. De fait, Dupont, impliqué dans une sombre affaire d'attentats politiques, fait lui-mêmecourir le bruit de sa mort pour échapper à son agresseur, Garinati. Celui-ci se promet de revenir à la villa de Dupontle lendemain et de ne plus le rater. Wallas, détective chargé de l'enquête, se rend sur les lieux. Sa montre s'est arrêtée; il s'égare bientôt dans les ruesde la ville. Ses pas le mènent dans une librairie où il achète une gomme, achat qu'il réitérera par la suite. La vitrineprésente une décoration étrange : un peintre grec dessine les ruines de Thèbes mais le motif peint n'est autre quela villa de Dupont. Wallas et le commissaire Laurent mettent en commun leurs impressions. Laurent croit à la thèse du suicide; il ajoutecependant que, dans le cas d'un meurtre, Wallas pourrait être le premier suspect. Le détective se rend à la villa de Dupont et interroge sa servante. Aucune trace du meurtre de la veille, «comme sirien ne s'était produit». La servante soupçonne Juard, gynécologue douteux. Complice de Dupont ou de Garinati, ilest de toutes façons mêlé à l'affaire. Wallas repart, emportant les clés de la maison et le revolver de Dupont auquelil manque une balle. En ville, il interroge plusieurs personnes dont un ivrogne témoin du meurtre, qui ne cesse deposer une devinette et le confond ensuite avec l'assassin. Le commissaire Laurent reçoit la visite de Marchât. Celui-ci croit à un complot monté par Juard et craint pour sapropre vie. En effet, la victime venait de lui confier une mission: récupérer des papiers dans la villa. Mais il décide dequitter la ville. Wallas se rend à la poste où on lui remet, par méprise, un pneumatique destiné à l'homme qu'il recherche. Uneemployée le confond à nouveau avec l'assassin. Wallas reprend ses pérégrinations et se reperd dans la ville; nouvelle occasion d'acheter une gomme; un souvenird'enfance lui revient en mémoire : il est déjà venu dans cette ville, en compagnie de sa mère, pour y chercher sonpère. A 7 heures, Wallas, mis au courant d'un rendez-vous par la lettre qui ne lui était pas adressée, se rend à la villa. Ilremet le revolver de Dupont en place et attend un éventuel assassin. Par ailleurs, Dupont décide de se rendre chezlui récupérer les papiers que Marchât, en fuite, n'est pas venu chercher. Se méprenant sur son identité, Wallas letue. Sa montre se remet en marche. Elle indique 7 h 30. Tout rentre dans l'ordre. Garinati. revenu sur les lieux de«son» crime, constate que sa victime est bien morte. Quant à Wallas, il perdra son emploi... Mais il n'aurait jamaisdû être engagé puisque, pour ce poste, il lui manque «un cm 2 de surface frontale » ! Pistes de lecture Nouveaux concepts littéraires Alain Robbe-Grillet est né à Brest en 1922. La littérature n'est pour lui ni une passion ni une vocation puisqu'il sedestine au métier d'ingénieur agronome. En 1945, il est agrégé d'agronomie et est chargé de mission à l'Institutnational des Statistiques. En 1949, attiré par la recherche de nouveaux concepts littéraires, il rédige Un Régicide,qui ne sera que partiellement édité. Après plusieurs voyages, il commence la rédaction d'un livre que les Editions de Minuit publient aussitôt : LesGommes. Ce livre est totalement incompris par les critiques : « Ce n'est pas comme ça qu'on écrit un livre. » Les années qui suivent voient la parution d'articles, de textes brefs et de romans dont Le Voyeur (1955), La Jalousie(1957), Dans le labyrinthe (1959), La Maison de rendez-vous (1965), Projet pour une ré volution à New York (1970). Robbe-Grillet est également attiré par une nouvelle approche cinématographique; en collaboration avec Alain Res-nais qui réalise le film, il écrit le scénario de L'Année dernière à Marienbad. Le texte est publié sous forme de «ciné-roman ». L'auteur tourne également L'Immortelle (Prix Del-luc) et Trans-Europe-Express. On peut expliquer l'incompréhension totale des œuvres de Robbe-Grillet à leur parution par le fait que l'auteur se metvolontairement en marge des trois courants existants dans les année cinquante : une littérature classique dans sesthèmes et sa forme (Bazin, Troyat, Merle...), une littérature dite existentialiste (Sartre. Camus...), et, en réactionvis-à-vis de celle-ci, une littérature totalement désengagée (Nimier, Blon-din, Sagan...). Or Alain-Robbe-Grillet émet un postulat de base: il n'existe pas un art d'écrire, aux règles immuables. Le roman estune matière vivante que l'auteur et le lecteur peuvent façonner à leur gré. C'est pourquoi l'auteur s'amuse àébranler, une à une, les pierres d'angle du roman classique. Le héros détrôné »

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